Les États-Unis, la zone euro et la Chine tout comme l’Inde se sont engagés dans un processus de décarbonation de leur économie. Celle-ci est désormais mise en avant comme un élément d’attractivité. Les différentes zones économiques multiplient les subventions pour attirer les investisseurs et mettent en avant leur exemplarité.
La transition énergétique dont le coût financier est important pourrait être, à terme, un vecteur de création de richesses pour les États en pointe. La décarbonation de l’industrie européenne apparaît plus rapide que celle de ses principaux concurrents. Depuis 2018 (hors période covid), les émissions de gaz à effet de serre sont en baisse dans l’Union européenne quand elles augmentent encore pour la Chine et l’Inde. Les États-Unis ont simplement réussi à stabiliser les leurs.
Les entreprises optent de plus en plus pour des plans de décarbonation
La part du nucléaire et des énergies renouvelables représente 30 % de la consommation totale au sein de l’Union européenne, contre 19 % aux États-Unis, 17 % en Chine et 10 % en Inde. L’Europe dispose d’un atout indéniable avec une production plus importante qu’ailleurs d’énergies propres. Cet atout peut favoriser l’installation d’usines dans les États membres de l’Union européenne.
Les entreprises face à la pression de leurs actionnaires, des Organisations Non Gouvernementales, optent de plus en plus pour des plans de décarbonation. Si l’Europe possède des atouts, les États-Unis ont réagi en subventionnant des projets industriels en lien avec la transition énergétique (Inflation Reduction Act). Avec le plan « Next Generation », la Commission de Bruxelles a également décidé de favoriser ce type d’investissement à l’échelle européenne et les États membres font de même, sur leur territoire, comme le prouvent les différents projets de construction d’usines de batteries.
L’emploi industriel dans l’Union en hausse de 2 % ces deux dernières années
L’Europe peut espérer décarboner plus rapidement que la Chine ou les États-Unis son économie et en faire une source d’attractivité pour les investissements d’origine étrangère. Depuis deux ans, ces derniers sont en hausse au sein de l’Union européenne. Les investissements industriels sont également en progrès ce qui devrait permettre dans les prochaines années une augmentation de la production industrielle. Celle-ci était déjà supérieure, fin 2022, de 5 % à son niveau de 2019. Elle a dépassé son niveau de 2007, niveau qu’elle n’avait pas dépassé depuis. L’emploi industriel dans l’Union, en baisse constante de 2007 à 2020, s’était alors contracté de plus de 10 % sur l’intervalle. Il est en hausse de 2 % ces deux dernières années. Il est à noter que la progression de l’emploi industriel avait commencé dès 2016 avant la crise sanitaire. La baisse des taux d’intérêt et la diminution des impôts de production en Europe avaient conduit à des créations d’emploi dans le secteur industriel.
Dans la course à la production de médicaments, la France arrive derrière l’Allemagne, l’Italie et l’Angleterre, ce qui peut nuire à la santé des patients, selon un rapport des Entreprises du médicament en France (Leem) publié mardi 27 juin.
Le Leem a créé le 1er Observatoire de l’accès aux médicaments et de l’attractivité de la France pour le secteur pharmaceutique. Les premiers résultats révèlent que la France est distancée par les autres pays européens dans la production de nouveaux médicaments, en particulier en ce qui concerne les princeps biologiques, les génériques et les biosimilaires.
« Hors situations critiques, les patients allemands, anglais et italiens bénéficient des médicaments plusieurs mois avant les patients français », alerte le Leem dans le rapport.
Parmi les nouveaux médicaments ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché entre 2017 et 2022, seuls 48 ont été produits en France, contre 122 en Allemagne
« La disponibilité des nouveaux médicaments en France est significativement moindre qu’en Allemagne, en Italie ou en Angleterre, en partie en raison de délais de négociation plus élevés et de conditions économiques défavorables », souligne le rapport.
La France est distancée par les autres pays européens dans la production de nouveaux médicaments, en particulier en ce qui concerne les princeps biologiques, les génériques et les biosimilaires. [Busra Ispir/Shutterstock]
34% des medicaments indisponibles en France
Fin 2022, 34% des médicaments ayant reçu une autorisation de mise sur le marché au niveau européen entre 2018 et 2021 n’étaient pas disponibles en France.
Le déclin de l’industrie pharmaceutique en France n’est pas nouveau : depuis 2013, l’Hexagone est passé de la première à la cinquième place des producteurs européens de produits pharmaceutiques.
« Globalement, la France exporte de moins en moins les médicaments matures [dont le brevet fait parti du domaine public, NDLR] qu’elle produit et importe de plus en plus de produits innovants qu’elle ne produit pas suffisamment », peut-on lire dans le rapport.
En juin 2021, Emmanuel Macron avait annoncé allouer sept milliards d’euros dans le domaine de la santé pour faire de la France la première nation européenne innovante et souveraine en santé.
Parmi les secteurs prioritaires : la recherche biomédicale, la relocalisation des industries de santé dans le pays et l’innovation.
Mais selon Thierry Hulot, président du Leem, « il y a une ‘urgence médicament’ si l’on veut faire de la France la première nation européenne innovante et souveraine en santé, conformément au vœu du Président de la République ».
Bienvenue dans l’édition dédiée aux Français de l’étranger du jeudi 29 juin. Aujourd’hui dans votre flash quotidien des expatriés, on parle du STAFE, d’une sordide affaire de pédophilie à la maternelle du Lycée français de Barcelone et de la mort d’un jeune de 17 ans à Nanterre par un policier.
STAFE : pas d’évolution pour 2023/2024
En 2023, 276 projets ont ainsi été présentés à la Commission nationale, 187 ont été retenus. Ainsi l’administration n’a pas suivi les élus sur 89 dossiers. Comme le souligne Olivier Piton, conseiller des Français de Washington DC, « les élus membres de la Commission nationale STAFE sont minoritaires et ne disposent même pas de minorité de blocage. L’administration fait ce qu’elle veut ». Un groupe au Sénat avait été formé, en début d’année, pour proposer des évolutions à la fin de ce mois. Finalement, aucun rapport ne sera publié et l’administration restera maître de ce fonds pourtant dédié aux associations de citoyens expatriés.
Une affaire de pédophilie secoue la communauté française de Barcelone
Celle-ci a éclaté voilà un peu plus de deux mois lorsque deux fillettes âgées de 3 ans et 5 ans ont fait part à leurs parents de gestes à caractère sexuel que l’assistant de cantine aurait eu à leur égard. Les parents avaient immédiatement alerté la police catalane et une enquête avait été ouverte. L’employé incriminé, qui œuvrait deux heures par jour au sein de l’établissement, entre 12 heures et 14 heures, avait été suspendu, tout comme le directeur de la section maternelle du prestigieux Lycée français quelques semaines plus tard.
Un policier incarcéré pour homicide volontaire
Après la mort d’un adolescent de 17 ans lors d’un contrôle routier, le policier qui a tiré le coup de feu mortel fut placé en garde à vue pour homicide volontaire. Pour la Première ministre, Elisabeth Borne, il y a « une exigence absolue de vérité » dans cette affaire pour laquelle la Défenseure des droits s’est saisie d’office. Cette affaire met d’ailleurs le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, dans une situation délicate qui pourrait hypothéquer son avenir politique.
C’est sur ces deux tristes affaires que l’on se quitte ! On se retrouve demain pour le dernier flash de la saison sur la Radio des Français dans le monde. Les abonnés au site Lesfrancais.press pourront en bénéficier jusqu’au 14 juillet. Bon jeudi à tous où que vous soyez !
Doté de deux millions d’euros, le fonds de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE) a été créé en 2018 suite à la suppression du dispositif de la « réserve parlementaire ». Pour rappel, cette réserve était détenue par les parlementaires qui pouvaient octroyer chaque année différents montants à des projets de leur circonscription. Souvent critiqué pour son opacité, ce dispositif relevait bien souvent du simple fait du prince (ou de la princesse) : « la suppression de la réserve parlementaire est une très bonne chose » selon Elise Léger (Conseillère des Français de l’Etranger – Sydney – Majorité présidentielle). « Il y avait beaucoup trop de clientélisme, de favoritisme et d’inégalités puisqu’il n’y avait aucun critère d’éligibilité ».
Pour Olivier Piton (Conseiller des Français à l’étranger – New York – LR), « nous sommes passés d’une réserve parlementaire à une réserve administrative ». Le dispositif STAFE est « un vrai souci » selon le même élu notamment parce que la « Commission nationale qui statue au final sur les aides prend en compte davantage la note du poste diplomatique que les propositions formulées par les élus en Conseil consulaire. »
Aujourd’hui, les projets sont présentés en Conseil consulaire, soumis à l’instruction des Conseillers des Français de l’étranger en Conseil consulaire. Après examen de chaque dossier, ces derniers formulent des vœux, vœux qui sont intégrés dans une note plus globale rédigée par le poste consulaire dans laquelle l’administration insère également ses propres commentaires.
Gaëlle Lecomte (Conseillère des Français à l’étranger – Madrid – Nupes) souhaite « que la décision prise en local par les élus soit suivie » et que « la Direction des Français de l’étranger vérifie uniquement le statut du porteur de projet », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Marie-Christine Harticalde (Conseillère des Français à l’étranger – Chili – Les indépendants) argumente également dans le même sens en « demandant le respect de l’avis formulé dans les Conseils consulaires »
Gaëlle Lecomte
Combien de projets soutenus ?
En 2023, 276 projets ont ainsi été présentés à la Commission nationale, 187 ont été retenus (en 2022, 192 dossiers avaient été soutenus). Ainsi l’administration n’a pas suivi les élus sur 89 dossiers. Comme le souligne Olivier Piton, « les élus membres de la Commission nationale STAFE sont minoritaires et ne disposent même pas de minorité de blocage. L’administration fait ce qu’elle veut ». Si un montant total de 1,4 millions d’euros a ainsi été libéré pour venir en aide à ces actions, le budget initial était de deux millions d’euros, et, comme nous le rappelle Nicolas Arnulf (Conseiller des Français à l’étranger – Maroc – Les indépendants) « il reste donc 600.000 € non octroyés ». Annie Rea (Conseillère des Français à l’étranger – Milan – Solidaires et Indépendants) a d’ailleurs déposé une question écrite pour « savoir ce que va devenir cette somme ».
Le Groupe de travail mis en place en septembre 2022 dans le but de revoir les critères d’attribution du dispositif STAFE s’est terminé le 9 juin 2023 après 8 mois de travaux. Gaëlle Lecomte (Conseillère des Français à l’étranger – Madrid – Nupes) constate que « ces réunions n’ont pu aboutir à une refonte complète du dispositif », accompagnée également d’un « sentiment de frustration (qui) se dégage de ces longs mois de réflexions-d’échanges avec l’administration ». En effet, ce groupe de travail ne réunissait pas tous les groupes politiques de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) mais seulement les membres de la Commission nationale STAFE, et, apparemment, aucun rapport final ne sera rédigé. Finalement, pas de bouleversement attendu à ce stade, ce que regrette Gaëlle Lecomte qui a aussi « une pensée aux petites associations pour lesquelles les demandes peuvent représenter un long parcours du combattant », et invite le cabinet du Ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht, à « piloter un nouveau groupe de travail » et à « repenser ensemble le dispositif dans sa globalité ».
Eviter les postures politiques !
Marie-Christine Harticalde
« Evitons les postures politiques et soyons pragmatiques sur l’évolution du STAFE », c’est ce que propose comme postulat Marie-Christine Harticalde (Conseillère des Français à l’étranger – Chili – Les Indépendants), « Ne pleurons pas sur le lait déjà versé, l’administration cherche avec nous à améliorer le dispositif ».
Elise Lger (Conseillère des Français à l’étranger – Sydney – Majorité présidentielle) nous rappelle que « ce dispositif reste assez jeune et de mauvaises habitudes ont été prises avant qu’il existe », ajoutant qu’il est « très facile de critiquer et de dire que ce dispositif n’est pas performant car le montant global n’est pas dépensé chaque année .» Or, l’élue de Sydney « trouve important que l’on n’accorde pas une subvention à un projet qui ne rentre pas dans les critères. Il y a parfois des dossiers acceptés en conseil consulaire qui arrivent à la DFAE et ne sont clairement pas éligibles. »
Quelle évolution concrète pour le STAFE ?
Prochainement, les critères d’éligibilité devraient être plus clairs et un changement de calendrier devrait s’opérer pour la campagne de 2025. En 2023, un projet mémoriel (Maison d’Izieu) à destination des élèves du Lycée français de Bruxelles n’a pu être soutenu car le calendrier STAFE ne s’alignait pas avec le calendrier scolaire (!) Pour autant, ces premières pistes ne semblent pas suffisantes.
La quasi-totalité des Conseillers des Français de l’étranger souhaitent que le dispositif STAFE évolue, s’adapte davantage aux réalités locales et aux projets de terrain des associations françaises présentes dans les différents pays.
Olivier Piton (Conseiller des Français à l’étranger – New York – LR) met ainsi à titre personnel quatre propositions sur la table :
A la suite de la présentation des dossiers STAFE en Conseil consulaire, la notification envoyée par le chef de poste (Ambassadeur ou Consul général) à la Commission nationale STAFE doit aussi être transmise aux élus dudit Conseil consulaire
Qu’élus et administration disposent d’une égalité de voix au sein de la Commission nationale STAFE ou bien, dans la composition actuelle, que les élus membres puissent disposer d’une minorité de blocage
Qu’un avis motivé écrit soit rédigé par l’administration centrale en cas de rejet d’un dossier ou bien lors d’une diminution de la somme proposée dans les cas où le projet présenté a fait l’objet d’une adoption à l’unanimité des élus en Conseil consulaire, avec la création d’une procédure d’appel que ce dernier pourrait enclencher
Que la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) informe directement les porteurs de projet en cas de rejet de leur dossier
Elise Léger
Ajoutons également celle de Marie-Christine Harticalde d’une « formation continue de l’administration et des élus pour mieux accompagner les associations », tout en ne retombant pas, pour Elise Léger, « dans les travers clientélistes de la réserve parlementaire ». Pour développer l’information et la transparence autour de ce dispositif, peut-être serait-il également utile que chaque projet soutenu insère dans sa propre communication la mention suivante : « projet soutenu par le dispositif STAFE ». Espérons que ces différentes idées feront réagir, il en va de l’existence même du STAFE !
Covid oblige, la dernière célébration du 14 juillet à Hong-Kong date de 2020. Les expatriés français de la région administrative spéciale de Chine sont bien décidés à rattraper le temps perdu et fêter l’événement comme il se doit cette année !
Relancer la tradition
“La proposition d’organiser une soirée le 14 juillet vient de Bertrand Jubault. Le fondateur d’Antonin Catering est l’un des piliers de la communauté française à Hong Kong. L’événement est soutenu par le Consulat Général de France à Hong-Kong et Macao, la Chambre de Commerce et d’Industrie française de Hong Kong, les associations Hong-Kong Accueil et l’UFE Hong-Kong et Macao”, expliquent les organisateurs, “Toutes les parties prenantes se sont directement montrées enthousiastes à l’idée de relancer les festivités !”.
Une soirée tricolore
La “Bastille Day Party” de Hong Kong aura lieu le 14 juillet 2023, de 18h à minuit, au Studio 9, dans le quartier animé de Sheung Wan. Le thème s’est imposé comme une évidence : bleu blanc rouge. De la déco au dress code, ces trois couleurs seront partout ! L’artiste français DJ Dauss aux platines promet de faire vibrer les participants sur les grands classiques du disco, sur les succès des années 80 et 90, et les tubes actuels.
Le meilleur de la gastronomie française
Dans les assiettes, les gourmets pourront se régaler d’un délicieux buffet, composé de produits de qualité venant d’importateurs français: Antonin Catering, Bon Chef, Cheese Club, Fred’s by terrois.co, Répertoire Culinaire HK, Seafood Society et Vittel. Des boissons à volonté seront également disponibles tout au long de la soirée.
Un événement ouvert à tous
L’événement se veut familial. L’entrée est d’ailleurs gratuite pour les enfants de moins de 12 ans. “Nous visons les Français mais aussi les amoureux de la France à Hong-Kong. Tout le monde est le bienvenu!” précise l’équipe organisatrice.
No cash
L’entrée s’élève à 300HKD en prévente et 400HKD sur place, pour les jeunes et adultes de plus de 12 ans. Par facilité d’organisation, les participants recevront un bracelet à l’entrée et ne devront plus sortir leur portefeuille. Aucun argent en espèce ne circulera à l’intérieur.
Il n’y en aura pas pour tout le monde
La salle du Studio 9 possède une capacité maximale de 250 personnes. Les places sont limitées et distribuées sur le principe du “premier arrivé, premier servi”. La réservation est vivement conseillée via ce lien si vous ne voulez pas prendre le risque d’être refusé à l’entrée.
En pratique
La Bastille Day Party a lieu le 14 juillet, de 18h à minuit, au huitième étage du Studio 9 (8/F, 9 Des Voeux Road West, Sheung Wan, Hong Kong).
Le groupe paramilitaire Wagner va continuer d’opérer au Mali et en Centrafrique. La courte mutinerie d’Evgueni Prigojine ne changera rien aux relations de la Russie avec ses alliés sur le continent, affirme le ministre russe des Affaires étrangères
Regardez le reportage de TV5MONDE
Tête de pont vers l’Afrique et le Moyen-Orient
Les forces de Wagner combattant en Ukraine représentaient aussi, jusqu’à récemment, un atout crucial pour soutenir l’armée russe sur le champ de bataille. Cette force autofinancée a récemment fourni à la Russie sa première victoire discernable récente lorsqu’elle a capturé la ville stratégique de Bakhmout.
« Prigojine en particulier avait de bonnes relations avec les Émirats arabes unis, qui sont un partenaire important pour la Russie, car il existe de nombreux réseaux personnels privés entre les élites d’Abou Dabi et du Kremlin »
– Andreas Krieg, professeur agrégé d’études sur la sécurité au King’s College de Londres
Mais les capacités considérables du groupe n’auraient peut-être pas été aussi bien rodées sans ses expériences au Moyen-Orient et en Afrique.
Les mercenaires de Wagner se sont formés en combattant aux côtés des troupes russes sur les champs de bataille de Syrie, en tant qu’équipe autonome en Libye, et sont même impliqués dans les conflits actuels au Soudan, au Mali et en République centrafricaine (RCA).
« Wagner a véritablement commencé ses opérations en Afrique en Libye et l’a fait de manière très efficace. C’était [la Libye] une tête de pont que les Émirats arabes unis, à l’époque, ont rendue accessible et à partir de laquelle Wagner a pu vraiment se développer », explique Andreas Krieg, professeur agrégé d’études sur la sécurité au King’s College de Londres, àMiddle East Eye.
Si Wagner n’est pas une société officielle en Russie, puisque l’existence de sociétés militaires privées n’est pas autorisée, le groupe a néanmoins créé des sociétés écrans à l’extérieur du pays, qui ont été utilisées pour autofinancer ses opérations et lui permettre de se propulser au pouvoir.
Sa tête de pont « stratégiquement importante » en Libye a permis au groupe de nouer des liens avec Mohamed Hamdan Dagalo, plus connu sous le nom de Hemetti, qui dirige les Forces paramilitaires de soutien rapide (FSR), rappelle Andreas Krieg.
En Libye
Depuis 2019, les mercenaires de Wagner ont joué un rôle crucial en aidant Khalifa Haftar, le commandant militaire renégat de l’est de la Libye, devenu chef de guerre, à maintenir le contrôle des régions du sud et de l’est du pays.
« Sans un autre parapluie sécuritaire étranger, le retrait de Wagner constituerait une menace pour l’influence de Haftar dans l’est et le sud de la Libye », analyse pour MEE Ferhat Polat, chercheur à l’université d’Exeter spécialisé dans les affaires libyennes.
Avec l’aide de Wagner, le conflit libyen est effectivement devenu une guerre froide. L’Armée nationale libyenne (ANL) de Haftar et le gouvernement de Tripoli, reconnu internationalement, examinent probablement les événements en Russie et les éventuelles conséquences sur l’équilibre des pouvoirs dans le pays.
Les ministres allemand et français de l’Économie et italien des Entreprises ont annoncé, lundi 26 juin à Berlin, le déploiement d’une coopération étroite entre les trois premières économies de l’UE concernant la chaîne de valeur des matières premières critiques.
La pandémie de Covid-19, aggravée par le déclenchement de la guerre en Ukraine, a obligé l’UE à revoir sa stratégie en matière de dépendance envers des pays tiers pour les ressources indispensables à sa transition énergétique et écologique.
À cet effet, la Commission européenne a présenté en mars dernier une réglementation sur les matières premières critiques (Critical Raw Materials Act — CRMA). Le texte propose que d’ici 2030, 15 % de la production, 40 % du raffinage et 10 % du recyclage de certaines matières premières critiques — lithium, cobalt, manganèse, cuivre, etc. — soient assurés en Europe.
Toutes ces matières sont nécessaires à la production d’éoliennes, de panneaux solaires, de batteries pour véhicules électriques et autres produits pour décarboner l’économie européenne.
Dans le cadre de cette démarche européenne, les ministres de l’Économie français et allemand et des Entreprises italien se sont réunis lundi à Berlin afin de coordonner leurs forces sur plusieurs dossiers.
« Il nous a semblé utile que les trois premières économies européennes puissent avoir la possibilité d’un échange pour soumettre des propositions d’amendements pour la mise en œuvre du CRMA », a précisé le ministre de l’Économie et du Climat allemand, Robert Habeck.
« C’est la première fois que la France, l’Italie et Allemagne décident, ensemble, de renforcer leur indépendance sur des chaînes de matériaux critiques », a déclaré le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire.
Le ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck (C), le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire (G), et le ministre italien des Entreprises, Adolfo Urso, participent à une conférence de presse à Berlin, le 26 juin 2023. [EURACTIV France]
Projets communs, investissements communs
En conférence de presse les ministres ont d’abord insisté sur le fait que les trois pays étaient prêts à investir dans des projets conjoints et dans le partage de données pour accélérer l’atteinte des objectifs inscrits dans la réglementation européenne. Une sorte de « plateforme commune » sera mise en place à cette fin, précise M. Le Maire.
Les trois ministres ont également annoncé la mise en place d’une stratégie commune pour une « véritable filière du recyclage », a ajouté le locataire de Bercy.
En matière de financement, tandis que la France et l’Italie ont déjà annoncé des fonds à destination du développement de mines sur leur sol, M. Habeck a déclaré que l’Allemagne allait emboîter le pas de ses voisins.
« La France propose un investissement public d’environ 500 millions d’euros, l’Italie de 1 milliard d’euros, c’est un peu près ce que nous proposerons », a affirmé le vice-Chancelier allemand.
Au niveau de l’UE, le ministre italien des Entreprises, Adolfo Urso, souhaiterait la « création d’un fonds européen qui permette des projets d’investissements de la part d’entreprises européennes pour le développement de la filière minière », a-t-il précisé.
Selon lui, il est « important que dès le début, la coopération s’appuie sur les acteurs principaux de notre industrie ».
Durant leur journée en trilatéral, les ministres ont d’ailleurs rencontré un certain nombre d’industriels du secteur, comme les représentants d’Imerys, exploitant français de site minier en passe de développer une mine de lithium dans le département de l’Allier (Auvergne-Rhône-Alpes).
Élargir la liste des matières premières critiques
Les dirigeants en ont profité pour ouvrir la porte à un renforcement de la liste des matières premières couverte par la réglementation européenne. Les ministres visent, en particulier, l’aluminium.
« La France a été fer de lance sur cette inclusion », confie à EURACTIV France, Cyrille Mounier, délégué général du syndicat français des industriels de l’aluminium, Aluminium France.
Comme cela avait été abordé lors du conseil Compétitivité de l’UE lundi 22 mai, les trois ministres réunis à Berlin appellent également à la définition d’objectifs sectoriels pour l’extraction, le traitement et le recyclage de chaque matière première critique.
« Il serait absurde de se donner les mêmes objectifs sur le cobalt, dont 80% des réserves sont situées dans un seul pays d’Afrique, et sur le lithium par exemple, que l’on peut extraire en Europe », déclarait le ministre français de l’Industrie, Roland Lescure, dans une interview pour EURACTIV France, accordée à l’issue du conseil.
Dans cette démarche, M. Lescure confiait que le Luxembourg et la Slovénie, notamment, défendaient aussi cette approche.
D’ailleurs, à Berlin, M. Le Maire n’a pas fermé la porte à ses homologues : « l’initiative [franco-italo-allemande] est ouverte aux autres États membres qui pourraient le souhaiter ».
Adoption rapide du CRMA
Pour contrôler cette coopération nouvelle entre les trois mastodontes de l’économie européenne, les ministres ont convenu de la création d’un « groupe de travail » réunissant des experts chargés de suivre la bonne mise en œuvre des mesures communes.
En outre, cette alliance nouvelle devrait faciliter les discussions à venir au niveau européen sur le CRMA. Les ministres appellent à une « conclusion rapide des négociations » entre les institutions européennes — Parlement européen, Conseil de l’UE et Commission européenne.
Enfin, ils ont assuré que cette réunion en appellerait d’autres, notamment à Rome en octobre prochain, avant de poursuivre et d’élargir les discussions à Paris.
« La réunion de Berlin ouvre une nouvelle phase dans la définition de la politique industrielle européenne qui nous permettra de relever les défis de la double transition écologique et numérique », a conclu M. Urso.
En France, jour après jour, les spécialistes de l’immobilier craignent un krach sur fond de hausse de taux d’intérêt et de ralentissement économique, oubliant que ces quinze dernières années le prix des logements a été multiplié par deux. Sur douze mois, ces derniers restent toujours en augmentation, seuls ceux de Paris sont en baisse.
La crise tant attendue se fait attendre. Dans d’autres pays, comme aux États-Unis ou en Australie, la contraction du prix des logements a commencé dès le début de l’année 2022 mais elle semble déjà s’achever. En Australie, les prix de l’immobilier ont augmenté au cours des trois premiers mois de l’année 2023.
Au sein des pays de l’OCDE, de 2017 à 2022, les prix de l’immobilier se sont accrus de plus de 40 %.
Aux États-Unis, le marché immobilier semble à nouveau en hausse après plusieurs trimestres de recul. Le cours des actions des constructeurs de maisons a fait deux fois mieux que les autres valeurs.
Chez les partenaires européens de la France, le marché immobilier semble stable. Les analystes de JPMorgan ou de Goldman Sachs estiment que l’apogée de la crise immobilière est derrière du moins pour les pays anglosaxons.
Au sein des pays de l’OCDE, de 2017 à 2022, les prix de l’immobilier se sont accrus de plus de 40 %. La crise du Covid a entraîné une accélération de la hausse des prix. Depuis la crise financière, l’immobilier a connu une augmentation de plus de 65 %. Depuis le début de l’année 2022, les taux directeurs des banques centrales ont augmenté de plus de trois points de pourcentage à l’échelle mondiale, renchérissant le coût des emprunts immobiliers.
L’augmentation des taux d’intérêt et le durcissement de l’accès aux prêts immobiliers ont entraîné une contraction des prix des logements, toujours pour les pays de l’OCDE, de 3 %. En termes réels, en prenant en compte l’inflation, la baisse se situe entre 8 et 10 %. Cette correction reste dans la moyenne constatée depuis la fin du XIXe siècle mais elle est inférieure à celles intervenant après une phase de hausses fortes.
Entre 1990 et 1994, les prix ont reculé à Paris de plus de 40 %.
Une crise immobilière classique se traduit généralement, pour les pays ayant connu une forte augmentation des prix de nature spéculative, par des chutes abyssales. Entre 1990 et 1994, les prix ont reculé à Paris de plus de 40 %. Après la crise financière, les prix de l’immobilier irlandais se sont réduits de 50 %. Les prix des maisons américaines avaient perdu de leur côté de plus de 20 %. En Espagne, la chute avait atteint 27 % en 2008.
Depuis deux ans, la hausse des taux n’est pas la seule responsable de la baisse des prix de l’immobilier. Si à San Francisco, les prix des maisons ont perdu 10 % de leur valeur, cela est avant tout la conséquence du départ de certaines entreprises des secteurs de la haute technologie et de la finance pour la Floride et le Texas. Malgré tout, le prix de l’immobilier à San Francisco demeure élevé. Une maison y coûte en moyenne plus de 1,1 million de dollars, soit environ dix fois le revenu médian de la ville. Depuis quelques mois, les prix se sont d’ailleurs stabilisés.
A contrario, en Floride, les prix continuent à progresser. En Floride, Mick Jagger a mis en vente une maison à 3,5 millions de dollars, maison achetée en 2020 à 1,9 million de dollars.
En Australie, après une forte hausse en 2020 et en 2021, les prix des logements ont connu une diminution de 7 % en 2022. Mais, depuis le début de l’année 2023, le marché se redresse. Les maisons dans les quartiers bourgeois du port de Sydney se vendent rapidement avec des prix toujours en hausse. Les seniors recherchent des logements bien équipés et près de la mer.
Les banques restent assez confiantes sur la résilience du marché immobilier
À la différence de la crise des subprimes en 2008/2009, les banques restent assez confiantes sur la résilience du marché immobilier. Que ce soit aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou au Canada, le niveau de l’encours des crédits immobiliers n’est pas jugé problématique. Les défauts de paiements demeurent rares. Au Canada, la proportion des prêts hypothécaires susceptibles de ne pas être remboursés est proche d’un creux historique.
Contrairement au sentiment largement partagé sur les réseaux sociaux, le pouvoir d’achat a relativement bien résisté depuis le début de la vague inflationniste. En France, la baisse est inférieure à 1 %. Cette résistance du pouvoir d’achat évite l’engagement d’une spirale de baisses de prix sur le marché immobilier. En outre, ce marché est porté essentiellement par les ménages les plus aisés.
Aux États-Unis, les conditions d’accès aux crédits ont été durcies après la crise des subprimes, réduisant les risques de défauts. Les ménages sont moins exposés que dans le passé aux variations de taux. Au sein de l’Union européenne, de 2011 à 2021, la part des prêts immobiliers à taux variable est passée de près de 40 % à moins de 15 %. Même si les taux ont augmenté, le ratio moyen des paiements des intérêts par rapport au revenu est inférieur en 2023 à son niveau de 2019.
La réserve d’épargne permet de financer le surcoût généré par la hausse des taux d’intérêt
La pandémie a, par ailleurs, amené les ménages à se constituer une réserve d’épargne. Pour l’ensemble des pays de l’OCDE, cette cagnotte « covid » se chiffre à plus de 1000 milliards de dollars. Si aux États-Unis, elle a été en grande partie consommée, dans les autres en revanche, elle reste intacte, permettant de financer le surcoût généré par la hausse des taux d’intérêt. Une étude de Goldman Sachs souligne une corrélation positive entre les pays ayant un stock d’épargne important et la résilience des prix de l’immobilier. Les Canadiens ont ainsi accumulé une épargne importante pendant la pandémie et les prix des maisons se maintiennent à un niveau élevé, la baisse ayant été de courte durée. En Suède, les ménages ont moins épargné que la moyenne ; en contrepartie, le marché de l’immobilier souffre davantage.
Au sein des États membres de l’OCDE, le marché immobilier est soutenu par une forte demande de la part des ménages qui aspirent à des logements plus grands, plus modernes et dotés par exemple d’une terrasse. La crise sanitaire a provoqué une réévaluation des besoins. De nombreux ménages souhaitent privilégier un appartement voire une maison à proximité de la nature sachant que l’essor du télétravail permet d’en profiter plus longuement.
La progression du célibat et des familles monoparentales
Selon la Banque d’Angleterre, ces nouveaux besoins expliqueraient la moitié de la hausse des prix constatée entre 2020 et 2022 au Royaume-Uni. La progression du célibat et des familles monoparentales conduit également à une demande de logements plus importante que dans le passé.
La pierre demeure en outre une valeur refuge. En période troublée comme actuellement, les ménages privilégient ce placement au détriment des placements financiers de long terme. Le secteur de la construction craint une forte chute de l’activité. Si une baisse est constatée au sein de plusieurs pays de l’OCDE, elle demeure limitée et témoigne plutôt d’un retour au niveau d’avant la crise sanitaire. Les travaux de réhabilitation en lien avec la transition énergétique augmentent, en revanche, fortement.
Lors des précédentes crises immobilières, la chute de la construction était plus nette. Aux États-Unis, les créations d’emploi dans le secteur du bâtiment sont en hausse de 2,5 % pour le premier trimestre 2023. En Nouvelle-Zélande, le nombre de postes vacants dans ce secteur reste à un niveau élevé. En Corée du Sud, une baisse de 2,5 % des emplois a été enregistrée sur douze mois entre le premier trimestre 2022 et le premier trimestre 2023 mais le nombre total d’emplois reste supérieur à celui d’avant 2020. La résistance du secteur de la construction s’explique par le maintien d’une forte demande.
La hausse des taux d’intérêt n’est pas assez marquée pour provoquer un krach
Les migrations internes et externes jouent un rôle important en la matière. En France, la population continue à se concentrer au sein des grandes agglomérations et à proximité du littoral. En Australie, plus de 100 000 immigrés s’installent chaque année dans le pays. Au Canada, le nombre des arrivées sur le territoire dépasse 200 000. À Londres, malgré le Brexit, le prix des locations a augmenté, en 2022, de 16 % du fait de l’afflux des demandes. La crise immobilière semble se faire attendre. La hausse des taux d’intérêt n’est pas assez marquée pour provoquer un krach. Les taux réels demeurent négatifs.
Si les salaires poursuivent leur mouvement de hausse, le pouvoir d’achat des acheteurs de biens immobiliers pourrait ne pas être aussi atteint que certains le prétendent. Le marché immobilier au sein de l’OCDE est avant tout marqué par une pénurie de logements. Les législations adoptées dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique accentuent cette situation. Si dans les prochains mois, les prix de l’immobilier repartaient à la hausse, leur déconnexion avec les revenus serait de plus en plus importante, ce qui pourrait assez rapidement déboucher sur des tensions sociales et une véritable crise.
Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du 28 juin. Aujourd’hui, on fait le point sur les démarches administratives liées à l’expatriation, on découvre le classement des villes les plus chères au monde pour 2023 et on finit avec l’annonce d’une possible réduction des vacances d’été pour nos écoliers d’Emmanuel Macron.
Becht et Guerini lancent la simplification administrative pour l’expatriation
Pour lancer les travaux, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques de France et notre ministre des Français de l’étranger ont réuni lundi 26 juin les administrations concernées des ministères de l’Intérieur et des Outre-mers, de la Santé et des Solidarités, de la Transformation et de la Fonction publiques et de l’Europe et des Affaires étrangères. L’objectif étant de lancer les tests pour la dématérialisation des demandes de passeports, assurer le déploiement de France Consulaire et réfléchir à la constitution de maison France Services dans les consulats sur le modèle développé dans l’Hexagone.
Hong Kong à nouveau la ville la plus chère où s’installer
Tokyo, la capitale du Japon, a disparu du top 10, pour s’établir à la 19ème position du classement. Mais l’Asie reste fortement représentée dans le haut du palmarès : Hong Kong est une nouvelle fois la ville la plus chère pour les expatriés, suivie de Singapour, qui a gagné six places dans le classement par rapport à 2022. On retrouve après Zurich, Genève et Berne suivie de New-York. Retrouvez le classement sur le site Lesfrancais.press.
Fin des deux mois de vacances scolaires ?
Emmanuel Macron a déclaré mardi vouloir « ouvrir un débat » sur le temps scolaire, soulignant la possibilité de réduire la durée des vacances scolaires. Il estime que les longues vacances sont une source d’inégalités et entraînent des semaines trop chargées. Une réforme qui s’appliquerait aussi aux établissements des réseaux AEFE.