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Dans les coulisses de La Fabrique de la diplomatie 2026

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Dans les coulisses de La Fabrique de la diplomatie 2026

Après une première édition couronnée de succès en 2025, La Fabrique de la diplomatie a fait son retour les 4 et 5 septembre 2026 à l’Université Sorbonne Nouvelle, à Paris. Organisé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, cet événement gratuit et ouvert à tous a proposé deux journées de rencontres, de débats et d’expériences immersives pour mieux comprendre la diplomatie française, ses métiers et son rôle dans le monde. Lesfrancais.press était sur place pour explorer les animations et les principaux temps forts de l’événement.

La diplomatie attire la jeunesse

Plus de 20 000 visiteurs avaient participé à la première édition de La Fabrique de la diplomatie. Au regard de la foule réunie devant l’Université Sorbonne Nouvelle dès l’ouverture, l’édition 2026 semble partie pour connaître une affluence comparable. Inauguré par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l’événement, selon lui, doit permettre d’« installer la Fabrique de la diplomatie comme un grand rendez-vous de la jeunesse ». Cette année, une attention particulière est portée à la « fabrique de la paix », qui « n’a plus rien d’une évidence » a déclaré, au cours de son discours, le membre du gouvernement.

« Installer la Fabrique de la diplomatie comme un grand rendez-vous de la jeunesse »

Jean-Noël Barrot, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

À en juger par l’affluence, de nombreux jeunes avaient répondu à l’invitation. Réparti sur plusieurs étages, le programme leur permettait de mieux comprendre le rôle de la France dans le monde, mais aussi de se projeter dans les métiers de l’international. Le temps de quelques ateliers, les participants pouvaient même se glisser dans la peau d’un diplomate français au cœur de négociations internationales.

Jean Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, sur le stand de France Volontaires à la Fabrique de la Diplomatie
Jean Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur le stand de France Volontaires à la Fabrique de la Diplomatie

« La Fabrique de la Diplomatie 2026 – Discours d’ouverture de Jean-Noël Barrot »

Des simulations pour se mettre dans la peau d’un diplomate

Outre les conférences proposées pendant ces deux jours, certains stands ont retenu l’attention des participants, et notamment celui ou l’on pouvait jouer à devenir un négociateur. Ce jeu « à la table des négociations » proposé par la société Arkham permet à chaque participant de défendre ses intérêts en fonction de sa position de départ. Le thème retenu cette année « la gestion des minerais rares »… une situation rendue plus vrai que nature à ressentir l’ambiance de la salle un peu tendue sur quelques tables…

  • La file d'attente pour entrer à la Fabrique de la Diplomatie
  • Un jeu de simulation de négociation internationale proposée à la Fabrique de la Diplomatie
  • Une simulation de négociation dun sommet du G7 proposée à la Fabrique de la Diplomatie

À quelques pas de là, un autre groupe se livrait à une simulation de négociation du G7. Là encore, les discussions étaient serrées. Chaque phrase était examinée et discutée mot par mot par les participants, chargés de défendre les intérêts de leur nation, mais aussi, espérons-le, ceux de l’intérêt général.

« Vous êtes diplomates, quel projet de coopération lancez-vous pour que la France contribue à un monde plus sûr, plus juste et plus durable ? » 

Un peu plus loin, un tableau invitait les visiteurs à s’exprimer, à formuler des vœux et à partager leurs idées. Une question était inscrite sur le mur : « vous êtes diplomates, quel projet de coopération lancez-vous pour que la France contribue à un monde plus sûr, plus juste et plus durable ? » Cette interrogation en a laissé certains perplexes, tandis que d’autres se sont emparés des papiers pour y inscrire leurs propositions. Parmi les thèmes évoqués figuraient notamment l’intelligence artificielle, l’« adaptation climatique », la paix ou encore l’énergie.

Des idées d'actions diplomatiques pour la France partagées par des participants
Des idées d’actions diplomatiques pour la France partagées par des participants

Le recrutement des futurs diplomates français

Si les simulations ont suscité beaucoup d’enthousiasme et peut-être fait naître quelques vocations, nombreux étaient les jeunes présents à La Fabrique de la diplomatie à envisager déjà une carrière à l’international. Parmi les autres stands les plus fréquentés, celui des « diplomates de demain », animé notamment par les équipes des ressources humaines du Quai d’Orsay, a rencontré un vif intérêt.

« La maitrise de langues étrangères, un atout important pour intégrer la diplomatie française » 

Ce stand réunissait les principales informations sur les concours et les voies d’accès aux métiers de la diplomatie française. En échangeant avec un professionnel chargée du recrutement diplomatique, Lesfrancais.press a notamment pu recevoir quelques conseils que nous vous partageons. « Le petit plus que l’on conseille aux plus jeunes, c’est la maitrise de langues étrangères, et notamment du Russe, de l’Arabe, ou bien encore du Mandarin… », une évidence qui va « mieux en le disant » pour paraphraser Talleyrand.

Le stand des métiers de la diplomatie, l'un des plus visités
Le stand des métiers de la diplomatie, l’un des plus visités

Dans la salle voisine, les participants pouvaient également se mettre dans la peau d’un candidat souhaitant rejoindre les effectifs de la diplomatie française, en prenant part à un entretien de recrutement ou à une simulation d’oral de concours face à un jury. Félix, étudiant en licence d’histoire à Grenoble, et Syméon, qui suit un cursus en droit européen et en langues, se sont prêtés à l’exercice.

Rencontrés à la sortie de l’entretien, après vingt minutes d’épreuve (cinq minutes consacrées à la culture générale et quinze minutes de questions du jury) ils résumaient leur expérience personnelle en quelques mots : « Stressant mais très formateur ». Une première expérience qui pourrait, peut-être, les préparer à passer un véritable oral de concours pour intégrer un jour la diplomatie française.

La diplomatie économique, un levier pour les entreprises françaises

Les entreprises françaises étaient également présentes dans les couloirs de La Fabrique de la diplomatie. Parmi elles figurait notamment le groupe SEB, célèbre fabricant d’équipements domestiques. Éloi Morel, responsable des affaires publiques, explique que son entreprise contribue notamment à « infuser l’art de vivre à la française partout dans le monde ». Il rappelle également que « la diplomatie économique est une réalité à laquelle participe activement SEB ».

« Infuser l’art de vivre à la française partout dans le monde. » 

Éloi Morel, responsable des affaires publiques, groupe SEB

Répondre aux attentes des consommateurs du monde entier et renforcer la présence française à l’international implique de bien connaître les habitudes des différents marchés. Le groupe SEB en a fait l’expérience avec la création d’une poêle carrée spécialement adaptée aux besoins des consommateurs japonais, dont les omelettes diffèrent de celles préparées en France.

  • L'entreprise SEB présente à la Fabrique de la Diplomatie
  • Une poêle carrée conçue par SEB pour le marché japonais

Si le produit répond aux usages locaux, son savoir-faire reste, lui, bien français. Une illustration concrète de la manière dont les entreprises françaises adaptent leur offre aux marchés internationaux tout en valorisant l’excellence et l’innovation tricolores.

Les Français de l’étranger et la Fabrique de la diplomatie

Il était difficile d’évoquer La Fabrique de la diplomatie sans aborder la place des Français établis hors de France. Une table ronde consacrée à la question « Comment entretenir le lien citoyen avec les Français de l’étranger ? » leur a ainsi été dédiée. Animé par Christian Lequesne, professeur de science politique à Sciences Po, le débat a réuni Florence Baillon, présidente du think tank La France et le monde en commun, Sylvain Beck, docteur en sociologie, Pauline Carmona, directrice des Français à l’étranger et de l’administration consulaire au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (DFAE), ainsi qu’Alexandre Morois, directeur général de l’AEFE.

De gauche à droite Sylvain Beck, docteur en sociologie, Florence Baillon, présidente du think tank La France et le monde
De gauche à droite Sylvain Beck, docteur en sociologie, Florence Baillon, présidente du think tank La France et le monde

Les échanges ont notamment fait émerger un constat partagé : la France ne valoriserait pas encore suffisamment les compétences et les réseaux de ses ressortissants vivant à l’étranger pour renforcer son influence internationale. Une autre question, plus vaste, s’est également dessinée en filigrane du débat : peut-on parler de « diaspora » pour désigner les Français établis hors des frontières nationales ? La question reste ouverte. Une chose est certaine : les Français de l’étranger sont pleinement partie prenante de la Fabrique de la diplomatie française. Un événement qui connaitra sans doute une troisième édition en 2027.

Auteur/Autrice

  • Jérémy michel

    Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.

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