Alors que l’Hexagone s’apprête à vivre une journée de mobilisation massive ce mardi 29 septembre 2026, l’onde de choc de la colère sociale traversera les frontières. Si l’épicentre des contestations se trouve en France, les Français de l’étranger, souvent dépendants des services de l’État et des infrastructures de transport, vont directement subir les conséquences de ce que les syndicats annoncent déjà comme une « journée noire ». Entre budget de crise, revendications salariales et spectre des Gilets Jaunes, tour d’horizon d’une France sous haute tension.
Une situation sociale et économique explosive à la veille de la présidentielle
Pour comprendre l’ampleur de la grève du 29 septembre, il faut d’abord observer le climat économique qui s’est abattu sur le pays. À un peu plus de six mois de l’élection présidentielle de 2027, la France traverse une zone de turbulences sévères, marquée par un pouvoir d’achat en chute libre. La flambée récente des prix du carburant a remis le feu aux poudres : face à l’urgence, le président Emmanuel Macron tente de réagir, mais plusieurs candidats à la présidentielle réclament d’ores et déjà une baisse drastique des taxes pour soulager les automobilistes.
Dans ce contexte d’inflation tenace, une question centrale hante le débat public : l’État a-t-il encore les moyens financiers d’affronter la crise qui vient ? Les caisses semblent désespérément vides. Pour tenter de boucler un budget 2027 sous très haute contrainte, le gouvernement a pris une décision radicale : le gel du point d’indice des fonctionnaires.
Cette mesure d’austérité a agi comme un puissant détonateur sur un corps social déjà épuisé. En réaction immédiate, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a promis au gouvernement une véritable « journée noire » le 29 septembre, cristallisant ainsi la colère de millions d’agents de l’État qui voient leur salaire réel s’effondrer face à l’inflation.
Une France à l’arrêt : secteurs paralysés et services publics en berne
L’appel à la grève a été massivement suivi et devrait se traduire par un blocage quasi total de nombreux secteurs névralgiques en France. Le premier front, le plus visible, sera celui des transports. Du côté de la SNCF, d’importantes perturbations sont à prévoir tout au long de la journée du 29 septembre, obligeant les usagers à prendre d’importantes précautions et à reporter leurs déplacements.
Mais le mouvement dépasse de loin la seule question des transports. C’est l’ensemble de la fonction publique qui est appelée à cesser le travail. La fédération Interco CFDT a officiellement déposé son préavis de grève pour couvrir l’ensemble des agents territoriaux et nationaux. Les revendications, portées notamment par la CGT État, sont claires : les syndicats exigent une augmentation immédiate des salaires et l’injection de moyens massifs pour sauver des services publics jugés exsangues.
Preuve du profond malaise qui traverse la société, des corps de métiers historiquement liés à l’urgence et à la sécurité se joignent également à la fronde. Les sapeurs-pompiers ont ainsi annoncé leur participation au mouvement de ce mois de septembre 2026, dénonçant la dégradation continue de leurs conditions d’intervention.

Quel impact direct pour les Français de l’étranger ?
Pour les expatriés, la grève en France n’est pas qu’une lointaine actualité télévisée. L’interdépendance administrative, éducative et logistique rend la diaspora extrêmement vulnérable aux blocages hexagonaux.
D’abord, la diplomatie française ne sera pas épargnée. La CFDT du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MAE) a lancé un appel clair à une journée de mobilisation et de manifestation intersyndicales pour ce mardi 29 septembre. Dans les faits, cela signifie que de nombreux consulats et ambassades tourneront au ralenti. Les Français de l’étranger ayant prévu des démarches administratives urgentes (renouvellement de passeport, actes d’état civil, visas) risquent de se heurter à des portes closes ou à d’importants retards de traitement.
Le domaine de l’éducation est également frappé de plein fouet. Le réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) est directement concerné par le mouvement de la fonction publique. Le SNES a d’ailleurs confirmé que la grève du 29 septembre s’appliquerait à l’AEFE, appelant les enseignants détachés à travers le monde à cesser les cours. De nombreux lycées et écoles françaises à l’étranger prévoient donc des fermetures de classes, obligeant les parents expatriés à trouver des solutions de garde en urgence.
Enfin, les déplacements de et vers la France seront transformés en parcours du combattant. Outre les trains et le métro, le trafic aérien sera fortement impacté par la grève des contrôleurs et du personnel au sol. Les expatriés prévoyant un retour en France ou une escale parisienne le 29 septembre s’exposent à des retards considérables, voire à des annulations sèches de leurs vols.
L’ombre des Gilets Jaunes pour un automne de tous les dangers
Si la grève du 29 septembre s’annonce redoutable, elle pourrait bien n’être qu’un prélude. Dans les coulisses de la contestation, une autre menace plane sur l’exécutif. Sur les réseaux sociaux, un appel à manifester a été lancé pour le 17 octobre prochain, cachant en réalité la volonté de ressusciter le mouvement des Gilets Jaunes.
La hausse continue des prix à la pompe ravive le spectre de la crise de 2018. Les observateurs politiques et sociologues s’inquiètent d’ailleurs d’une colère sociale inédite et d’une impopularité record pour le gouvernement, se demandant ouvertement si les Gilets Jaunes de 2026 ne seront pas encore plus « chauds » et radicalisés qu’il y a huit ans.

Alors que l’automne s’annonce d’une difficulté extrême pour le gouvernement, les candidats à la présidentielle soufflent sur les braises. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, assume une ligne de rupture totale en promettant de décréter « l’état d’urgence sociale » s’il remporte l’élection présidentielle de 2027.
Pour les Français de l’étranger, le message est clair : de la baisse du pouvoir d’achat aux impasses budgétaires, le pays est en train de se fracturer. La mobilisation du 29 septembre n’est que la première secousse d’une campagne présidentielle qui s’annonce d’ores et déjà comme l’une des plus tumultueuses de la Ve République.







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