La gauche et les Verts boycottent l’« équipe de France » européenne

La gauche et les Verts boycottent l’« équipe de France » européenne

juin 9, 2019 0 Par Euractiv

Les eurodéputés de gauche et écologistes ont décidé de ne pas se rendre à la rencontre organisée par le gouvernement français, refusant de faire front derrière un projet français au côté des élus du Rassemblement national.

L’appel à jouer collectif du gouvernement français aux 79 eurodéputés fraîchement élus n’est pas passé. Invités à Matignon par le premier ministre français Edouard Philippe et la secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, afin de discuter des «priorités» françaises au niveau européen,  la gauche et les écologistes français élu le 26 mai dernier ont décliné.

L’objectif affiché par le gouvernement de créer une « équipe de France au Parlement européen » n’a pas convaincu. « Nous ne marquerons pas de but contre notre camp au Parlement européen, où nous siégeons par groupe politique. Les membres de la délégation appartiennent à l’équipe de la gauche pour changer l’Union européenne », a affirmé à Euractiv Sylvie Guillaume, la présidente de la délégation socialiste/place publique.

Coordination 

La coordination du travail entre les parlementaires européens et les différents services du gouvernement français en charge de l’Europe est une pratique habituelle. Mais l’appel à faire front commun derrière les priorités françaises établies par le  gouvernement a heurté les eurodéputés des autres familles politiques. Tout autant que le carton envoyé au Rassemblement national et ses 24 élus, qui assisteront à la réunion du 7 juin.

Aucun des eurodéputés socialistes/Place publique ne se rendra donc à la réunion, à l’exception de Sylvie Guillaume, qui devrait jouer le rôle d’émissaire. « Mais je porte une appréciation négative sur l’attitude du gouvernement en convoquant cette réunion », précise la présidente.

Du côté de la France Insoumise, la politique de la chaise vide sera aussi appliquée, puisqu’aucun des élus ne se rendra à Matignon. « Notre délégation européenne ne se rendra pas à l’invitation du gouvernement ce vendredi. Porteurs des engagements pris devant nos électeurs, nous n’avons pas de consignes à recevoir de sa part sur nos positions des 5 prochaines années de mandat », a précisé la tête de liste Manon Aubry. Chez les Verts, l’invitation a aussi été déclinée par les 13 eurodéputés, malgré l’appel de pied très clair d’Amélie de Montchalin.

« Dans ce groupe Verts, il y a des gens qui ont cette culture de la coalition, cette culture du compromis. Les Verts allemands travaillent comme cela », a-t-elle souligné lors d’une interview sur France 3, affirmant qu’elle serait ravie de travailler avec Yannick Jadot.

« Il est nécessaire que nous créions une équipe de France avec tous ceux qui sont prêts à travailler pour la France, qu’on puisse travailler ensemble sur un certain nombre de priorités que nous partageons », avait plaidé la secrétaire d’État.

Outre les élus de la République En Marche, seuls ceux du Rassemblement national et une poignée des élus Les Républicains – dont Geoffroy Didier se rendront donc à Matignon.

Un mauvais départ pour les élus LREM, qui tablent sur une large coalition avec la gauche et les Verts au Parlement européen.

« Cette réunion intervient beaucoup trop tôt, certains groupes au Parlement européen ne sont même pas constitués, aujourd’hui on en est seulement à négocier la feuille de route », explique Karima Delli, eurodéputée écologiste.

Cordon sanitaire

Le candidat tête de liste de PS/Place publique, Raphaël Glucksmann a lui aussi dénoncé sur Twitter l’organisation d’une rencontre sous les auspices du gouvernement, en critiquant cette fois l’invitation des eurodéputés du Rassemblement national (RN).

« Je ne fais partie d’aucune « équipe » avec le Rassemblement National et me sens plus proche d’un socialiste espagnol que d’un nationaliste français », a-t-il affirmé sur Twitter.

« L’équipe de France est un terme très mal choisi : on est pas des coéquipiers du  Rassemblement national  », confirme l’eurodéputé Karima Delli. « De plus, en tant qu’eurodéputés nous sommes là pour servir tous les européens, et pas  les priorités du gouvernement  français ».

Cécile Barbière

Un article publié sur le site de notre partenaire

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