Moyen-Orient : des expatriés en détresse

Moyen-Orient : des expatriés en détresse

Alors que la région traverse une phase de tensions critiques suite aux frappes menées contre l’Iran, on fait le point sur la situation de nos compatriotes expatriés en détresse dans de nombreux pays du Golfe.

Une communauté française sur le qui-vive (

Au 1er mars 2026, la présence française dans la zone reste massive malgré l’instabilité, bien que le nombre d’inscrits au registre consulaire ait légèrement fluctué avec les premiers départs volontaires de janvier. On estime à environ 150 000 le nombre de Français résidant dans les pays les plus exposés : les Émirats arabes unis accueillent la plus large communauté avec près de 30 000 ressortissants, suivis de l’Arabie saoudite (environ 6 000) et du Qatar (5 500). En Israël, la communauté reste stable mais très encadrée avec environ 180 000 binationaux et expatriés, tandis qu’au Liban, ils sont encore près de 20 000. En Iran et au Bahreïn, les effectifs sont plus réduits (quelques centaines en Iran).

Face à l’embrasement, les consignes des ambassades sont passées au niveau d’alerte maximale. Pour l’Iran et le Liban, le Quai d’Orsay demande formellement aux Français de passage de « quitter le pays immédiatement » et aux résidents de se mettre à l’abri. En Israël, l’état d’urgence impose de limiter les déplacements au strict nécessaire et de rester à proximité immédiate des abris. Aux Émirats et en Arabie saoudite, la vigilance est renforcée face aux risques de perturbations de l’espace aérien et de tirs de missiles balistiques. Contacté par la rédaction, le président du conseil consulaire des Français des Émirats arabes unis, Hervé Sérol, actuellement en déplacement, nous confie être en liaison permanente avec nos compatriotes sur place et les autorités.

« Les élus sont pleinement mobilisés pour nos compatriotes pour les informer en ne prenant uniquement les informations officielles venant du consulat et de l'ambassade, la situation semble être sous contrôle par les autres autorités émirs. L'ensemble des populations est somme toute relativement. »

Entre résilience et angoisse de l'exil

Dans les colonnes de la presse internationale, les témoignages d’expatriés oscillent entre une habitude tragique du conflit et une peur nouvelle face à l’implication directe des superpuissances.

Sur France 24, une mère franco-iranienne fraîchement arrivée en Turquie témoigne de l’épuisement psychologique : « On vit sous les bombes et les coupures de communications. Fuir Téhéran a été un calvaire de trois jours. »

À Dubaï, l’ambiance est plus feutrée mais l’inquiétude grimpe. Marc, ingénieur dans l’énergie, confie au Monde : « On voit les avions de chasse passer au-dessus du Golfe toute la journée. Les groupes WhatsApp de parents d’élèves ne parlent plus que des stocks d’eau et des valises prêtes. ». Pour nos compatriotes, le choc est important, les UAE ont longtemps communiqué comme étant la Suisse de la région, l’écosystème lié à l’expatriation, indispensable au développement des Émirats, risque de mette plusieurs années à se remettre des conséquences de l’attaque iranienne. Ces frappes rappellent à tous qu’il est indispensable de s’inscrire au registre consulaire dès son arrivée, même si on s’installe dans un pays dit « safe ».

« Cette situation, même en étant dans un pays ultra « safe » et une zone ultra « safe », il est important de rappeler à nos compatriotes de s'inscrire sur les registres des français de l'étranger. Et bien évidemment, pour tous ceux qui sont en voyage, une fois n'est pas coutume, il faut rappeler aussi l'inscription sur ariane. »

Au Liban, la résilience s’effrite : « On a l’impression que cette fois, le point de non-retour est atteint », explique une enseignante française à Beyrouth, citée par l’AFP, déplorant la fermeture soudaine des écoles et l’incertitude des vols commerciaux.

Attaque à l'aéroport international de Dubai faisant quatre blesses ©AFP
Attaque à l'aéroport international de Dubai faisant quatre blesses ©AFP

Perspectives de départ et plans d'évacuation

Quitter la région devient une course contre la montre. Les aéroports de Téhéran sont partiellement fermés, et l’aéroport Ben Gourion en Israël subit de fortes perturbations. Sans parler des annulations et retards liés aux attaques iraniennes sur les hubs des grosses compagnies du Golfe. La France, via le centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères, a déjà activé des cellules de réponse téléphonique dédiées. Les boucles Whatsapp comme celles sur Télégram sont particulièrement actives, qu’elles soient mises en place l’administration ou par les élus comme Caroline Yadan en Israël.

« Je souhaite saluer le travail mis en place par les autorités françaises avec les lignes téléphoniques, les différents groupes, donc tout fonctionne plutôt bien. »

Si aucun plan d’évacuation massive par voie militaire (type « Opération Sagittaire ») n’a été officiellement déclenché pour l’ensemble du Golfe, des préparatifs logistiques sont en cours à Chypre, devenue le centre humanitaire et de transit de l’UE (plan « Estia »). Depuis 2022, la France a rejoint pleinement ces dispositions anticipant une évacuation des Européens du Moyen-Orient.

Entrée du camps d'évacuation à Chypre - Actuellement utiliser pour retenir les migrants illégaux.
Entrée du camp d'évacuation à Chypre - Actuellement utiliser pour retenir les migrants illégaux.

La Marine nationale a positionné des bâtiments en Méditerranée orientale et dans l’océan Indien pour parer à toute éventualité. Pour l’heure, Paris privilégie le départ par les dernières lignes commerciales encore en service, tout en avertissant que les créneaux de vol se raréfient d’heure en heure. Cependant, ce dimanche 1er mars, les autorités françaises ont annoncé à réfléchir à un plan massif d’évacuation. L’intensité des combats des prochains jours déterminera la réaction française !

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