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Quelques jours après les élections législatives israéliennes, nous avons voulu prendre le pouls de la communauté française installée dans ce pays et évoquer ses perspectives d’avenir. Installé au kibboutz de Yekhiam depuis 1966, le sociologue et délégué consulaire des Français d’Israël Ouri Weber répond à nos questions. Il revient sur la croissance de cette population, les défis auxquels les nouveaux arrivants sont confrontés et partage son regard sur les relations entre la France et Israël.
Français en Israël : une communauté en croissance, confrontée à la langue
« La communauté française en Israël ne cesse de s’étoffer », c’est le constat que dresse notre invité. Depuis le début de la guerre, « plus de 6 000 Français juifs ont rejoint le pays », selon Ouri Weber, sociologue et délégué consulaire. Pour les nouveaux arrivants, cette installation dans cette nouvelle vie s’accompagne toutefois de plusieurs difficultés. La première est la langue, un obstacle qui pèse sur l’intégration et l’accès à la vie quotidienne.
« Depuis le début de la guerre, plus de 6 000 Français juifs ont rejoint Israël. »
Ouri Weber, sociologue, délégué consulaire des Français d’Israël
Les jeunes ont besoin de temps pour apprendre l’hébreu. Pour les retraités, l’apprentissage peut être encore plus difficile. Cette situation préoccupe Ouri Weber, qui s’emploie à proposer des activités culturelles en français afin de favoriser les rencontres et de permettre aux nouveaux venus de découvrir la société israélienne. Son conseil à celles et ceux qui envisagent de s’installer en Israël est sans détour : « Apprendre la langue au plus tôt ». Et il insiste même « Apprendre la langue, c’est vraiment la clé pour la réussite. »
Après les élections législatives en Israël, une période politique incertaine ?
Les élections législatives du 27 octobre n’ont pas, au moment de l’entretien, fait émerger de majorité claire. Ouri Weber estime qu’il est encore difficile de prévoir les conséquences de cette situation politique Pour lui : « Il y aura un impact sur tout le pays, mais je ne pense pas que la communauté française sera particulièrement touchée. »

L’incertitude demeure ainsi pour l’ensemble de la population. Notre invité juge qu’il faudra attendre avant de savoir quelle direction prendra le pays. À ses yeux, les Français installés en Israël ne sont donc pas concernés séparément, mais partagent les interrogations de la société israélienne dans son ensemble.
Le kibboutz, quelle mode de vie ?
Arrivé au kibboutz de Yekhiam en 1966, Ouri Weber a été témoin de l’évolution de ce mode de vie. Autrefois très communautaire, le kibboutz a dû s’adapter aux changements de la société israélienne. Le modèle qui avait accompagné les premières années du pays et la guerre d’indépendance attirait moins les jeunes à mesure que progressaient la société de consommation et le capitalisme.
« Il y aura un impact sur tout le pays, mais je ne pense pas que la communauté française sera particulièrement touchée.»
Ouri Weber, sociologue, délégué consulaire des Français d’Israël
Une profonde réforme a alors été mise en œuvre. Cette évolution est souvent désignée comme une « privatisation », mais Ouri Weber préfère parler de « libéralisation ». Le « fonctionnement reste coopératif », indique-t-il. Selon lui, ce nouveau modèle suscite un regain d’intérêt avec des listes d’attente et une économie en expansion. « C’est un mode de vie très prisé en Israël aujourd’hui », souligne notre invité.
Des Français souhaitent aussi s’y installer. Mais devenir membre suppose des moyens financiers importants : il faut acheter un terrain, construire sa maison et payer une redevance au kibboutz. Pour les nouveaux arrivants qui veulent d’abord découvrir la vie en Israël, l’oulpan constitue une autre porte d’entrée. Ce séjour de six mois permet d’apprendre l’hébreu au kibboutz avant de pouvoir y rester ou de rejoindre une ville.
France-Israël : des relations vues à travers le prisme politique
Depuis Israël, Ouri Weber suit la vie politique et sociale française. Il prend soin de présenter son analyse comme un sentiment personnel plutôt que comme le résultat d’une étude comparative. Malgré les crises et les guerres, il dit percevoir en Israël une motivation collective et un horizon commun. En Israël « on a un fort patriotisme et un élan vers l’avenir » partage-t-il.

Son regard sur la France est plus inquiet. Il dit ne pas y voir la même solidarité ni de projet national partagé. « Je ne vois pas de patriotisme. Je ne vois pas de solidarité au niveau national en France. » Il pense que les deux pays traversent une période difficile, mais estime qu’Israël conserve un but commun vers lequel tendre. En France, à l’inverse, il affirme manquer de visibilité sur l’avenir.
Il considère également que les relations franco-israéliennes restent étroitement liées aux intérêts politiques. Selon lui, les dirigeants français ont parfois privilégié de bonnes relations avec les pays arabes, adoptant en conséquence une attitude distante envers Israël. La situation diplomatique pourrait évoluer, estime-t-il, si les relations avec les pays arabes n’exigeaient plus une opposition à Israël.
Sur l’avenir, Ouri Weber ne nie pas la gravité du moment. Mais le délégué consulaire reste optimiste et rappelle que les cycles alternent entre développement et stagnation. Il est convaincu qu’un redressement reste possible et reste confiant sur le futur des Français installés en Israël.







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