Quel avenir pour les expatriés travailleurs sociaux au Royaume-Uni?

Quel avenir pour les expatriés travailleurs sociaux au Royaume-Uni?

Des milliers de travailleurs européens dans les maisons de repos britanniques risquent de manquer à l’obligation d’enregistrer leur statut au Royaume-Uni avant la date butoir fixée par le gouvernement au 30 juin 2021, d’après un nouveau rapport publié lundi (25 janvier).

Un manque d’information

Un travailleur sur trois n’a jamais entendu parler du dispositif d’obtention du statut de résident permanent (EUSS) mis sur pied par le gouvernement britannique, tandis qu’un travailleur sur deux n’a pas connaissance de la date d’échéance prévue à cet effet, d’après une étude menée auprès de 290 membres du personnel en maisons de repos.

« Nous sommes toujours en pleine pandémie, et la deadline de l’EUSS est dans moins de six mois », a déclaré Caitlin Boswell, auteure du rapport pour le Conseil conjoint chargé du bien-être des immigrés (JCWI). « Des milliers de travailleurs sociaux sont concernés ; des personnes qui œuvrent sans relâche, mettant leur vie et celle de leur famille en péril pour nous aider à traverser cette crise. » « Le gouvernement doit lever le délai de l’EUSS de toute urgence », a fait savoir Mme Boswell.

Le secteur britannique des soins de santé a subi une série de coupes budgétaires ces dernières années et dépend de plus en plus des travailleurs de l’UE. Il a également été en première ligne de la pandémie de Covid-19, avec des taux d’infection et de mortalité particulièrement élevés dans les maisons de repos.

l’EUSS pas assez connu !

Grâce à l’EUSS, les citoyens de l’UE et les membres de leur famille résidant au Royaume-Uni ont la possibilité de demander un statut de résident permanent ou un pré-statut de résident permanent, ce qui leur permet de rester résidents au Royaume-Uni.

Londres a maintenant reçu plus de 4,9 millions de demandes : 55 % se sont vus offrir le statut de résident permanent, 42 % ont obtenu le pré-statut de résident et 0,6 % ont été refusées.

Westminster affirme que ce « Settlement Scheme » est plus avantageux que celui offert aux ressortissants britanniques dans de nombreux États membres de l’UE.

Pas de titre physique pour démontrer son droit de séjour

Cependant, des recherches portent à croire que des milliers de citoyens européens, principalement ceux issus de groupes sociaux vulnérables ou sans compétences numériques, ne connaissent pas le dispositif en place ou ne savent pas comment y accéder.

Pour l’heure, le JCWI et New Europeans, une organisation de défense des droits civils, demandent au gouvernement de délivrer une preuve physique du statut aux citoyens européens concernés ; une mesure qui a été rejetée par la Chambre des communes britannique l’année dernière.

« Il est désormais clair que ce ne sont pas seulement les citoyens européens les plus vulnérables qui sont en danger. Tous ceux qui ne bénéficient pas d’un accès suffisant à l’information risquent également de ne pas respecter la date limite »(…) « Par ailleurs, même lorsqu’un citoyen de l’UE se voit octroyer un statut ou pré-statut, de nombreux employeurs, propriétaires et, dans certains cas, même des fonctionnaires ne comprennent pas qu’il limite nombre des droits que ledit citoyen avait avant le Brexit. »

Roger Casale, fondateur et directeur général de New Europeans

Le ministère britannique de l’Intérieur a indiqué qu’il avait mandaté une équipe spécialisée de plus de 1 500 personnes chargées du dossier EUSS.

Plusieurs voix ont critiqué les campagnes d’information sur l’EUSS lancées par le ministère de l’Intérieur, signalant que le Royaume-Uni pourrait être confronté à un nouveau « Windrush », scandale lors duquel des dizaines de personnes ont été expulsés à tort du pays par le ministère de l’Intérieur.

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