La tartiflette géante des sables

La tartiflette géante des sables

Comme chaque année, l’association des Savoyards du Monde, présidée par Laurent Rigaud, élu consulaire des Français de Dubaï, a organisé sa tartiflette géante au coeur des sables du petit émirat.

tartiflette géante
©Laurent Rigaud

Un fromage, une passion, de l’amour

Les Savoyards des Emirats et les amis de la Savoie se sont retrouvés pour leur tartiflette annuelle dans le désert de Dubaï.

Cette tartiflette préparée chez le président Rigaud par les membres de l’association faisait 60 Kgs, elle comprenait 8 Kgs de reblochon au lait cru, 7 kgs d’oignons, 7kgs de lardons, 3 litres de crème et 35 kgs de pommes de terre. Elle a été cuite au feu de bois et dégustée par les 110 participants présents.

En dessert, le pâtissier français Alexandre Treffle avait préparé deux énormes galettes et les amis alsaciens un bon vin chaud pour la joie de tous.

La tartiflette, son origine ?

Mais pourquoi une centaine de Français ont envie de se retrouver dans le désert pour déguster une tartiflette bien chaude ? Le terroir et l’amour, évidemment ! Mais d’où vient cette spécialité montagnarde qui déclenche les passions ?

©Laurent Rigaud

Elle tire son nom de tartiflâ, la pomme de terre en savoyard. Directement inspirée par la pela, elle comporte en plus des lardons et du vin blanc, et se réalise au four. Créée dans les années 50, elle remporta immédiatement un grand succès dans les stations de sport d’hiver avant d’être adoptée partout en Savoie… et dans toute la France. Son secret c’est son fromage : le reblochon !

Reblochon, un fromage de 800 ans

L’origine du Reblochon commence au 13ème siècle, dans les alpages des vallées de Thônes, par une maraude clandestine. A l’époque, les propriétaires des terres, le plus souvent des moines ou des nobles, possédaient un droit d’ociège sur les paysans qui exploitaient les alpages. Cette redevance était perçue une fois par an et était basée sur le nombre de pots de lait produits en un jour par le troupeau. On en déduisait la quantité de beurre et de fromage qu’ils pouvaient donner.

Les paysans rétribuaient donc leur propriétaire sur la quantité de lait produite en une journée.
Au moment du contrôle, ingénieusement, le fermier pratiquait une traite incomplète pour payer moins de location. Dès le départ du contrôleur, il procédait à une seconde traite. Le lait ainsi obtenu n’était sans doute pas très abondant, mais très riche en crème, idéal pour en faire un fromage.

Le Reblochon doit donc son nom à cette petite fraude, appelée localement la « Rebloche » , car en patois « Re-blocher » signifie pincer les pis de la vache une deuxième fois.

Auteur

  • Chantal Julia

    Chantal Julia est maitre de conférence en Suisse. Après plusieurs années à l'Université de Lettre Paris 1, Chantal a suivi son compagnon à Lausanne où elle enseigne toujours la littérature française. Elle écrit pour différents magazines universitaires et Lesfrancais.press

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