Retour en France ? Ne pas sous-estimer le choc culturel inversé !

Retour en France ? Ne pas sous-estimer le choc culturel inversé !

Après des années passées à l’étranger, l’idée de « rentrer au pays » peut être aussi excitante qu’intimidante. Si l’expatriation est un projet de vie, le retour est une transition administrative et psychologique majeure. Mais d’ailleurs qui rentre et pourquoi ? Et comment ? On fait le point pour les Français de l’étranger car il ne faut pas sous-estimer le « choc culturel inversé ». La France a changé durant votre absence, et vous aussi. Prenez le temps de vous réapproprier les nouveaux codes sociaux et numériques du pays.

Les chiffres de l'expatriation

Depuis dix ans, la mobilité des Français ne cesse de croître. Selon les données consulaires et les analyses de l’INSEE, la communauté française à l’étranger a connu une progression constante.

Ainsi, au 1er janvier 2025, environ 1,74 million de Français étaient inscrits au registre mondial des Français établis hors de France, soit une hausse de près de 3 % sur un an. On estime toutefois que le nombre réel (incluant les non-inscrits) se situe entre 2,5 et 3 millions. Sur la dernière décennie, on constate que le nombre de départs a fluctué mais reste élevé, avec environ 200 000 à 250 000 départs par an (hors périodes de pandémie).

Et dans le sens inverse ? Bien que plus difficiles à comptabiliser précisément (car il n’y a pas d’obligation de déclaration de retour), les enquêtes de l’Observatoire de l’Expatriation montrent qu’environ 27 % des expatriés envisagent un retour à court ou moyen terme. Chaque année, ce sont, donc, des dizaines de milliers de nationaux qui réintègrent le territoire français.

Mais pourquoi rentrent-ils ?

Tout d’abord, rentrer, ce n’est pas toujours synonyme d’échec, c’est souvent l’aboutissement d’un cycle ou une décision stratégique… ou de la nostalgie !

Car le premier motif de retour c’est la famille (30%). Entre le besoin de se rapprocher de parents vieillissants, de scolariser les enfants dans le système français (surtout avec les hausses tarifaires annoncées) ou de retrouver un cercle social proche, les bonnes raisons ne manquent pas !

Aussi, il y a le système de santé français !! Il reste une motivation majeure pour près de 29 % des impatriés. En 2026, l’instabilité économique ou politique dans certaines zones (Amérique du Nord, Proche-Orient) renforce l’attrait pour la stabilité française.

Enfin, pour environ 18 % des retours, c’est une mutation ou une offre d’emploi en France qui a motivé le voyage retour, sans oublier, les retours « subis » par la fin d’un contrat d’expatriation ou le non-renouvellement d’un visa de travail.

Passeport
Image illustration Passeport

La check-list administrative du retour

Quelle que soit la raison, elle a été prise ! Mais rentrer en France, c’est aussi retrouver son cadre administratif… On vous invite donc à vous atteler à la préparation au moins 6 mois avant la date envisagée.

Déjà, avant de quitter votre pays de résidence actuel, il faudra demandez votre radiation du registre des Français établis hors de France et de la liste électorale consulaire (honnêtement, on a trouvé personne y ayant pensé !) ! Il ne faut pas négliger non-plus la transition, car en France, on aime les papiers. Pensez donc à rassembler vos bulletins de salaire, contrats de travail et certificats de scolarité. Pour les véhicules, préparez les documents de douane.

Enfin, il faudra signaler votre départ aux autorités fiscales locales et aux différents organismes de prévoyance.

Car, une fois de retour en France, le premier chantier sera lié à la protection sociale. C’est le point critique ! Dès votre arrivée, vous devez demander votre réinscription à l’Assurance Maladie (CPAM). Notez qu’un délai de carence de 3 mois peut s’appliquer si vous n’avez pas de contrat de travail immédiat. Mais il existe deux possibilités pour échapper à ce « trou » ! La première avoir cotisé 15 ans, donc avoir fait une partie de sa carrière en France. La deuxième est accessible à tous moyennant finances. C’est le forfait FrancExpat de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE), en effet cette assurance volontaire vous permet de retrouver ou d’obtenir une carte vitale avec des droits pour le volet médecine de la sécurité sociale !

Réfugié(e) chez des proches, couvert(e) en cas de pépin de santé, il faut penser à réinstaller la famille ! Sauf que sans fiches de paie françaises récentes, le dossier de location peut être complexe à monter. Mais l’Etat est là pour vous aider à réunir les éléments pour un dossier facile , car depuis quelques années, c’est un service public qui génère un sésame à présenter au futur bailleur.  On vous invite donc à anticiper avec des garants ou des solutions de location temporaire (elles se sont multipliées sur le web).

Enfin, il faut bien avoir des revenus. Si vous rentrez d’un pays de l’UE ou de l’EEE, demandez le formulaire U1 avant de partir pour faire valoir vos droits au chômage, hors UE c’est plus complexe. Dans tous les cas, vous pourrez vous inscrire à France Travail (ex Pôle Emploi, ex ANPE).

Pour finir, il ne faut pas oublier le Trésor Public. Vous devrez déclarer vos revenus perçus à l’étranger pour l’année en cours lors de votre prochaine déclaration. N’oubliez pas de déclarer vos comptes bancaires restés ouverts à l’étranger (formulaire 3916).

Auteur/Autrice

  • Chantal Julia est maitre de conférence en Suisse. Après plusieurs années à l'Université de Lettre Paris 1, Chantal a suivi son compagnon à Lausanne où elle enseigne toujours la littérature française. Elle écrit pour différents magazines universitaires et Lesfrancais.press

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