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AEFE : Samantha Cazebonne remet au gouvernement son rapport pour refonder l’enseignement français à l’étranger

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AEFE : Samantha Cazebonne remet au gouvernement son rapport pour refonder l’enseignement français à l’étranger

Alors que l’avenir du réseau d’enseignement français à l’étranger suscite de nombreuses interrogations, la sénatrice des Français établis hors de France, Samantha Cazebonne, vient de remettre au gouvernement un rapport de 384 pages intitulé « Refonder l’AEFE pour accompagner l’avenir de l’enseignement français à l’étranger ». Fruit de plusieurs mois de concertation, ce document propose 44 mesures destinées à moderniser le fonctionnement de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), tout en préservant son attractivité auprès des familles. Invitée du podcast Lesfrancais.press, la parlementaire est revenue sur les grands axes de sa mission et des idées mises sur la table.

Écouter le podcast avec Samantha Cazebonne

Une mission sur l’avenir de l’AEFE fondée sur l’écoute du terrain

Chargée par le Premier ministre et les ministres concernés de proposer des pistes d’évolution pour l’enseignement français à l’étranger, Samantha Cazebonne a voulu bâtir son rapport sur une large consultation des acteurs du réseau. Pour notre invitée, le point de départ était clair : « Mon travail s’est vraiment conditionné autour de ce point central qui était pour moi l’écoute et ensuite des propositions éclairées par des chiffres transmis par l’AEFE. »

« Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de contestation sur la manière dont aujourd’hui l’AEFE peut parfois se retrouver à être un peu juge et partie dans beaucoup de situations. »

Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger

Cette démarche participative constitue l’une des spécificités du travail de cette mission. La sénatrice explique avoir souhaité donner la parole à ceux qui s’expriment rarement dans les instances officielles. « Mon propos était vraiment de donner la parole à tous ceux qu’on n’entend pas, tous ceux qui n’ont pas la possibilité. » Une approche qui revendique une vision à 360 degrés du réseau, en intégrant les attentes des familles, des enseignants, des personnels administratifs et des gestionnaires d’établissements.

Une AEFE réorganisée autour de deux pôles

Parmi les propositions les plus structurantes figure la réorganisation de l’AEFE en deux pôles distincts. Selon la sénatrice Renaissance, le modèle actuel souffre d’un manque de lisibilité qui nourrit parfois des incompréhensions au sein du réseau. « Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de contestation sur la manière dont aujourd’hui l’AEFE peut parfois se retrouver à être un peu juge et partie dans beaucoup de situations. »

L’idée serait de distinguer clairement les missions de gestion directe des établissements en gestion directe (EGD) et les missions d’accompagnement, d’expertise et de services à destination de l’ensemble du réseau. Cette clarification permettrait, selon Samantha Cazebonne, d’améliorer la gouvernance et la transparence tout en donnant davantage de visibilité aux différents acteurs.

Une exigence de transparence financière

Autre constat marquant du rapport : l’absence de comptabilité analytique au sein de l’Agence. Une situation qui surprend alors même que l’AEFE gère plusieurs centaines d’établissements à travers le monde. Pour Samantha Cazebonne, cette évolution est devenue indispensable : « Oui, il est temps enfin d’investir dans ce moyen d’éclairage financier. » Cette mesure figure d’ailleurs parmi les premières recommandations du rapport, avec un objectif de mise en œuvre rapide de cette réforme afin de mieux piloter les ressources et les dépenses.

Repenser l’homologation des établissements du réseau AEFE

Le rapport propose également d’adapter le système d’homologation des établissements français à l’étranger. Sans remettre en cause le principe actuel, la sénatrice estime nécessaire de renforcer l’indépendance du processus de validation. « Pour lever tous les doutes possibles qui parfois existent sur l’homologation (…)  il serait bien désormais que ces inspecteurs soient hébergés auprès d’un autre opérateur ou directement au sein de l’Éducation nationale pour qu’il y ait une véritable indépendance», indique la parlementaire.

L’objectif affiché est clair : « Permettre aux familles de ne pas être impactées par des augmentations.»

Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger

L’objectif serait notamment de distinguer plus clairement les fonctions d’accompagnement et les fonctions d’évaluation. Samantha Cazebonne propose également d’aller plus loin en créant une véritable démarche qualité permettant de valoriser l’excellence des établissements homologués.

Éviter une nouvelle hausse des frais de scolarité pour les familles

La question du financement reste évidemment centrale pour les familles françaises expatriées. Face à l’augmentation régulière des frais de scolarité dans de nombreux établissements, la sénatrice assure avoir cherché des solutions permettant de préserver le pouvoir d’achat des parents : « On a réussi à dégager une vingtaine de millions d’économies. »

Samantha Cazebonne, sénatrice des Français établis hors de France, initiatrice des palmes de l'EFE
Samantha Cazebonne, sénatrice des Français établis hors de France, initiatrice des palmes de l’EFE

Selon elle, ces économies pourraient être réalisées sans réduire la qualité de l’enseignement ni remettre en cause la présence des personnels détachés. L’objectif affiché est clair : « Permettre aux familles de ne pas être impactées par des augmentations. » Le rapport insiste ainsi sur la nécessité d’améliorer l’efficience des dispositifs tout en préservant son niveau d’excellence.

Un nouveau directeur pour accompagner la transformation

L’arrivée d’Alexandre Morois à la tête de l’AEFE constitue, selon Samantha Cazebonne, une opportunité pour engager ces évolutions. Malgré son profil marqué par les questions budgétaires, elle se montre confiante. « Son profil financier ne me fait absolument pas peur parce que j’ai moi-même un profil financier de par mon parcours professionnel et ça ne rend pas les gens moins humains. »

« Le profil financier (d’Alexandre Morois, nouveau DG de l’AEFE) ne me fait absolument pas peur. »

Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger

Notre invitée estime que le nouveau directeur possède les compétences nécessaires pour conduire les réformes tout en maintenant le dialogue avec les différentes composantes du réseau.

Un rapport désormais entre les mains des décideurs

Remis au Premier ministre ainsi qu’aux ministres concernés, le document ouvre désormais une nouvelle phase : celle de la mise en œuvre politique. Consciente du risque de voir certaines recommandations rester lettre morte, Samantha Cazebonne rappelle néanmoins que les attentes exprimées lors des consultations sont fortes.« Aujourd’hui, ça devient le rapport des acteurs. Moi, je n’ai fait que reprendre leurs témoignages et leurs attentes. »

Pour la parlementaire, l’enjeu est désormais d’engager rapidement les premières mesures afin que les familles, les personnels et les établissements puissent constater des évolutions concrètes dès les prochaines rentrées scolaires. Au-delà des 44 propositions, ce rapport sur l’avenir de l’AEFE se veut surtout une réflexion stratégique sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger, à un moment où le réseau doit concilier croissance, excellence académique et maîtrise financière.

Lire le rapport de Samantha Cazebonne Refonder l’AEFE pour accompagner l’avenir de l’enseignement français à l’étranger :

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