Le Canada, État fédéral réputé pour la modération de sa population, est en état d’ébullition. Les propos de Donald Trump, suggérant de faire du voisin du nord des États-Unis le 51ᵉ État américain, ont provoqué une vive réaction. Les Canadiens se sont rués sur les drapeaux à feuille d’érable, et pour certains d’entre eux ont annulé leurs projets de voyage vers le sud et se sont mis à huer l’hymne américain lors d’événements sportifs. Le Président américain est ainsi parvenu à susciter un regain de patriotisme canadien. Donald Trump envisage les relations commerciales sous l’angle de la nationalité plutôt que sous celui des bénéfices mutuels qu’elles peuvent générer. Les entreprises étrangères, tout comme les États, deviennent des cibles potentielles dans cette logique. Ce retour de l’identité nationale dans les échanges internationaux ne se limite pas aux États-Unis.
En Chine, le Parti communiste présente l’ascension économique du pays comme une œuvre nationale. Alex Karp, fondateur de Palantir, entreprise de technologie militaire, a même co-écrit un ouvrage défendant les vertus du patriotisme comme rempart des valeurs occidentales. Lori Yue, de la Columbia Business School, a analysé 41 000 rapports annuels d’entreprises publiques chinoises publiés entre 2000 et 2020 pour évaluer l’évolution de la rhétorique nationaliste. Elle constate une nette augmentation du langage nationaliste au cours des deux dernières décennies, particulièrement chez les entreprises publiques, celles-ci n’ayant pas d’actionnaires étrangers ou peu tournées vers l’export. Ces dernières recourent davantage à un vocabulaire populiste dans leurs documents officiels.
Discours nationalistes paravent de pratiques douteuses
L’étude révèle également une corrélation entre la rhétorique nationaliste et des pratiques peu vertueuses. Les entreprises valorisant fortement l’identité nationale sont moins enclines à investir dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. À l’inverse, celles créées après l’entrée de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001 ont tendance à adopter une communication plus ouverte et moins patriotique.
Selon une autre étude menée par Pantelis Kazakis de l’université de Glasgow, les entreprises portant un discours nationaliste marqué sont aussi celles qui recourent le plus souvent à l’évasion fiscale. Ce comportement s’expliquerait par des liens étroits entre leurs dirigeants et l’administration, nourrissant un sentiment d’impunité. Le discours nationaliste jouerait alors le rôle de paravent, masquant des pratiques douteuses.
Discours nationalistes paravent de pratiques douteuses
Une analyse de 2019 conduite par Alexander Mohr et Christian Schumacher (Université d’économie et de commerce de Vienne) montre que le patriotisme affiché des entreprises américaines du S&P500 nuit à celles dont les ventes et les actifs sont majoritairement situés à l’étranger. Une étude récente d’Arnab Choudhury (Université Columbia) révèle que, devant les tribunaux fédéraux américains, les entreprises nationales ont obtenu plus de succès que les entreprises étrangères dans les litiges en matière de brevets entre 1983 et 2016.
L’identité nationale, un levier stratégique pour les entreprises
Dans le domaine des aides et des dérogations, afficher fièrement sa nationalité devient aussi un avantage stratégique. L’invocation de l’identité nationale n’est plus l’apanage des États ou des mouvements politiques. Elle se développe dans le monde des affaires, devenant un levier stratégique pour les entreprises, qu’il s’agisse de séduire un public intérieur, d’obtenir des faveurs de l’État ou de masquer des comportements discutables.
Cette instrumentalisation croissante du patriotisme économique traduit une mutation des rapports de force dans la mondialisation : à la logique du marché se superpose désormais une logique d’allégeance nationale. Si elle peut être payante à court terme, cette tendance n’est pas sans risque : elle fragilise la coopération internationale, brouille les repères éthiques et pourrait, à terme, compromettre la crédibilité et la performance des acteurs économiques les plus enclins à s’en revendiquer.
Alors que 2025 est l’année des Océans en France, Mathilde Ollivier, sénatrice des Français établis hors de France vient de déposer au Sénat une proposition loi visant à mieux protéger les écosystèmes marins. Pourquoi ce sujet ? Que contient ce texte ? La France est-elle pour le moment en retrait ? Au cours de ce podcast, notre invitée évoque même une marée citoyenne,… En tant que petite fille de pêcheurs, la parlementaire écologiste l’affirme : « Protéger les eaux françaises, c’est protéger le bien commun de l’humanité ». Une interview qui pourrait faire des vagues !
Un lien personnel avec les Océans
Bien que Mathilde Ollivier ait vécu en Autriche, un pays enclavé sans accès direct à la mer, son lien avec les océans est profond et personnel. Outre son engagement en tant qu’écologiste, c’est un événement marquant de son enfance qui a forgé sa détermination à protéger les écosystèmes marins. Le naufrage du pétrolier Erika en 1999. Une catastrophe qui, ayant provoqué une marée noire dévastatrice sur les côtes bretonnes, reste gravé dans sa mémoire.
« L’un de mes premiers souvenirs, lorsque j’avais 5-6 ans, c’est la marée noire de l’Erika qui avait touché les côtes bretonnes »
Mathilde Ollivier, sénatrice des Français établis hors de France
Ainsi, à notre micro, la parlementaire se confie. « L‘un de mes premiers souvenirs, lorsque j’avais 5-6 ans, c’est la marée noire de l’Erika qui avait touché les côtes bretonnes ». Et, ajoute-t-elle, « mon lien avec les Océans, c’est aussi un lien familial ». Elle est effectivement originaire de la Bretagne d’une famille de pêcheurs.
Une proposition de loi sur la mer pour mettre la France à niveau
Plus de 25 ans après la catastrophe de l’Erika, la mer demeure une préoccupation majeure. L’année 2025 a été décrétée « Année des Océans » en France. Et une conférence internationale des Nations Unies se tiendra à Nice en juin prochain. Cette rencontre a pour objectif de ratifier le traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine (BBNJ).
Mathilde Ollivier, sénatrice, propose une loi pour proteger l’océan
Mais alors, pourquoi Mathilde Ollivier a-t-elle décidé de déposer une proposition de loi au Sénat ? La France ne fait-elle pas déjà suffisamment pour protéger ses océans ? Notamment sous l’impulsion du président Emmanuel Macron, qui semble être particulièrement investi dans cette cause.
« La France, elle a été très active à l’échelle internationale. Mais lorsqu’on parle de ses eaux françaises, il y a encore beaucoup à faire »
Mathilde Ollivier, sénatrice des Français établis hors de France
Lors de cet entretien, la sénatrice a mis en avant la responsabilité importante de la France dans la protection des mers. Avec le deuxième plus grand territoire maritime du monde, notre pays a un rôle clé à jouer dans la préservation des océans. Pourtant, selon Mathilde Ollivier, « la France, elle a été très active à l’échelle internationale.Mais lorsqu’on parle de ses eaux françaises, il y a encore beaucoup à faire », constate-t-elle.
Mathilde Ollivier, sénatrice s’exprimant dans l’hemicycle
Outre le pourcentage d’aires marines qui reste encore à protéger en France au-delà des annonces, notre invitée indique que dans notre pays, « il est toujours possible de chaluter, de faire par exemple du chalut de fond dans les aires marines protégées ».
« En France, il est toujours possible de chaluter, cela racle tout le fond des océans, ça détruit les habitats,… »
Mathilde Ollivier, sénatrice des Français établis hors de France
Ajoutant, « le chalut de fond, ça racle tout le fond des océans, ça détruit les habitats, ça détruit potentiellement des écosystèmes très complexes, qui mettent parfois des dizaines d’années, voire même des centaines d’années. ». Or, selon Mathilde Ollivier, la protection des océans est une nécessité mondiale. « Les océans produisent 50% de notre oxygène et absorbent 90% de l’excès de chaleur produit par les activités humaines. ». Elle ajoute également « Protéger les eaux françaises, c’est protéger le bien commun de l’humanité ».
Mathilde Ollivier Sénatrice des Françaises et Français établis hors de France
Ainsi, la proposition de loi que Mathilde Ollivier vient de déposer au Sénat vise à :
À placer 10% des aires marines françaises protégées sous protection stricte, de sorte que seules les activités qui n’interfèrent pas avec les processus naturels ou les améliorent y soient tolérées.
Mettre en place une stratégie de transition des flottilles de pêche au chalut de fond. Et interdire les navires de pêche d’une longueur de plus de 25 mètres dans la zone des douze milles nautiques
Marée Citoyenne : une initiative pour mobiliser nos compatriotes
Enfin, pour soutenir sa proposition de loi, Mathilde Ollivier lance également l’initiative « Marée citoyenne ». Il s’agit de « pouvoir échanger avec les citoyennes et les citoyens, et puissent interpeller leurs parlementaires pour que la proposition de loi soit adoptée » explique-t-elle. C’est le 12 juin que la proposition de loi sera débattue dans l’hémicycle du Sénat, lors de la niche parlementaire du Groupe Écologiste – Solidarité et Territoires (GEST). Coïncidence (heureuse ?), le 12 juin c’est aussi le jour où se tiendra à Nice de la réunion internationale des Nations Unies sur les Océans (UNOC).
Et d’ici là, pour alimenter le débat, Mathilde Ollivier organise un colloque le 28 avril au Palais du Luxembourg. Vous pouvez vous inscrire ici . Et pour tout savoir sur l’objectif de cette loi et la marée citoyenne, écoutez l’intégralité de ce podcast.
Alors que certains internautes à travers le monde se plaisent à tourner en dérision l’identité française sur TikTok avec le slogan moqueur « I don’t wanna be French » (je ne veux pas être français), les Français ont contre-attaqué avec panache. Sous le hashtag détourné « Wanna be French », une vague de vidéos fièrement tricolores inonde les réseaux sociaux : Jeux olympiques de Paris 2024, patrimoine culturel, carte Vitale, baguette de pain ou encore Tour de France. Le passeport tricolore (re)devient un atout de choix. Même des célébrités comme Victor Wembanyama, ou des élus, comme le maire de Marseille Benoit Payan, y apparaissent pour mettre en avant la richesse de l’Hexagone.
Qu’est-ce qu’être Français ?
Ce sursaut de fierté nationale, porté autant par des anonymes que par des personnalités publiques et des institutions — à l’instar de l’Armée de terre —, remet au goût du jour une question essentielle : qu’est-ce qu’être Français ? Et surtout, comment le devient-on ? Une interrogation d’autant plus pertinente pour les Français établis à l’étranger, ou pour ceux qui, ayant quitté la nationalité française à la faveur d’un mariage ou d’une double nationalité, souhaitent aujourd’hui renouer avec leurs racines.
La nationalité française : une histoire de transmission et d’adhésion
On ne naît pas toujours Français, mais on peut le devenir. Et cela depuis longtemps. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas la Révolution française mais, cent ans plus tard, la loi de 1889 qui marque un tournant décisif : au nom de l’universalisme républicain, la IIIe République consacre le droit du sol, autrement dit la possibilité de devenir Français en raison de sa naissance en France, même de parents étrangers.
La nationalité française : une histoire de transmission et d’adhésion
Ce droit, qui fait aujourd’hui débat dans certains cercles politiques, continue d’exister : un enfant né en France de parents étrangers peut devenir Français à sa majorité, s’il a vécu sur le sol français pendant au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans. Cette transmission automatique symbolise une volonté forte d’inclusion dans la République.
Devenir Français : les grandes voies d’accès
Pour les étrangers vivant en France, ou pour les conjoints de Français, les voies d’accès à la nationalité sont multiples. Elles relèvent de deux grands types de procédures : la naturalisation par décret, et l’acquisition par déclaration.
La naturalisation par décret
C’est la procédure la plus classique. Elle concerne les étrangers majeurs résidant en France de manière régulière et continue depuis au moins cinq ans (réduits à deux en cas d’études supérieures en France). Elle suppose de remplir un certain nombre de conditions : intégration républicaine, maîtrise de la langue française, connaissance des droits et devoirs du citoyen, et surtout un projet de vie en France. Cette voie a connu un ralentissement notable en 2023, avec une baisse de 33,8 % des acquisitions par décret, selon les chiffres officiels. Ce recul s’explique notamment par des difficultés techniques liées à la généralisation de la procédure de dématérialisation sur l’ensemble du territoire. En 2024, les autorités attendraient un effet de rattrapage.
L’acquisition par déclaration
Cette procédure est plus rapide, car elle repose sur un lien personnel ou familial avec un citoyen français. Elle concerne principalement :
les conjoints de Français (après quatre ans de mariage et de vie commune, réduits à trois si le couple a résidé en France),
les ascendants de Français,
les frères et sœurs nés en France de parents étrangers,
les enfants recueillis par l’Aide sociale à l’enfance.
Les acquisitions par mariage ont progressé de 18,2 % en 2023, sans toutefois retrouver les niveaux d’avant la crise sanitaire de la COVID-19. Quant aux déclarations au titre de la fratrie ou de l’ascendance, elles augmentent également, bien qu’elles restent numériquement modestes. Cette procédure est souvent celle utilisée quand une personne est mariée avec un Français, et que leur résidence se trouve hors de France.
Le cas spécifique du recouvrement de la nationalité française
Parmi les publics peu visibles mais nombreux, il en est un qui mérite une attention particulière : les Français de l’étranger ayant perdu leur nationalité, souvent dans le cadre d’un mariage à l’international. Lorsqu’un citoyen français épouse un étranger, il peut, dans certains cas, acquérir la nationalité de son conjoint et perdre la nationalité française, soit par obligation (certains pays n’acceptant pas la double nationalité), soit volontairement, pour des raisons administratives, professionnelles ou familiales.
Mais que se passe-t-il en cas de divorce ou de séparation définitive ?
De nombreuses personnes expriment alors le désir de retrouver la nationalité française, surtout lorsqu’elles conservent un lien fort avec la culture ou la famille en France. La loi française prévoit cette possibilité à travers la procédure dite de « réintégration » dans la nationalité française. Celle-ci est encadrée, mais elle permet à d’anciens Français de redevenir citoyens, à condition qu’ils manifestent une réelle volonté d’appartenance à la nation et qu’ils soient de bonne moralité. Cette voie est particulièrement importante pour les Français installés à l’étranger, notamment en Asie ou en Afrique, et qui souhaitent rétablir un lien juridique et symbolique avec la France.
Les autres cas : par le sang versé et par décision judiciaire
La nationalité française peut également être acquise dans des circonstances exceptionnelles. La loi du 29 décembre 1999, dite loi du « sang versé« , offre aux légionnaires étrangers blessés au combat pour la France la possibilité de devenir français de plein droit. En cas de décès, leurs enfants mineurs résidant avec eux peuvent également acquérir cette nationalité. Ce geste fort incarne une reconnaissance de l’engagement militaire, au-delà des origines.
Par ailleurs, certaines décisions de justice peuvent également aboutir à l’acquisition de la nationalité française, par exemple dans des cas d’apatridie, d’adoption plénière ou de regroupement familial exceptionnel.
La France, pays de fierté et de liberté
Dans le contexte numérique où l’image des nations se construit aussi sur les réseaux sociaux, le phénomène « Wanna be French » n’est pas qu’un réflexe de fierté nationale. Il révèle surtout l’attachement profond à un modèle français : universalisme, laïcité, protection sociale, diversité culturelle. Comme l’exprimait un internaute, moqueur et admiratif à la fois : « In France we say : nous au moins, on a la carte Vitale».
La France, pays de fierté et de liberté
Plus qu’un simple slogan, c’est une réponse aux critiques superficielles adressées à la France : ses grèves, ses manifestations, ses débats houleux… Mais aussi ses valeurs : liberté d’expression, pluralisme, solidarité. Autant d’éléments qui, bien souvent, suscitent admiration et envie à l’international.
La fuite des cerveaux américains : et si la France devenait terre d’asile scientifique ?
Ce climat de liberté pourrait bien séduire de nouveaux publics : les chercheurs américains, de plus en plus nombreux à envisager l’exil en raison des politiques de restriction aux États-Unis. Selon le magazine Point du 30 mars, faisant écho au magazine américain Nature, « 75 % des chercheurs basés aux États-Unis envisagent de quitter le pays ». Une opportunité que la France entend bien saisir. Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord, avait également fait de son côté une consultation, avec des résultats similaires.
La fuite des cerveaux américains : et si la France devenait terre d’asile scientifique ?
Au niveau du gouvernement, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, l’a confirmé ce 10 avril, devant la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat : « Nous sommes aujourd’hui dans une situation que personne n’aurait imaginée ». Entre les coupes budgétaires drastiques dans les agences fédérales comme le National Institutes of health (NIH) ou la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), et les atteintes répétées à la liberté académique, de nombreux scientifiques cherchent un nouvel horizon. Et ce nouvel horizon pourrait bien être tricolore.
Plusieurs universités françaises, comme Aix-Marseille, PSL ou Jussieu, ont déjà mis en place des dispositifs d’accueil avec des financements pouvant atteindre un million d’euros sur trois ans, incluant salaires, équipements et soutien logistique. Ces programmes visent à attirer des postdoctorants, mais aussi des chercheurs confirmés, pour enrichir le paysage scientifique français.
De TikTok à l’administration : une fierté française à reconquérir
Que l’on soit né à l’étranger, marié à un Français, ou ancien citoyen ayant perdu sa nationalité, les voies pour rejoindre ou retrouver la nationalité française sont nombreuses, accessibles, et adaptées à des parcours de vie divers. Du mouvement « Wanna be French » aux démarches concrètes pour devenir Français, il pourrait donc y avoir un fil rouge : le désir d’appartenance à notre pays.
Si certains chercheurs américains choisissent effectivement de s’installer durablement en France, ils pourraient, à terme, solliciter la nationalité française. Un tel mouvement confirmerait que le phénomène « Wanna be French » ne se limite pas à une tendance sur les réseaux sociaux, mais correspond aussi à une réalité concrète d’adhésion à un mode de vie et à un système de valeurs. Pour les Français établis à l’étranger, cette dynamique rappelle que la nationalité française reste accessible, et que la possibilité d’y revenir existe pleinement. Et comme Lesfrancais.press le titrait dernièrement pour un de ses articles : « le passeport français vaut de l’or », il est ainsi toujours bien classé dans les index sur le nombre de destinations auxquelles leurs détenteurs peuvent accéder sans visa préalable. Alors, « Wanna be French »…
Vous vivez à l’étranger et souhaitez retrouver ou acquérir la nationalité française ? Le portail service-public.fr propose une synthèse claire des démarches selon votre situation.
VARSOVIE – L’Agence spatiale européenne prépare des plans pour un réseau de satellites de reconnaissance de qualité militaire avec l’UE dans le cadre d’un budget record de 21 milliards d’euros, a déclaré le directeur général de l’agence, Josef Aschbacher, à Euractiv.
La guerre en Ukraine et les conflits géopolitiques avec les États-Unis ont balayé toute réticence à parler d’investissements dans la défense à l’ESA. Un fait qui a incité Josef Aschbacher à discuter des plans de dépenses lors d’une réunion des responsables de l’UE à Varsovie mardi.
Un budget conséquent
« Nous avons déjà préparé un ensemble de mesure… qui s’élève aujourd’hui à environ 21 milliards d’euros, à plus ou moins », a-t-il déclaré.
L’agence spatiale ne fait pas partie de l’UE, mais ses membres se recoupent en partie. Notamment avec le Royaume-Uni et la Suisse. Tous les trois ans, les ministres de l’espace des États membres de l’ESA se réunissent pour discuter des dépenses relatives à une série de programmes scientifiques et d’exploration, qu’ils se répartissent entre eux.
Lors du dernier sommet à Paris en 2022, les capitales avaient promis un montant record de 16,9 milliards d’euros.
Les contraintes budgétaires nationales devaient freiner toute tentative d’augmentation du budget lors de la prochaine réunion des ministres à Brême en novembre. Mais les menaces d’Elon Musk de couper l’accès de l’Ukraine à Starlink et la position belliqueuse de la Maison Blanche ont renversé ces hypothèses et ont attiré l’attention sur le développement des actifs spatiaux, dans le cadre d’une initiative européenne plus large en matière de défense.
Dans le cadre du plan de Brême, Josef Aschbacher travaille au développement d’un programme de constellation de satellites de reconnaissance qui transmettraient des images infrarouges optiques à ultra-haute résolution, depuis n’importe quel endroit du monde, toutes les 20 ou 30 minutes aux militaires et aux gouvernements qui en feraient la demande.
Centre spatial guyanais, port spatial de l’Europe, CSG : la fusée Ariane 5 décolle pour son dernier vol (05/07/2023). (Photo par : Roger P/Andia/Universal Images Group via Getty Images) [Photo by: Roger P/Andia/Universal Images Group via Getty Images]
« une occasion à ne pas manquer »
Un certain nombre d’entreprises de l’UE, dont la société finlandaise ICEYE, qui fournit des services commerciaux de satellites à l’Ukraine, ont appelé à un tel programme pour stimuler le secteur des start-ups du bloc.
« C’est un vrai changement, nous n’avons pas d’équivalent en Europe », a déclaré Josef Aschbacher à propos du plan. « Je sais que la Chine et les États-Unis sont en train de le mettre en place. »
Une fois tous les programmes additionnés, le chiffre final du budget de l’ESA qui sera présenté aux ministres en novembre sera « supérieur » à 21 milliards d’euros, a déclaré le responsable autrichien de l’espace. Cela fait de la rencontre de Brême « une occasion à ne pas manquer ».
L’Europe est encore un acteur mineur dans le domaine de l’espace. Elle dépense chaque année un cinquième de ce que les États-Unis consacrent à leurs programmes spatiaux.
D’une part, le nouveau gouvernement allemand, qui a dépassé la France en tant que premier contributeur au budget de l’ESA la fois précédente, et qui est un vivier de start-ups dans le domaine des fusées, a fait savoir qu’il avait l’intention d’augmenter ses dépenses lors du sommet de Brême pour aider la mission à rattraper son retard.
L’Argentine incarne depuis plus d’un siècle le paradoxe d’un potentiel contrarié. Pays riche au potentiel maintes fois reconnu, l’Argentine figure parmi les pays les moins bien gérés de la planète. Dotée d’abondantes ressources naturelles, d’un capital humain élevé et d’un accès privilégié aux marchés agricoles, le pays n’en reste pas moins un des meilleurs clients du Fonds Monétaire International. Depuis son premier recours au FMI en 1958, l’Argentine a conclu pas moins de vingt-deux plans d’assistance. Un vingt troisième est en négociation.
Cette dépendance chronique aux aides d’urgence révèle une incapacité persistante à stabiliser son modèle économique. Dans ce contexte, la dette n’est pas un accident : elle est un symptôme récurrent d’un déséquilibre systémique. Depuis son indépendance en 1816, à neuf reprises, l’Argentine a fait défaut sur sa dette externe.
Trois défauts sur la dette depuis 2001
Trois de ces épisodes se sont produits depuis le début du XXIe siècle, signe d’une instabilité structurelle aggravée. Le plus spectaculaire de ces défauts reste celui de 2001. À la faveur d’une décennie marquée par une parité rigide entre le peso et le dollar, une austérité budgétaire prolongée, et une fuite massive des capitaux, l’économie s’enfonce dans une récession dès 1998. Incapable de refinancer sa dette, le gouvernement suspend ses paiements en décembre 2001, sur un encours de 100 milliards de dollars. La crise politique qui s’ensuit est vertigineuse. En effet, cinq présidents se succèdent en quelques semaines. De plus, le peso est brutalement dévalué et les relations avec le FMI sont rompues.
@Adobestock
En 2014, l’Argentine est confrontée à un défaut technique, provoqué par une décision judiciaire américaine interdisant le paiement des créanciers restructurés sans compensation des « holdouts » – des fonds spéculatifs refusant les restructurations de 2005 et 2010. Bien qu’en capacité de payer, l’Argentine est juridiquement contrainte de ne pas honorer sa dette. Enfin, en 2020, au cœur d’une récession alimentée par une inflation importante, le pays fait défaut sur 500 millions de dollars d’intérêts. Un accord est obtenu, en août, avec les créanciers privés pour restructurer 65 milliards de dette, dans l’espoir de retrouver un minimum de stabilité.
Au-delà des épisodes spectaculaires, ce sont les causes structurelles qui expliquent la fragilité persistante du pays. L’Argentine finance de longue date ses déficits budgétaires par un endettement externe en devises, la rendant vulnérable à chaque choc de change ou à chaque remontée des taux d’intérêt internationaux. Sa politique budgétaire suit un cycle procyclique : expansion des dépenses en période de croissance, coupes brutales en temps de crise. La gouvernance économique demeure instable, marquée par des institutions faibles et une banque centrale régulièrement instrumentalisée.
Le FMI est tour à tour perçu comme un soutien indispensable et un catalyseur d’austérité.
L’inflation est endémique, flirtant avec l’hyperinflation dans les années 1980, et dépassant encore 200 % en 2023. L’économie est partiellement dollarisée, et la population se méfie de sa propre monnaie, convertissant au moindre doute ses pesos en dollars. Cette instabilité économique a de profondes répercussions sociales. Par exemple, le PIB est en dents de scie, les investissements fuient, le chômage reste élevé, et plus de 40 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2024.
Les inégalités se creusent dans une société historiquement éprise de justice sociale. Dans ce contexte, le FMI est tour à tour perçu comme un soutien indispensable et un catalyseur d’austérité. Le prêt record de 57 milliards de dollars accordé en 2018 n’a pas empêché l’effondrement de l’économie. Le plan de 2022 visait avant tout à refinancer celui de 2018, les fonds étant utilisés pour rembourser les dettes antérieures. Cette logique circulaire d’endettement nourrit la critique d’une assistance inefficace.
« Un retour au populisme » ?
L’élection de Javier Milei à la présidence fin 2023 a marqué une inflexion brutale. En effet, ce libertarien iconoclaste a décidé la mise en œuvre d’une politique brutale, avec une réduction massive des dépenses publiques (5 % du PIB supprimés dès le premier trimestre 2024). Mais aussi une déréglementation accélérée, un projet de démantèlement de la Banque centrale, et une volonté de dollariser l’économie. C’est pourquoi, depuis quelques mois, les tensions sociales et politiques progressent.
Face à la contestation, Javier Milei met en avant ses résultats en matière d’inflation. Le Président argentin a demandé un nouveau plan d’aide du FMI au mois de mars. Dans le but de consolider la dette, reconstituer les réserves, stabiliser la monnaie, et rassurer les investisseurs. Pour le FMI, le dilemme est aigu. Soutenir Javier Milei, c’est faire le pari du bien-fondé du traitement qu’il inflige à son pays. C’est prendre le risque d’un nouveau défaut, d’un chaos social, et d’un retour au populisme.
C’est lors d’un déplacement en Asie que Lesfrancais.press a eu l’occasion d’interroger Olivia Richard, sénatrice représentant les Français établis hors de France. Depuis Shanghai, la parlementaire, membre du Groupe Union centriste au Sénat, a partagé ses impressions. À notre micro, elle a notamment mis en avant le dynamisme de la ville et l’engagement remarquable des acteurs locaux. En particulier la communauté économique et les femmes françaises. Au-delà de son témoignage, Olivia Richard adresse un message aux Français de l’étranger : « Impliquez-vous, exprimez-vous, inscrivez-vous et votez », en expliquant les raisons de son appel.
Céline Pozzobon, conseillère des Français de l’étranger
Cet échange a également été l’occasion de donner la parole à Céline Pozzobon, élue consulaire, qui a souligné l’importance d’une telle rencontre pour la communauté française sur place.
Un travail collaboratif et un soutien aux femmes
C’est à l’initiative de Céline Pozzobon, conseillère des Français de l’étranger, que ce déplacement a pu être organisé. L’objectif était d’attirer l’attention de la sénatrice sur les difficultés rencontrées par les Volontaires Internationaux en Entreprise (VIE) à Shanghai. Mais aussi sur les défis liés à la coopération en matière de sécurité sociale. Cette dernière thématique englobe notamment les questions de chômage et de retraites qui concernent directement nos compatriotes établis à l’étranger. Selon Céline Pozzobon, ce déplacement a permis de « rencontrer un grand nombre d’acteurs à Shanghai, aussi bien communautés d’affaires, étudiants, femmes, CCI, entrepreneurs » et d’aborder ces sujets directement.
« Lorsque l’on est femme conjointe, sans activité ici, ce ne sont pas du tout les mêmes risques que pour celles et ceux qui arrivent avec un package »
Olivia Richard, Sénatrice des Français établis hors de France
Au cours de cette interview, Olivia Richard a évoqué les défis spécifiques auxquels font face les femmes. Notamment celles qui créent des entreprises. Elle a ainsi souhaité mentionner des initiatives comme celle de l’association JEF, qui soutient les femmes entrepreneures ou encore La Ruche, qui accompagne des projets de reconversion.
Un travail collaboratif et un soutien aux femmes
« Lorsque l’on est femme conjointe, sans activité ici, ce ne sont pas du tout les mêmes risques que pour celles et ceux qui arrivent avec un package expatrié », nous rappelle la parlementaire. D’autres exemples de situations sont également partagés au cours de ce podcast.
Du terrain au travail législatif
Comment la sénatrice Olivia Richard peut-elle traduire ses expériences et les rencontres directes avec la communauté française à l’étranger dans son travail de parlementaire ? Selon elle, « ce n’est pas nécessairement une traduction législative, on peut aussi attirer l’attention des différents ministères sur les besoins ».
« De toute façon, ça ne peut avancer qu’avec des actions transpartisanes »
Olivia Richard, Sénatrice des Français établis hors de France
En outre, le ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, a annoncé un projet de loi pour les ressortissants français établis à l’étranger pour le second semestre 2025. Ce texte constituera sans doute un moment clé pour défendre les intérêts des expatriés. Olivia Richard souligne que « de toute façon, ça ne peut avancer qu’avec des actions transpartisanes », en illustrant son propos par des exemples concrets.
Du terrain au travail législatif
L’ une de ses propositions concerne notamment la redéfinition du rôle des conseillers des Français de l’étranger. Afin qu’ils puissent avoir un impact réel. Elle remet ainsi en question le système actuel. Ce dernier comprenant deux niveaux de représentation (Conseillers des Français de l’Étranger dans les pays de résidence et Conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger).
Qui sont les Français de l’étranger et combien sont-ils ?
Pour garantir l’efficacité des réformes et du futur projet de loi, Olivia Richard estime qu’il serait intéressant d’organiser une consultation publique avec les Français de l’étranger. « Comme dit Gérard Larcher, il faut qu’on puisse écouter ce que nous disent nos compatriotes a fortiori quand ils sont loin et qu’ils ont peu de moyens de se faire entendre », précise-t-elle. Le tout en nuançant son propos : aujourd’hui, « nous n’avons pas les moyens en réalité de communiquer, ou très peu, avec l’intégralité de nos compatriotes » à l’étranger, en raison d’un problème de recensement.
« La première étape pour impliquer les Français établis hors de France à la vie démocratique est le recensement »
Olivia Richard, Sénatrice des Français établis hors de France
Pour la sénatrice, « la première étape pour impliquer les Français établis hors de France à la vie démocratique est le recensement », insiste-t-elle, car cela permet de mieux cibler les besoins et de communiquer plus efficacement avec la diaspora. Elle souligne notamment l’importance de l’inscription au registre des Français de l’étranger. Prenant notamment l’exemple de la lutte contre les violences faites aux femmes. Sur ce point, Olivia Richard met en avant cette question de sécurité de nos compatriotes à l’étranger. Elle ajoute que « les victimes de violences intrafamiliales, c’est un chiffre noir même en France, mais surtout à l’étranger ». La sénatrice propose des actions concrètes pour faire face à ces situations.
« Il faut changer l’image persistante et toxique que les Français établis hors de France peuvent avoir en France (…) ça donne envie de hurler »
Olivia Richard, Sénatrice des Français établis hors de France
Enfin, Olivia Richard lance un appel vibrant aux Français de l’étranger : « Impliquez-vous, exprimez-vous, inscrivez-vous et votez, c’est comme cela que l’on est pris en compte, quand on demande votre avis, il faut le donner (…) et changer l’image persistante et toxique que les Français établis hors de France peuvent avoir en France (…) ça donne envie de hurler » conclu-t-elle !
La Commission européenne équipe son personnel envoyé aux États-Unis de téléphones jetables en raison des craintes de surveillance, a révélé le Financial Times lundi.
Les nouvelles directives émises par l’exécutif de l’UE, qui préconise également l’utilisation d’ordinateurs simplifiés lors des voyages aux États-Unis, sont similaires à celles concernant les voyages en Ukraine ou en Chine.
Il est conseillé à tout le personnel d’éteindre ses appareils et de les placer dans une pochette anti-espionnage dédiée à son entrée dans le pays, selon le rapportdu FT, qui cite des responsables de la Commission.
Il est conseillé à tout le personnel d’éteindre ses appareils et de les placer dans une pochette anti-espionnage dédiée à son entrée dans le pays. (Photo de Jeffrey Greenberg/Universal Images Group via Getty Images)
La Commission a confirmé que les directives avaient récemment été mises à jour, mais n’a pas commenté sur les détails des changements.
Les négociations de l’UE avec l’administration Trump sur sa guerre tarifaire se poursuivent. Le chef du commerce du bloc, Maroš Šefčovič, est à Washington lundi pour rencontrer son homologue américain Howard Lutnick.
Plus tard ce mois-ci, trois autres commissaires doivent se rendre à Washington pour des réunions au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale.
Les États-Unis auraient connu une baisse des arrivées de touristes depuis la réélection de Donald Trump, certains voyageurs ayant fait l’objet d’un contrôle supplémentaire à la frontière, notamment de vérifications de leurs téléphones et ordinateurs. En mars, un universitaire français s’est vu refuser l’entrée après qu’une vérification de son téléphone personnel a révélé des messages critiquant les politiques de du président américain.
La décision de Donald Trump de majorer les droits de douane américains repose sur un pari, celui de la réindustrialisation de son pays, seule à même, à ses yeux, de procurer des salaires décents à sa population. Ce pari passe par la réorientation de la population active vers l’industrie ainsi que par la mobilisation des capitaux en faveur de ce secteur d’activité.
Plusieurs facteurs risquent néanmoins de contrarier le plan du Président américain : le manque d’actifs disponibles, leur faible niveau de compétences, et les coûts élevés de production aggravés par l’inflation.
Une désindustrialisation aux causes multiples
Depuis les années 1990, les États-Unis ont connu une profonde recomposition de leur appareil productif. Le poids de l’industrie manufacturière dans le PIB et l’emploi n’a cessé de diminuer. En 1990, l’industrie représentait encore environ 16 % du PIB et plus de 17 millions d’emplois. En 2025, elle ne pèse plus que 10 à 11 % du PIB et les emplois industriels sont tombés à 12,9 millions, soit à peine 8 % de l’emploi total.
Avec la France et le Royaume-Uni, les États-Unis sont le pays ayant connu le plus fort mouvement de désindustrialisation. Celle-ci doit être néanmoins relativisée. La production industrielle américaine n’a pas baissé en volume. Elle a continué à croître jusqu’à la crise de 2008, puis a stagné. L’économie s’est tertiarisée avec l’essor des services à forte valeur ajoutée en particulier dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.
La moindre intensité de main-d’œuvre dans l’industrie s’explique par la progression de la productivité du travail dans l’industrie. Les accords commerciaux, notamment l’ALENA (1994) puis l’adhésion de la Chine à l’OMC (2001), ont accéléré la concurrence mondiale. Les chaînes de valeur mondiales se sont développées, de nombreuses entreprises américaines ont transféré une partie de leur production en Chine, au Mexique ou ailleurs.
La désindustrialisation a touché plus durement certaines régions, notamment le Midwest (ancienne « Rust Belt ») : l’Ohio, la Pennsylvanie, le Michigan, ou encore l’Illinois ont perdu des dizaines de milliers d’emplois industriels. Ce phénomène a accentué les fractures territoriales et économiques.
Le retour en force du protectionnisme
Dès 2017, Donald Trump a engagé une politique commerciale protectionniste avec des tarifs douaniers visant à protéger l’industrie américaine, notamment face à la Chine avec des résultats limités. Joe Biden a mis en œuvre une politique favorisant les investissements sur le territoire américain avec l’adoption notamment de l’Inflation Reduction Act (2022), axée sur la transition énergétique et les subventions à la production domestique, et du CHIPS and Science Act (2022), visant à relancer la production de semi-conducteurs sur le sol américain.
Le retour en force du protectionnisme
De son côté, l’Infrastructure Investment and Jobs Act (2021) avait comme objectif de renforcer les infrastructures logistiques et énergétiques.
Donald Trump a entamé son deuxième mandat en plaçant l’augmentation des droits de douane au cœur de sa stratégie économique. À la différence des mesures prises lors de son premier mandat, il a décidé de relever tous les tarifs douaniers applicables à tous les pays commerçant avec les États-Unis. Ce choix vise à empêcher des déplacements de production entre les différents pays pour échapper aux droits de douane. Le relèvement des droits vise également à contraindre les partenaires commerciaux à ouvrir plus largement leur marché aux produits américains.
Une politique inflationniste et défavorable à la croissance
La politique américaine est de nature inflationniste. Les droits de douane devraient aboutir à une augmentation des prix des produits importés. Cela aura des effets sur le pouvoir d’achat des ménages et sur les coûts de production. Avec l’éclatement des chaînes de valeur, l’industrie américaine recourt à de nombreux bien intermédiaires importés en provenance en particulier du Canada et du Mexique.
La lutte contre l’immigration illégale devrait également accroître les tensions inflationnistes avec un marché du travail proche du plein-emploi. Une inflation plus importante pénalisera la compétitivité de l’économie américaine et pèsera sur ses exportations.
La politique économique du Président devrait restreindre la consommation, principal moteur de la croissance aux États-Unis. Le moral des Américains est déjà orienté à la baisse, ce qui pourrait induire des changements de comportement dans les prochaines semaines avec une réduction de leurs achats. Aux États-Unis, l’évolution des cours boursiers entraîne des conséquences sur la consommation et l’investissement. En effet, avec la disparition de l’effet richesse que générait la hausse du cours des actions, ces dernières années, les ménages pourraient revoir leur niveau de consommation à la baisse. De leur côté, les entreprises pourraient diminuer leurs investissements, celles-ci se finançant majoritairement via les marchés financiers à la différence de leurs homologues européennes qui privilégient le crédit bancaire.
Une main-d’œuvre insuffisante et mal formée
La réindustrialisation des États-Unis bute sur des problèmes de main-d’œuvre. Le taux de chômage est faible, autour de 4 % de la population active. Certes, le taux d’emploi offre de marges de manœuvre. Il s’élève à 71 % contre 79 % en Allemagne. Néanmoins, la proportion des handicapés (disabled) dans la population est élevée, 11 % des Américains en âge de travailler ont un handicap. Cette forte proportion est imputable en grande partie à la dépendance d’une partie de la population aux opiacées. L’industrie nécessite des salariés bien formés ayant des compétences techniques importantes. Or le niveau des compétences des Américains est bas, comme le souligne l’enquête PIAAC de l’OCDE.
Les coûts de production sont aux États-Unis élevés limitant la réindustrialisation. Celle-ci ne peut passer que par un recours à l’automatisation, ce qui conduira à un faible niveau de création d’emplois.
A terme, la réduction des fonds fédéraux alloués au Center For Disease Control (CDC), à l’Advanced Research Projects Agency – Energy (ARPA-E), l’Agency for Healthcare Research and Quality (AHRQ), et à diverses universités (Columbia, John Hopkins) peut entraver la recherche aux États-Unis qui constituait jusqu’à maintenant une de forces du pays. En décidant de suspendre le financement des études sur le changement climatique à l’Environmental Protection Agency (EPA) et en exerçant des pressions sur l’Office of Research Integrity (ORI), le Président américain incite les chercheurs à émigrer.
Aux États-Unis, les droits de douane, les expulsions d’immigrés, la désorganisation des agences fédérales pèsent sur la croissance avec une augmentation de l’inflation à court terme. À moyen ou long terme, une compensation ne peut intervenir qu’à condition de maintenir la compétitivité de l’économie américaine, ce qui suppose une amélioration du niveau de formation des salariés et une augmentation du taux d’emploi. Les mesures prises à l’encontre de la recherche pourraient pénaliser l’attractivité de l’économie américaine sur longue période.
Comment réaliser 40 milliards d’euros d’économies en 2026 tout en étant sous la menace de la censure à l’Assemblée nationale ? A défaut de résoudre cette équation politique, François Bayrou a décidé de mettre en place un comité d’alerte sur le budget.
Derniers recours : la prise de conscience des citoyens
Le Premier ministre a dressé un constat alarmant sur la situation budgétaire du pays, mardi 15 avril, en estimant que « seule une prise de conscience de nos concitoyens » pouvait « soutenir une action déterminée » de redressement des comptes publics. Il a qualifié la dette du pays de « piège dangereux, potentiellement irréversible ».
Il s’exprimait à l’issue d’une réunion d’un « comité d’alerte sur le budget », tenue dans la matinée, où plusieurs membres de son gouvernement ainsi que des parlementaires, des représentants d’organismes de sécurité sociale ou encore syndicaux ont échangé sur l’état des finances publiques.
La France « manque de moyens » pour financer ses politiques publiques parce qu’elle « ne produit pas assez et ne travaille pas assez » et « dépense trop par rapport à [ses] recettes », a fait valoir M. Bayrou, à l’aide d’infographies projetées derrière lui.
Le Premier ministre, François Bayrou, à l’issue de la réunion d’un Comité d’alerte du budget, le 15 avril 2025. AFP – ALAIN JOCARD
Face à « ces constats et ces déséquilibres », qu’il a qualifiés « d’objectifs », le chef du gouvernement a écarté « deux solutions de facilité » qui seraient « intenables », selon lui : une hausse des impôts et emprunter davantage, « ce que nous faisons depuis des décennies » et qui a conduit le pays « au bord du surendettement », a-t-il commenté.
Pour tenter d’y répondre, le gouvernement se fixe « quatre grandes orientations », a-t-il fait savoir. La première d’entre elles est l’« indépendance en matière de sécurité et de défense » de la France, M. Bayrou envisageant « un effort de quelque 3 milliards supplémentaires » dans le budget 2026 en la matière. S’ensuivent « le refus du surendettement » en maintenant « l’objectif d’un retour aux 3 % de déficit en 2029 », puis « la refondation de l’action publique » et le besoin de « vitalité économique », via l’investissement industriel, technologique ou encore la simplification administrative.
Préparer le budget 2026
Enfin, François Bayrou a annoncé la volonté du gouvernement d’accélérer le « calendrier habituel » concernant l’élaboration du budget 2026, afin « rassembler toutes les contributions, toutes les suggestions ». « Notre but, c’est que ces grandes orientations et ces grands choix soient proposés avant les vacances, avant le 14 juillet », a-t-il déclaré, alors que l’examen du budget aura, comme chaque année, lieu à l’automne au Parlement.
Une initiative saluée dans un communiqué par le député des Français de l’Europe centrale et des Balkans, Frédéric Petit (MODEM) en ces termes :
« Outre le fait que l’exercice est inédit – jamais aucun gouvernement jusqu’ici n’a anticipé à ce point l’exercice budgétaire suivant -, la volonté de transparence du gouvernement est à saluer. Il s’agit moins ici de prendre les Français à témoin que de partager avec eux l’état de nos finances publiques, dégradé, pour mieux comprendre la décision publique et contenir le déficit en 2026. »
Le Premier ministre a fixé les vacances d’été comme date butoir pour proposer « les grandes orientations » et les « grands choix » issus du diagnostic réalisé : « Notre but est de les proposer avant le 14 juillet et que nous puissions avoir une vision plus nette des possibilités et des opportunités qui se présenteront devant nous. »
Première proposition entendue ce mardi 15 avril, c’est celle du ministre des Français de l’étranger, Laurent Saint Martin. Ce dernier propose de s’attaquer aux dépenses sociales en modulant la prise en charge des soins de santé en prenant en compte « les capacités de chacun ». Une idée qui est souvent la règle hors d’Europe, mais qui provoquera, sans en douter, une levée de boucliers. En un trimestre, la France pourra-t-elle imaginer un nouveau modèle ?
L’Exposition universelle 2025 vient d’ouvrir ses portes à Osaka, au Japon, et plus précisément sur l’île artificielle de Yumeshima. Jusqu’au 13 octobre, cet événement rassemble 160 pays et régions. Un rendez-vous placé par les organisateurs sous le signe des technologies du futur été de la diversité, dans un monde fracturé.
Imaginer le futur
Trois ans après l’Exposition universelle organisée à Dubaï « Connecter les Esprits, Construire le Futur », celle d’Osaka poursuit ce thème pour « Concevoir la société du futur, imaginer notre vie de demain ». Le tout avec un accent particulier sur l’intelligence artificielle et le spatial.
Lors de la cérémonie d’inauguration, le Premier ministre du Japon, Shigeru Ishiba, a formé « le vœu que l’Exposition Universelle 2025 serve de catalyseur pour promouvoir « l’unité dans la diversité ». De son côté, le Secrétaire Général du Bureau International des Expositions (BIE), Dimitri S. Kerkentzes, a indiqué : « Dans ce lieu magnifique, cet espace de paix et de découverte, chaque nation est invitée à concevoir une société future fondée sur la créativité, le partenariat et l’inclusivité. »
« Un moment d’amitié entre la France et le Japon qui dans cette période trouble est plus qu’une nécessité »,
Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger
Quant au ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, présent également, il a parlé de « moment d’amitié » entre notre pays et le Japon, qui « dans cette période trouble est plus qu’une nécessité ».
L’héritage des expositions universelles
C’est en 1851, à Londres, que fut organisée la première exposition universelle. Notamment pour célébrer la révolution industrielle en plein essor. Celle de 1889 marquera Paris à jamais, avec la présentation de la Tour Eiffel. Celle de 1900 laissera à la capitale française le Grand et le Petit Palais. Et chez nos voisins Belges, c’est l’Atomium qui symbolise Bruxelles depuis l’exposition de 1958.
Depuis 1931, c’est le Bureau international des expositions, basé à Paris, qui encadre et réglemente les Expositions Universelles. Le BIE compte désormais 184 États Membres, et la ville hôte est choisie par l’Assemblée générale. Osaka accueille pour la deuxième fois cet événement. En 1970, lors de la précédente édition dans la ville nippone, 64 millions de visiteurs avaient parcouru les différents pavillons présentés. Chiffre qui semble difficilement atteignable cette année selon les observateurs.
L’Ukraine n’est pas à vendre !
Passerelles entre gouvernements, entreprises, organisations internationales et citoyens, l’exposition universelle à Osaka donne aussi l’occasion aux pays de communiquer avec le reste du monde. Ainsi, un panneau jaune et bleu indique « Pas à vendre » (« Not for sale ») au-dessus du stand de l’Ukraine. « Nous voulons que le monde en sache davantage sur notre résilience. Nous sommes ceux qui créent, et non ceux qui détruisent », a déclaré à l’AFP Tatiana Berezhna, vice-ministre ukrainienne de l’Économie. La Russie est d’ailleurs absente de l’Expo-2025.
La France et l’Amour
Côté français, le pavillon tricolore proposer une expérience immersive avec pour fil rouge (selon la légende japonaise Akai Ito) « un hymne à l’Amour ». C’est une promenade qui est proposée au visiteur. Celle-ci offre notamment un dialogue entre l’amour de soi (mise en valeur des capacités et des savoir-faire de chacun). Mais également l’amour des autres (qui passe par l’Art de vivre, la solidarité et l’inclusion) et l’amour de la nature (pour mieux la protéger, la restaurer ou l’exploiter de façon durable), selon les informations partagées par l’Ambassade de France au Japon.
« C’est cette lecture française du monde, un hymne à l’Amour mais aussi à l’audace et au dialogue, que les visiteurs du pavillon français de l’exposition universelle d’Osaka 2025 pourront découvrir » a par ailleurs communiqué le président de la République, Emmanuel Macron.
L’actrice Sophie Marceau et Teddy Riner, dimanche à Osaka, au Japon. (I. Kato/Reuters)
L’inauguration du pavillon français a notamment été marquée par la présence de l’actrice Sophie Marceau et du médaillé olympique de judo, Teddy Riner. «En ces temps difficiles, le lien, et par cela l’amour, est une belle promesse, un beau projet» a, entre autres, déclaré l’éternelle Vic du film La Boum.
Une promotion du « savoir-faire français »
Pour Jean-Philippe Audren, un de nos compatriotes vivant au Japon, et aussi délégué des Français de l’étranger pour le parti Territoires de Progrès,
« Ce pavillon français est un véritable chef-d’œuvre architectural avec cet escalier hélicoïdal cuivré qui attire les regards de tous les visiteurs »
Jean-Philippe Audren, délégué FdE Territoires de Progrès
Jean-Philippe Audren, délégué FdE Territoires de Progrès
Et il poursuit « c’est aussi un hymne à l’amour, à l’amour de l’être humain et de la nature avec notamment son toit jardin regroupant divers paysages français qui invite à la flânerie … s’il ne pleut pas comme dimanche lors de l’inauguration », nous glisse-t-il de façon en souriant. Enfin, selon lui, « ce pavillon français met en lumière les talents et savoir-faire français ».
Et il semblerait que cette promesse française attire. Depuis dimanche, les visiteurs sont nombreux à vouloir visiter ce lieu, les files d’attente ne diminuent pas. La France continue donc à séduire à l’international en exposant l’amour, comme langage universel.