Autisme et expatriation : le combat d'Isabelle Resplendino depuis la Belgique

Autisme et expatriation : le combat d'Isabelle Resplendino depuis la Belgique

6 800 Français sont accueillis dans des établissements situés dans la partie francophone de la Belgique, la Wallonie, peut-on lire dans le rapport du Sénat Prise en charge des personnes handicapées françaises dans des établissements situées en-dehors du territoire national, publié en décembre 2016, ils seraient plutôt 10 000. Sur ce nombre, près de 1 500 enfants handicapés sont pris en charge dans 25 établissements conventionnés par l’Assurance maladie française. Une situation étrange alors que la France a toujours valorisé son secteur médical, mais faut-il le rappeler la psychiatrie et plus largement le traitement des « troubles du comportement » sont les parents pauvres du système français. Ainsi en plus de surmonter les conséquences d’un autisme, les familles découvrent, sans le vouloir, l’expatriation. Soit celle du membre concerné mais souvent c’est toute la « maisonnée » entière qui doit aller s’installer en Belgique. Pour les accompagner, Isabelle Resplendino a créé l’Association pour les Français en situation de handicap en Belgique, qui, aujourd’hui, s’allie avec l’Association de droit belge fondée par les parents pour l’épanouissement des personnes avec autisme, pour créer une première ligne d’écoute Lea-Autisme.

Écouter le podcast avec Isabelle Resplendino

Une approche différente de l’autisme entre la Belgique et la France

Les enfants et adultes qui s’expatrient en Belgique présentent des handicaps souvent lourds et complexes, avec des retards cognitifs et mentaux importants. Les personnes autistes constituent la plus large part de cette population contrainte au départ (parmi ceux originaires d’Ile-de-France, par exemple, les personnes atteintes d’autisme représentent 47 % des adultes et 34 % des jeunes handicapés exilés).

La situation de ces patients ne permet pas de suivre la doctrine française de l’inclusion. En effet, si la société inclusive est intéressante cela se heurte avec la réalité des stratégies d’adaptation qui doivent pour les cas les plus lourds plus importantes que celles mises en place actuellement. Aujourd’hui, pour que l’école soit inclusive, il faudrait une réelle révolution de l’organisation scolaire et pas simplement multiplier le nombre d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).

Conférence organisée par l’Association pour les Français en situation d’handicap en Octobre 2022 ©afresheb

Un engagement par solidarité avec les familles

Isabelle Resplendino est avant tout une maman d’un jeune garçon touché par ce syndrome. Elle a dû elle-même vivre ce parcours et a constaté les bienfaits de la solution belge.

C’est après avoir vécu chacune des étapes, qu’elle a décidé de s’engager pour accompagner les familles qui sont confrontées aux mêmes difficultés. Mais elle a voulu aller plus loin car si le traitement du spectre de l’autisme représente 50% des Français concernés, ils sont nombreux à passer la frontière pour trouver de nouveaux traitements bien loin des méthodes françaises souvent limitées à la surmédicalisation ou l’enfermement.

En Belgique, les familles françaises trouvent d’autres méthodes et une écoute plus apaisée, moins culpabilisatrice.

Une ligne téléphonique pour pallier à l’indifférence

Si en France, les familles sont souvent poursuivies par les services sociaux lorsqu’elles décident de placer leur enfant ou leur proche en Belgique, le consulat, lui, est à l’écoute d’Isabelle Resplendino et des familles qu’elle soutient.

Pour autant, malgré les promesses comme lors de la Conférence nationale du handicap en 2019, où le gouvernement avait promis de faire le nécessaire, la situation n’évolue pas.

Et donc logiquement, pour les Français mais bien sûr aussi pour les Belges, Isabelle Resplendino a décidé d’aller plus loin en répondant avec un collectif à un appel d’offres de la région wallonne qui désirait mettre en place une ligne d’écoute. Car toutes les familles sont avant tout victimes de l’indifférence et de l’exclusion sociale qui peu à peu s’installe lorsque les marqueurs du trouble deviennent trop voyants pour la société.

Sur celle ligne d’écoute, Lea-Autisme, accessible au numéro suivant : +32.800.13.904 du lundi au vendredi de 09h à 16h (heure de Paris ou de Bruxelles soit Central European Time). Vous pouvez aussi consulter les sites créés par Isabelle Resplendino en cliquant sur les boutons ci-dessous.

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