Ce dimanche 27 septembre 2026, le Sénat renouvelle la moitié de ses 348 membres. Parmi les sièges en jeu, six sont ceux des douze sénateurs représentant les Français établis hors de France. 533 grands électeurs représentant nos compatriotes établis hors de France ont ainsi été appelés aux urnes, pour quel verdict ? Qui sont les six élus de ce scrutin sénatorial qui défendront les intérêts des expatriés au Palais du Luxembourg ?
Vote par anticipation et grands électeurs
C’est à Paris, au centre de conférence ministériel de l’Europe et des Affaires étrangères situé rue de Convention, que les bulletins de vote sont arrivés depuis les différentes ambassades. En effet, les 533 personnes qui composent les grands électeurs pour les sénateurs des Français de l’étranger ne pouvaient pas tous se rendre à Paris en ce dimanche.
La plupart d’entre eux ont donc voté par anticipation le samedi 19 septembre dans leurs ambassades respectives. Une urne pour ce scrutin a toutefois été ouverte ce 27 septembre au centre ministériel à Paris de 9h à 15h. Pour les élections sénatoriales, le vote est obligatoire. En l’absence d’une excuse valable, s’abstenir peut-être sanctionné par une amende de 100 euros.
Rappelons que le collège électoral chargé d’élire ces six sénateurs est composé de 533 grands électeurs. Il comprend les 11 députés et les 12 sénateurs représentant les Français de l’étranger. Les 433 conseillers des Français de l’étranger et les 77 délégués consulaires Ce sont donc ces élus locaux (conseillers et délégués), renouvelés en mai 2026 avec les élections consulaires, qui constituent la grande majorité des grands électeurs
12 listes présentées aux électeurs des Français de l’étranger
Douze listes ont été officiellement déposées et enregistrées pour cette élection, qui vise à pourvoir six sièges. Pour les Français établis hors de France, les sénateurs jouent un rôle essentiel de relais au Parlement sur les enjeux propres à leur vie à l’étranger : fiscalité, santé, protection sociale, éducation ou encore bourses scolaires,…
Chacune des listes déposées comptait huit candidats, conformément au principe de parité. Pour rappel, voici les douze listes qui étaient en lice, avec le nom de leur tête de liste. (ordre de dépôt)
- ASFE 2026 – La Voix des Français de l’étranger conduite par Sophie BRIANTE-GUILLEMONT (divers)
- FRANCE SOUVERAINE conduite par Xavier MOREAU (divers droite)
- Français à part entière – Union de la droite, du centre et des indépendants pour les Français de l’étranger conduite par Bertrand DUPONT (LR)
- JUSTICE ET SOLIDARITE POUR LES FRANCAIS DANS LE MONDE conduite par Yan CHANTREL (Divers gauche-PS)
- La Nouvelle France, par-delà les frontières conduite par Martha PECIÑA (LFI)
- La droite au service des Français de l’étranger conduite par Nathaniel GARSTECKA-BILLOTE (Reconquête!)
- Libres et Indépendants conduite par Olivier CADIC (centriste)
- RASSEMBLEMENT DES FRANCAIS DE L’ÉTRANGER conduite par Marianna ROCHER (RN)
- RASSEMBLEMENT REPUBLICAIN conduite par Jean Noel SANCHEZ (divers droite)
- Rassemblement écologiste et solidaire pour les Français.es de l’étranger conduite par Mélanie VOGEL (Les écologistes)
- UNION DES DROITES conduite par Marc GUYON (divers droite)
- À vos côtés, partout dans le monde conduite par Marie Ange ROUSSELOT (Renaissance)
Vos 6 sénateurs des Français de l’étranger élus

Les résultats sont donc tombés. À compter du 1ᵉʳ octobre prochain, les six sénateurs qui vous représenteront à la Haute Assemblée seront Mélanie Vogel (Les Écologistes), Sophie Briante-Guillemont (ASFE), Yan Chantrel (PS), Olivier Cadic (indépendant centriste), Bertrand Dupont (LR) et Marie-Ange Rousselot (Renaissance).
« J’ai hâte de me mettre au travail et de pouvoir agir concrètement pour les Français de l’étranger, avec toute l’équipe qu’on a réunie autour de nous et ce projet qui est vraiment un projet collectif. » – Marie-Ange Rousselot
Au regard de la composition du collège des grands électeurs, la réélection de Mélanie Vogel (Les Écologistes) et de Sophie Briante-Guillemont (Alliance solidaire des Français de l’étranger – ASFE) semblait presque acquise. Elle est d’ailleurs arrivée en tête du scrutin avec 107 voix. Le résultat de ce dimanche confirme leur réélection au Sénat.
« Ce résultat est aussi la démonstration qu’on peut encore travailler de la façon dont nous voyons les choses, c’est-à-dire sur le terrain, de façon transpartisane, indépendamment des conceptions et des sensibilités politiques de chacun » – Sophie Briante-Guillemont
Yan Chantrel, lui aussi candidat à sa réélection, retrouvera les bancs du Palais du Luxembourg. Olivier Cadic y siégera également à nouveau, et devrait poursuivre son mandat au sein du groupe Union centriste.
« Avec les deux forces de gauche, on fait plus de 140 voix à nous deux. Donc oui, c’est un bon résultat, même plus globalement pour la gauche, avec également La France insoumise qui était à trois voix de pouvoir également faire le siège » – Yan Chantrel
Chez Les LR, Bertrand Dupond a été élu. Actuellement élu consulaire au Brésil, le nouveau sénateur Les Républicains fera ainsi son entrée au Sénat.
« Je me suis engagé à toute une série d’actions et d’engagements, je compte bien les tenir. Et voilà, c’est un moment particulier, un peu surréel, en plus en compagnie de ma famille ici. Il y en a qui partent de France, et il y en a d’autres qui décident de revenir pour se battre pour leur pays, se battre pour les Français de l’étranger » – Bertrand Dupond
Du côté des battus, LFI espérait fait son entrée au Sénat, mais la base électrice n’a pas été assez forte pour Martha Pecina. Franck Bondrille, deuxième sur la liste de l’ASFE, échoue aux portes de la Haute Assemblée. Pourtant soutenu par Horizons, qui n’avait pu trouver d’accord avec Renaissance, l’élu consulaire de Miami ne fera donc pas ses premiers pas au Sénat cette année.
Avec six sièges renouvelés, les élections sénatoriales de 2026 redessinent la représentation des Français établis hors de France au Palais du Luxembourg. Réélus ou nouvellement élus, les sénateurs auront pour mission de porter les préoccupations des Français de l’étranger et de défendre leurs intérêts sur des sujets essentiels comme la fiscalité, la protection sociale, la santé et l’éducation. Ce nouveau mandat s’ouvre dans un contexte où leurs liens avec les élus consulaires et les communautés françaises à travers le monde seront déterminants.
Ces parlementaires devront également sensibiliser leurs formations politiques et leurs candidats à l’élection présidentielle afin que les enjeux propres aux Français de l’étranger figurent dans leurs programmes et soient débattus pendant la campagne. L’avenir de nos compatriotes établis hors de France est en jeu. Avec plus de 1,6 million d’électeurs inscrits sur les listes électorales, il serait difficilement compréhensible de négliger leur vote, d’autant que les écarts entre les candidats à l’Élysée pourraient être serrés. Et si l’accès au second tour se jouait aussi hors de nos frontières, grâce aux voix des Français de l’étranger ?







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