Depuis octobre 2014, Olivier Cadic est sénateur des Français établis hors de France. Il publie un bilan de son action. Avec 627 déplacements dans 116 pays, il livre au site Lesfrancais.press son regard sur l’évolution des attentes des expatriés, les grands enjeux qui se sont imposés en plus de onze ans de son mandat de parlementaire, dont la mobilité, la sécurité, l’enseignement, et ses priorités pour 2026. Une question se pose aussi : sera-t-il candidat aux élections sénatoriales de septembre prochain ? Pour le savoir, écouter l’intégralité de cette interview en podcast.
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La mobilité, une priorité des Français de l’étranger
Pour Olivier Cadic, une thématique s’est imposée au fil des années : la mobilité. « Le sujet qui est devenu le sujet prioritaire, c’est tout ce qui a trait à la mobilité », explique-t-il. La pandémie de Covid-19 a profondément bouleversé les trajectoires des expatriés. « La Covid, a tout changé pour les Français qui sont à l’étranger », observe le sénateur, évoquant des projets de vie remis en cause, des retours contraints et des difficultés nouvelles, notamment en matière de santé.
« En dehors de l’UE, on a les droits qu’on veut bien vous donner »
Olivier Cadic, sénateur des Français de l’étranger
Installé au Royaume-Uni, Olivier Cadic a également vécu de plein fouet les conséquences du Brexit. « Je suis sorti de l’Union européenne sans déménager », résume-t-il, rappelant la fracture entre les Français vivant dans l’UE et ceux installés hors de l’espace communautaire. « En dehors de l’UE, on a les droits qu’on veut bien vous donner » constate-t-il.
La question complexe du retour en France
À ces bouleversements s’ajoutent aujourd’hui les tensions géopolitiques. « Il y a de nouvelles mesures liées à la géopolitique, avec des entraves à la liberté de circulation », souligne le sénateur, citant notamment les États-Unis ou la Chine. Ces restrictions rendent d’autant plus crucial l’accompagnement au retour en France, souvent vécu comme un choc administratif.

« Quand je rentre, j’ai l’impression d’être un étranger dans mon propre pays », témoignent de nombreux compatriotes, rapporte-t-il. Banque, scolarité, démarches sociales : « c’est toute une liste de questions » qui découragent parfois les retours… au point que certains repartent.
Sécurité des Français de l’étranger : faire des élus de véritables sentinelles
La sécurité des communautés françaises à l’étranger constitue une autre priorité forte du sénateur. Avec l’élue consulaire et à l’AFE Nadia Chaaya, Olivier Cadic a défendu une approche nouvelle, intégrant davantage les élus locaux dans les dispositifs de sécurité. Il revient notamment sur l’attentat de Djeddah du 11 novembre 2020. « Les élus des Français de l’étranger sont des sentinelles », insiste-t-il, capables de percevoir les « signaux faibles » bien avant les canaux officiels.
« Les élus peuvent faire beaucoup »
Olivier Cadic, sénateur des Français de l’étranger
« On a vu que les Américains avaient réagi dix minutes après… Nous, rien », regrette-t-il, pointant un manque de réactivité et de coordination. Pour Olivier Cadic, il est impératif de mieux intégrer les élus dans la gestion des crises, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles ou de conflits armés. « Les élus peuvent faire beaucoup », affirme-t-il, tout en reconnaissant les réticences liées à la question des binationaux.
Cybersécurité : le 17Cyber, une avancée majeure
La cybersécurité est l’un des combats emblématiques du sénateur. « Si on a le feu, on appelle le 18… Et si on est hacké, on appelle qui ? », interroge-t-il, revenant sur la genèse du 17Cyber, lancé le 17 décembre 2024.

Inspiré par un déplacement à Beersheba, en Israël, le dispositif permet d’obtenir un diagnostic en ligne, un accompagnement par un policier ou un gendarme, et une plainte préremplie. « Pour moi, c’est une vraie fierté », confie Olivier Cadic, soulignant la coopération réussie entre le Parlement et l’exécutif. Reste toutefois un point essentiel : que « la plainte puisse être déposée en ligne ». Une nécessité absolue pour les expatriés.
Enseignement français à l’étranger : l’ANEFE comme levier de développement
« Je défends ce qui m’apparaît être les intérêts supérieurs de la France »
Olivier Cadic, sénateur des Français de l’étranger
Selon lui, le modèle actuel atteint ses limites. « On a pensé l’enseignement français à l’étranger via l’argent public », or « l’argent public n’est pas infini ». Résultat : un développement trop lent face à la concurrence internationale.

L’ANEFE entend donc accompagner toutes les écoles, qu’elles soient homologuées ou non. « Le but de l’ANEFE, c’est d’aider au développement de l’enseignement français à l’étranger en étant inclusif », explique-t-il, citant aussi bien des établissements prestigieux que des écoles locales francophones.
Indépendance politique et élections sénatoriales de 2026
Se définissant comme sénateur indépendant, Olivier Cadic assume ses positions, parfois minoritaires. Il cite l’exemple de l’accord UE–Mercosur : « Je serai le seul sénateur face à 347 ». « Je défends ce qui m’apparaît être les intérêts supérieurs de la France », affirme-t-il, en expliquant son approche de ne se retrancher derrière une ligne partisane.
À l’approche des élections sénatoriales de 2026 prévues en septembre prochain, nous avons posé la question à Olivier Cadic : sera-t-il candidat ? Pour le savoir, écoutez-le podcast Lesfrançais.press
Auteur/Autrice
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Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.
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