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  • 12ème de journée de mobilisation contre la réforme des retraites : à quoi s’attendre ?

    12ème de journée de mobilisation contre la réforme des retraites : à quoi s’attendre ?

    Ce jeudi 13 avril 2023, l’intersyndicale appelle de nouveau les Français opposés à la réforme des retraites à se mobiliser, dans leurs entreprises ou administrations mais aussi bien sûr dans les rues de France.

    Pour la douzième fois depuis mi-janvier, des manifestations auront donc lieu dans de nombreuses villes de l’Hexagone, et des grèves vont perturber l’activité dans plusieurs secteurs dont certains établissements scolaires hors de France. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Secteur aérien

    Dans un communiqué transmis ce mardi, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) indique avoir demandé aux compagnies aériennes d’annuler 20% des vols prévus «sur les aéroports de Toulouse, Bordeaux et Nantes». Pour l’heure, les aéroports parisiens ne sont donc pas concernés. «En dépit de ces mesures préventives, des perturbations et des retards sont néanmoins à prévoir», précise l’administration.

    Vous devriez donc pouvoir voyager vers la France sans encombre malgré les mouvements contre la réforme des retraites. Bordeaux et Nantes étant rarement des points d’entrée pour la France lors de voyages internationaux. Par contre, après, il faudra rejoindre votre destination finale et là les problèmes pourraient commencer.

    Secteur transports ferrés

    La grève contre la réforme des retraites sera-t-elle suivie ce jeudi 13 avril à la SNCF ? L’entreprise s’attend à un trafic à nouveau «perturbé» sur son réseau, mais moins que lors des premières journées interprofessionnelles du mouvement social. Dans le détail, sur les grandes lignes, quatre TGV Inoui et trains Ouigo sur cinq devraient circuler. De même, à l’international, «les circulations Eurostar et Thalys seront quasi-normales», précise le groupe ferroviaire. La SNCF s’attend à proposer trois TER sur cinq, ainsi qu’un Intercités sur cinq la journée, mais aucun la nuit.

    ©NUPES

    En Île-de-France, Transilien s’attend à des difficultés sur plusieurs lignes. «La circulation des trains sera perturbée sur les RER A, C, D et E ainsi que sur les lignes Transilien H, L, N, P et R», précise l’entreprise sur son site. Dans le détail, selon la SNCF, trois trains sur quatre circuleront sur les lignes N et P, ainsi que sur le RER A, et deux sur trois sur les RER C, E et les lignes H, L et R. De même, trois RER D sur cinq circuleront.

    Tandis que la RATP s’attend à peu de perturbations dans l’ensemble sur son réseau, le trafic devrait ainsi être «quasi normal» sur le RER, ainsi que sur le métro, «à l’exception de quelques lignes», note l’entreprise, sans préciser encore quels axes seront concernés. En outre, aucune perturbation n’est attendue sur les réseaux bus et tramways.

    AEFE et administration consulaire

    Chez les Français de l’étranger, la mobilisation contre la réforme des retraites s’essouffle. Déjà 3 journées auxquelles les fonctionnaires de l’administration consulaire ne participent plus au mouvement.

    Dans les établissements scolaires français hors de France, l’intersyndicale espère un sursaut pour cette 12ème journée après le relatif échec de jeudi dernier. Les caisses de grève, la fin des vacances, et la proximité de l’avis du Conseil constitutionnel vont-elles redonner un nouveau souffle à la mobilisation ?

    Réponse demain jeudi 13 avril en fin de journée sur Lesfrancais.press.

  • La France, terre d’accueil ? 

    La France, terre d’accueil ? 

    Selon le rapport de l’INSEE « Immigrés et descendants d’immigrés en France » de 2023, 10,3 % de la population vivant en France en 2021 est immigrée, contre 6,5 % en 1968. Les origines de la population immigrée se sont diversifiées en cinquante ans, les nouveaux immigrés arrivant en France étant nés dans des pays de plus en plus variés. 

    Les statistiques de l’immigration donnent lieu à de nombreuses polémiques sur fond d’amalgames avec, à la clef, des erreurs. Ainsi, de nombreux immigrés ne sont que de passage : il s’agit en premier lieu des étudiants étrangers qui peuvent rester quelques mois à quelques années en France. Il faut également tenir compte des flux croisés, des étrangers arrivent en France et d’autres en repartent. Enfin, pour effectuer des comparaisons internationales, il faut prendre en compte le poids démographique respectif des différents pays. 

    Une augmentation modérée du nombre d’immigrés en France 

    En matière d’immigration, la France est proche de la moyenne européenne. Selon l’INSEE, cette part est de 18,2 % en Allemagne, de 15,2 % en Espagne et de 10,6 % en Italie. Entre 1968 et 2021, le nombre d’immigrés en France a été multiplié par 2,2, tandis que la population française l’a été par 1,4. Entre 1968 et le milieu des années 1970, la part des immigrés dans la population française est passée de 6,5 % à 7,4 %. Cette part s’est ensuite stabilisée entre 1975 et la fin des années 1990, notamment à la suite des chocs pétroliers et du ralentissement de l’immigration de travail. Depuis le début des années 2000, le nombre d’immigrés croît à nouveau un peu plus rapidement que la population totale. Entre 1999 et 2021, le nombre d’immigrés a été multiplié par 1,6, tandis que la population totale a été multipliée par 1,1. 

    Sur la même période, les origines des immigrés se diversifient. La part de ceux originaires d’Europe du Sud, en particulier d’Espagne et d’Italie, baisse, tandis que la part de ceux venant du Maghreb, notamment du Maroc, augmente. En 1968, 72 % des immigrés vivant en France étaient originaires de ces deux grandes régions, contre 50 % en 2011 et 45 % en 2021. 

    Dans le même temps, l’immigration en provenance d’Asie (notamment de Turquie et d’Asie du Sud-Est jusqu’en 1990, et de Chine plus récemment) et d’Afrique hors Maghreb se développe. 32 % des immigrés sont originaires de ces régions en 2021, contre 4 % en 1968. 

    La poursuite des études, première cause d’immigration 

    En 2007, plus de la moitié (51 %) des premiers titres de séjour délivrés à des ressortissants de pays tiers, toutes durées confondues, l’étaient pour motif familial. Ils ne sont plus que 32 % en 2021. Les titres sont dorénavant accordés au titre du travail, de la demande d’asile et au titre de la poursuite d’études en France. 

    En 2021, l’immigration étudiante représente, pour la première fois, le premier motif de venue en France pour les ressortissants de pays tiers bénéficiant d’un titre de séjour (87 700 premiers titres de séjour délivrés pour ce motif, soit près du tiers), légèrement devant l’immigration familiale (85 800 premiers titres).

    La France en retrait en matière d’accueil des réfugiés 

    Comme le souligne François Héran dans son ouvrage « Immigration, le grand déni », ces dernières années, la France a été en retrait en ce qui concerne l’accueil des réfugiés. Ainsi, de 2014 à 2020, le nombre de Syriens entrés en France pour déposer une première demande d’asile ou être admis au titre d’une relocalisation s’est élevé à 36 860, contre 645 520 pour l’Allemagne. Pour les Irakiens, le constat est le même. 400 100 ont déposé une demande auprès d’un des États membres de l’Union européenne entre 2014 et 2020. 193 300 l’ont fait en Allemagne, contre 14 100 en France. Sur la même période, 588 900 Afghans ont déposé une demande d’asile ou de relocalisation dont 213 300 en Allemagne et 49 300 en France. 

    ©France terre d’asile

    Au total, la France a traité, de 2014 à 2020, 106 000 demandes de ressortissants en provenance de ces trois pays sur un total pour l’Union européenne de 2,33 millions. La France s’est plutôt alignée sur les pays opposés à l’arrivée de réfugiés (pays du groupe de Višegrad – Hongrie – Pologne – République tchèque – Slovaquie). 

    Les consignes de l’administration française ont freiné les arrivées des réfugiés en France. Leur faible nombre s’explique également par le caractère peu attractif de la France sur le plan économique. La faible croissance et le chômage qui était durant des années élevé ont dissuadé de nombreux étrangers à déposer leur demande d’installation en France. 

    Les immigrés en France, de plus en plus de femmes et de diplômés 

    52 % des immigrés vivant en France en 2021 sont des femmes, contre 44 % en 1968. La moitié des immigrés arrivant en France en 2019 ont moins de 26 ans. Ils sont de plus en plus diplômés. 43 % des nouveaux arrivants âgés de 15 ans ou plus sont diplômés de l’enseignement supérieur, contre 38 % des immigrés de 15 ans ou plus arrivés en France en 2006. 

    Une répartition inégale des immigrés sur le territoire 

    La répartition des immigrés sur le territoire français est très inégale, ceux-ci étant surreprésentés dans les agglomérations urbaines en raison de leur attractivité économique, notamment en Ile-de-France, et dans les agglomérations lyonnaise et marseillaise. Si à l’échelle nationale, 10 % de la population française est immigrée en 2020/2021, cette proportion atteint 20 % à Paris et 32 % en Seine-Saint-Denis. 

    Les immigrés sont également surreprésentés dans les départements frontaliers de pays étrangers, comme en Guyane (28 % de la population), dans les Alpes-Maritimes (15 %) ou encore dans le Haut-Rhin (13 %). 50 % de la population immigrée est concentrée dans 13 départements. La répartition territoriale des descendants d’immigrés est tout aussi concentrée : 12 départements regroupent la moitié de la population des descendants d’immigrés. 

    Un taux de chômage et un taux de pauvreté plus importants que la moyenne 

    En 2021, les hommes immigrés âgés de 15 à 64 ans ont un taux d’activité de 80 %, supérieur à celui de leurs homologues ni immigrés ni descendants d’immigrés (76 %). Le taux d’activité des femmes immigrées (62 %) est, en revanche, inférieur de 10 points à celui des femmes sans ascendance migratoire (72 %). 14 % des femmes immigrées et 12 % des hommes immigrés sont au chômage, contre 7 % des femmes et hommes ni immigrés ni descendants d’immigrés. 

    Les immigrés occupent également plus souvent des emplois moins qualifiés, associés à des rémunérations moindres et des conditions de travail plus difficiles. 39 % des hommes immigrés en emploi sont ouvriers, contre 29 % des hommes ni immigrés ni descendants d’immigrés. 

    Les immigrés sont deux fois plus fréquemment en situation de pauvreté monétaire que l’ensemble de la population. Les salaires moindres des immigrés contribuent à des niveaux de vie plus faibles : en 2019, avec 20 520 euros de revenu annuel par unité de consommation, le niveau de vie moyen des immigrés est inférieur de 22 % à celui des personnes ni immigrées ni descendantes d’immigrés (26 170 euros). Le taux de pauvreté monétaire des immigrés est de 32 %, soit plus de deux fois plus que pour l’ensemble de la population (15 %). 

    Dans l’ensemble, en 2019/2020, 44 % des immigrés âgés de 18 à 59 ans considèrent que leur position actuelle sur l’échelle sociale en France est meilleure que celle qu’ils avaient dans leur pays d’origine avant la migration, 27 % qu’elle est la même, et 29 % qu’elle est moins bonne. 

    Un état de santé dégradé chez les immigrés 

    L’état de santé général déclaré par les immigrés est en moyenne moins bon que celui des personnes qui ne sont ni immigrées ni descendantes d’immigrés. Parmi les immigrés, 11 % des femmes et 10 % des hommes déclarent être en mauvaise ou très mauvaise santé en 2019, contre 7 % de la population ni immigrée ni descendante d’immigrés. La santé mentale déclarée par les femmes immigrées est plus dégradée que celle des femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés : 7 % des femmes immigrées déclarent souffrir d’un syndrome dépressif majeur (contre 4 % des femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés) et 11 % d’un syndrome dépressif mineur (contre 7 %). 

    Les immigrés arrivés en France pour motif humanitaire souffrent plus fréquemment de problèmes de santé mentale. 45 % des personnes ayant obtenu leur premier titre de séjour en 2018 pour ce motif présentent une santé mentale fragile un an après l’obtention de ce titre, contre 31 % de celles arrivées pour d’autres motifs. 

    Les descendants d’immigrés sont autant diplômés que le reste de la population 

    Plus d’un descendant d’immigrés sur deux a un parent non immigré. En 2021, 7,3 millions de personnes en France hors Mayotte sont des descendants d’immigrés de deuxième génération, c’est-à-dire des personnes nées en France d’au moins un parent immigré. Elles représentent 10,9 % de la population totale. La mixité des unions augmente au fil des générations : en 2019-2020, 27 % des immigrés vivent en couple avec une personne ni immigrée ni descendante d’immigrés, contre 66 % des descendants d’immigrés. 

    Le lien à l’immigration se distend encore à la troisième génération : parmi les 10,2 % de personnes de moins de 60 ans (soit 4,8 millions de personnes) descendantes d’immigrés de troisième génération – c’est-à-dire nées en France de deux parents non immigrés mais ayant au moins un de leurs grands-parents immigré, plus d’une sur deux n’a qu’un seul grand-parent immigré, et 90 % ont au plus deux grands-parents immigrés. Moins de 1 % des personnes de moins de 60 ans ont quatre grands-parents immigrés. 

    Les descendants d’immigrés atteignent des niveaux de diplômes comparables à ceux de la population sans ascendance migratoire. Nés en France et ayant pour la plupart effectué leur scolarité en France, les descendants d’immigrés de deuxième génération de 30 à 64 ans ont des niveaux d’éducation similaires à ceux de la population ni immigrée ni descendante d’immigrés. 

    40 % des descendants d’un seul parent immigré et 36 % des descendants de deux immigrés sont diplômés du supérieur en 2021, contre 41 % des personnes ni immigrées ni descendantes d’immigrés. Le taux d’obtention d’un diplôme de l’enseignement supérieur est plus élevé pour les descendantes d’immigrés (42 %) que pour leurs homologues masculins (33 %). 

    Une intégration professionnelle relative des descendants 

    Les emplois des descendants d’immigrés se rapprochent de ceux des personnes sans ascendance migratoire. Pour les descendants d’immigrés, comme pour les immigrés, les taux d’activité sont plus faibles (67 %) et les taux de chômage plus élevés (12 %) que pour l’ensemble de la population (respectivement 73 % et 8 %). Le taux d’activité des descendants d’un seul parent immigré (65 %) est inférieur de 4 points à celui des descendants de deux immigrés (69 %). 

    À structure de classe d’âge similaire, les écarts de situation entre descendants d’immigrés et population sans ascendance migratoire sont moindres que ceux entre immigrés et population sans ascendance migratoire. 

    Les descendants d’immigrés qui rencontrent le plus de problèmes sont ceux qui sont originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. Les emplois occupés par les descendants d’immigrés diffèrent peu de ceux de la population sans ascendance migratoire directe. La rémunération moyenne des descendants d’immigrés reste légèrement plus faible mais cet écart disparaît à niveau de qualification équivalent. Leur niveau de vie moyen (23 150 euros par an) est inférieur de 12 % à celui de la population sans ascendance migratoire. 

    Le sentiment de discrimination demeure prégnant chez les descendants d’immigrés 

    Le sentiment de discrimination est moindre pour les descendants d’un seul parent immigré (20 %) que pour ceux de deux parents immigrés (29 %), mais reste supérieur à celui de la population sans ascendance migratoire ou ultramarine (14 %). Dans 69 % des cas, les descendants d’immigrés ayant vécu des discriminations citent l’origine, la nationalité ou la couleur de peau comme un des motifs. 

    L’intégration des immigrés dans la société française s’effectue toujours notamment grâce aux mariages mixtes et à l’école. Dans les années 1930, 1950 ou 1960, l’intégration des Polonais, des Italiens ou des Portugais ne s’étaient pas effectués sans heurts. Les difficultés du système éducatif expliquent en partie celles que rencontrent les jeunes immigrés ou leurs descendants. En la matière, l’Allemagne ou les Etats d’Europe du Nord ont mis en place des programmes spécifiques afin de faciliter l’apprentissage de la langue et la formation des réfugiés. Il convient de souligner que la France l’a fait pour les Ukrainiens mais à une échelle réduite.

  • Énergie, industrie : Emmanuel Macron aux Pays-Bas pour la « souveraineté européenne »

    Énergie, industrie : Emmanuel Macron aux Pays-Bas pour la « souveraineté européenne »

    Emmanuel Macron s’est rendu mardi 11 avril aux Pays-Bas pour une visite d’État de deux jours. Au programme : industrie, énergie et technologie pour la souveraineté européenne.

    À peine rentré de Chine, Emmanuel Macron s’est rendu hier aux Pays-Bas pour rencontrer le couple royal, le Premier ministre Mark Rutte, des chercheurs et des entrepreneurs néerlandais. 

    Il s’agit de la première visite d’État d’un président français au Royaume des Pays-Bas depuis celle du président Jacques Chirac en 2000. En conséquence, Emmanuel Macron est accompagné d’un large panel de représentants du monde politique – les ministres de l’Energie, de l’Intérieure, des Affaires étrangères et européennes, de l’Armée, de la Recherche, de l’Industrie et du Transport – et économique – entre autres, la PDG d’Engie et le DG d’Air France/KLM. 

    Les haltes à Amsterdam et La Haye sont placées sous le signe de la « souveraineté européenne dans sa dimension économique et industrielle », a indiqué l’Élysée lors d’une conférence de presse précédent le voyage. 

    Le président français pousse en effet pour la constitution d’un plan d’investissement massif au niveau européen, dans la lignée du Net-Zero Industry act proposé par la Commission européenne mi-mars.

    Déjà lors d’une conférence de presse conjointe le 30 janvier dernier à La Haye, M. Macron et M. Rutte avaient avancé que le séjour d’avril serait l’occasion de discuter des subventions en faveur de l’industrie verte de l’UE.

    Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte (R) et le président français Emmanuel Macron donnent une conférence de presse au Binnenhof à La Haye, aux Pays-Bas, le 30 janvier 2023. [EPA-EFE/LEX VAN LIESHOUT]

    Rapprochement économique et énergétique

    La France et les Pays-Bas devraient en profiter pour rapprocher leurs positions dans les matières énergétique et scientifique. 

    Devrait ainsi être signé un pacte pour l’innovation et la croissance durable, a indiqué l’Élysée. Ce « sera l’occasion d’annoncer de nouvelles coopérations dans un certain nombre de domaines : semi-conducteurs, quantique, énergie et d’autres domaines », a souligné le Palais. 

    En matière d’énergie, M. Rutte et M. Macron devraient signer une « déclaration conjointe qui contiendra une partie spécifique sur le nucléaire ». Sur ce point, les deux pays sont « très alignés », a confié l’Élysée. 

    En amont de la visite, Julie Laernoes, députée écologiste (EELV – NUPES) qui fera partie du voyage, avait déclaré à EURACTIV France que « Emmanuel Macron [cherchait] des alliés très libéraux », comme les Pays-Bas, pour avancer ses pions dans le nucléaire. 

    Le Royaume est déjà « observateur » de l’ « alliance du nucléaire » menée par la France pour faire valoir les atours du nucléaire au niveau européen. Il souhaite également construire deux réacteurs nucléaires.

    À ce sujet, l’Élysée précise que les Bataves n’auraient pas encore choisi leur opérateur. M. Macron pourrait donc profiter du séjour pour positionner le nucléariste français EDF.

    Concernant la réforme du marché européen de l’électricité« on ne partait pas exactement du même point de vue », notamment sur le contenu et le calendrier. Mais les positions se rapprochent, « comme elles se rapprochent d’ailleurs avec Berlin », a noté l’Élysée.

    Sur l’innovation, le président de la République participera à une table ronde sur la quantique. L’UE compte investir plus de sept milliards d’euros dans ce dernier modèle.

    M. Macron fera également un discours à l’Institut culturel Nexus. L’occasion, selon l’Élysée, d’exposer sa vision de la notion de « doctrine de sécurité économique » qui préoccupe grandement les dirigeants européen dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui s’est exprimée sur ce thème la semaine dernière en Chine, mais aussi aux États-unis début mars. 

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 12.04.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 12.04.23

    Bonjour à tous, nous sommes déjà le mercredi 12 avril, dans le flash quotidien des expatriés aujourd’hui on revient sur les élections législatives partielles, la visite d’Emmanuel Macron aux Pays-Bas, et enfin on conclut cette édition par les pronostics sur la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites. 

    Plus que quelques heures pour voter en ligne

    Dans les 3 circonscriptions des Français de l’étranger concernées par l’annulation des scrutins de juin 2022, les électeurs des deuxième, huitième et neuvième circonscriptions des Français de l’étranger peuvent s’exprimer en ligne via les identifiants et mots de passe reçus sur les adresses email et numéros de téléphone transmis aux consulats. Vous ne les avez pas, pas de panique vous pouvez les demander au support disponible 24/24. Toutes les infos sur le site Lesfrancais.press. Dans tous les cas, dans la IIème, des bureaux de vote seront ouverts ce samedi et dans les deux autres, c’est dimanche que ceux-ci seront à votre disposition. Faites entendre votre voix, votez ! 

    vote en ligne

    Emmanuel Macron à la conquête des Pays-Bas 

    Il s’agit de la première visite d’État d’un président français au Royaume des Pays-Bas depuis celle du président Jacques Chirac en 2000. En conséquence, Emmanuel Macron est accompagné d’un large panel de représentants du monde politique – les ministres de l’Energie, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et européennes, de l’Armée, de la Recherche, de l’Industrie et du Transport – et économique – entre autres, la PDG d’Engie et le DG d’Air France/KLM. Objectif :  vendre nos technologies et renforcer nos liens pour un meilleur fonctionnement de l’Union européenne. 

    Pays-Bas
    Emmanuel Macron arrivant aux Pays-Bas ce mardi 11 avril 2023

    En attendant la décision du Conseil Constitutionnel 

    Qui devrait intervenir vendredi, les syndicats appellent une nouvelle fois à la mobilisation contre la réforme des retraites. Pour ce 12ème jour, des débrayages seront encore nombreux dans les transports et certaines administrations ce jeudi 13 avril. Cependant, malgré les caisses de grève, le poids financier de ces journées commencent à peser sur les concernés. C’est aussi le cas chez les Français de l’étranger, comme la semaine dernière, on s’attend à un net recul de la mobilisation. 

    Grève générale
    Grève générale le 14 mars 2023 à Paris ©AFP

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau bulletin consacré aux Français hors de France. Prenez soin de vous où que vous soyez.

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Eléonore Caroit : « Les préoccupations des Français de l’étranger méritent d’être défendues »

    Eléonore Caroit : « Les préoccupations des Français de l’étranger méritent d’être défendues »

    Après un premier tour marqué par l’abstention, Eléonore Caroit (Renaissance) et Christian Rodriguez se sont qualifiés et se présentent devant les Français d’Amérique latine et des Caraïbes afin de devenir leur représentant à l’Assemblée nationale.

    Le vote en ligne pour ce deuxième tour se conclura ce mercredi 12 avril à midi (heure de Paris) soit dans la soirée du 11 avril des électeurs, décalage horaire oblige. Les bureaux de vote seront ouverts dans les lieux usuels (rendez-vous sur la page de votre consulat pour connaître les lieux et les horaires) ce samedi 15 avril. Dans tous les cas, vous avez dû recevoir une convocation par voie électronique sur l’adresse communiquée au consulat. Si vous avez changé d’adresse email, vous retrouvez toutes les informations pour récupérer vos identifiants et autres informations dans notre article.

    Ecoutez le podcast avec Eléonore Caroit

    Une élection annulée par le Conseil constitutionnel

    Le 20 janvier dernier, le Conseil Constitutionnel a procédé à l’annulation de l’élection de la députée des Français d’Amérique du Sud (II ème circonscription) Eléonore Caroit (Renaissance). Une décision motivée par les soucis rencontrés lors du déploiement du vote en ligne.

    Souvenez-vous, nous étions le 27 mai à midi, les bureaux de vote en ligne ouvraient, et pourtant de nombreux Français de l’étranger n’avaient toujours pas reçu leurs identifiants ou les avaient reçus en double (avec deux identifiants et deux mots de passe différents). La raison, des erreurs dans l’organisation mais aussi des incompatibilités avec les opérateurs de certains pays comme, dans ce cas, en Argentine.

    Des problèmes qui ont, à un moment, remis en cause la poursuite du vote en ligne alors que ce dernier est un outil majeur pour les électeurs dispersés dans des circonscriptions de la taille d’un pays. Et ils sont souvent très vastes en Amérique du Sud.

    Finalement, Docapost, le prestataire, a réussi à trouver une disposition qui devrait assurer la bonne tenue du vote cette fois malgré quelques anicroches rencontrées lors du premier tour, en particulier sur les Bahamas. Pour tous, électeurs, contrôleurs ou candidats, le vote en ligne a été mieux maîtrisé qu’en juin 2022, une bonne nouvelle pour la démocratie.

    Une participation faible

    La participation au premier tour, malgré une nette augmentation de la qualité du service d’identification au vote en ligne, a été particulièrement faible, même pour une partielle, à moins de 10%. Vous trouverez dans cet article toutes les informations nécessaires pour prendre part au scrutin sur internet. Participez à la vie démocratique et citoyenne de votre pays, la France, en saisissant l’opportunité qu’il vous est donnée de faire entendre votre voix.

    Télécharger la présentation du portail de vote en ligne

    Qui est Eléonore Caroit ?

    Née à Paris en juillet 1985 d’un père français et d’une mère dominicaine, Éléonore Caroit part à l’âge de trois ans vivre à Saint-Domingue en République Dominicaine où elle y fera toute sa scolarité. À 17 ans, elle rentre à Paris et intègre Sciences Po. Elle se dirige ensuite vers des études de droit international et sera diplômée de l’école de droit de Sciences-Po / Paris I.

    ©Eléonore Caroit

    Elle passera d’ailleurs son premier barreau à New York et devient avocate spécialisée en contentieux international. Après quelques années passées à Paris, la Française décide de partir pour Genève en 2015, accompagnée de son mari franco-suisse et de leur jeune enfant. Sur place, elle est d’abord recrutée par un cabinet d’avocat spécialisé en arbitrage avant de rejoindre une structure en tant qu’associée.

    En 2021, elle est d’ailleurs élue au Conseil consulaire de Genève, où elle se fait repérer par les instances dirigeantes du camp présidentiel qui lui proposent de représenter « Renaissance » dans la circonscription où elle a passé toute son enfance, l’Amérique latine et les Caraïbes.

    7 mois de mandat

    Eléonore Caroit a été élue lors des élections législatives de juin 2022. Logiquement, elle a donc tiré un premier bilan de ses 7 mois de mandat que vous pouvez consulter dans une brochure mise à disposition par la candidate, ci-dessous.

    Une interview autour de 3 thèmes

    Avec la candidate du parti Renaissance, Eléonore Caroit, nous avons articulé notre entretien autour de 3 thèmes :

    • La fiscalité et les aides sociales
    • L’accès aux services consulaires 
    • Les enjeux politiques  

    Découvrez les positions de la candidate en écoutant le podcast en haut de cet article.

    Un rendez-vous à Sao Paulo au Brésil et en ligne le 12 avril

    Vous pouvez rencontrer la candidate à Sao Paulo au Brésil ce mercredi 12 avril à 19h (heure locale). Olivier Becht, le ministre délégué aux Français de l’étranger, sera présent en vidéoconférence à 20h. Eléonore Caroit invite tous les Français de la circonscription à les rejoindre via le système de visioconférence ZOOM dès 20h (heure locale).

    Au cours de cet échange, les entreprises françaises à l’étranger seront au coeur du débat que lance la candidate. Pour y participer, il suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous.

  • Avec Laplace, on découvre les placements anti-inflation

    Avec Laplace, on découvre les placements anti-inflation

    Depuis l’année dernière, on assiste à un retour de l’inflation. Longtemps considérée comme un vestige de l’Histoire, l’inflation a fait son grand retour au premier plan économique après avoir joué les seconds rôles pendant plus de 30 ans. Avec Kevin Eparvier, le directeur général délégué pour l’international de Laplace, une marque du groupe Crystal, la référence de l’investissement pour les expatriés, on fait le point sur les opportunités à saisir et les réflexes à avoir.

    Mais pour commencer, Kevin Eparvier décrypte pour nous la situation économique mondiale et nous expose naturellement les solutions que Laplace peut apporter et les modalités d’accès à celles-ci.

    Perdu(e) dans cet univers économique en mutation ? Appuyez-vous sur l’expert national de l’investissement pour les Français de l’étranger !

    Illustration ©Stockadobe

    Ecoutez le podcast avec Kevin Eparvier

    Laplace, un conseil à votre écoute

    Chaque client est unique. Chaque besoin est unique. C’est la politique des experts de Laplace. Leur service, leur accompagnement, leur conseils se doivent d’être uniques.

    Kevin Eparvier

    Grâce à la complémentarité des expertises regroupées au sein de Laplace, ils réservent à chaque client un accompagnement et une stratégie d’actions sur-mesure, en toute confidentialité et en parfaite maîtrise de toutes les potentialités de son patrimoine à court, moyen et long-terme.

    Ainsi, Laplace accompagne chaque client dans la construction et la réalisation de sa stratégie patrimoniale personnalisée. Ils mettent à disposition de leurs clients une gamme complète de prestations et des expertises complémentaires accessibles à tous les patrimoines !

    Pour rappel, la marque « Laplace » est issue du groupe Crystal qui est une référence du secteur avec :

    • 100 M€ de chiffre d’affaires
    • 380 collaborateurs
    • 22 implantations en France et 7 à l’international
    • Une collecte de 1,8 Md€ 
    • 6,8 Mds€ d’encours administrés 
    • 50.000 familles clientes dont 5.000 à l’étranger
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  • Irlande du Nord : l’héritage des accords du Vendredi saint, 25 ans après

    Irlande du Nord : l’héritage des accords du Vendredi saint, 25 ans après

    25 ans après la signature de l’accord du Vendredi saint, qu’en reste-t-il ? Est-ce que le Brexit a laissé des traces en Irlande du nord ? Réponses avec Christophe Gillissen, professeur d’études irlandaises à l’université de Caen.

    Regardez le reportage de TV5MONDE

    Après 3 décennies de violences

    L’Irlande du Nord marque lundi dans la sobriété le 25e anniversaire de l’accord de paix du Vendredi saint, qui a mis fin à trois décennies de violences, et s’apprête à recevoir le président américain Joe Biden qui fait le déplacement pour l’occasion.

    Le 10 avril 1998, le jour du Vendredi saint précédant Pâques chez les chrétiens, les républicains favorables à une réunification avec l’Irlande et les unionistes attachés au maintien au sein du Royaume-Uni décrochaient un accord de paix inespéré après d’intenses négociations impliquant Londres, Dublin et Washington.

    L’accord mit fin à trois décennies de violences qui ont fait 3500 morts, entre unionistes, surtout protestants, et républicains en majorité catholiques, avec l’implication de l’armée britannique. Un quart de siècle plus tard, l’heure n’est pas à la fête, entre blocage politique et inquiétudes sécuritaires.

    Aucun événement majeur n’est prévu lundi mais de nombreuses personnalités politiques sont attendues dans la semaine, au premier rang desquelles le président américain Joe Biden, qui a des origines irlandaises et qui arrive mardi soir à Belfast, où il sera accueilli sur le tarmac par le Premier ministre britannique Rishi Sunak.

    « Nous nous souvenons aujourd’hui du début d’un nouveau chapitre pour l’histoire du peuple nord-irlandais »

    Communiqué du Prémier Ministre Rishi Sunak, qui n’avait que 17 ans au moment de la signature de l’accord.
    © Charles McQuillan / Getty Images

    Une majorité de catholiques irlandais

    C’est une petite révolution. Pour la première fois, les catholiques sont sortis majoritaires du dernier recensement en Irlande du Nord , meurtrie par des décennies de violences intercommunautaires. Cette province britannique a vu le jour il y a 101 ans avec un découpage géographique y assurant une majorité protestante et ainsi le pouvoir aux unionistes, partisans du rattachement avec le Royaume-Uni. Dans le reste de l’île, aujourd’hui la République d’Irlande, les catholiques sont majoritaires.

    Selon les résultats publiés en septembre 2022 par l’Agence de statistiques et de recherches d’Irlande du Nord (Nisra), 42,3 % de la population nord-irlandaise s’identifie comme catholique, contre 37,3 % comme protestante ou d’autres religions chrétiennes. Plus largement, 45,7 % des Nord-Irlandais se disent catholiques ou élevés dans la religion catholique, quand 43,5 % se disent protestants ou élevés dans cette religion. Le nombre de personnes ne revendiquant aucune appartenance religieuse personnelle ou dans leur éducation a quant à lui bondi à 9,3 %.

  • Loi hongroise anti-LGBT : Paris et Berlin s’associent au recours de la Commission

    Loi hongroise anti-LGBT : Paris et Berlin s’associent au recours de la Commission

    Paris et Berlin se sont associés au recours introduit par la Commission européenne contre une loi hongroise jugée discriminatoire à l’égard des personnes LGBT+, a annoncé jeudi soir (6 avril) l’Elysée.

    « La France, en coordination avec l’Allemagne, a décidé de soutenir la Commission européenne dans son recours contre la loi anti-LGBT en vigueur en Hongrie depuis juin 2021 »

    Communiqué de l’Elysée
    La Hongrie a adopté en juin 2021 une loi interdisant « la représentation ou la promotion » de l’homosexualité et du changement de sexe auprès des mineurs. [Raketir/Shutterstock]

    8 Etats, le parlement et la Commission européenne

    Au moins huit autres Etats membres, ainsi que le Parlement européen, se sont déjà joints à la procédure : la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Autriche, l’Irlande, Malte, le Danemark et le Portugal. En tout, ce sont une quinzaine d’Etats qui devraient se mobiliser contre cette loi.

    La Hongrie a adopté en juin 2021 une loi interdisant « la représentation ou la promotion » de l’homosexualité et du changement de sexe auprès des mineurs, qui avait suscité des réactions indignées, notamment de la part de dirigeants européens.

    La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait parlé de « honte », et l’exécutif européen a saisi la Cour de justice de l’UE en décembre 2022.

    La Commission estime que cette loi hongroise viole les directives sur le commerce électronique, sur les services dans le marché intérieur, sur les services de médias audiovisuels, la charte des droits fondamentaux de l’UE, mais aussi l’article 2 du Traité sur l’Union européenne portant notamment sur le respect des droits humains et la non-discrimination.

  • La guerre technologique sino-américaine est déclarée

    La guerre technologique sino-américaine est déclarée

    Le trafic frauduleux de microprocesseurs entre les États-Unis et la Chine se développe depuis que les premiers imposent à la seconde des embargos. Des femmes et des hommes sont même utilisés comme mules afin de passer les frontières. Les passages en fraude de marchandises n’empêchent pas les entreprises chinoises de manquer de puces de haute technologie. Yangtze Memory Technologies Corp (YMTC), un fabricant public de cartes mémoire, qui est une des entreprises chinoises les plus performantes, est entravée dans son développement depuis l’instauration des sanctions. YMTC serait en voie de différer la construction d’une nouvelle usine de production. La guerre technologique serait-elle déclarée ?

    Entraver le développement en Chine des technologies fondamentales

    Les difficultés des entreprises de pointe chinoises se répercutent sur l’ensemble des chaînes de production, entraînant des licenciements. Elles pèsent sur la croissance du pays et montrent la dépendance encore réelle vis-à-vis des Occidentaux. Les prévisions concernant la mainmise technologique chinoise sont revues à la baisse. Selon le cabinet « International Business Strategies », d’ici 2030, les entreprises devraient contrôler 33 % de la production de microprocesseurs, contre 50 % lors des précédentes prévisions. L’objectif des Américains est d’empêcher la Chine d’accéder non seulement à des armes avancées et à des technologies civiles de pointe, mais aussi d’affaiblir les capacités exportatrices du pays. Dans un discours prononcé en septembre 2022, Jake Sullivan, le conseiller américain à la sécurité nationale, a expliqué que le gouvernement souhaitait entraver le développement en Chine des technologies fondamentales comme l’intelligence artificielle, la biotechnologie et l’énergie propre. 

    Pour appliquer cette doctrine, l’administration américaine a adopté des mesures visant à restreindre la vente non seulement de biens fabriqués aux États-Unis, mais également de tout article fabriqué dans des pays tiers qui incorporerait des brevets ou des biens intermédiaires américains (règle de l’extraterritorialité). Les entreprises américaines et non-américaines qui enfreignent ces règles risquent des poursuites. Les autorités américaines interdisent également aux ingénieurs américains, et encore plus aux ressortissants chinois titulaires d’une carte verte américaine, de travailler dans les sociétés de microprocesseurs chinoises. 

    Déclaration de guerre technologique

    Ces sanctions sont, par leur ampleur, selon Joerg Wuttke de la Chambre de commerce de l’Union européenne à Pékin, une véritable « déclaration de guerre technologique ». La guerre a réellement commencé durant le mandat de Donald Trump avec les mesures prises notamment, en 2019, contre Huawei. Depuis quatre ans, les autorités américaines essaient de contraindre l’entreprise chinoise ByteDance de vendre son application TikTok, voire de l’interdire. 

    Les États-Unis pourraient encore durcir les règles concernant les exportations de microprocesseurs, les Chinois contournant celles actuellement en vigueur en multipliant le nombre de puces. Les Américains pourraient se concentrer uniquement sur la puissance de calcul des puces afin de pénaliser les systèmes d’intelligence artificielle et l’industrie des jeux vidéo, un marché en croissance rapide d’une valeur de 40 milliards de dollars l’année dernière. Les autorités américaines doivent néanmoins tenir compte des conséquences sur les fabricants américains de puces. 

    Dépendances en biopharmacie et agroalimentaire

    Autre secteur qui pourrait être pénalisé par les restrictions commerciales, la biopharmacie chinoise, une industrie dont les ventes devraient atteindre plus de 100 milliards de dollars d’ici 2025. Celle-ci est fortement dépendante des brevets américains. Les entreprises américaines fournissent également de nombreux matériaux biologiques, des informations techniques et des équipements de laboratoire aux installations chinoises chargées de produire de nouveaux médicaments et de nouvelles thérapies. Les autorités américaines ont dans le collimateur un logiciel développé par les États-Unis que les entreprises chinoises utilisent pour fabriquer des médicaments. Ces derniers sont ensuite exportés en Europe et aux États-Unis. De nombreuses entreprises occidentales exportent également des données vers la Chine afin de développer de nouveaux traitements médicaux. À l’avenir, de tels transferts de données pourraient également être restreints du fait de l’incapacité des entreprises chinoises d’utiliser des logiciels d’origine américaine.

    L’administration fédérale pourrait allonger la liste des entreprises américaines ne pouvant plus commercer avec des sociétés chinoises comme Huawei. En mars, le ministère américain de l’Agriculture a annoncé qu’il constituait un groupe de de travail pour étudier les règles commerciales en vigueur en matière de semences afin de promouvoir une concurrence loyale. La valeur des obligations émises par Sinochem, un groupe agro-industriel chinois, a chuté à cette annonce, en raison des craintes que le nouvel organisme puisse recommander des restrictions sur ses semences. L’industrie agroalimentaire chinoise dépend des brevets occidentaux dans de nombreux domaines. Une réduction des échanges serait également préjudiciable au secteur agro-alimentaire des États-Unis et de l’Europe.

    La fragmentation économique et financière est en marche  

    Dans certains secteurs comme l’informatique quantique, les Chinois sont en pointe et sont peu dépendants des Américains. En revanche, les échanges sont nombreux. Un arrêt des coopérations serait nuisible pour les deux zones économiques. Les spécialistes américains de l’informatique quantique écrivent plus d’articles avec des Chinois qu’avec des Européens. Les États-Unis seront prudents en ce qui concerne les flux de capitaux. Une interdiction d’une utilisation du dollar pour certaines exportations en direction de la Chine pourrait se répercuter sur l’économie américaine, ce pays n’étant ni l’Iran ou la Russie. Elle inciterait les autorités chinoises à se « dé-dollariser » encore plus vite et, par voie de conséquence, à se rapprocher un peu plus des ennemis des États-Unis. 

    The dematerialization of money, dollars are dematerialized on a black background.

    La fragmentation économique et financière est en marche. Depuis 2019, les flux de capitaux à destination de la Chine en provenance des États-Unis sont en baisse. L’épidémie de covid a provoqué un repli de l’Empire du Milieu avec une accentuation de la tendance nationaliste du gouvernement. L’argent américain est moins important pour l’industrie chinoise du capital-risque en 2023 que dans les années 2000. 

    L’application des restrictions commerciales n’est pas sans limite. Les compagnies aériennes chinoises dépendent des avions et des pièces importées, dont beaucoup sont américaines. Or, ces pièces comportent, pour certaines d’entre elles des microprocesseurs. L’Amérique pourrait donc paralyser l’aviation en Chine mais accélérer le développement des producteurs de ce pays. Airbus, le constructeur européen pourrait être pris entre deux feux. Ses avions incorporent des puces américaines, ce qui peut les soumettre aux règles d’extraterritorialité américaines. Le fabricant européen pourrait être ainsi poursuivi voire être interdit d’accès aux États-Unis.

    Remplacer rapidement les matériels américains interdits  

    Les Chinois travaillent en outre à remplacer rapidement les matériels américains interdits. Huawei a réussi à assurer l’approvisionnement national de 13 000 composants électroniques malgré les sanctions. Cette société a repensé plus de 4 000 circuits imprimés et a lancé des logiciels pour concurrencer Microsoft, Google, Oracle ou Apple. 

    Xi Jinping s’est fixé comme objectif « l’autonomie en science et en technologie ». Des sommes conséquentes ont été versées aux entreprises publiques afin de créer des systèmes non dépendants de la technologie occidentale. Les sanctions américaines pourraient finir par stimuler ce qu’elles sont censées empêcher. Les blocus dans l’histoire ne sont pas toujours fructueux pour ceux qui les mettent en place comme l’a prouvé celui de Napoléon à l’encontre du Royaume-Uni.

    Les réticences des autres pays aux sanctions 

    Les sanctions américaines sont, en outre, de plus en plus mal acceptées par les autres pays. Les entreprises occidentales non américaines sont obligées de considérer leurs opérations en Chine comme des entités autonomes et isolées ne pouvant pas avoir de liens avec leurs départements de recherche qui peuvent être amenés à travailler avec les États-Unis. L’Allemagne dont la Chine est un de ses principaux clients est la plus hostile à la politique américaine. La France même si elle est moins concernée lui a emboîté le pas avec les déclarations d’Emmanuel Macron à Pékin lors de sa visite officielle le 5 avril. Les Pays-Bas, la Corée du Sud et le Japon sont également plus que réservés sur ce sujet car ces pays fabriquent des puces et des biens et équipements électroniques qui sont vendus en Chine. La Corée du Sud exporte environ la moitié de ses puces mémoire vers la Chine. Ce pays a obtenu un délai d’un an pour se conformer à la réglementation américaine. Samsung et Sk Hynix, deux grands fabricants de puces sud-coréens, ont investi des milliards de dollars dans des installations de fabrication. Ils sont menacés de pénalités de la part des États-Unis s’ils n’y renoncent pas. ASML, un fabricant néerlandais d’équipements de fabrication de puces, a accepté de s’y plier mais de mauvaise grâce tout comme les grandes entreprises japonaises.

    Marginaliser la Chine et… les Etats-Unis ?  

    Le vaste programme de sanctions américain se heurte à de nombreux obstacles de ce type, note Mme Howell. Les dirigeants chinois se sont jusqu’à présent abstenus de mesures de représailles de la même ampleur, constatant que certaines entreprises américaines comme Apple continuent d’investir dans leur pays. À l’occasion d’une visite en Chine, Tim Cook, le PDG d’Apple, a cherché à apaiser les craintes d’un découplage économique avec les États-Unis. Il a déclaré le 25 mars à Pékin que la relation symbiotique entre les deux pays au cours des 30 dernières années les avait aidés à grandir. 

    Le ministère chinois du Commerce envisage néanmoins d’interdire les exportations de certaines tranches de silicium avancées utilisées dans les panneaux solaires, ce qui pénaliserait de nombreuses entreprises américaines. Des mesures sont également envisagées à l’encontre des exportations de produits issus de la biotechnologie, car de nombreuses entreprises américaines ont une « dépendance inconfortable » vis-à-vis de la Chine pour les intrants pharmaceutiques et les dispositifs médicaux. Certains des ingrédients utilisés dans les anticorps contre l’anthrax, par exemple, ne sont produits qu’en Chine. 

    La politique américaine risque de peser sur la croissance de ses propres entreprises, et de freiner l’innovation et sa diffusion. Les coûts de production pour les entreprises des secteurs concernés devraient augmenter et alimenter l’inflation. La campagne de sanctions risque également de marginaliser les États-Unis au sein du monde des pays émergents et en développement en donnant le beau rôle à la Chine.

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