Le quart de finale de Coupe du monde entre la France et le Maroc a suscité une ferveur exceptionnelle des deux côtés de la Méditerranée. Présent sur place, Lesfrancais.press a suivi cet affrontement très attendu au cœur des communautés françaises installées au Maroc et des locaux. Entre tension, passion et respect mutuel, retour sur une soirée marquée par la nette victoire des Bleus et des émotions contrastées chez les supporters français et marocain.
France – Maroc « il n’y a pas eu photo »
Lesfrancais.press était présent au Maroc pour suivre avec la communauté le quart de finale de coupe du monde. L’affiche France – Maroc était très attendu par les supporters français et marocains. D’ailleurs dès l’entrée des deux équipes sur la pelouse suivie des hymnes nationaux, la pression s’installait progressivement chez les supporters.
Installés à Marrakech depuis plusieurs années, David et Sophia (couple mixte) avaient choisi de regarder le match à la maison, histoire de gérer leur stress (en famille). « Au fil des minutes, chacun a regagné un fauteuil et quitté le canapé commun car cela devenait compliqué de rester côte à côte alors que chacun défend son équipe. Perdre est une chose mais perdre sans avoir réussi à imposer son jeu comme le Maroc l’a fait contre les Pays-Bas ou le Canada, c’est râlant et frustrant » indique Sophia.
« Au fil des minutes, chacun a regagné un fauteuil et quitté le canapé commun car cela devenait compliqué de rester côte à côte alors que chacun défend son équipe. »
Sophia depuis Marrakech
Son époux, français natif du Sud-est de l’hexagone qui considère le Maroc comme son pays d’adoption, a une appréciation différente : « Je pense qu’il faut être réaliste et pragmatique, la France était largement au-dessus, physiquement et techniquement. Les bleus ont parfaitement maîtrisé le match et n’ont jamais été en difficulté. Du coup, pour moi, n’y a pas eu photo » !
France – Maroc : une magnifique ambiance
Après Marrakech, direction Casablanca, la capitale économique, ou Christophe Harivel, DG de Hole In 1 Event, a suivi le match avec des amis français et marocains en marge d’un festival de musique où des écrans géants étaient installés. « Sur place, au festival Jazza Blanca, l’ambiance était juste incroyable avec des supporters marocains tout de rouge vêtus et l’attente de la victoire » nous dit-il.

Mais, « le sport en a décidé autrement. Victoire de la France et beaucoup de déceptions pour cette exemplaire équipe des Lions de l’Atlas ». Fair-play, les locaux ont adressé des encouragements pour la suite de cette coupe du monde au vainqueur. « J’ai reçu des centaines de messages d’amis marocains pour nous féliciter et reconnaître la victoire » nous a-t-il informés. Et « pour clôturer la soirée, le grandiose artiste Mika a une nouvelle fois embrasé la scène et le public », la musique primant alors sur le football.
« La France compte un effectif de rêve et peu d’équipes sont et seront capables de rivaliser avec eux. »
David Galabrun, gestionnaire de la Bodega
A quelques kilomètres de là, chaude ambiance également à la Bodega et au restaurant Pub, la Bavaroise, situé en centre-ville. Deux adresses bien connues pour les amateurs de ballons ronds (français et marocains) et de cuisines revisitées.


« La soirée était tout simplement magique dont seul le football peut procurer. Le Maroc sort grandi car il ne faut pas oublier le parcours exemplaire de l’équipe depuis le début du tournoi et le match splendide contre le Brésil. » et il poursuit « La France compte un effectif de rêve et peu d’équipes sont et seront capables de rivaliser avec eux. Ne pas oublier non plus que le Maroc figure parmi les 8 meilleures équipes au monde, ce n’est pas rien… » déclare David Galabrun, gestionnaire de la Bodega.
France – Maroc : entre joie et peine
Spécialiste en sociologie du sport, Abderrahim Bourkia a suivi le match à Tanger dans un café avec des amis. « Au final, il n’y a franchement pas grand-chose à dire et encore moins à polémiquer. La France était plus forte, mieux préparer mentalement et physiquement et ils ont gagné légitimement ». Concernant les Lions de l’Atlas « Le Maroc n’est jamais rentré dans le match et ce dès le coup d’envoi. Le pressing exercé par les Français tout au long du match a empêché les marocains de déployer leurs jeux. C’est dommage mais le meilleur a gagné.»
« Être Française du Maroc et pas française au Maroc, c’est tout partager, joies, peines et parfois des déceptions »
Françoise Dominique Bastide, Française établie au Maroc
Un peu plus au Sud du pays, dans un site prisé par les amateurs de Kite Surf, se situe la ville de Dakhla où Françoise Dominique Bastide réside. Entourée de son fils et de ses équipes (elle est propriétaire d’une maison d’hôte), elle avait décidé de suivre le match dans une ambiance « familiale ». « Être française du Maroc et pas française au Maroc, c’est tout partager, joies, peines et parfois des déceptions… ».
Au-delà du score et de la domination française, ce France – Maroc restera comme un moment fort de partage. Entre fierté, déception et fair-play, cette rencontre a illustré toute la richesse des liens humains entre les deux pays. Dans les cafés, les foyers ou les lieux festifs, une même passion a uni les supporters : celle du football. Et si « il n’y a pas eu photo » sur le terrain, l’essentiel était peut-être ailleurs.







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