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L’Année de la Santé (2026-2027), de la France au réseau AEFE

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L'Année de la Santé (2026-2027), de la France au réseau AEFE

Face à la montée des préoccupations liées au bien-être psychologique et physique des nouvelles générations, l’Éducation nationale et l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) ont décidé de frapper fort. L’année scolaire 2026-2027 est officiellement désignée comme « L’Année de la Santé ». Mais que cache exactement cette initiative ambitieuse ? Comment va-t-elle se traduire concrètement dans les salles de classe de l’Hexagone et dans les lycées français du monde ? Pour les familles de Français de l’étranger, souvent éloignées des dynamiques nationales mais profondément attachées à l’excellence éducative tricolore, on décrypte ce vaste programme qui replace l’humain au cœur des apprentissages.

Un changement de paradigme indispensable

Pour les parents expatriés, la rentrée scolaire est toujours un moment charnière, teinté d’attentes et d’exigences quant à la qualité de l’environnement d’apprentissage de leurs enfants. Cette année, le système éducatif français propose un changement de paradigme majeur. Après des années marquées par les bouleversements technologiques, les crises globales et la course à l’innovation, le ministère de l’Éducation nationale et le réseau AEFE recentrent leurs priorités sur un pilier fondamental : la santé globale des élèves.

Cette « Année de la Santé (2026-2027) » n’est pas un simple slogan institutionnel. C’est une véritable stratégie de fond, élaborée en réponse à des signaux d’alerte documentés par les chercheurs et les professionnels de santé publique du monde entier. L’objectif est clair : transformer les écoles et les collèges-lycées en espaces de protection, de prévention et d’épanouissement. Avant d’explorer les dispositifs inédits qui seront déployés tant sur le territoire national que dans nos établissements à l’étranger, il est indispensable de comprendre le diagnostic qui a motivé cette mobilisation générale.

La santé des jeunes en France et dans le monde

La décision de faire de la santé la grande cause de cette année scolaire trouve ses racines dans un constat scientifique rigoureux. Au cours des trois dernières décennies, l’adolescence a connu des transformations d’une intensité sans précédent. Les changements technologiques rapides ont profondément influencé les déterminants de la santé des adolescents. La pression scolaire croissante et l’évolution des structures familiales viennent s’ajouter aux facteurs modifiant le bien-être des jeunes. De plus, les crises sanitaires, climatiques et sociales successives ont également joué un rôle déterminant dans cette évolution. L’ensemble de ces bouleversements systémiques impose aujourd’hui une relecture complète des politiques de santé publique destinées à la jeunesse, car les cadres de référence du passé ne suffisent plus à endiguer les nouvelles vulnérabilités.

Un bilan paradoxal : moins de mortalité, mais plus de souffrance psychique

À l’échelle internationale comme en France, un bilan très contrasté se dégage de l’analyse des trente dernières années. Les avancées médicales ont porté leurs fruits, puisque la mortalité des adolescents a connu une baisse régulière. Parallèlement, certains comportements à risque et les décès d’origine accidentelle ont significativement diminué.

Cependant, ce tableau rassurant masque une réalité bien plus sombre : la santé mentale n’a cessé de se détériorer de manière alarmante. Cette aggravation progressive des plaintes psychologiques s’observe avec une acuité particulière chez les filles. La pandémie de COVID-19 a par ailleurs provoqué une aggravation marquée de cette fragilité psychologique. À ces angoisses intimes s’ajoute le poids des incertitudes environnementales. Les jeunes doivent également faire face à l’émergence d’une préoccupation nouvelle liée à l’environnement, avec une meilleure reconnaissance de l’impact du changement climatique sur leur santé mentale.

Sédentarité, écrans et mauvaises habitudes de vie

Sur le plan des comportements physiques et physiologiques, la situation est tout aussi préoccupante et exige une prise de conscience collective. L’augmentation exponentielle du temps d’écran s’est installée dans le quotidien des jeunes. Les niveaux de sédentarité atteignent aujourd’hui des sommets très élevés. L’inactivité physique a connu une hausse massive, avec seulement environ 12 % des adolescents qui répondent aux recommandations en matière d’activité physique.

En outre, on observe une mutation préoccupante de la nutrition juvénile. Les habitudes alimentaires se sont dégradées, caractérisées par une augmentation des collations, la consommation d’aliments transformés et de boissons sucrées. En cascade, ces dérèglements altèrent l’horloge biologique des jeunes. Le sommeil est devenu un problème majeur de santé publique, avec une durée insuffisante conduisant à une dette de sommeil élevée.

Campus Unesco, santé mentale
Campus Unesco, santé mentale

Il est crucial de souligner que ces vulnérabilités ne sont pas uniformément réparties. L’UNESCO, lors des bilans de ses campagnes nationales et mondiales de sensibilisation, rappelle fréquemment que l’environnement social détermine massivement la santé. En France, ces différents constats ne frappent pas tous les jeunes de la même manière, puisqu’on observe une inégalité croissante selon le niveau socioéconomique, creusant les disparités face au surpoids et à la santé mentale.

L’Année de la Santé dans les écoles de France

Face à ce diagnostic, la réponse institutionnelle se veut à la hauteur des enjeux. La rentrée 2026-2027 est ainsi pensée pour remettre la santé au centre du projet éducatif, refusant la fatalité du déclin du bien-être juvénile. L’École de la République se doit d’être un havre, à l’intérieur duquel les enfants et les jeunes se sentent protégés.

La philosophie de cette année scolaire repose sur un postulat proactif : l’établissement scolaire n’est pas qu’un lieu de transmission de savoirs, c’est un milieu de vie. Une politique d’École promotrice de santé globale est déployée au service de la réussite des élèves. Le label Édusanté vient d’ailleurs valoriser l’engagement des écoles et des établissements scolaires dans cette démarche globale.

Le portail scientifique et éducatif Éduscol a notamment souligné cinq objectifs fondamentaux pour rapprocher la recherche en santé et la société à travers cette initiative. Il s’agit de créer des passerelles directes entre l’école et la recherche, de démontrer que la santé est une question transversale touchant toutes les disciplines, de former les enseignants de façon continue, d’éveiller des vocations scientifiques chez les élèves et de s’appuyer sur la science pour favoriser un environnement scolaire propice au bien-être mental et physique de tous.

Des dispositifs exceptionnels et un accompagnement humain inédit

Pour concrétiser cette vision, des actions d’envergure, tant humaines que réglementaires, sont instaurées :

  • Un investissement massif dans les ressources humaines : Les équipes de professionnels de santé et médico-sociaux se renforcent considérablement. Ce déploiement inclut la création de 100 postes d’infirmiers supplémentaires à la rentrée 2026. Le ministère a également prévu 100 postes de psychologues. La création de 100 postes d’assistants de service social vient parachever cet effort sans précédent.
  • La structuration de l’aide psychologique : La santé mentale et le bien-être des élèves font l’objet d’une attention particulière tout au long de leur parcours scolaire. L’institution met en place une formalisation d’un protocole spécifique intitulé « Santé mentale : du repérage à la prise en charge ».
  • La déconnexion assumée pour recréer du lien : Limiter l’usage des écrans à l’école s’accompagne du développement d’alternatives concrètes. La loi promulguée le 24 août 2026 prévoit l’interdiction du téléphone portable au lycée. L’objectif est que les élèves puissent effectuer une scolarité complète sans téléphone, afin de garantir des conditions propices aux apprentissages et rétablir du lien social.
  • Le combat pour la sécurité et contre les violences : Le premier devoir de l’institution est de prévenir et détecter les violences sexuelles sur mineurs. Tous les élèves, de la grande section à la terminale, se verront proposer un questionnaire adapté sur les violences sexistes et sexuelles.
  • La remise en mouvement des corps : Faire du sport une habitude de vie pour chaque enfant est un enjeu éducatif, de cohésion nationale et de santé publique. Dans les écoles primaires, les élèves bénéficient de 30 minutes d’activité physique quotidienne.
  • Une politique de prévention médicale offensive : La vaccination gratuite contre les infections à papillomavirus humains (HPV) et les méningocoques est proposée aux élèves de 5e et de 4e. Les campagnes de vaccination se poursuivent dans l’ensemble des collèges publics et privés sous contrat volontaires.

Le dispositif déployé dans les établissements du réseau AEFE

Pour les centaines de milliers de Français de l’étranger, le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) se met naturellement au diapason de cette grande cause nationale. Ce réseau unique au monde, qui scolarise nos enfants sur les cinq continents, joue un rôle fondamental dans la déclinaison des grandes orientations du ministère, tout en s’enrichissant des pratiques internationales.

Agissons ensemble pour notre santé !
Agissons ensemble pour notre santé !

Une transition technologique vers une préoccupation profondément humaine

Après avoir consacré l’année précédente aux fascinants, mais parfois anxiogènes, enjeux de l’intelligence artificielle, l’AEFE a décidé de faire de la santé la grande thématique de l’année scolaire 2026-2027. Cette décision démontre la volonté de l’institution de maintenir un équilibre vital entre l’innovation technologique et la préservation de la santé humaine.

Pour guider les actions de ses établissements, qu’ils soient situés en Asie, au Moyen-Orient, en Europe, en Afrique ou aux Amériques, le réseau a adopté un mot d’ordre fédérateur : « Promouvoir, prévenir, accompagner : agissons ensemble pour notre santé ! ». Cette devise illustre parfaitement la philosophie de l’AEFE. Il ne s’agit pas d’une approche descendante, mais bien d’une dynamique collective globale. La santé et le bien-être deviennent l’affaire de tous : les élèves, les enseignants, les personnels de santé, les équipes de direction et les familles expatriées, qui sont un maillon indispensable de cette coéducation.

L’adaptation des mesures au contexte international

Dans les lycées français du monde, cette Année de la Santé prend des formes variées et adaptées aux réalités locales, tout en respectant le socle commun des exigences françaises :

  • Le sport comme vecteur de bien-être : À l’instar de la métropole, la mesure de santé publique imposant 30 minutes d’activité physique quotidienne est vigoureusement promue dans les écoles du réseau à l’étranger pour combattre la sédentarité juvénile.
  • Santé et environnement, un combat commun : Conscient que l’éco-anxiété touche particulièrement la jeunesse mondialisée, le réseau AEFE lie intrinsèquement la santé au développement durable. Les lycées français (à l’image du LFJM de Dubaï ou du lycée Descartes au Cambodge) s’investissent dans l’obtention et la valorisation du label EFE3D (Établissement Français à l’Étranger en Démarche de Développement Durable). De plus, le programme international ADN Demain Durable permet à des classes de collaborer par-delà les frontières sur des projets environnementaux et sanitaires.
  • La mise en lumière des initiatives : L’événement phare de la francophonie éducative à l’étranger, la 10e Semaine des lycées français du monde prévue à la fin du mois de novembre 2026, sera le moment privilégié pour valoriser tous ces projets pédagogiques autour de la santé globale auprès du grand public.

L’Année de la Santé (2026-2027) marque un tournant historique pour l’Éducation nationale et le réseau AEFE. En s’attaquant de front aux problèmes de santé mentale, d’addiction aux écrans, de sédentarité et de violences, l’École fait bien plus que dispenser des savoirs académiques ; elle réaffirme avec force son rôle protecteur, social et émancipateur.

Pour la vaste communauté des Français de l’étranger, cette initiative est un gage de réassurance majeur. Savoir que nos enfants évoluent dans des établissements, partout dans le monde, qui priorisent leur bien-être psychologique et physique est un atout inestimable de l’expatriation. Cette mobilisation sans frontières nous rappelle que l’excellence du système éducatif français se mesure aujourd’hui tout autant à la réussite intellectuelle de ses élèves qu’à leur capacité à grandir sereinement, en bonne santé, pour affronter les défis de demain.

Auteur/Autrice

  • Chantal Julia

    Chantal Julia est maitre de conférence en Suisse. Après plusieurs années à l'Université de Lettre Paris 1, Chantal a suivi son compagnon à Lausanne où elle enseigne toujours la littérature française. Elle écrit pour différents magazines universitaires et Lesfrancais.press

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