Écouter le podcast de Catya Martin
Comment préparer son entrée dans l’enseignement supérieur français lorsque l’on grandit à l’étranger ? Pour Thierry Phitoussi, fondateur et directeur de Coachingsup Orientation, la réponse passe par des dossiers mieux contextualisés et des critères de sélection plus transparents. Plutôt que de supprimer Parcoursup, il plaide pour une réforme qui rende les choix plus lisibles et les candidatures moins anxiogènes. Un entretien pour faciliter l’« orientation après bac » de nos jeunes Français de l’étranger.
Orientation post-bac depuis l’étranger : comprendre les choix et les admissions en France
Choisir une formation, constituer ses dossiers, attendre une réponse… L’orientation post-bac est une étape décisive pour les jeunes et leurs familles. Pour ceux qui vivent hors de France, elle soulève aussi des questions particulières : comment faire comprendre les spécificités de son lycée ? Comment valoriser un parcours international ? Faut-il privilégier un retour en France ou candidater dans plusieurs pays ?
« Ce n’est pas tant la plateforme Parcoursup en elle-même qui pose problème , (…) c’est la transparence dans la sélection des candidats », Thierry Phitoussi, fondateur et directeur de Coachingsup Orientation
Notre invité, Thierry Phitoussi connaît ces interrogations. Il les rencontre dans son activité d’accompagnement et les a lui-même vécues au Canada, au moment de l’orientation de ses enfants. Son constat : ce n’est pas tant l’outil Parcoursup qui est la difficulté principale, mais bien que la compréhension des décisions prises par les écoles et autres universités. Notre invité le résume ainsi : « Ce n’est pas tant la plateforme Parcoursup en elle-même qui pose problème (…) c’est la transparence dans la sélection des candidats. »
Parcoursup : rendre les règles du jeu plus claires
Ainsi, au cœur des propositions que le fondateur de Coachingsup Orientation partage à notre micro figure une exigence de lisibilité. Thierry Phitoussi souhaite notamment que les établissements explicitent davantage les disciplines valorisées, les modalités d’examen des dossiers et les niveaux de résultats attendus. Pour lui, une sélection mieux expliquée permettrait aux candidats de construire des choix plus réalistes et de mieux comprendre les réponses reçues. L’enjeu n’est donc pas de promettre une orientation sans inquiétude, « il y aura toujours du stress lié à des candidatures », reconnaît-il, mais de réduire l’incertitude.

Il propose également de limiter les candidatures à six vœux, sans sous-vœux, pour encourager un travail de réflexion plus approfondi en amont. L’objectif serait de remplacer l’accumulation de candidatures par une sélection resserrée de formations cohérentes avec le projet du jeune. Autre piste : des propositions d’admission dès la mi-avril, conditionnées aux résultats de fin d’année ou du baccalauréat. Ces mesures relèvent de son projet de réforme, et non des règles en vigueur.
À l’étranger, un dossier doit aussi raconter son contexte
Pour les élèves des lycées français à l’étranger, Thierry Phitoussi estime que la plateforme remplit sa fonction technique. La difficulté se situe plutôt dans la transmission et l’interprétation des informations scolaires. Selon son expérience, les formations françaises ne disposent pas toujours de tous les éléments nécessaires pour apprécier ces parcours. Particularités de notation, enseignements locaux ou organisation de la scolarité peuvent nécessiter des explications. « Il faut donner des éléments de contexte pour que (…) les formations sélectives aussi comprennent le contexte dans lequel les étudiants étudient », insiste-t-il.
« Il faut peut-être éviter (…) de concentrer tous ses efforts, ou toute sa stratégie d’orientation sur la France », Thierry Phitoussi, fondateur et directeur de Coachingsup Orientation
Son conseil aux familles : vérifier avec le lycée quelles informations seront transmises et lesquelles devront être renseignées directement. Puis relire attentivement le dossier, en comparant les données saisies aux bulletins officiels : notes, moyennes, rangs et autres indications demandées. Cette vigilance doit s’accompagner d’un travail de présentation du parcours. Des cours suivis localement, un stage ou des activités extrascolaires peuvent apporter un éclairage utile, à condition d’être expliqués et reliés au projet d’études. Les rubriques consacrées aux activités, à la scolarité et, lorsqu’elle est demandée, la lettre de motivation constitue autant d’espaces pour rendre le dossier plus compréhensible.
Garder plusieurs horizons ouverts dans ses choix Parcoursup
Pour les familles expatriées, le retour en France n’est pas nécessairement la seule option à envisager. Thierry Phitoussi invite à examiner aussi les possibilités offertes dans le pays de résidence ou ailleurs, selon le projet du jeune et les moyens de la famille. « Il faut peut-être éviter (…) de concentrer tous ses efforts, ou toute sa stratégie d’orientation sur la France », conseille-t-il.

Dans sa pratique, il observe ainsi régulièrement des candidatures menées dans plusieurs pays. Cette démarche permet de diversifier les possibilités avant de prendre une décision. Elle suppose toutefois de préparer chaque dossier avec soin : multiplier les destinations ne dispense pas de construire un projet cohérent.
Le coût des candidatures en question
Au-delà de la transparence, Thierry Phitoussi soulève la question de l’égalité d’accès. Il pointe notamment les frais de candidature de certaines formations privées, dont l’addition peut devenir importante lorsque plusieurs concours sont envisagés. Il défend une réduction de ces coûts, voire la gratuité des candidatures, ainsi que des dispositions adaptées aux boursiers. La plateforme « Parcoursup, ça ne doit pas être aussi une machine à cash pour certains organismes », affirme-t-il.
« Parcoursup, ça ne doit pas être aussi une machine à cash pour certains organismes » Thierry Phitoussi, fondateur et directeur de Coachingsup Orientation
Il souhaite également mieux reconnaître le droit à la réorientation, en proposant notamment des places réservées aux étudiants qui changent de voie après une première année dans le supérieur. Ce serait un atout pour l’enseignement supérieur en France. « On a le droit d’essayer une formation et puis de revenir. »
En résumé, pour notre invité, Thierry Phitoussi, fondateur et directeur de Coachingsup Orientation, sa ligne directrice est de conserver la plateforme, mais améliorer progressivement les procédures qui l’entourent. Pour les Français de l’étranger, cela signifie surtout pouvoir présenter un parcours singulier sans craindre qu’il soit mal compris. Et aborder le choix des études avec des règles plus claires, plutôt qu’avec davantage de suppositions.







Laisser un commentaire