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AEFE : Patrick Soldat, SNES-FSU, alerte sur l’avenir du réseau

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AEFE : Patrick Soldat, SNES-FSU, alerte sur l’avenir du réseau

À l’occasion de la rentrée scolaire 2026, Patrick Soldat, secrétaire national du SNES-FSU hors de France, dénonce les incertitudes qui pèsent sur les personnels de l’enseignement français à l’étranger. Réforme de l’AEFE, suppressions de postes, colères et inquiétude des personnels et mobilisation du 29 septembre : au cours de ce podcast, notre invité Lesfrancais.press alerte sur l’avenir du réseau, appelle à défendre l’opérateur public et réclame davantage de moyens.

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AEFE : Patrick Soldat, SNES-FSU, alerte sur l’avenir du réseau

Podcast Lesfrancais.press

Personnel de l’AEFE : une rentrée scolaire sous tension

Tout d’abord, Patrick Soldat tient à préciser qu’il s’exprime au nom de la FSU hors de France, qui regroupe notamment le SNES-FSU pour le second degré, le SNEP-FSU pour les enseignants d’EPS et la FSU-SNUipp pour le premier degré. Lors d’une précédente interview sur nos antennes, le responsable syndical avait déclaré que « les collègues en avaient assez » face aux nombreuses incertitudes qui pesaient sur le réseau.

« Le dialogue social, ce n’est pas une fin en soi. C’est-à-dire qu’il faut que ce soit suivi des faits et il faut que les revendications des personnels soient entendues. Là, pour l’instant, on a quand même des signes très négatifs. »

Patrick Soldat, secrétaire national du SNES-FSU hors de France

Aujourd’hui, il évoque à notre micro les « inquiétudes » et la « colère » des personnels en cette  rentrée scolaire 2026. Leurs interrogations portent, entre autres, sur les annonces de déconventionnements d’établissements du réseau AEFE, de suppressions d’emplois et des conditions de travail. Ces préoccupations sont d’autant plus fortes que les grandes lignes de la réforme de l’AEFE seraient déjà définies, sans avoir encore été officiellement communiquées aux représentants des personnels.

Réforme de l’AEFE : le dialogue social mis à l’épreuve

Depuis juin 2026, l’AEFE est dirigée par un nouveau directeur général, Alexandre Morois. Patrick Soldat reconnaît que celui-ci accorde de l’importance au dialogue social. Mais, selon lui, les échanges ne peuvent pas constituer une fin en soi. « Le dialogue social, ce n’est pas une fin en soi. C’est-à-dire qu’il faut que ce soit suivi des faits et il faut que les revendications des personnels soient entendues. Là, pour l’instant, on a quand même des signes très négatifs », affirme-t-il.

Image d'illustration podcast Patrick Soldat
Quel avenir pour le réseau de l’AEFE ?

Le responsable du SNES-FSU reproche notamment à la direction d’avoir imposé une réforme de l’avantage familial et des majorations familiales sans véritable concertation. Une décision qui constitue, selon lui, un mauvais signal envoyé aux personnels et à leurs représentants. La direction de l’AEFE aurait assuré que cette absence de concertation resterait exceptionnelle. Mais le syndicat redoute que d’autres mesures de la réforme prennent le même chemin. « On craint qu’en fait, beaucoup de mesures dans la réforme qui va être annoncée ne seront (…) certainement pas de l’avis des personnels », explique Patrick Soldat, et souhaite donc être entendu. Face à cette situation, le syndicat FSU a défini plusieurs lignes rouges.

Les renouvellements de contrats au cœur des inquiétudes

La principale revendication concerne les suppressions de postes. Notre invité rappelle son opposition de principe aux fermetures, mais défend également une méthode précise lorsqu’elles sont décidées. Pour le syndicat, celles-ci ne doivent pas conduire à écarter des personnels déjà en poste, notamment ceux qui arrivent au terme de leur contrat et espèrent un renouvellement.

« Il n’est pas possible de travailler avec des épées de Damoclès comme ça, sans savoir si on sera encore là l’année d’après »

Patrick Soldat, secrétaire national du SNES-FSU hors de France

Cette question concerne aussi bien les établissements en gestion directe que les établissements conventionnés. Dans les deux cas, le syndicat estime qu’il est impossible de travailler durablement avec une incertitude permanente sur le maintien de son poste. « Il n’est pas possible de travailler avec des épées de Damoclès comme ça, sans savoir si on sera encore là l’année d’après », déclare le secrétaire national du SNES-FSU hors de France.

Le 29 septembre, une mobilisation pour aussi défendre l’enseignement français à l’étranger

La question salariale constitue un autre sujet de tension. Le point d’indice des fonctionnaires détachés ne relève pas directement de l’AEFE. Patrick Soldat rappelle toutefois que son organisation syndicale soutient l’appel à la grève de la fonction publique consacré notamment aux salaires, au pouvoir d’achat, et aux grilles indiciaires. La mobilisation pourra donc concerner les personnels des établissements français à l’étranger.

Patrick Soldat secrétaire national Hors de France SNES-FSU
Patrick Soldat secrétaire national Hors de France SNES-FSU

La grève du 29 septembre 2026 ne devrait donc pas se limiter aux revendications salariales générales de la fonction publique. Pour les syndicats, elle doit aussi permettre d’adresser un message à la direction de l’AEFE. Patrick Soldat prévient qu’une mobilisation ponctuelle pourrait ne pas suffire. « Si on ne réagit pas fortement (…) on n’obtiendra rien et on risque de se réveiller avec des lendemains difficiles », affirme-t-il. Pour notre interlocuteur, la défense des personnels rejoint celle de l’Agence. « C’est aussi une façon de défendre l’opérateur public, de défendre la qualité de l’encadrement pour l’enseignement français à l’étranger », explique Patrick Soldat.

Le SNES-FSU réclame davantage de moyens pour l’AEFE

Derrière les débats sur la gestion de l’AEFE, se place aussi la question des moyens publics. Patrick Soldat regrette que l’augmentation de la dotation budgétaire soit devenue un sujet difficile à défendre dans le contexte actuel des finances publiques. « Alors, il y a un tabou absolu qu’on n’a plus le droit de prononcer, c’est l’augmentation de la dotation budgétaire, mais nous, on le dit clairement », déclare-t-il. Selon lui, l’augmentation de la participation demandée aux familles ne peut pas constituer une réponse suffisante aux difficultés de l’opérateur.  

« Il y a un tabou absolu qu’on n’a plus le droit de prononcer, c’est l’augmentation de la dotation budgétaire, mais nous, on le dit clairement. »

Patrick Soldat, secrétaire national du SNES-FSU hors de France

Ainsi, le syndicat conteste l’idée selon laquelle les difficultés actuelles découleraient uniquement d’une mauvaise gestion de l’AEFE. Patrick Soldat reconnaît que certaines décisions auraient pu être mieux anticipées, notamment concernant la protection sociale complémentaire (PSC). Il donne aussi d’autres exemples, mais il refuse que ces questions servent à justifier toutes les mesures d’économies. Pour le syndicat, ces mécanismes illustrent surtout les limites d’un financement insuffisant.

Un réseau AEFE encore attractif, mais « pas à n’importe quel prix »

Malgré les difficultés, Patrick Soldat ne renonce pas à défendre l’attractivité de l’enseignement français à l’étranger. Il reconnaît toutefois que le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) attire moins qu’auparavant, pour l’ensemble des catégories de personnels et des statuts. Les raisons sont multiples : conditions d’emploi, incertitudes sur les contrats, niveau des rémunérations, des pensions, mais aussi contexte géopolitique dans certaines régions du monde. Certains établissements sont situés dans des zones devenues particulièrement difficiles ou faiblement attractives.

Pour autant, le secrétaire national du SNES-FSU continue de considérer l’enseignement français à l’étranger comme une expérience professionnelle et humaine importante. « Moi, je conseillerais aux collègues de participer à cette aventure. Simplement de ne pas y participer à n’importe quel prix », conclut-il. Une formule qui résume la position syndicale à l’heure de la rentrée 2026 : défendre la mission de l’AEFE, tout en refusant que son financement repose davantage sur les familles ou sur la précarisation des personnels.

Auteur/Autrice

  • Jérémy michel

    Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.

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