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  • « Témoignages des Français d’Israël » : l’impact sur les relations économiques avec la CCIIF

    « Témoignages des Français d’Israël » : l’impact sur les relations économiques avec la CCIIF

    L’attaque du Hamas sur Israël a apporté son lot de souffrances, qu’elles soient physiques ou bien psychologiques. Quelles conséquences ce drame a-t-il également engendrées sur le plan commercial ? Depuis ce jour, quels sont les impacts observés dans les relations économiques entre Israël et le France ? Pour y répondre, dans le cadre de sa série « Témoignages des Français d’Israël », Lesfrancais.press a interrogé le Dr Daniel Rouach. Président de la CCIIF (Chambre de Commerce et d’Industrie Israël-France) de 2012 à début 2024. Il en est aujourd’hui le Président d’honneur. Pour cet expert économique, également professeur à l’ESCP et à l’Université de Tel-Aviv, actuellement, sur certains aspects, « on retrouve une période similaire à celle du COVID ». Explications en détail dans cette interview.

    Lesfrancais.press : « Dr Daniel Rouach, tout d’abord, nous sommes 1 an après le 7 octobre 2023, quel souvenir avez-vous de ce jour, et comment aviez-vous appris l’existence de cette attaque ? »

    Dr Daniel Rouach : « J’étais au Sud de Tel-Aviv ce matin du 7 octobre 2023. J’ai couru me réfugier à perdre haleine dans mon abri. Très vite j’ai compris que cette fois-ci rien n’était comme avant. Un silence assourdissant. La télévision israélienne a décidé de se mettre en direct. L’horreur de là guerre en direct. C’est la société civile qui a sauvé le pays. Des centaines de groupes sur les réseaux de messageries connus se sont mis en route pour sauver le pays et tenter de limiter le nombre de morts et blessés. Des actes héroïques ont eu lieu. Pour ma part j’ai fait du bénévolat. »

    https://france-pay.com/

    Lesfrancais.press : « Quel message souhaiteriez-vous partager en ce 7 octobre 2024 ? »

    Dr Daniel Rouach : « Mon message est simple : le pays est fort, très fort. Car dans les périodes les plus sombres de son histoire une solidarité sans faille voit le jour. Il faut le voir pour le croire. »

    Lesfrancais.press : « Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre et les événements qui ont pu suivre, les entreprises françaises continuent-elles à investir en Israël ?

    Dr Daniel Rouach : « Les firmes françaises sont bien là. Aucun grand groupe n’a quitté le pays. Les investissements français en Israël n’ont jamais été très importants.

    « Depuis le 7 Octobre 2023 aucune délégation d’affaires est venue en Israël. Le tourisme est au niveau zéro. On retrouve une période similaire à celle du COVID. »

    Dr Daniel Rouach, président d’honneur de la CCIIF

    Carrefour marque les esprits des Israéliens qui découvrent, entre autres, de nouveaux produits à prix attractifs. Depuis le 7 Octobre 2023 aucune délégation d’affaires est venue en Israël. Le tourisme est au niveau zéro. On retrouve une période similaire à celle du COVID. Les Israéliens se déplacent en France pour les salons. Tous les rendez-vous qui devaient avoir lieu en Israël se font en France. Les entreprises françaises continuent-elles à investir en Israël ?  Réponse : oui, mais faiblement. »

    Lesfrancais.press : « Et du côté Israélien, les chefs d’entreprise gardent-ils leur confiance en la France ou bien se tournent-ils vers d’autres pays ? »

    Dr Daniel Rouach : « Grâce à Vivatech et aux initiatives incessantes de Maurice Levyet des actions des Ambassades et Chambres de Commerce les start-ups israéliennes ont pris conscience que la France est un grand pays d’innovation et de technologie de rupture. Les Israéliens gardent toujours une grande confiance en la France, malgré un incident notoire (en juin 2024, les exposants israéliens au salon de défense Eurosatory ont été soudainement écartés par les organisateurs. Le tribunal saisi en référé, c’est-à-dire en urgence, le tribunal a alors considéré que la décision de la société organisatrice, Coges Events d’exclure les 74 exposants israéliens était « discriminatoire.)

    « Les Israéliens gardent toujours une grande confiance en la France » – Dr Daniel Rouach, président d’honneur de la CCIIF

    Le high-tech israélien en France est florissant. Les PDG israéliens restent très discrets sur la nature des grands contrats signés. Des firmes comme Check Point continuent leur progression. Il est clair que d’autres marchés en Asie (Inde, Japon, Singapour…) sont devenus vitaux pour les Israéliens, très solides dans les technologies militaires. L’image de la France reste bonne. »

    Lesfrancais.press : « Dans une économie en proie à la guerre, quels conseils donneriez-vous à nos compatriotes sur place ? »

    Dr Daniel Rouach : « Mes conseils sont simples : l’économie du pays ne vacille pas. Il y a très peu de faillites. Aussi, il est important de ne pas prendre de décisions hâtives. Sur le plan personnel, je préconise de rester en permanence proche d’abris antimissiles, avec au moins deux téléphones cellulaires en main. Et surtout, de ne pas paniquer ! Il faut garder son sang-froid. L’Ambassade France en Israël est très efficace en cas d’urgence. Enfin, je conseillerai aussi d’éviter d’organiser des visites touristiques, même à Jérusalem. »

  • « Témoignages des Français d’Israël » : Eric Bellaiche, élu à Jérusalem

    « Témoignages des Français d’Israël » : Eric Bellaiche, élu à Jérusalem

    Le 7 octobre 2023, Israël a connu une véritable journée en enfer. 1 an après, comment vit notre communauté française à Jérusalem et dans ses alentours ? Pour y répondre dans le cadre de notre série sur les témoignages des Français d’Israël, nous recevons Eric Bellaiche, Conseiller des Françaises et des Français pour cette région. Élu sur une liste d’Union de la droite et du centre en 2021, il est aussi le président du conseil consulaire. Pour Lesfrancais.press, il partage ainsi son témoignage sur la situation.

    Depuis le 7 octobre 2023, les Français de Jérusalem sont-ils plus en sécurité qu’en France ?

    La rédaction du site Lesfrancais.press a donc pu joindre le président du conseil consulaire qui représente nos ressortissants vivant dans la circonscription de Jérusalem. Par son mandat, Eric Bellaiche est ainsi en contact direct avec notre communauté sur place. Interrogé sur le ressenti des Français, il nous informe que nos compatriotes, 1 an après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, sont effectivement « inquiets et préoccupés par la situation. » Pour autant, nous précise-t-il, ils restent « néanmoins confiants en l’avenir et en l’armée d’Israël ».

    « Nos compatriotes se sentent bien plus en sécurité ici en Israël qu’en France »

    Dr Eric Bellaiche, président du conseil consulaire – Français de Jérusalem

    Avec cette montée de la violence et dans un pays en guerre, la question du départ de nos compatriotes d’Israël vers Paris peut se poser. Les événements de la semaine dernière, avec le tir de missiles sur Israël depuis l’Iran, sont une nouvelle escalade dans la violence que connaît notre diaspora à Jérusalem. Aussi, Eric Bellaïche conseillerait-il à nos ressortissants habitant encore en Israël à (re)venir vivre en France ? La réponse de notre grand témoin est sans détour : « Certainement pas !!!! »

    Le consulat de france jerusalem
    Le consulat de France à Jérusalem

    Il observe aussi que « l’inverse est vrai ». Les départs de la France vers Israël s’accroissent. En effet, le nombre d’Alyah, c’est-à-dire l’acte d’immigration en Terre d’Israël depuis la France, augmente. Pour notre témoin, il y a une explication : « nos compatriotes se sentent bien plus en sécurité ici en Israël qu’en France, ou l’antisémitisme prend des proportions méconnues depuis la seconde guerre mondiale ». Selon l’élu consulaire, ce contexte antisémite en France s’explique aussi par l’attitude d’un parti politique et de leurs représentants, notamment de La France Insoumise :

    « Certains élus de LFI soufflent sur les braises (de l’antisémitisme) pour des raisons bassement électorales. »

    Dr Eric Bellaiche, président du conseil consulaire – Français de Jérusalem

    Puis, nous avons demandé à Eric Bellaiche si les demandes de notre diaspora vivant à Jérusalem ou dans sa région vis-à-vis des autorités françaises se sont intensifiées ou pas ces dernières semaines. Il n’y a « pas de grands changements » constate-t-il. Il nous a aussi informés que « les services du consulat de France à Jérusalem fonctionnent correctement. » La continuité du service public est donc, pour le moment, assurée.  

    1 an après le 7 octobre, quel message souhaite partager en ce jour de souvenir Eric Bellaiche ?

    « Malgré l’atrocité du 7 octobre 2023, et les autres agressions dont Israël a été victime, l’éternité d’Israël ne sera jamais démentie ».

    Dr Eric Bellaiche, président du conseil consulaire – Français de Jérusalem

    En conclusion de l’échange que la rédaction a pu avoir, dans le cadre de sa série de témoignages des Français d’Israël, avec Eric Bellaiche, le président du conseil consulaire a souhaité lancer l’appel suivant : « j’invite nos concitoyens à nous rejoindre ici en Israël, car c’est ici que s’écrit et se poursuit l’histoire plurielle millénaire du peuple juif ».

  • « Témoignages des Français d’Israël » : Daphna Poznanski-Benhamou, élue à Tel-Aviv

    « Témoignages des Français d’Israël » : Daphna Poznanski-Benhamou, élue à Tel-Aviv

    Daphna Poznanski-Benhamou est élue au conseil consulaire représentant les Françaises et les Français de Tel-Aviv et de sa région. Elle est également membre de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Le 7 octobre 2023 est « un jour du présent « que nous partage notre invitée. Dans cette interview réalisée dans le cadre de notre série sur les Témoignages des Français d’Israël, c’est aussi un témoignage plus large de ce que vivent et ressentent nos ressortissants français sur place.  Un an après, quelle est la situation des Français dans cette partie d’Israël ? Un entretien Lesfrancais.press

    Lesfrancais.press : « Un an après le 7 octobre, quel message souhaiteriez-vous partager en ce jour de souvenir ? »

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Jour du souvenir, non, jour du présent. Pour nous tous ici, nous vivons depuis le 7 octobre dernier avec un grand vide en nous, comme si toutes les personnes massacrées nous manquaient intimement. Nous vivons encore sous le choc initial du plus grand pogrom commis depuis la Seconde Guerre mondiale. Près de 1200 civils, dont 48 Français, ont été massacrés. Sur les 101 otages encore aux mains du Hamas, on compte deux Français, Ofer Calderon et Ohad Yahalomi. Le 7 octobre 2023, c’était un jour de fête juive. Et là, nous atteignons un point fondamental. Pour le Hamas, choisir cette date, c’était frapper des croyants dans un moment de célébration.

    « Pour nous tous ici, nous vivons depuis le 7 octobre dernier avec un grand vide en nous ».

    Daphna Poznanski-Benhamou, élue à l’AFE et au conseil consulaire – Français de Tel-Aviv-Haïfa

    Cette attaque si symbolique nous entraîne loin du conflit israélo-palestinien. Elle nous fait entrer de plain-pied dans une guerre de religion, ce que tous ceux qui, comme moi, ont combattu pour la paix, ont toujours réfuté. Ne nous sommes-nous pas trompés ? Les pacifistes des kibboutz qui s’occupaient de faire soigner les enfants gazaouis dans les hôpitaux israéliens ont été les premiers à tomber sous les coups des terroristes du Hamas. Les voix des suppliciés nous interpellent encore.

    Daphna Poznanski-Benhamou
    Daphna Poznanski-Benhamou à Paris pour la cérémonie de la Flamme sous l’Arc de Triomphe

    Un message après le 7 octobre 2023 ? Il sera double : empêcher par tous les moyens un 7 octobre bis, comme celui que le Hezbollah avait préparé dans ses tunnels le long de la frontière israélo-libanaise sous le nez de la FINUL (La Force intérimaire des Nations unies au Liban), un plan intitulé  » Conquête de la Galilée « , et continuer de refuser tous les extrémismes. »        

    Lesfrancais.press : « Vous êtes élue dans la circonscription de Tel Aviv, depuis les attaques du Hamas, et avec cette escalade des missiles tirés depuis l’Iran de la semaine dernière, quel est le ressenti de nos compatriotes sur place ? »

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Pour les 180 000 Français d’Israël, la première communauté française au Proche-Orient, le traumatisme du 7 octobre ne passe pas ni la colère contre tous ceux qui dénient à Israël le droit d’exister ni la détermination à ce qu’Israël existe ni l’absolue nécessité du  » Plus jamais ça « . Ils sont écœurés devant la désinformation mise en œuvre par le Hamas et ses séides en Europe et dans le monde et indignés face à l’utilisation électoraliste du conflit par l’extrême gauche française, notamment par LFI (La France Insoumise).

    « Je tiens à rendre un très chaleureux hommage aux Français d’Israël pour leur courage (…) et leur Fraternité ».

    Daphna Poznanski-Benhamou, élue à l’AFE et au conseil consulaire – Français de Tel-Aviv – Haïfa

    Ils ont fait montre d’une extraordinaire solidarité pour venir en aide aux plus impactés par la guerre. Je tiens ici à rendre un très chaleureux hommage aux Français d’Israël pour leur courage et la façon dont ils illustrent au quotidien le mot si français de  » Fraternité « . »   

    Lesfrancais.press : « Avec la guerre qui semble durer et s’intensifier, faut-il s’attendre à un retour en masse de nos expatriés en France ? » 

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Nous n’avons jamais constaté de retours en masse des Français d’Israël lors des autres guerres. Après le 7 octobre, le Quai d’Orsay a évacué environ 3800 Français, mais nombre d’entre eux étaient des touristes abandonnés par Air France et Transavia. Un retour en France ? Je n’ai eu aucune information en ce sens. Il faudrait poser la question autrement. Pourquoi les Français d’Israël ont-ils quitté la France ?

    « Depuis octobre 2023, près de 2000 Français juifs se sont installés en Israël ».

    Daphna Poznanski-Benhamou, élue à l’AFE et au conseil consulaire – Français de Tel-Aviv Haïfa

    Par idéalisme ou bien à cause de l’antisémitisme qui frappe en France depuis des années à tous les niveaux de la société. La guerre ne modifie pas ces motifs. Au contraire, combien de Français d’Israël souhaitent-ils se voir contraints à devenir en France des Français juifs  » transparents  » pour éviter l’antisémitisme d’atmosphère ? Depuis octobre 2023, près de 2000 Français juifs se sont installés en Israël. »  

    Lesfrancais.press : « Et qu’attendez-vous des autorités françaises pour accompagner nos ressortissants qui restent vivre en Israël ? »

    Daphna Poznanski-Benhamou : « Quelques heures avant l’attaque iranienne, l’Ambassade de France et nos Consulats avaient réuni par zoom le Comité de Sécurité avec tous les chefs d’îlots. Ce genre de réunion étant confidentiel, vous comprendrez que je n’en dirai rien. Je ne peux rien demander de plus à nos équipes consulaires qu’elles ne fassent déjà. Lors de cette réunion, j’ai tenu à saluer leur dévouement exemplaire auprès des familles d’otages et d’ex-otages, auprès des familles françaises touchées par la guerre, en particulier, des familles évacuées du Nord et du Sud d’Israël. »   

    Reçue dans le cadre de notre série de témoignages des Français d’Israël, Daphna Poznanski-Benhamou a aussi publié un livre intitulé « Les Enfants de la Guerre d’Algérie », paru aux éditions Ramsay.  Cet ouvrage vient d’ailleurs de remporter le prix littéraire « Histoire-Mémoire 2024 » de la Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie. La cérémonie aura lieu le 7 novembre prochain à Paris. L’auteure dédie ses pages « à tous les enfants de toutes les guerres ».

  • Caroline Yadan : le 7 octobre, « une douleur toujours aussi forte »

    Caroline Yadan : le 7 octobre, « une douleur toujours aussi forte »

    Écouter le podcast de Caroline Yadan

    Le 7 octobre 2023 restera à jamais un jour ensanglanté dans la mémoire de l’Histoire. L’attaque sur Israël orchestrée par le Hamas a bouleversé la vie de centaines de milliers de personnes. En ce jour anniversaire, 1 an après, et alors que la guerre continue, Lesfrancais.press donne la parole à celles et ceux qui ont vécu ce drame. Notre invitée, Caroline Yadan est députée des Français de l’étranger. Sa circonscription couvre, entre autres, nos ressortissants vivant en Israël et dans les territoires palestiniens. Pour nous, elle se souvient, elle nous confie son ressenti, « une douleur toujours aussi forte », et nous parle, sans tabou, de la situation actuelle.  

    Des massacres génocidaires et un antisémitisme exacerbé

    Comme pour le 11 septembre 2001, ils sont nombreux à se souvenir du moment où ils ont appris ce qui se passait alors en Israël. Notre invitée évoque « sa sidération face à un événement qui était inimaginable ».  Partageant son ressenti, la parlementaire poursuit ainsi :

    « le 7 octobre, ce sont des massacres sans précédent, ils s’en sont pris aux juifs, parce que juif, avec une intention génocidaire exacerbée… » Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Ce qui a également fortement marqué notre invitée, c’est « la dimension inconnue jusqu’àlors, celle d’une dimension de diffusion des images, de diffusion de cette barbarie dans une pornographie de l’horreur absolue,… ». Ce que la parlementaire partage, c’est une forme de cauchemar devenu une réalité ce 7 octobre 2023, et dans les jours qui ont suivi. 1 an après, « la douleur est toujours aussi forte » nous dit-elle.

    Français d’Israël

    Au cours de cette interview, Caroline Yadan parle aussi des otages encore détenus. Et, elle constate, avec d’autres, que ces événements ont entraîné des « couches successives de traumatismes ». Surtout,

    « Au lieu d’entraîner une empathie généralisée du monde entier, ces massacres du 7 octobre ont eu pour conséquence une exacerbation (…) de l’antisémitisme ». Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Une inversion des valeurs se serait donc opérée. À notre micro, la députée donne les étapes successives de ce cheminement pour aboutir à ce que les victimes deviennent les bourreaux, et inversement. Il y a « une volonté de négationnisme » affirme-t-elle.

    La France Insoumise, un parti antisémite ?

    La France n’est pas épargnée. Les actes antisémites se sont multipliés. Jean-Luc Mélenchon, leader du parti politique « La France Insoumise » est accusé d’avoir une part de responsabilité dans cette évolution de la situation. C’est sans ambages que notre invitée déclare :

    « LFI est devenue le premier parti antisémite de France »

    Caroline Yadan, députée de la 8eme circonscription des Français de l’étranger

    Par ses propos, LFI « reprend la rhétorique du Hamas » nous explique la parlementaire au cours de cette interview. Par ses positions constate Caroline Yadan, ce parti « renforce la haine des Juifs en France ».  En dehors de la France ce phénomène prend aussi de l’ampleur.

    Caroline Yadan députée de la 8eme circonscription des Français de l'étranger
    Caroline Yadan députée de la 8eme circonscription des Français de l’étranger

    En Belgique par exemple. Certains candidats aux élections se déclarent pro palestinien. Dès lors, faudrait-il interdire les partis politiques qui s’en revendiquent ? Dans sa réponse, notre invitée effectue une distinction entre ceux qui souhaitent la paix et les soutiens au Hamas.

    Retour en France des Français d’Israël ou Alyah ?

    Actuellement députée des Français d’Israël et des territoires palestiniens, la membre du Groupe « Ensemble pour la République » présidé par Gabriel Attal à l’Assemblée nationale partage aussi le ressenti de nos ressortissants vivant sur place. Avec la guerre qui semble s’installer, doit-on également s’attendre à un retour en masse sur le territoire national des Français d’Israël ?

    « Contre toute attente (…) les Français d’Israël ne partent pas, et il y a une Alyah massive »

    Caroline Yadan, députée de la 8eme circonscription des Français de l’étranger

    Autre point, l’ancien député LR Meyer Habib était réputé très proche du parti au pouvoir en Israël et de son Premier Ministre Benyamin Netanyahou.

    @adobestock
    @adobestock

    Aussi, quel accueil les autorités israéliennes ont-elles donc réservé à la nouvelle parlementaire ? Sans détour, l’avocate de profession nous répond « je suis députée des Français qui habitent en Israël » et continue son propos en indiquant ;

    « Je n’ai aucun contact avec le gouvernement Israélien. » Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger

    Quant à la position de la France sur ce qui se passe actuellement, notre interlocutrice du jour explique, au cours de ce podcast, les raisons de sa « prise de distance » avec notre pays et sur sa stratégie au Moyen-Orient.

    Une vidéo transpartisane réalisée en hommage aux victimes du 7 octobre

    Cependant, sous l’impulsion de Caroline Yadan, une vidéo rassemblant plusieurs députés a été tournée. Il s’agit de rendre hommage aux victimes du 7 octobre. Un poème y est notamment lu. Il s’agit d’un écrit d’Amiram Cooper, israélien et fondateur du Kibboutz Nir Oz. Il a été un otage du Hamas et il est mort en captivité à Gaza.

    « C’est notre humanité qui a parlé (dans cette vidéo) en dépassant toutes les clivages politiques »

    Caroline Yadan, députée des Français établis hors de France

    Ni le RN ni LFI n’ont été conviés à ce tournage. C’était le choix de notre la députée à l’origine de ce clip.

    Enfin, pour conclure, y a-t-il encore une chance de revoir les derniers otages en vie ? Et, au-delà des événements de ces derniers jours, la paix est-elle encore possible ? Mais, pour la députée, « on ne fait pas la paix avec ceux qui veulent vous détruire ». Pour autant, « rien n’est impossible » !

    Ecoutez l’intégralité du témoignage de Caroline Yadan, députée des Français de l’étranger, sur le massacre du 7 octobre et la situation actuelle de nos compatriotes en Israël et dans les territoires palestiniens. Un an après l’attaque du Hamas, un podcast Lesfrancais.press

  • Le 07 octobre 2023 : un an après !

    Le 07 octobre 2023 : un an après !

    Un an jour pour jour après le 7 octobre, Israël commémore la journée la plus dure de son histoire, alors que la société reste plongée dans un traumatisme collectif. Il est paradoxal de penser à tout ce qui s’est passé en Israël et au Moyen-Orient depuis ce samedi fatidique, alors que dans les communautés attaquées, le temps s’est arrêté, comme si ce jour ne s’était jamais terminé. Retour sur une journée fatidique.

    Pour rappel, le 07 octobre 2023, au cours de son invasion terrestre, aérienne et maritime, le Hamas a tué 1 200 personnes – pour la plupart des civils – et en a enlevé 240 autres, dont 101 sont toujours détenues dans la bande de Gaza dont 2 Français.

    Déluge d’Al-Aqsa VS Glaives de fer 

    Cinquante ans et un jour après le début de la guerre du Kippour, le Hamas a attaqué Israël, samedi 7 octobre. À l’aube, des milliers de roquettes ont été lancées de la bande de Gaza et des membres des Brigades Ezzedine Al-Qassam – la branche armée du mouvement islamiste – ont pénétré le territoire israélien en franchissant une frontière considérée comme l’une des plus sécurisées du monde et en déjouant le Dôme de fer, le dispositif de défense antiaérienne de l’Etat hébreu.

    Le 10 octobre, des soldats israéliens à Kfar Aza. © JACK GUEZ / AFP
    Le 10 octobre, des soldats israéliens à Kfar Aza. © JACK GUEZ / AFP

    C’est l’opération « Déluge d’Al-Aqsa », à laquelle Israël répond quelques heures plus tard par l’opération « Glaives de fer ». L’attaque surprise du Hamas est sans précédent depuis la création d’Israël, en 1948.

    En ce shabbat marquant le dernier jour des fêtes juives de Souccot, des centaines d’hommes armés du mouvement islamiste palestinien Hamas s’infiltrent au petit matin dans le sud du pays à partir de la bande de Gaza. Ils tuent à l’aveugle dans la rue, dans les maisons de plusieurs villes et kibboutz, ou en pleine rave-party. Aux 767 civils recensés par le Bitouah Léoumi s’ajoutent 20 civils (19 Israéliens et un Tanzanien) emmenés comme otages dans la bande de Gaza et dont l’armée israélienne a confirmé qu’ils étaient morts. S’ajoutent également 60 policiers, 10 membres du Shin Bet, et 306 soldats tués le 7 octobre et dans les trois jours qui ont suivi. Une personne reste portée disparue.

    Les données du Bitouah Léoumi ne permettent pas de distinguer le nombre des victimes du Hamas de celui des civils tués par les forces israéliennes dans les combats lors de la reprise des kibboutz et des villes attaquées, opération pendant laquelle l’armée a eu recours à des tirs nourris d’obus et de roquettes sur des zones habitées pour déloger les assaillants, selon des témoignages recueillis par l’AFP et des médias israéliens.

    La plus jeune victime officiellement reconnue est un nouveau-né mort 14 heures après sa naissance à l’issue d’une césarienne pratiquée en urgence sur sa mère enceinte de 9 mois et blessée par balles. La plus âgée est une vieille dame de 94 ans.

    En représailles à l’attaque, le gouvernement israélien a juré d’anéantir le Hamas. Depuis le 7 octobre, plus de 27.000 Palestiniens, en grande majorité des femmes et des mineurs, ont été tués dans la bande de Gaza par les bombardements et les opérations militaires israéliennes, selon le ministère de la Santé du Hamas.

    2 Français encore captifs

    Deux des 8 Français pris en otage le 7 octobre 2023 seraient encore en vie : Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi, deux habitants du kibboutz Nir Oz, frontalier de la bande de Gaza, que certains médias ont décrit comme un village pastoral, « symbole d’un socialisme à visage humain » et d‘une gauche israélienne pacifiste.

    Les deux quinquagénaires exerçaient le même métier de menuisier et faisaient partie, semble-t-il, de familles tournées vers l’espoir de paix avec leurs voisins palestiniens. Bien loin du comportement des colons israéliens en Cisjordanie, les habitants de ce kibboutz organisaient ainsi régulièrement des transports de malades palestiniens vers les hôpitaux israéliens.

    Le 07 octobre 2023 : un an après !
    Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi ©AFP

    Depuis, aucune nouvelle n’a été rapportée concernant le sort des deux otages. Emmanuel Macron a déclaré, lors du premier Conseil des ministres du gouvernement Barnier, le 21 septembre, qu’il comptait recevoir leur famille ce 7 octobre 2024.

    Mais, tout comme pour les 62 autres personnes enlevées, qui n’ont ni été libérées ni comptabilisées parmi les morts, il n’existe aujourd’hui aucune information précise sur leur état de santé. Dans une récente déclaration, lors d’une réunion de la Knesset, dimanche 22 septembre, Benyamin Netanyahou aurait toutefois affirmé qu’une cinquantaine d’otages encore captifs à Gaza seraient en vie.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.10.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 07.10.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le 07 octobre. Ce flash quotidien des expatriés sera consacré, en hommage aux victimes de l’attaque du Hamas, au dossier spécial publié ce lundi par la rédaction du site Lesfrancais.press. Dans nos titres : Hommage en France – Annulation possible en Israël – Ces Français qui témoignent

    En France, le rendez-vous est donné à 20h, au Dôme de Paris

    Alors qu’il n’y aura finalement pas de « temps de recueillement» à l’école, comme cela avait été évoqué, une cérémonie d’hommage aux victimes du 7 octobre se tiendra bien à 20h, au Dôme de Paris, ce lundi. Organisée par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), elle se déroulera en présence du Premier ministre, Michel Barnier, et devrait s’articuler autour de la diffusion de vidéos et de photos d’otages. Le président du Crif, Yonathan Arfi, prendra la parole en présence de plusieurs personnalités, notamment des élus et des intellectuels. 

    Le Palais des Sports Dôme de Paris
    Le Palais des Sports Dôme de Paris

    Des hommages sous haute sécurité en Israël

    L’armée israélienne redouble de vigilance à l’approche du premier anniversaire de l’attaque du Hamas. Les forces de sécurité sont en état d’alerte maximale, craignant de possibles attentats visant à marquer à l’année du 7 octobre, tout en préparant une riposte aux récents tirs de missiles iraniens. Le général Herzi Halevi, chef d’état-major, a réaffirmé la détermination d’Israël à poursuivre ses opérations contre le Hezbollah « sans relâche ». Cependant, suite à l’attentat de ce dimanche, des voix s’élèvent dans le pays pour demander l’annulation des cérémonies prévues. Réponse ce lundi.

    1400 bougies ont été allumées lundi 6 novembre 2023 à Jérusalem, devant le mur des Lamentations. AFP/Fadel Senna
    1400 bougies ont été allumées lundi 6 novembre 2023 à Jérusalem, devant le mur des Lamentations. AFP/Fadel Senna

    Les Français d’Israël toujours marqués

    Dans un dossier spécial à retrouver sur le site Lesfrancais.press, les Français d’Israël témoignent. Parmi eux, Caroline Yadan, Meyer Habib, mais aussi les élus consulaires de Tel-Aviv et de Jérusalem, et le président de la Chambre de commerce France-Israël. Tous témoignent de la douleur toujours présente, de la tension palpable dans les rues des Paris, ils s’inquiètent de l’antisémitisme en France mais ils portent aussi des messages d’espoir et rappellent, en pleine crise diplomatique entre Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahou, l’amitié qui lie nos deux pays. 7 articles à retrouver sur Lesfrancais.press.

    C’est ainsi qu’on termine le premier bulletin des Français de l’étranger de cette semaine. Toute la rédaction se joint à moi pour déclarer notre solidarité aux familles des deux otages français encore détenus à Gaza. Bon lundi à toutes et à tous !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • L’impôt ne paie pas les dettes. Les pauvres, oui.

    L’impôt ne paie pas les dettes. Les pauvres, oui.

    Fisc était le nom modeste panier d’osier, devenu synonyme du trésor public, lui-même panier percé. Le fisc est censé remplir le panier, ce qui n’arrive jamais. Plus l’impôt rentre, plus l’Etat se réjouit, anticipe, dépense, s’endette. La capacité de lever l’impôt est une garantie pour les prêteurs, d’où, longtemps, la bonne note de la France. D’où, surtout, sa dette impressionnante.

    L’administration fiscale a le génie de l’impôt, elle en a inventé entre 400 et 1000, nul ne sait exactement, parce qu’elle ne sait pas compter. En témoigne l’erreur budgétaire des mathématiciens de Bercy de seulement 1,5 % du PIB, quelque 60 milliards.

    Pierre le Grand avait inventé un impôt sur la barbe, le fisc a créé des impôts sur la possibilité d’avoir une barbe. Cela s’appelle les plus values « latentes ». Vous n’avez pas gagné cet argent, mais vous pourriez le gagner, petit malin ! Aussi La France a-t-elle, hors Corée du Nord et Cuba, le record mondial des prélèvements, et, comme les deux sont liés, une dette mirobolante. Aujourd’hui, bêtement, les préteurs s’inquiètent.

    Pour la première fois depuis toujours, la France emprunte à des taux supérieurs à ceux de la Grèce, de l’Italie, du Portugal, de l’Espagne. Ces mal notés ont fait des efforts, à commencer par les pauvres.

    La solution à la dette ? Toujours l’impôt. À condition qu’il soit populaire. Seuls les riches paieront. Vraiment ?

    Qui paie l’impôt des riches ? Tout le monde. Les riches et les grandes entreprises paient un peu moins.

    Qui paie l’impôt des riches ? Tout le monde. Avec un petit bémol : les riches et les grandes entreprises paient un peu moins que les autres : ils profitent de l’écrasement des salaires et de la concurrence.

    L’impôt sur les barbes n’est pas payé par les barbes. Celui sur les fenêtres n’était pas payé par les fenêtres, celui sur les riches ne l’est pas par les riches. L’impôt est prélevé sur l’ensemble de la création de richesse. Raison pour laquelle, le fisc, dans sa sagesse, intervient à tous les étages de la création de valeur.

    Quand une entreprise paie l’impôt, ce n’est pas elle qui paie ; mais les fournisseurs, sous traitants, clients, actionnaires,  salariés, ceux qu’elle n’embauche pas, chômeurs. Voilà la pression sur les salaires. C’est l’ensemble de la chaîne qui paie.

    Tout impôt glisse, entraîné par une force de gravité qui l’amène à être payé par la masse centrale, la classe moyenne. L’impôt dont le rendement est le plus important en France est la TVA (210 milliards), près de la moitié des recettes fiscales. Impôt des riches ? Quant aux cotisations sociales, qui tuent le travail, elles pèsent un tiers des prélèvements obligatoires (environ 410 milliards en 2023), 14,7% du PIB. Tous les paient, elles bloquent les salaires, la smicardisation gagne. Tels sont les vrais impôts payés par tous. Le reste est de l’esbroufe.

    Faire payer les riches ? Déjà fait. « Avec un taux de 64%, la France est au deuxième rang de l’OCDE pour la taxation des salaires des personnes gagnant 20 fois le salaire moyen, derrière la Belgique (67%). Le taux allemand est de 47% » (Fipeco). Le taux marginal excède 75%. Les vrais riches regardent ailleurs, comparent ce qui leur reste, net. Comme les pauvres.  

    L’art de l’impôt est de faire croire que c’est l’autre qui paie.

    À partir de quand est-on riche ? Ceux qui gagnent plus de 4417 euros net par mois font partie des 5% les plus riches. Vus d’ailleurs, ils sont pauvres, ( États-Unis, Suisse, Allemagne, Pays Bas, Irlande… )

    L’art de l’impôt est de faire croire que c’est l’autre qui paie. Pendant que le gouvernement prétend concentrer l’impôt sur les riches, la revalorisation des retraites est reportée (4 milliards),  la taxe sur l’électricité est augmentée, celle sur les billets d’avion est triplée. 

    Le fisc est le visage de l’Etat. Ubi fiscus, ibi imperium : où est le fisc, là est l’empire. Le plus haut dignitaire fiscal de l’empire s’appelait « Comte des largesses sacrées ». Sacrées largesses, qui débordent les recettes. Fisc et trésor, c’est tout un. Ou plutôt fisc et dette. Les dépenses publiques justifient l’impôt. C’est l’addiction française à la dépense publique qui génère l’impôt. Elle représente 56% en France. Encore un record. Le troisième avec celui de la dette et des prélèvements. Qui ne voit qu’ils sont liés ?

    Échange subvention pour certains contre baisse d’impôts pour tous. Simplification en prime. 

    Diminuer les dépenses, mais comment ? Facile. Les aides aux entreprises (plus de 3000), représentent, selon la Cour des Comptes, entre 92 milliards et 260 milliards d’euros. 10% du PIB. Plutôt qu’augmenter les impôts, supprimer les aides et les guichets. Échange subvention pour certains contre baisse d’impôts pour tous. Simplification en prime.  

    Les dépenses excédant les recettes, l’Etat a recours à l’emprunt. Hier, les Fermiers généraux avançaient les sommes au Prince, à charge pour eux de prélever l’impôt. Les Pharaons embaumés d’or faisaient de même. Aujourd’hui, l’Etat émet des Bons du trésor. Ceux qui veulent lutter contre la finance internationale devraient proposer des budgets de l’Etat en équilibre. Quels sont ces pays révolutionnaires, dont les budgets sont en équilibre ?

    L’Irlande, pauvre petit pays, a des taux d’impôts parmi les plus bas d’Europe. Elle accumule les excédents budgétaires. Cette année, 8.6 milliards. Lors de la crise de l’euro, l’Union européenne et le FMI lui avaient octroyé un prêt de 67.5Md€ et demandé d’augmenter les impôts. Digne refus : l’Irlande ne voulait pas sacrifier le ressort de la richesse. La Suisse réduit ses dépenses. Serait-elle en déficit excessif ? Non, elle ne veut pas de déficit depuis trente ans. À cette époque, les Suisses avaient le même niveau de vie que les Français, ils en ont maintenant le double. Irlande, Suisse, Norvège, Chypre, Danemark, Portugal, et quelques autres, ont des budgets en excédent. Et plus de pauvres ?

    Diminuer les taux d’imposition ne diminue pas les recettes fiscales.

    Ces pays ont-ils moins de rentrées fiscales, des hôpitaux en lambeaux, des écoles à l’abandon, une justice en ruine ? Moins de logements ? Pourquoi en construire ? Au-delà d’un IFI supérieur à 0,7%, la rentabilité d’un investissement immobilier est négative. On compte moins de moyennes entreprises en France qu’en Italie parce que l’intérêt à investir dans une entreprise est faible, mieux vaut placer son argent en bons du trésor. D’où la fameuse « désindustrialisation » de la France.

    Diminuer les taux d’imposition ne signifie pas diminuer les recettes fiscales. Plus la création de richesse est élevée, plus les recettes augmentent.

    Idem pour les salaires. Ils suivent le montant de la richesse globale. Les dockers américains, en grève, ont obtenu une augmentation de … 62% ! Ils ne gagnaient « que » 150.000 $, en moyenne. Un docker américain serait très riche en France, surtaxé.

    Depuis 2017, le taux de l’impôt sur les sociétés est passé de 33,3% à 25%, les recettes ont augmenté de 56 Md€ en 2016 à 82 MD€ en 2023 : +46% ! Les recettes fiscales dépendent de la richesse, pas des taux. 

    Aucun pays n’a remboursé ses dettes en augmentant les impôts.

    Si la France veut diminuer sa dette, il faut donc … diminuer les impôts. Que ce soit sur les riches, les pauvres, les fenêtres, les barbes, les barbiers, les entreprises petites et grandes, cela n’a que peu d’importance, à la fin, tout le monde paie. Aucun pays n’a remboursé ses dettes en augmentant les impôts. Aucun pays n’a accru sa productivité par les exploits du fisc.

    Là est la clé : pour rembourser la dette, faciliter la croissance. La dette est un problème quand son coût dépasse le taux de croissance. La croissance de la France est faible, là est le danger. Là est la raison pour laquelle les taux d’intérêt augmentent.

    La France a besoin de « surcroissance ». Bonne nouvelle : le monde est en pleine révolution, avec des poches de croissance inédites. À condition de s’y ouvrir, de s’y investir. Pendant que le fisc cherche quelques milliards, Open AI a opéré une levée de fonds de 6,5 milliards, ce qui porte sa valorisation à 160 milliards. Elle en valait la moitié il y a six mois.

    Les impôts nouveaux ne paieront pas la dette. À défaut de création de richesse, à défaut de croissance, à défaut de penser différemment les besoins, fonctions, prélèvements et périmètres de l’Etat, les pauvres paieront.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et France Pay.

  • XIXe sommet de la francophonie : Diplomatie, économie et culture !

    XIXe sommet de la francophonie : Diplomatie, économie et culture !

    Du 4 au 5 octobre 2024, la France a accueilli le XIXe Sommet de la Francophonie : une première depuis 33 ans ! Ce sommet réunissait les 88 États et gouvernements membres de l’OIF dans la ville de Villers-Cotterêts et à Paris. Pourquoi Villers-Cotterêts ? C’est dans ce château qu’en 1539, le roi François 1er a fait du français la langue officielle en France. Ce site historique accueille depuis novembre 2023 la Cité internationale de la langue français. Presque toute la famille francophone était réunie ce samedi lors de la conférence de presse de clôture. Le chef de l’État congolais, lui, avait quitté les lieux. Avec notre partenaire, TV5MONDE, nous avons construit ce bilan pour vous, les Français de l’étranger.

    Regarder la conférence de clôture du XIXème sommet de la francophonie 

    Des absences remarquées !

    Suspendus en raison de leurs situations en politiques, le Niger, le Mali et le Burkina Faso étaient les grands absents du XIXe sommet de la francophonie.

    Dans son discours à la cérémonie d’ouverture ce vendredi, la secrétaire générale de l’OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo a regretté l’absence du Mali, du Niger et du Burkina Faso. La Cheffe de l’OIF a assuré que les portes restent ouvertes à ces pays malgré leur retour complet à l’ordre constitutionnel. C’est le cas de la Guinée qui a été réintégré après la levée de sa suspension.

    Mais le hic, c’est que les tensions entre la France et les pays de l’AES ont atteint un niveau sans précédent. La France a été poussée vers la sortie dans ces pays. Paris a rapatrié ses soldats et rompu sa coopération militaire avec Niamey, Ouagadougou et Bamako.

    Autre grand absent, le nouveau président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a indirectement rappelé la défiance qui entoure cette grand-messe, conçue lors de sa création en 1986 comme l’un des relais de la politique africaine de la France.

    Elu en avril, après une longue période de tensions, Diomaye Faye sait qu’il doit sa légitimité à la société civile de son pays. Laquelle se montre très critique, comme la plupart des sociétés civiles de l’Afrique francophone, à l’égard de la politique africaine de la France. Une absence qui vaut donc symbole, alors que le Sénégal fait partie des pays fondateurs de cette organisation sur un continent qui représente aujourd’hui 85 % des francophones.

    Enfin, le chef de l’État congolais, lui, a quitté le XIXe sommet de la francophonie avant sa clôture. Le conflit entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, qui accuse son voisin de présence militaire sur son territoire et de soutien à la rébellion du M23, n’est pas à l’ordre du jour officiel du sommet de la Francophonie. Mais des entretiens bilatéraux ont été menés entre le Président français Emmanuel Macron et ses homologues congolais et rwandais, Félix Tshisekedi et Paul Kagamé, en amont du forum. 

    Un espace d’influence diplomatique ?

    Dès l’ouverture du XIXe sommet de la Francophonie organisé à Villers-Cotterêts, vendredi 4 et samedi 5 octobre, le président français Emmanuel Macron a plaidé pour une francophonie comme « espace d’influence diplomatique ». Mais quelle est l’influence réelle de l’OIF sur les conflits actuels dans le monde ?

    « La Francophonie est un espace d’influence diplomatique qui nous permet d’embrasser les enjeux du siècle ».

    Le président de la République française, Emmanuel Macron, vendredi 4 octobre lors de l’ouverture du XIXe sommet de la francophonie, à Villers-Cotterêts, dans le nord de la France. 

    En faisant référence à l’Ukraine et au Liban, il a plaidé pour un espace francophone uni avec une diplomatie qui défende partout la « souveraineté et l’intégrité territoriale ». Mais de quel poids diplomatique l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) bénéficie-t-elle réellement à l’échelle internationale ? Quelle influence a la francophonie sur les crises mondiales actuelles ?

    La francophonie est avant tout le partage d’une langue commune, le français. Plus de 321 millions personnes la parlent sur les cinq continents. Elle est la cinquième la plus parlée au monde. D’ici 2070, le nombre pourrait grimper à 750 millions de locuteurs. 

    L’Organisation internationale de la francophonie, institution intergouvernementale de promotion de la langue française et de sa diversité culturelle et linguistique, définit la francophonie comme « un dispositif institutionnel voué à promouvoir le français et à mettre en œuvre une coopération politique, éducative, économique et culturelle au sein des 88 États et gouvernements » membres. Parmi les missions de l’OIF, on retrouve aussi la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’Homme. 

    Dans son discours à Villers-Cotterêts pour l’inauguration du XIXe sommet de la francophonie, Emmanuel Macron a assuré que la francophonie « défend une vision où il n’y a pas de place pour les doubles standards, où toutes les vies se valent pour tous les conflits à travers le monde ». « Il ne pourra y avoir de paix au Proche-Orient sans solution à deux États » israélien et palestinien, a assuré le président, évoquant aussi le Liban « aujourd’hui bousculé dans sa souveraineté et sa paix ».

    Le Premier ministre tunisien Kamel Madouri, dont le pays avait organisé le précédent sommet de l’OIF en 2022, a convenu que la communauté francophone devait « jouer son rôle dans la recherche de solutions aux crises ». « Cependant, nous rejetons toute immixtion dans les affaires internes des pays, le principe de respect mutuel et de la souveraineté des États est sacro-saint à nos yeux », a-t-il lancé. 

    Dénonçant un « génocide » à Gaza et les actions militaires d’Israël au Liban, le Premier ministre tunisien a insisté pour que l’OIF s’exprime en faveur d’un « cessez-le-feu immédiat » au Proche-Orient. Dans son discours de clôture du sommet, Emmanuel Macron a déclaré que les 88 membres de l’OIF demandent « unanimement » un cessez-le-feu « immédiat et durable » au Liban, autre membre de l’organisation, sous le feu de frappes israéliennes. Le président de la République française a également remercié les membres de l’OIF « d’avoir approuvé l’organisation par la France d’une conférence internationale de soutien au Liban » en octobre.

    L’organisation de promotion de la langue française s’est progressivement muée en un « bloc » politique à l’influence encore « modeste » mais croissante, a assuré la Secrétaire générale de l’organisation, Louise Mushikiwabo, qui concède que « ce n’est pas la Francophonie qui va régler la question du Liban ».

    Peser sur les crises est d’autant moins aisé avec un budget total de 67 millions d’euros pour tout l’espace francophone. Dans un communiqué, l’ONG Oxfam, qui lutte contre la pauvreté, dénonce pour sa part « l’hypocrisie » de la France qui a coupé selon elle un quart de son aide publique au développement (APD) depuis deux ans, alors que « 70 millions de francophones ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence ». « Le sommet a pour devise « créer, innover et entreprendre » mais, pour décrire la francophonie, les termes « inégalités, pauvreté et injustices » auraient été plus justes », a dénoncé Alan Anic, chargé de plaidoyer pour Oxfam.

    L’ONG n’est pas la seule à émettre des critiques à l’encontre de l’OIF. Le magazine indépendant en ligne Afrique XXI a publié, au premier jour du sommet, une tribune sur la francophonie. Co-signée par plusieurs journalistes et universitaires, elle développe l’idée que la francophonie est « un projet politique mû par la vieille ambition impérialiste française ». Les signataires expliquent que, pour de nombreux pays, la francophonie est « avant tout la promotion d’une langue coloniale ».

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    De nouveaux membres : Chype, Ghana, Angola

    Lors de ce XIXe sommet de la francophonie, 3 nouveaux pays ont rejoint l’organisation. Si la langue française est le socle originel de l’OIF, son usage au quotidien ou sa présence dans la Constitution n’est pas un prérequis. Même si « la place qu’elle occupe » reste l’un des principaux critères étudiés pour intégrer le cercle, précise Oria K. Vande weghe, la porte-parole de la secrétaire générale. « Pour certains pays, la langue française est une langue officielle parmi d’autres, dans d’autres pays, il y a un intérêt important pour le renforcement de la langue française », explique-t-elle.

    C’est le cas de Chypre, estime l’OIF, qui a rendu obligatoire l’apprentissage de la langue française comme deuxième langue étrangère. « Le Ghana typiquement est un pays entouré de pays francophones qui, depuis sa première adhésion [en 2006, NDLR], a toujours voulu renforcer la langue française par intérêt d’intégration régionale, économique notamment. »

    Francophile et francophone, le président Nana Akufo-Addo avait déclaré que le « but est de vivre, un jour, dans un Ghana bilingue, avec le français et l’anglais ». Une proximité avec des pays francophones qui peut aussi expliquer la candidature de l’Angola, limitrophe de la RDC, et par ailleurs seul pays lusophone qui ne soit pas membre de l’OIF.

    En revanche, la Serbie et le Kosovo, qui souhaitaient eux aussi devenir membres de plein droit, n’ont pas reçu l’aval du comité, « notamment sur le critère de la langue française, qui était très insuffisant », souligne la porte-parole. 

    L’intégration de pays aux liens ténus avec la francophonie ne date pas d’hier. On peut citer l’Albanie, 2% de francophones seulement, membre depuis 1999, la Moldavie 1%, membre depuis 1996. Ou des pays comme le Vietnam (1970) ou le Cambodge (1991), d’ailleurs candidat à l’organisation du prochain sommet, pour lesquels la présence dans l’OIF s’explique par le passé colonial plus que par une vitalité de la langue française.

    Aussi, l’OIF s’interroge notamment sur la pertinence d’incorporer des entités non étatiques dans l’organisation, comme c’est le cas de la Sarre ou la Nouvelle-Écosse. « Cela pose des questions sur le plan du droit international, souligne Oria K. Vande wegheLorsque l’organisation se retrouve à suspendre un État, est-il concevable que des provinces ou des régions suspendent des États souverains ? » Sans risquer de porter atteinte à la crédibilité de l’organisation internationale. 

    Regarder le reportage de TV5MONDE sur le statut d’observateur de la Sarre

    L’appel de Villers-Cotterêts

    Les pays membres de l’OIF ont lancé « l’Appel de Villers-Cotterêts » lors de XIXe sommet de la francophonie. De cette manière, ils invitent les grands acteurs du numérique à « bâtir un espace plus sûr et plus divers et à lutter contre tous ces discours de haine ». Par ailleurs, lors de son discours, Emmanuel Macron a appelé à « bâtir un ordre numérique protégeant les citoyens », pour « mieux lutter contre la désinformation, la propagation de la haine en ligne, les discours de haine, racistes, antisémites« . 

    Le texte de l’Appel énonce cinq axes prioritaires en vue de contribuer à l’avènement l’espace numérique francophone intègre et sûr :

    • Assurer une plus grande transparence, diversité et proximité.
    • Assumer plus avant leurs responsabilités en matière de modération des contenus.
    • Contribuer à mieux protéger les sociétés et les espaces informationnels francophones des risques liés à l’utilisation de leurs services.
    • Contribuer à la diversité culturelle et linguistique et à la juste rémunération de la création.
    • Contribuer à l’inclusion numérique et à la formation des usagers pour l’avènement de citoyens numériques francophones.

    Consultez l’ »Appel de Villers-Cotterêts », pour un espace numérique intègre et de confiance dans l’espace francophone

    La place de la francophonie dans le monde, l’avenir de la langue française et l’intelligence artificielle, étaient les thèmes du 19e Sommet de la Francophonie. Laurence Devillers, professeure à Sorbonne Université et chercheuse en intelligence artificielle, était l’invitée de notre partenaire TV5MONDE.

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    Aussi, lors de ce XIXe Sommet de la Francophonie des jeunes entrepreneurs et entrepreneuses ont pu échanger en tête à tête avec des chefs d’État.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

    Le français, une langue africaine ?

    Au-delà des nouvelles demandes d’adhésion, qui témoignent d’une certaine attractivité de l’organisation, des signaux démontrent un regain d’intérêt pour l’OIF comme l’acceptation par les États membres du relèvement des barèmes de contribution. En 2024, le budget de l’OIF était de 67 millions d’euros seulement, soit même pas l’équivalent de celui d’une ville moyenne française.

    Car si la langue française est devenue en 1539 la langue administrative officielle de la France, elle n’est pourtant pas restée cantonnée à ses frontières géologiques. Point d’ancrage culturel de l’expansion coloniale française, la langue de Molière et de Bougainville a traversé les océans, pour s’y développer de manière polymorphe. Que ce soit sous ses formes littérales, orales, idiomatiques ou dialectiques (de par ses patois et ses dialectes) la francophonie est une constellation linguistique, dont les variantes sont aussi légitimes les unes que les autres. Une définition de la francophonie toujours d’actualité !

    Selon l’observatoire de la langue française, on comptait 300 millions de francophones dans le monde en 2018. Cela représente une augmentation de presque 10 % depuis 2014. Alors la langue française sur le déclin ? Absolument pas !

    La langue française possède ainsi le statut de langue officielle dans 29 pays, ce qui la classe deuxième langue, après l’anglais, en termes de nombre de pays. En revanche, elle pointe au cinquième du classement par nombre total de locuteurs, derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol et l’arabe. Elle y est parfois classée sixième derrière l’hindi, dont le nombre de locuteurs est toutefois contesté.

    Toujours est-il que parmi les 300 millions de francophones dans le monde, on considère que 78% d’entre eux sont des locuteurs quotidiens, c’est-à-dire qu’ils « naissent et vivent en français », représentant 235 millions de personnes dans le monde.

    Une des particularités de la francophonie est son rayonnement sur la planète : la langue française est la seule langue parlée officiellement sur les cinq continents (sans même compter l’Antarctique !) Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le centre de gravité de la francophonie n’est pas du tout stable avec les années. Depuis 2010, on note qu’il se déplace vers le sud grâce à l’augmentation du nombre de francophones dans les pays d’Afrique.

    Et en effet, aujourd’hui, toujours selon l’Organisation Internationale de la Francophonie, 59% des locuteurs quotidiens sont en Afrique. Contre 33% en Europe et 15% en Afrique du Nord.

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