Le taux mondial de suicide a diminué de 36 % en vingt ans

Le taux mondial de suicide a diminué de 36 % en vingt ans

Pour l’OMS, combattre les décès par suicide, c’est possible. Un décès sur 100 est un décès par suicide. Selon les dernières estimations de l’OMS, le suicide reste l’une des principales causes de décès dans le monde.  En 2019, plus de 700 000 personnes se sont suicidées: soit un décès sur 100. Le suicide est une plus grande cause de mortalité que le VIH, le paludisme ou le cancer du sein , les guerres ou les homicides. 

Chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, le suicide est la quatrième cause de décès après les accidents de la route, la tuberculose et la violence interpersonnelle.

Deux fois plus d’hommes que de femmes

Plus de deux fois plus d’hommes que de femmes mettent fin à leurs jours (taux de 12,6 pour 100 000 hommes contre 5,4 pour 100 000 femmes). Les taux de suicide chez les hommes sont généralement plus élevés dans les pays à revenu élevé (16,5 pour 100 000). Pour les femmes, on constate les taux de suicide les plus élevés dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (7,1 pour 100 000).

Les taux de suicide en Afrique (11,2 pour 100 000),  en Europe (10,5 pour 100 000) et en Asie du Sud-Est (10,2 pour 100 000) sont supérieurs à la moyenne mondiale (9,0 pour 100 000) en 2019. La Méditerranée orientale qui enregistre le taux de suicide le plus faible (6,4 pour 100 000).

Les taux de suicide ont diminué au cours des 20 années, le taux mondial ayant diminué de 36 %, avec un recul de 17 % en Méditerranée orientale, 47 % en Europe et 49 % dans la région du Pacifique occidental.

38 pays disposent d’une stratégie nationale de prévention du suicide

Toutefois, en Amérique, les taux ont augmenté de 17 % au cours de la même période.

À l’heure actuelle, seuls 38 pays disposent d’une stratégie nationale de prévention du suicide. 

Quatre stratégies qui ont fait leurs preuves pour l’OMS

L’OMS recommande quatre stratégies visant à prévenir le suicide :

– limiter l’accès aux moyens de se suicider, comme les armes à feu et les pesticides les plus dangereux. L’empoisonnement par les pesticides est, selon les estimations, à l’origine de 20 % de tous les suicides. Les interdictions de pesticides hautement dangereux à toxicité aiguë se sont révélées efficaces. Parmi les autres mesures figurent la limitation de l’accès aux armes à feu, la réduction de la taille des conditionnements de médicaments et l’installation de barrières sur les sites d’où il est possible de sauter dans le vide.

– former les médias à une couverture responsable du suicide. Les reportages des médias sur le suicide peuvent entraîner une augmentation du nombre de suicides par un phénomène d’imitation – surtout si le reportage concerne une personne célèbre ou décrit la méthode de suicide.

– favoriser les compétences psychosociales chez les adolescents. Plus que la moitié des problèmes de santé mentale apparaissent avant l’âge de 14 ans. Différentes mesures, y compris des programmes visant à promouvoir la santé mentale et à lutter contre l’intimidation ; le rôle des personnes travaillant dans les écoles et les universités lorsque le risque de suicide est identifié peut être salvateur.

– identifier, évaluer, prendre en charge et suivre toute personne ayant des pensées ou un comportement suicidaire. Les agents de santé devraient être formés à l’identification précoce, à l’évaluation, à la prise en charge et au suivi. Les groupes de soutien aux personnes endeuillées par le suicide peuvent compléter le soutien apporté par les services de santé. Des services de crise devraient également être disponibles pour fournir un soutien immédiat aux personnes en situation de détresse aiguë.

Plusieurs pays comme l’Australie, le Ghana, le Guyana, l’Inde, l’Iraq, la République de Corée, la Suède et les États-Unis, ont mis en œuvre des actions de prévention du suicide, au niveau national ou local, dans les secteurs publics ou privés.

« Même si une stratégie nationale globale de prévention du suicide devrait être l’objectif ultime de tous les gouvernements », a déclaré la Dre Alexandra Fleischmann, spécialiste en prévention du suicide à l’Organisation mondiale de la Santé, « s’engager dans la prévention du suicide peut permettre de sauver des vies et de prévenir la détresse qui submerge les personnes endeuillées par le suicide d’un proche. »

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