Le paysage du hockey télévisé s’apprête à changer profondément au Canada. À partir de la saison 2026-2027, Amazon Prime Video deviendra le diffuseur exclusif des matchs nationaux de la Ligue nationale de hockey programmés le mercredi soir.
Cette annonce intéresse particulièrement les partisans des Canadiens de Montréal. Le club québécois reste d’ailleurs l’une des équipes les plus suivies par les utilisateurs de BettingTop10 Canada français. Les amateurs pourront regarder les rencontres en direct tout en suivant l’évolution de leurs pronostics et les performances des joueurs.
L’accord a été signé pour douze ans. Il porte sur au moins 26 matchs de saison régulière par année, diffusés en français et en anglais. Prime Video obtient également l’exclusivité de plusieurs séries éliminatoires de la Coupe Stanley : deux au premier tour et une au deuxième tour chaque saison.
Amazon prend donc une place beaucoup plus importante dans la diffusion du hockey canadien. Ce nouveau partage des droits confirme aussi une tendance déjà bien installée : les grandes compétitions sportives quittent progressivement les chaînes traditionnelles pour rejoindre les plateformes de streaming.
Pour certains spectateurs, ce changement rendra les matchs plus simples à regarder sur un téléviseur connecté, une tablette ou un téléphone. Pour d’autres, il faudra souscrire un abonnement supplémentaire et apprendre à passer d’un diffuseur à l’autre. Les conséquences seront particulièrement visibles au Québec, où les droits des Canadiens sont déjà répartis entre plusieurs réseaux.
La fin de Hockey Night in Canada sur CBC
Pendant plus de soixante-dix ans, « Hockey Night in Canada » a accompagné les samedis soir de millions de Canadiens. Ce rendez-vous dépassait largement le cadre d’une simple retransmission sportive. Il faisait partie des habitudes familiales, surtout pendant les longs mois d’hiver.
Des générations entières ont découvert le hockey à travers les commentaires de Foster Hewitt, Bob Cole, Don Cherry ou Ron MacLean. Leurs voix sont devenues indissociables des grandes rencontres, des rivalités historiques et des parcours mémorables en séries éliminatoires.
Un premier bouleversement survient en 2013, lorsque Rogers signe un contrat de 5,2 milliards de dollars canadiens pour obtenir les droits nationaux de la LNH pendant douze ans. Sportsnet prend alors le contrôle de la production des matchs. CBC conserve toutefois les rencontres du samedi grâce à une entente séparée.
Ce compromis permet à « Hockey Night in Canada » de rester accessible sur la télévision publique. Il touche maintenant à sa fin. Dès la saison 2026-2027, CBC ne diffusera plus les matchs de la LNH et devra trouver une nouvelle programmation pour occuper cette case devenue mythique.
La nouvelle aura un goût amer pour une partie du public. CBC permettait de regarder de grandes affiches sans être abonné à une chaîne sportive payante. Une simple antenne ou un accès au réseau public suffisait. Cette accessibilité a largement contribué à faire du hockey un spectacle réellement national.
Avec Prime Video, le modèle change. Les membres Amazon Prime pourront regarder les matchs sans frais supplémentaires, puisque la couverture sera comprise dans leur abonnement. Les autres devront s’abonner s’ils souhaitent suivre les rencontres proposées exclusivement par la plateforme.
Les plus jeunes s’adapteront probablement sans difficulté. Ils regardent déjà leurs films, leurs séries et une grande partie de leurs contenus sportifs en ligne. Ouvrir une application pour suivre un match leur paraît naturel.
Le passage sera sans doute plus délicat pour les téléspectateurs attachés au rituel du samedi soir sur CBC. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de changer de chaîne. C’est une habitude vieille de plusieurs décennies qui disparaît, avec tout ce qu’elle représente de souvenirs familiaux et de culture populaire canadienne.
La LNH restera très présente à la télévision et en ligne. Pourtant, la fin de cette diffusion sur CBC ferme incontestablement un chapitre de l’histoire médiatique du pays.
Prime Video prend une place plus importante dans le hockey canadien
Prime Video diffusera au moins 26 matchs nationaux de saison régulière par an dès 2026-2027. Ils seront joués le mercredi soir et proposés dans les deux langues officielles du Canada.
Pour les membres Prime, l’accès sera inclus dans l’abonnement existant. Il ne sera donc pas nécessaire d’acheter un forfait sportif séparé. Cette formule pourrait séduire les foyers qui utilisent déjà Amazon pour les livraisons, les films et les séries.
Pour Amazon, le calcul est assez clair. Le hockey attire un public fidèle qui regarde les rencontres en direct. Il peut inciter certains clients à conserver leur abonnement toute l’année, même lorsqu’ils utilisent moins les autres services de la plateforme.
Le sport possède aussi un avantage que les films et les séries n’ont pas toujours : il se regarde au moment où il se déroule. Les spectateurs veulent connaître le résultat en direct, participer aux discussions et réagir aux moments décisifs. Cette capacité à rassembler une large audience au même instant explique pourquoi les plateformes numériques investissent de plus en plus dans les droits sportifs.
Amazon ne se contentera pas des matchs du mercredi. Prime Video diffusera aussi, en exclusivité, deux séries du premier tour de la Coupe Stanley et une série du deuxième tour chaque année.
Ces rencontres représentent une véritable occasion pour la plateforme de prouver son savoir-faire. Les séries éliminatoires attirent un public plus large que la saison régulière. Elles imposent également une qualité technique irréprochable : une image stable, un son précis, des commentaires convaincants et une connexion capable de résister aux pointes d’audience.
Sportsnet conservera malgré tout la première place dans la diffusion de la LNH au Canada. Le réseau continuera de présenter plus de 500 matchs nationaux par saison, notamment le lundi et le samedi, ainsi que la plupart des séries éliminatoires.
Amazon ne remplace donc pas Sportsnet. La plateforme devient plutôt un nouveau passage obligé pour les amateurs qui souhaitent suivre le plus grand nombre possible de rencontres. Selon le jour et l’équipe, il faudra parfois ouvrir Prime Video, RDS, TVA Sports ou Sportsnet.
Cette répartition peut sembler confuse, surtout pour les spectateurs qui préféraient retrouver tous les matchs au même endroit. Elle reflète néanmoins la nouvelle réalité du sport professionnel : les droits sont répartis entre plusieurs diffuseurs, chacun cherchant à proposer ses propres exclusivités.
Ce que ce changement signifie pour les amateurs francophones
Au Québec, le changement sera suivi de près. Le hockey y possède une histoire, un langage et une culture médiatique qui lui sont propres. Une couverture francophone de qualité ne consiste donc pas seulement à traduire les commentaires produits pour le public anglophone.
Les amateurs des Canadiens devront continuer à utiliser plusieurs diffuseurs pour regarder l’ensemble de la saison. RDS conservera une partie des matchs en français, tandis que TVA Sports en présentera également un nombre important.
Prime Video devrait diffuser 21 rencontres des Canadiens le mercredi soir. Sept d’entre elles seront proposées exclusivement sur la plateforme. Pour les regarder légalement au Canada, les spectateurs devront donc disposer d’un abonnement Amazon Prime.

Pour les foyers déjà abonnés à RDS ou à TVA Sports, cette nouvelle répartition peut devenir coûteuse. Suivre toutes les rencontres d’une même équipe exigera parfois plusieurs abonnements. C’est l’un des principaux défauts de la fragmentation actuelle des droits sportifs.
Amazon devra surtout convaincre un public québécois très exigeant. Les partisans du Canadien connaissent leur équipe, son histoire et les débats qui l’entourent. Ils remarqueront rapidement une couverture trop générale, mal adaptée au marché local ou simplement traduite de l’anglais.
Le choix des commentateurs sera donc essentiel. Le public attend des personnes capables de raconter le match avec naturel, de maîtriser le vocabulaire francophone du hockey et de comprendre ce que le Canadien représente au Québec. Les analyses devront aussi tenir compte des attentes particulières entourant le club montréalais.
Amazon pourrait s’appuyer sur l’expérience de diffuseurs canadiens comme TVA Sports ou recruter des journalistes et des analystes déjà connus du public québécois. Une telle collaboration faciliterait l’arrivée de Prime Video dans un univers médiatique où la confiance et la familiarité comptent beaucoup.
La plateforme pourrait aussi choisir une voie plus audacieuse. Amazon Prime Video pourrait donner leur chance à de nouveaux commentateurs francophones et proposer une couverture mieux adaptée aux habitudes numériques des jeunes spectateurs.
Des statistiques intégrées à l’écran, des ralentis plus détaillés, des analyses tactiques et des contenus complémentaires après le match permettraient de renouveler l’expérience. La plateforme pourrait également proposer des résumés plus courts pour les téléphones, des émissions d’avant-match ou des analyses disponibles à la demande.
La technologie ne suffira toutefois pas à elle seule. Pour réussir, Amazon devra comprendre l’attachement des Canadiens au hockey tel qu’il est raconté chez eux. Une diffusion moderne peut séduire, à condition de respecter les codes, la langue et la mémoire collective du public.
Le mercredi soir deviendra ainsi un nouveau rendez-vous pour les amateurs de la LNH. Les abonnés Prime profiteront d’une offre sportive plus riche, tandis que les autres devront décider si les rencontres exclusives justifient un nouvel abonnement.
La saison 2026-2027 servira de véritable test. Elle montrera si Prime Video peut devenir une adresse naturelle pour regarder le hockey au Canada, y compris au Québec, où la qualité de la couverture francophone sera observée avec une attention toute particulière.







Laisser un commentaire