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  • L’Union européenne sous pression

    L’Union européenne sous pression

    Longtemps, la carte économique de l’Europe était simple : au nord, des États riches et bien gérés ; au sud, des déficits et des dettes ; à l’est, la reconstruction après cinquante ans de soviétisme. Cette carte a volé en éclats depuis l’épidémie de Covid-19.

    En 2025, l’Allemagne pourrait connaître une troisième année consécutive de récession. Son industrie automobile, fleuron de son économie, traverse l’une de ses plus graves crises depuis la Seconde Guerre mondiale. En proie à une désindustrialisation chronique, la France est menacée par une crise des finances publiques d’une ampleur inédite depuis la naissance de la Ve République en 1958. En revanche, le Portugal enregistre des excédents budgétaires, tandis que l’Espagne affiche une croissance digne des États-Unis. À l’est, la Pologne s’affirme comme une puissance économique majeure. Au nord, les pays scandinaves maintiennent leur position grâce à leur spécialisation dans des produits haut de gamme.

    Jusqu’à présent, face à l’adversité, les États membres de l’Union européenne ont toujours réussi à s’unir. Ce fut le cas lors de la crise des dettes souveraines entre 2010 et 2012, du Brexit, de l’épidémie de Covid-19 ou encore de la guerre en Ukraine.

    Une Union européenne sous tension

    Les défis des prochains mois mettront certainement l’Union européenne sous pression. D’autant plus que Donald Trump et Vladimir Poutine ont inscrit son affaiblissement au cœur de leur stratégie géopolitique. Donald Trump entend utiliser les tarifs douaniers pour obtenir des concessions, voire favoriser des divisions internes.

    L’Union européenne traverse une période délicate. Pendant la crise de l’euro au début des années 2010, l’Allemagne et les États d’Europe du Nord affichaient de solides performances économiques. En 2025, l’Allemagne est en récession et les perspectives de croissance en France ou en Italie demeurent faibles. Plusieurs pays sont confrontés à des crises politiques ou dirigés par des coalitions fragiles. Comme la France, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas ou l’Autriche. Par ailleurs, certains gouvernements, comme ceux de la Hongrie, de la Bulgarie et de la Slovaquie, affichent ouvertement des sympathies pour la Russie.

    L’aide à l’Ukraine révèle les divisions internes de l’Union. Elle est principalement fournie par les pays baltes, la Pologne, l’Allemagne, la Finlande, le Danemark et la Suède. En revanche, la France et l’Espagne figurent parmi les contributeurs les plus modestes.

    Les droits de douane, une arme de fragmentation

    Au-delà des divergences concernant l’Ukraine et les relations avec la Russie, des désaccords économiques persistent. Les membres de l’Union européenne ne parviennent pas à s’entendre sur les questions commerciales. Les libre-échangistes, emmenés par l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique, s’opposent à la France, plus protectionniste. Le départ du Royaume-Uni, qui jouait un rôle d’équilibre, accentue les tensions entre les partisans du libre-échange et les défenseurs d’un marché plus fermé.

    Les droits de douane, une arme de fragmentation
    Les droits de douane, une arme de fragmentation

    L’Allemagne et les Pays-Bas, dont les économies sont fortement dépendantes des exportations, s’opposent aux droits de douane sur les véhicules électriques chinois, redoutant des mesures de représailles contre leurs propres constructeurs. Par contraste, la France, l’Espagne et la Pologne, moins exposées au commerce international, défendent la production européenne de « biens stratégiques ». De plus, ils souhaitent introduire des clauses favorisant les achats européens dans les marchés publics.

    Des dépenses militaires sous pression

    En 2023, les pays de l’Union ont consacré 1,6 % de leur PIB à leur défense, un chiffre légèrement supérieur à la limite fixée à l’Allemagne après la Première Guerre mondiale pour limiter ses capacités militaires. Pourtant, les États se sont engagés à porter cet effort à 2 % du PIB. En contrepartie du soutien militaire des Etats-Unis, Donald Trump exige un effort bien plus important, estimé à 5 % du PIB, un objectif jugé inatteignable. Les dépenses militaires varient fortement selon les pays. Plus un État est proche de Moscou, plus son effort de défense est élevé. Moderniser la défense européenne nécessiterait un investissement annuel de plus de 100 milliards d’euros. Cela obligerait de nombreux gouvernements à revoir leurs priorités budgétaires.

    Une Union fragilisée par l’instabilité politique

    La France fait aujourd’hui figure de mauvais élève en Europe, avec un déficit public atteignant 6 % du PIB et une dette publique non maîtrisée. Stabiliser ce ratio nécessiterait une réduction de près de 4 points de PIB du déficit primaire. Si l’Italie a réussi un ajustement budgétaire en 2024 en ramenant son déficit à 3,8% du PIB en une seule année, la France reste à la traîne. Selon les nouvelles règles budgétaires adoptées en avril dernier, des pays comme la France, l’Italie et l’Espagne devront réduire leur déficit public de 0,5 point de PIB par an.

    Mais l’absence de croissance et le manque de gains de productivité compliquent la tâche. La consommation reste atone, et l’investissement recule, entraînant une stagnation des recettes fiscales. Pendant la crise de l’euro, l’Union avait surmonté ses difficultés en approfondissant son intégration et en mettant en place des politiques de soutien. Cependant, depuis 2021, la situation politique joue en défaveur de l’Europe. La montée des partis nationalistes et l’instabilité politique rendent difficile la mise en place de solutions fédérales. L’Italie, pourtant stable politiquement, et la Pologne ne peuvent à elles seules endosser le rôle de locomotive pour l’Union européenne.

  • Dépenser, investir et défendre : la proposition de la Pologne à Donald Trump

    Dépenser, investir et défendre : la proposition de la Pologne à Donald Trump

    VARSOVIE — Alors que Donald Trump prend officiellement ses fonctions en tant que 47ème président des États-Unis ce lundi, les dirigeants polonais lui ont fait une offre qu’ils espèrent qu’il ne pourra pas refuser.

    Quelques jours avant la cérémonie de prestation de serment du nouveau président américain, le Premier ministre polonais Donald Tusk a fait un geste d’ouverture à l’égard de l’administration entrante.

    Jusqu’à présent, les États membres de l’Union européenne (UE) ont évité de spéculer sur les annonces de Donald Trump, cherchant plutôt à présenter les États-Unis comme une nation qui coopérera avec l’Union et l’Ukraine.

    « Au lieu de lire entre les lignes du [président Donald] Trump, faisons nos devoirs », a déclaré Donald Tusk. « La nouvelle administration de Washington, une fois qu’elle aura vu à quel point nous sommes sérieux à ce sujet, adoptera une approche différente et plus optimiste envers l’Ukraine ».

    Le président polonais Andrzej Duda a quant à lui parlé des « opportunités qui pourraient émerger après l’investiture du président [Donald] Trump ».

    Des dépenses effrénées

    Varsovie a déclaré qu’elle serait prête à soutenir la récente suggestion de Donald Trump d’augmenter les dépenses de défense des États membres de l’OTAN à 5 % du PIB, soit plus que ce que chacun d’entre eux dépense actuellement — y compris les États-Unis.

    Déjà le pays européen le plus dépensier de l’OTAN, la Pologne vise en effet à consacrer 4,7 % de son PIB à la défense en 2025, contre 4,12 % en 2024.

    Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Pologne a doublé ses dépenses en matière de défense. Le pays a commandé des milliards de dollars d’armes, principalement de fabrication américaine et sud-coréenne.

    Ces dernières années, Varsovie a acheté plusieurs centaines de chars Abrams, 32 chasseurs F-35A, 96 hélicoptères Apache et des lance-roquettes HIMARS à Washington. Une partie de l’argumentaire de la Pologne auprès du nouveau président américain consiste donc à faire valoir que les dépenses de défense du pays profitent largement aux États-Unis.

    Parallèlement, la Pologne envisage une coopération accrue avec son partenaire outre-Atlantique dans le secteur de l’énergie. Notamment en ce qui concerne l’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) destiné au terminal de la ville portuaire de Świnoujście, dans le nord du pays.

    Le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a déclaré que son pays « peut être le lien transatlantique entre ce défi lancé par [le président Donald] Trump et sa mise en œuvre en Europe ».

    Les États membres de l’Union européenne (UE) ont eu tendance à éviter de spéculer sur l’une ou l’autre des annonces antérieures de Donald Trump, cherchant plutôt à présenter les États-Unis du responsable politique conservateur comme une nation qui coopérera avec l’UE et l’Ukraine. [Photo by Andrew Harnik/Getty Images]
    Les États membres de l’Union européenne (UE) ont eu tendance à éviter de spéculer sur l’une ou l’autre des annonces antérieures de Donald Trump, cherchant plutôt à présenter les États-Unis du responsable politique conservateur comme une nation qui coopérera avec l’UE et l’Ukraine. [Photo by Andrew Harnik/Getty Images]

    Varsovie souhaite utiliser la présidence tournante de l’UE de la Pologne — qui a débuté en janvier pour six mois — pour convaincre les autres États membres de consacrer 100 milliards d’euros du prochain budget commun du bloc à la défense.

    Les responsables polonais déplorent la lenteur des progrès réalisés dans ce domaine et l’indécision des principaux acteurs européens — la France et l’Allemagne.

    Lorsque les dirigeants européens se réuniront le 3 février prochain — deux semaines après l’investiture de Donald Trump — pour des discussions informelles au sujet de la défense, Varsovie a l’intention d’insister à nouveau sur ce point.

    Mais la discussion se déroulera sans proposition clé de l’UE sur le financement de la défense. Pourtant attendue depuis longtemps et promise dans les 100 jours suivant l’entrée en fonction de la Commission européenne, celle-ci ne devrait être finalisée qu’après les élections allemandes à la fin du mois de février.

    Dès lors, Varsovie peut-elle compenser le manque de leadership de Berlin et de Paris ?

    Malgré les déclarations de Donald Tusk, ancien président du Conseil européen également élu à la tête du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, les analystes affirment qu’il est peu probable que Varsovie soit en mesure de diriger seule.

    « Une fois que les crises [politiques] dans les deux pays s’apaiseront, il n’est pas improbable que le Triangle de Weimar, qui comprend l’Allemagne, la France et la Pologne, puisse être ravivé en tant que forum pour le leadership et la coopération européens », a déclaré Markus Ziener, chercheur au German Marshall Fund (GMF), à Euractiv.

    Flatter ou ne pas flatter Donald Trump

    Tout comme le premier mandat de Donald Trump, son deuxième passage à la présidence survient alors que la Pologne est politiquement divisée.

    L’objectif principal de Donald Tusk dans les mois à venir est d’assurer la victoire de son camp centriste et pro-européen, Plateforme civique, aux élections présidentielles de mai face au candidat du parti d’extrême droite Droit et Justice (PiS).

    Toutefois, nombreux sont ceux qui craignent que les querelles internes aux partis sur des questions allant de l’avortement à l’État de droit ne révèlent les limites de la Pologne elle-même, en exposant les divergences entre l’agenda national du pays et ses perspectives européennes.

    Avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, le parti d’extrême droite polonais PiS et son président Andrzej Duda — « l’homme qui chuchotait à l’oreille des républicains » — font depuis longtemps partie des interlocuteurs européens privilégiés du cercle proche du président américain.

    Donald Tusk, quant à lui, a été dans le collimateur de Donald Trump par le passé. Notamment pour avoir dénoncé l’« attitude pro-russe » des républicains à propos de leur soutien peu enthousiaste à l’aide militaire à l’Ukraine.

    Le Premier ministre polonais a été le chef de file de la réponse européenne au nouveau président américain, appelant les États membres à « assumer la responsabilité de leur propre sécurité ».

    Néanmoins, au cours de l’année écoulée, les différentes factions politiques polonaises semblent rarement s’accorder sur la nécessité de flatter Donald Trump. Les responsables du gouvernement polonais admettent en privé qu’ils ont encouragé l’opposition à tirer parti de leurs relations étroites avec les partisans du MAGA (« Make America great again »).

    Andrzej Duda a été un visiteur enthousiaste du bureau ovale lors du précédent mandat de Donald Trump. Ses interactions les plus récentes avec ce dernier, notamment lors d’un dîner privé l’année dernière à New York, ont été organisées avec la bénédiction du ministère polonais des Affaires étrangères.

    Toutefois, les élections de mai pourraient être le théâtre d’une bataille déterminant qui, des deux côtés de l’échiquier politique polonais, maintiendra les liens avec la nouvelle administration Trump.

    Andrzej Duda achevant son deuxième mandat cette année, il ne peut légalement pas se représenter.

    Le récit présenté aux électeurs polonais est un choix entre un candidat du PiS proche de Donald Trump, l’historien Karol Nawrocki, et le maire de Varsovie Rafał Trzaskowski, le candidat de Donald Tusk issu du parti libéral Plateforme civique, qui représente le risque d’une potentielle rupture des liens avec le président américain.

    « Les États-Unis ont déjà un intérêt direct pour la Pologne, et ces considérations stratégiques devraient être suffisamment importantes pour surmonter les tensions précédentes entre [Donald] Trump et [Donald] Tusk », a déclaré Markus Ziener. « Beaucoup dépend cependant des plans américains concernant la Russie et l’Ukraine. Varsovie suivra de près toute évolution pour s’assurer que ces plans ne mettent pas en péril la sécurité de la Pologne ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 22.01.2025

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 22.01.2025

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mercredi 22 janvier 2025 et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de cette édition : Taxer les retraités les plus aisés pour financer les Ephad – A Davos, on attend l’intervention de Donald Trump – Les premières mesures de Donald Trump

    Une phrase qui passe mal dans le camp de François Bayrou

    La ministre du Travail Astrid Panosyan a expliqué sur TF1 ce mardi 21 janvier que certains retraités pourraient participer au financement de la sécurité sociale et du grand âge, jugeant que les travailleurs et les entreprises ne pouvaient pas être les seuls à y participer. Soucieux de ne pas laisser croire que cette hypothèse soit une piste de travail avant le retour du budget de la sécu à l’Assemblée, Matignon a immédiatement démenti. La pension mensuelle nette des retraités s’élève en moyenne à 1512 euros. Une fois à la retraite, les prélèvements sociaux prélevés sont bien plus réduits que pour une personne en emploi. La CGS, la contribution sociale générale, qui finance notamment les hôpitaux et les Ephad se montent à 8,3% pour les retraités contre 9,2% par exemple pour les salariés.

    Astrid Panosyan-Bouvet à Paris, le 15 janvier 2024. ( AFP / LUDOVIC MARIN )
    Astrid Panosyan-Bouvet à Paris, le 15 janvier 2024. ( AFP / LUDOVIC MARIN )

    À Davos, les leaders mondiaux se réunissent

    Pourtant tous les regards restent tournés vers Washington au surlendemain de l’investiture du 47e président des Etats-Unis. En attendant l’intervention en visioconférence de Trump lui-même, attendue seulement jeudi, c’est la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le vice-Premier ministre chinois Ding Xuexiang qui tiendront les discours d’ouverture à Davos qui ont inauguré le séminaire suisse. Dans un message publié sur X lundi, Ursula van der Leyen a dit venir à Davos notamment pour « forger de nouveaux partenariats » et « travailler ensemble pour éviter une course mondiale à celui qui sera le moins disant ».

    Pluie de décret à Washington

    À peine de retour à la Maison Blanche, Donald Trump a signé plus de 100 décrets, avec des annonces chocs comme le retrait de l’OMS, la grâce des émeutiers du Capitole, la fin du droit du sol pour des enfants nés de parents sans-papiers, un délai pour Tiktok, mais heureusement, rien sur les visas. Certains observateurs craignaient que le président américain réinstaure les limitations imposées aux Français au cours de son mandat et qui ont été levées depuis Joe Biden lors d’une rencontre avec Emmanuel Macron.

    C’est tout pour ce bulletin quotidien des Français de l’étranger. Passez un merveilleux mercredi, avec ou sans enfants, on se retrouve demain pour une nouvelle édition.  

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger

  • Hervé Serol : une passerelle entre la France et le Sultanat d’Oman

    Hervé Serol : une passerelle entre la France et le Sultanat d’Oman

    Installé à Dubaï depuis quatre ans, Hervé Serol est président du conseil consulaire pour les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman. C’est plus particulièrement dans son rôle d’élu des Français de Mascate et de ses régions que Lesfrancais.press a souhaité l’interroger. Au cours de cette interview, il revient ainsi sur les priorités de son mandat et les liens historiques et stratégiques entre la France et le Sultanat d’Oman. Son action vise d’ailleurs à être une passerelle entre ces deux pays dont les « relations sont excellentes ». Et notre invité, nous en partage les raisons, entre savoir-vivre et liens économiques.

    La grande Mosquée du Sultan Qaboos à Mascate
    La grande Mosquée du Sultan Qaboos à Mascate
    Lesfrancais.press : « Hervé Serol, vous êtes installé à Dubaï depuis plusieurs années. Le 23 juin 2024, vous êtes devenu Président du Conseil consulaire pour les Émirats arabes unis et Oman. Pouvez-vous nous expliquer votre rôle exact, notamment pour les Français d’Oman ? »

    Hervé Serol : « À Oman, en tant qu’Elu des Français de l’étranger, nous nous occupons des mêmes sujets qu’aux Émirats, tout en participant activement à diverses commissions, notamment celles portant sur la sécurité, les bourses scolaires et également les conseils d’établissement du lycée français. Une de mes priorités est de maintenir une connexion permanente avec les Français d’Oman en utilisant des outils numériques, car il est difficile de se rendre régulièrement au Sultanat. »

    Lesfrancais.press : « Oman attire de nombreux touristes Français, avez-vous une estimation de leur nombre ?

    Hervé Serol : « Des milliers de Français choisissent Oman pour leurs vacances, que ce soit à Mascate, sur ses côtes pittoresques ou dans ses paysages intérieurs. Le Sultanat offre des décors spectaculaires, un climat agréable et une biodiversité exceptionnelle. Contrairement aux métropoles modernes et verticales de la péninsule arabique, Mascate conserve un charme authentique avec son architecture traditionnelle et son identité unique.

    « Une de mes priorités est de maintenir une connexion permanente avec les Français d’Oman en utilisant des outils numériques, car il est difficile de se rendre régulièrement au Sultanat. »

    Hervé Sérol, Président du Conseil consulaire Émirats arabes unis – Oman

    Oman séduit par la diversité de ses paysages : des dunes dorées des Wahiba Sands aux oasis verdoyantes nichées dans les lits de rivières, en passant par ses littoraux bordant le golfe Persique, la mer d’Arabie et le golfe d’Oman. En plus de cette nature exceptionnelle, le Sultanat d’Oman est réputé pour son hospitalité et son authenticité, loin de l’effervescence des grandes villes de la région. »

    Lesfrancais.press: « Et qu’en est-il des expatriés français résidant à Oman ? »

    Hervé Serol : « La communauté française d’Oman se compose d’environ 1 500 résidents, dont 700 inscrits sur les listes électorales, témoignant d’une forte implication citoyenne. Elle est soutenue par une quarantaine d’entreprises françaises, certaines présentes depuis plusieurs décennies dans des secteurs clés comme l’énergie, la sécurité ou la gestion de l’eau et des déchets.

    « La France collabore avec Oman sur des secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, le tourisme et les transports. »

    Hervé Sérol, Président du Conseil consulaire Émirats arabes unis – Oman

    Par ailleurs, la France collabore avec Oman sur des secteurs stratégiques alignés avec la Vision 2040, tels que les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, le tourisme et les transports. Ces initiatives favorisent le transfert de savoir-faire et de technologies, renforçant ainsi les liens économiques entre les deux pays. »

    Le Fort de Mutrah à Mascate
    Le Fort de Mutrah à Mascate
    Lesfrancais.press : « Le Musée franco-omanais, situé dans le vieux Mascate, est un symbole des liens historiques entre la France et Oman. Pourquoi ce dossier reste-t-il en suspens depuis trois ans ? »

    Hervé Serol : « En ce qui concerne l’ancien consulat, le dossier est actuellement en suspens, sans évolution notable. » 

    Lesfrancais.press : « Qu’est-ce qui vous séduit particulièrement à Oman ? »

    Hervé Serol : « Oman m’attire par son atmosphère singulière, mêlant culture fascinante, gastronomie savoureuse et paysages grandioses.

    « Les relations entre Oman et la France sont excellentes. Les Omanais apprécient la culture française et notre savoir-vivre »

    Hervé Sérol, Président du Conseil consulaire Émirats arabes unis – Oman

    On y trouve un art de vivre unique, très agréable. Je suis convaincu que le pays attirera encore davantage de touristes et d’expatriés à mesure qu’il poursuit son développement.

    Ces dernières années, le Sultanat a connu une transformation profonde sous l’impulsion de Sa Majesté le Sultan, avec une restructuration administrative et une refonte du système législatif. Lors des célébrations annuelles du 11 janvier, Oman a organisé un événement intitulé « Oman et le monde », piloté par le ministère de l’Information, pour promouvoir ses réalisations et sa Vision 2040. »

    Lesfrancais.press : « Avez-vous rencontré le sultan ou des autorités locales ? »

    Hervé Serol : « J’ai eu l’opportunité de rencontrer des autorités locales. Les relations entre Oman et la France sont excellentes. Les Omanais apprécient la culture française et notre savoir-vivre, ce qui est toujours très encourageant. Le sentiment général est très positif. »

  • Être référencé par Business France en tant qu’entreprises françaises à l’étranger

    Être référencé par Business France en tant qu’entreprises françaises à l’étranger

    Business France est une agence française qui agit au service de l’internationalisation de l’économie française en accompagnant les entreprises dans leur développement à l’export et en favorisant l’attractivité des territoires pour les investisseurs étrangers. Malheureusement, elle ne prend pas en compte l’actionnariat des sociétés, c’est le siège social qui détermine si une société est française ou non. Ainsi une société composée à 100% de non-Français mais qui est soumise au droit français et qui a son établissement principal dans l’hexagone peut bénéficier du soutien de l’État français et a contrario une société donc les actionnaires sont tous des citoyens français mais dont le siège est hors de France ne peut solliciter le soutien de Business France.

    Mais si le portefeuille du Commerce extérieur est souvent lié aux Français de l’étranger, c’est que le corps politique a compris que les expatriés sont souvent des entrepreneurs qui font rayonner le savoir-faire français et importent dans leur pays d’expatriation des produits français. Ainsi depuis quelques années, face à l’abyssal déficit français, petit à petit, l’administration se penche sur les cas des milliers d’entreprises fondées par des Français dans le monde.

    L’agence Business France a ainsi lancé un appel au référencement de sociétés partenaires qui seront mises en relation avec des exportateurs français. Un premier pas, loin des attentes, mais qu’on salue.

    Made by France

    Souvenez-nous, on nous l’avait promis. Ce nouveau label devait compléter le célébrissime « Made in France » qui indique que le produit a été fabriqué sur le territoire français, en mettant en avant ceux qui, dans leurs entreprises ailleurs dans le monde, utilisent un savoir-faire acquis en France ou celles qui utilisent des matières premières françaises.

    En pleine crise du Covid, alors que le généreux dispositif de soutien aux entreprises de l’État français, excluait les nombreux entrepreneurs français basés à l’étranger, la mobilisation des sénateurs et des députés des Français de l’étranger, avait contraint le gouvernement de l’époque à ouvrir ce chantier. Depuis totalement oublié, ce qui est dommage car pour un coût modique, il aurait pu soutenir les exportations françaises en favorisant la croissance des sociétés de nos compatriotes expatriés.

    Les procédures de référencement

    Ainsi, depuis novembre 2024, dans le cadre de sa mission de service public, Business France a élaboré des procédures de référencement à l’international. L’objectif est de sélectionner pour les entreprises basées en France des partenaires qui peuvent garantir un niveau de qualité de prestations pour les exportateurs français.

    Bien sûr, ces procédures de référencement sont ouvertes à toutes les sociétés, pas uniquement celles détenues par des Français. Mais une connaissance des normes françaises, du cadre réglementaire et une compréhension des objectifs de la société exportatrice, des qualités plus faciles à présenter pour une entreprise locale fondée par des Français, seront un avantage net dans le processus de sélection.

    Business France a mis en place deux types de procédures :

    • Un référencement pour proposer des prestations liées à l’amorçage commercial afin d’offrir dans certains pays, des prestations individuelles similaires à celles de Business France (principalement prospection, veille et étude de marché) ;
    • et un référencement pour proposer des solutions d’ancrage commercial complémentaires aux missions de l’Agence et que cette dernière ne propose pas (droit et fiscalité, administration et gestion de filiale, hébergement -dont VIE- & services associés, représentation commerciale dans la durée).

    Pour candidater, il faudra être attentif aux appels lancés par Business France sur son site. Dans un souci de gestion, l’agence ouvre les appels pays par pays, quelques-uns ont déjà été bouclés en 2024 mais 80% du monde reste à couvrir. Pourquoi pas vous ?

  • Où skier en février dans le monde ?

    Où skier en février dans le monde ?

    Le mois de février dans l’hémisphère nord mais aussi pour tous les Français, qu’ils soient ou non en France, est la période privilégiée des familles pour partir aux sports d’hiver. La neige est alors abondante et le soleil, en plus, est souvent au rendez-vous. En plus, les vacances scolaires de tous les pays ne tombant pas aux mêmes dates, comme les Lycées Français à l’étranger, il est possible de profiter des stations tout en évitant la foule. Ainsi, toutes les conditions sont donc réunies pour profiter au maximum des pistes de ski. Mais où partir aux sports d’hiver au mois de février ? Nous avons mené l’enquête et vous avons déniché des destinations incontournables et d’autres originales pour partir à la montagne et skier en février en Europe mais aussi ailleurs dans le monde !

    Europe

    On commence par le continent qui a vu le ski naître et qui détient le plus grand nombre de pratiquants, vous l’avez compris, notre vieux continent l’Europe.

    Sölden, en Autriche

    Envie de découvrir d’autres horizons tout en vous adonnant au plaisir de la glisse ? En Autriche, la station de Sölden offre des pistes à plus de 3000 mètres d’altitude. En février, la neige y est abondante et d’excellente qualité. Pas étonnant que la coupe du monde de ski alpin 2019-2020 ait été organisée ici ! Si vous rêvez d’un voyage aux sports d’hiver en Autriche, impossible de vous ennuyer à Sölden, avec ses 144 kilomètres de pistes, dont la moitié de bleues ! Les familles y trouveront toutes sortes d’activités complémentaires au ski et les amateurs de sensations fortes profiteront de ses deux snowparks et de ses 4 kilomètres de pistes de ski nocturne pour vivre leur passion à 100 % !

    Zermatt-Matterhorn, en Suisse

    La Suisse n’a rien à envier à la France en matière de belles stations de ski. En partant au mois de février, vous mettez toutes les chances de votre côté pour avoir de la neige dans les Alpes, même dans les stations familiales situées à basse altitude. Alors si vous souhaitez profiter des vacances scolaires pour faire découvrir les joies de la glisse à vos enfants, direction la station de Zermatt-Matterhorn, dominée par le Mont Cervin à près de 4500 mètres d’altitude. En plus de son environnement naturel à couper le souffle, cette agréable station familiale abrite la plus longue piste d’Europe et un domaine skiable immense. Après votre journée de ski, vous pourrez profiter d’une salle d’escalade, d’une patinoire et de nombreuses autres infrastructures. En février, le village d’igloos situé sur le Rotenboden a l’avantage d’être toujours ouvert.

    Val Gardena, en Italie

    Au cœur des Alpes du massif des Dolomites, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, la station de Val Gardena dévoile plus de 170 kilomètres de pistes de ski. Si vous aimez les paysages sauvages et infinis, alors il y a de fortes chances que le massif des Dolomites vous séduise. En plus des nombreuses pistes de ski, le domaine possède également 80 kilomètres de sentiers de randonnée et de ski de fond. En février, cette station perchée entre 1236 et 2518 mètres d’altitude connaît un enneigement particulièrement généreux. Pour rejoindre cette magnifique station, la meilleure solution consiste à trouver un pour Venise, puis rejoindre la station de Val Gardena, à 200 kilomètres au Nord, le temps de quelques jours ressourçant.

    Le Grand-Bornand, en France

    Très appréciée par les familles, la station de ski du Grand-Bornand, en Savoie, a l’avantage d’offrir des activités hivernales dépaysantes. Situé au cœur de la chaîne de montagnes des Aravis, ce petit village authentique propose, en plus du ski alpin, du poney-luge, du ski nocturne, du traîneau à chiens, des pistes de luge et du biathlon. Les amateurs d’activités en plein air y trouveront donc aisément leur compte ! Avec ses 86 kilomètres de pistes pour tous les niveaux, le Grand-Bornand a l’avantage d’offrir un excellent enneigement, surtout au mois de février ! Et en cas de pénurie de neige, vous pourrez toujours compter sur les nombreux canons à neige de la station pour dévaler les pistes.

    Ailleurs dans le monde

    Le ski s’est répandu mais les stations pour le pratiquer dans les conditions optimums sont encore rares. Pourtant aux USA comme au Canada, les skieurs sont nombreux comme au Japon, c’est d’ailleurs chez nos cousins d’outre-Atlantique et au pays du soleil levant que nous vous conseillons d’exercer ce sport en dehors d’Europe.

    Le Mont Tremblant, au Canada

    Et si vous alliez vacances aux sports d’hiver et voyage dépaysant ? En choisissant un vol pour Montréal au mois de février, vous aurez l’occasion de vous offrir quelques jours de pures sensations dans l’une des stations de ski les plus huppées du Québec. Le Mont Tremblant fait sans conteste partie des plus belles stations de ski au monde grâce à son environnement naturel à couper le souffle. La station de ski n’est située qu’à 800 mètres d’altitude mais, au mois de février, aucun risque de manquer de neige ici ! Vous aurez notamment l’occasion de descendre une piste de plus de 6 kilomètres de long et de profiter de l’ambiance très animée du petit village de montagne.

    Niseko, au Japon

    Sur l’île d’Hokkaido (la plus au Nord du Japon), la saison des sports d’hiver bat son plein au mois de février. Bien sûr, il serait dommage de se contenter de faire du ski lors d’un voyage au Japon. Mais rien de tel qu’une excursion de quelques jours au cœur des montagnes pour se ressourcer loin de l’agitation des grandes villes ! Dans la station de Niseko, qui se compose en réalité d’un ensemble de quatre stations, les skieurs et snowboarders viennent du monde entier pour profiter d’une neige de qualité exceptionnelle. En février, il neige ici quasiment tous les jours, ce qui permet de profiter d’une belle épaisseur de poudreuse chaque jour. Ici, pas de canons à neige, juste un épais manteau de neige parfaitement fraîche !

  • À quoi rêve Donald Trump ?

    À quoi rêve Donald Trump ?

    Donald Trump, le 47ᵉ président des États-Unis, avant même son entrée en fonction, a déjà fait parler de lui en proposant de reprendre le contrôle du canal de Panama, de fusionner le Canada avec les États-Unis et de racheter le Groenland. Ces déclarations à l’emporte-pièce permettent de détourner l’attention de ses engagements sur le pouvoir d’achat qu’il sait difficilement réalisables. Elles traduisent surtout sa volonté de s’imposer dans des rapports de force avec ses partenaires et de déplacer les lignes. Il entend agir de la sorte en premier lieu dans le domaine des échanges commerciaux avec la majoration des droits de douane.

    Face aux craintes des effets déstabilisants de cette mesure pour l’économie mondiale, de nombreux observateurs espèrent que Donald Trump ne l’utilisera que comme levier pour négocier des concessions. Pourtant, si elle était appliquée, l’ampleur de cette taxation pourrait atteindre 640 milliards de dollars, une charge qui serait in fine supportée par les consommateurs américains.

    L’Union européenne est la zone la plus exposée

    Cette politique tarifaire effacerait d’un trait les avancées obtenues par la réduction des barrières commerciales depuis les années 1970. L’Union européenne est la zone la plus exposée à une hausse des droits de douane américains. Premier partenaire commercial des États-Unis, l’Union a dégagé avec ces derniers un excédent commercial de 200 milliards de dollars en 2023. Washington accuse depuis longtemps l’Europe de protectionnisme, notamment dans les secteurs de l’agriculture, des loisirs et de la finance.

    Contrairement à la Chine, les exportations européennes sont plus facilement substituables par des produits américains. Une hausse de leurs prix pourrait entraîner une diminution de leurs parts de marché, d’autant que les producteurs européens, contraints par des marges réduites, ne peuvent ajuster leurs tarifs. Par ailleurs, les produits chinois, face aux barrières américaines, pourraient inonder le marché européen, créant une pression concurrentielle accrue.

    Une guerre commerciale entraînant un ralentissement de la croissance ne produit que des perdants

    Si l’Union optait pour des mesures de rétorsion, elle risquerait de renchérir les prix des produits importés, réduisant ainsi le pouvoir d’achat des ménages européens. Comme l’histoire l’a montré, une guerre commerciale entraînant un ralentissement de la croissance ne produit que des perdants.

    Olivier Piton
    Donald Trump, en Floride, le 5 mars 2024 ©afp.com/CHANDAN KHANNA

    L’hostilité de Donald Trump envers l’Union européenne s’inscrit-elle dans une stratégie plus large ? Les présidents américain et russe semblent partager un objectif commun : affaiblir et fragmenter l’Europe. Si personne n’imagine Trump souhaiter le retour des chars russes à Berlin, il a pourtant laissé entendre qu’il envisagerait de retirer les États-Unis de l’OTAN si les Européens n’augmentaient pas leurs efforts militaires à hauteur de 5 % de leur PIB, laissant ainsi le champ libre à la Russie.

    Une Union européenne affaiblie et éclatée s’inscrirait dans une vision du monde dominée par trois grands blocs : les États-Unis, la Russie et la Chine. Toutefois, ce scénario pourrait également réduire la sphère d’influence américaine. Alliées sur plusieurs fronts, la Russie et la Chine bénéficient du soutien de certains pays du Sud. Un repli américain pousserait des pays comme le Japon ou la Corée du Sud à réévaluer leurs alliances.

    Une fragmentation pourrait entraîner des réalignements stratégiques

    En Europe, une fragmentation pourrait entraîner des réalignements stratégiques. La Pologne, les pays baltes et certains États d’Europe du Nord pourraient se rapprocher des États-Unis, y compris à travers des accords bilatéraux, mettant à mal l’unité douanière européenne. À l’inverse, des pays comme la Hongrie, la Bulgarie et la Slovaquie pourraient basculer dans l’orbite russe. Une telle désintégration affaiblirait l’Allemagne, privée de son hinterland économique, et fragiliserait encore davantage des pays comme la France, fortement dépendants de l’euro pour financer leurs déficits.

    Une remise en cause de la monnaie unique entraînerait un big bang financier, renforçant certes le rôle du dollar, mais au prix d’une appréciation dont Donald Trump lui-même ne saurait tirer profit.

    Donald Trump rêve-t-il d’un impérialisme isolationniste visant à démanteler l’Union européenne ? Nul ne le sait avec certitude. Ses déclarations et ses projets rappellent aux États membres de l’Union européenne la nécessité urgente de refonder leur projet politique et militaire. Face à la montée des nationalismes et des rapports de force unilatéraux, la survie de l’Europe repose sur une intégration renforcée et une capacité accrue à agir de manière autonome sur les scènes internationale et économique. Si elle veut exister, l’Europe doit retrouver la voie d’une ambition partagée, en dépit des divisions et des défis.

  • Préparer les jeunes à la guerre et aux catastrophes naturelles

    Préparer les jeunes à la guerre et aux catastrophes naturelles

    BRUXELLES — La commissaire européenne à l’Égalité, la Gestion des crises et l’État de préparation, Hadja Lahbib, souhaite mettre en place un projet de type Erasmus pour mieux préparer la jeunesse à affronter des conflits ou des catastrophes naturelles.

    Imaginez qu’un adolescent ou un étudiant prenne quelques mois de pause durant ses études, voire une année sabbatique, pour apprendre comment se comporter en cas de conflit ou de catastrophe naturelle, auprès de spécialistes de toute l’Europe.

    Bien qu’il ne s’agisse pour l’instant que d’une idée, Hadja Lahbib estime qu’il est essentiel de donner aux jeunes une expertise en matière de gestion et de prévention des risques.

    La commissaire belge s’est récemment rendue en Ukraine, où elle a rencontré des jeunes et appris les premières mesures à prendre à bord d’un bus, en cas de catastrophe naturelle ou d’attaque chimique. Inspirée par son voyage, elle a lancé l’idée d’une « sorte d’Erasmus » pour les jeunes de 16 à 18 ans dans l’Union européenne (UE) et au-delà.

    « voyager en Europe et apprendre »

    Erasmus est un projet européen qui permet aux étudiants de se former dans le cadre de leur cursus dans une université d’un autre pays que le leur. L’UE offre également aux jeunes la possibilité de rejoindre le Corps européen de solidarité et de faire du bénévolat dans le domaine de l’aide humanitaire.

    De jeunes recrues du Régiment de Marche du Tchad participent à un exercice de combat dans les tranchées installées à cet effet dans leur camp en Alsace, le 17 décembre 2024. © Mehdi Chebil, France 24
    De jeunes recrues du Régiment de Marche du Tchad participent à un exercice de combat dans les tranchées installées à cet effet dans leur camp en Alsace, le 17 décembre 2024. © Mehdi Chebil, France 24

    Hadja Lahbib — chargée de rédiger une stratégie de préparation des civils et du secteur commercial en cas de situations d’urgence. Telles que des guerres ou des catastrophes naturelles — a déclaré que les jeunes pourraient, dans ce contexte, voyager en Europe et apprendre de chaque pays.

    Par exemple, apprendre à lutter contre les feux de forêts dans les États du sud de l’Europe, ou apprendre en Ukraine les mesures à prendre en cas d’attaque militaire.

    L’objectif serait que les jeunes soient préparés aux risques. Et qu’ils sachent comment réagir en cas d’attaques, de cyberattaques, d’attaques hybrides, d’incendies, d’inondations, de pandémies, d’attaques terroristes et de désinformation, a-t-elle poursuivi.

    Selon la commissaire, ces formations pourraient à l’avenir éviter les scènes « surréalistes » de personnes qui se battaient pour du papier toilette dans les supermarchés au début de la pandémie de Covid-19.

    L’intérêt des institutions européennes pour les formations de ce type résulte de la multiplication des guerres, des catastrophes naturelles et des pandémies.

    Cette idée n’est toutefois pas nouvelle. L’ancien président finlandais Sauli Niinistö avait proposé une stratégie à l’échelle européenne, dans son rapport d’octobre 2024 sur le renforcement de la préparation civile et militaire de l’UE.

    La Finlande et la Suède sont les États européens les mieux préparés à la guerre. Les populations de ces pays reçoivent des dépliants décrivant les manières de répondre à une crise. Ces mesures s’expliquent car ces deux États n’appartenaient pas à l’OTAN, avant que la Russie ne lance son offensive généralisée contre l’Ukraine en 2022.

  • Investiture de Trump : entre craintes et enthousiasme

    Investiture de Trump : entre craintes et enthousiasme

    Alors que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche, après avoir prêté serment lors de son investiture à Washington DC ce lundi 20 janvier, le monde retient son souffle. On fait un tour d’horizon des réactions dans le monde sans oublier les élus des Français de l’étranger.

    UE : le doux souvenir de l’alliance

    En Europe, 75% des citoyens sont inquiets du retour de Donald Trump. Sûrement à juste titre, car les États européens s’annoncent comme les grands perdants de la mandature qui s’ouvre. Installée confortablement derrière le parapluie américain, l’Europe a consacré ses ressources ces dernières décennies à construire un modèle social protecteur pour ses citoyens. Un choix qui a été possible grâce à la baisse drastique des dépenses militaires. C’est d’ailleurs le message publié sur les réseaux sociaux de l’ancien Premier ministre des Pays-bas, Marc Rutte, aujourd’hui Secrétaire général de l’OTAN : « Avec le retour du Président Trump, nous allons dynamiser les dépenses de Défense et la production. Mes chaleureuses félicitations à @realDonaldTrump pour son investiture en tant que 47e président des Etats-Unis, et à @JDVance en tant que vice-président. Ensemble, nous pouvons parvenir à la paix par la force – à travers l’Otan ».

    Mais selon les observateurs, les USA ne veulent plus prendre en charge notre défense. En pleine crise budgétaire, il faudra faire des choix pour réarmer nos nations, cela prendra du temps, les gouvernements l’ont bien compris et veillent à rappeler le « long partenariat » qui unit les deux continents.

    D’ailleurs, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen dans son message de félicitations a tenu à rappeler « la force durable du partenariat transatlantique » au nouveau président.

    « Ensemble, nos sociétés peuvent atteindre une plus grande prospérité et renforcer leur sécurité commune » – La présidente de la Commission Ursula von der Leyen

    Autre acteur de poids, le chancelier Olaf Scholz qui a souhaité la poursuite « de bonnes relations transatlantiques » avec les Etats-Unis, l’ »allié le plus proche » de l’Allemagne.

    C’est donc la ligne des chefs d’Etats européens dans leur majorité, mais pas celui du Président de la République française. En effet, Emmanuel Macron a décidé de prendre une posture plus offensive en déclarant que « si on décide d’être faibles et défaitistes, il y a peu de chances d’être respectés par les États-Unis d’Amérique du président Trump« . Un message nuancé par la nécessité de « coopérer » avec le milliardaire américain qui « sait qu’il a en France un allié solide« . Car en réalité, la diplomatie française phosphore et réfléchit à l’approche qu’elle veut adopter avec le dirigeant américain, bien plus préparé que lors de sa première élection en 2016.

    Les expatriés français veulent croire au sursaut européen

    Du côté des élus des Français de l’étranger, ce jour d’investiture est aussi l’occasion de lancer un nouvel appel à l’Union européenne. Ainsi, Roland Lescure, député des Français du Canada et des Etats-Unis, estime qu’« il est nécessaire que l’Europe, comme premier marché mondial, se réveille ». Et l’ancien ministre de l’Industrie souhaite aussi que l’UE « ne cède pas à la volonté de Donald Trump de diviser pour mieux régner. »

    Depuis Washington, Olivier Piton qui représente nos compatriotes vivant dans cette zone, nous a confié que, pour lui, « l’élection de Donald Trump est l’occasion rêvée pour les Français et les Européens de reprendre leur destin en mains et de ne plus compter systématiquement sur les Etats-Unis ». Pour l’élu consulaire et spécialiste de la politique américaine, « cela vaut pour la défense, certes, mais aussi pour le commerce et les relations internationales ». Celui qui est aussi élu à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) indique également que « l’objectif prioritaire majeur des quatre années qui viennent est de se donner les moyens de notre autonomie retrouvée. Cela passera par quelques sacrifices, notamment financiers, mais c’est indispensable. »

    Pour Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français établis hors de France, ce jour d’investiture est aussi l’occasion de saluer le travail du président américain qui quitte la Maison Blanche. L’ancienne ministre souhaite « rendre hommage à Joe Biden, à sa longue carrière au service du peuple américain et à son bilan prospère en tant que Président». La spécialiste de la défense évoque également le leader démocrate sortant comme faisant « partie de ces derniers Américains à chérir le lien précieux qui unit Europe et Etats-Unis. »

    Dans le reste du monde, on salue l’arrivée de Donald Trump

    Sur les autres continents, l’arrivée de Donald Trump est assimilée à un renouveau. D’Israël à l’Inde en passant par la Russie, le nouveau président américain est synonyme de prospérité et de paix.

    Comme Vladimir Poutine a félicité son homologue américain et s’est dit « ouvert au dialogue » sur l’Ukraine pour aboutir à une « paix durable« , trois ans après s’être lancé à l’assaut de son voisin. Du côté du Canada, le Premier ministre démissionnaire a déclaré que « Le Canada et les États-Unis entretiennent le partenariat économique le plus fructueux au monde et sont le premier partenaire commercial l’un de l’autre ». Pourtant Justin Trudeau redoute que le président américain ne mette à exécution sa menace d’imposer des droits de douane de 25%.

    En Inde, c’est presque l’euphorie, alors que 80% des Indiens se disent confiant avec Donald Trump. Logiquement, le Premier ministre indien Narendra Modi a, donc, félicité lundi son « cher ami » Donald Trump, et s’est dit « impatient » de « travailler de nouveau en étroite collaboration » avec Donald Trump afin de « bâtir un meilleur avenir pour le monde » qui « bénéficiera à nos deux pays« . Même son de cloche en Israë où Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a félicité Donald Trump, lui promettant « les plus beaux jours » des relations entre les deux pays dans les années à venir.

    Enfin, notons qu’au Brésil que le ton est plus proche de l’état d’esprit des Européens. En effet, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a exprimé lundi son souhait que les États-Unis demeurent un « partenaire historique » du Brésil sous l’administration du républicain Donald Trump, allié de son rival d’extrême droite Jair Bolsonaro. 

    « Nous ne voulons pas de querelles, ni avec le Venezuela, ni avec les Américains, ni avec la Chine, l’Inde ou la Russie ». – Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva

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