Sénégal : la presse inquiète face aux violences

Sénégal : la presse inquiète face aux violences

Solidaires de la télévision privée Walf TV, les médias sénégalais se sont fendus, jeudi 8 février, d’un éditorial au vitriol contre le pouvoir. Dimanche 4, la chaîne s’est vue retirer sa licence de diffusion « de manière définitive » sur injonction du ministre de la communication Moussa Bocar Thiam, au motif que celle-ci se serait livrée à la diffusion de « propos subversifs, haineux et dangereux ».

« Pendant plus de trois heures, des appels incessants au soulèvement violent de la population ont été relayés lors de l’édition spéciale » consacrée aux manifestations qui ont suivi la décision du président Macky Sall de reporter l’élection présidentielle, a justifié le ministre, qui avait déjà ordonné la coupure du signal de la chaîne en juin 2023, contournant ainsi le Conseil national de régulation de l’audiovisuel.

Coupure de signal

Tout est allé très vite cette fois pour l’une des principales chaînes de télévision au Sénégal. Dimanche, en pleine édition spéciale sur les manifestations contre le report, le présentateur de la chaîne alerte les téléspectateurs d’un appel téléphonique en provenance du ministère de tutelle. Celui-ci somme alors l’organe de presse de cesser son émission sous peine de coupure de son signal.

Quelques minutes plus tard, c’est le directeur général du groupe, qui comprend également une radio, un site Web et plusieurs journaux, qui s’installe sur le plateau pour annoncer la disparition de la chaîne des écrans sénégalais. « Walfadjri vit ses derniers moments », déclare désabusé Cheikh Niass. Puis, il lâche face à des employés stupéfaits : « La télé, c’est notre source principale de revenus, l’aventure est terminée. »

Regarder le reportage de TV5MONDE

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