Les négociations post-Brexit s’achèvent, sans un accord ?

Les négociations post-Brexit s’achèvent, sans un accord ?

Boris Johnson et Ursula von der Leyen ont chargé leurs négociateurs de travailler « intensivement » pour voir si un accord commercial entre l’UE et le Royaume-Uni pouvait être conclu d’ici à la fin octobre.

À la suite d’une vidéoconférence qui a eu lieu samedi 3 octobre, le Premier ministre britannique et la présidente de la Commission européenne ont déclaré qu’ils étaient « d’accord sur l’importance de trouver un accord, dans la mesure du possible, [qui constituerait] une base solide pour une relation stratégique entre l’UE et le Royaume-Uni dans le futur ».

Trop de divergences pour un accord

Ils ont cependant souligné que « d’importantes divergences subsistaient, notamment – mais pas uniquement – concernant la pêche, les conditions de concurrence équitable et la gouvernance ».

Signe que les pourparlers s’approchent de leur phase finale, les deux dirigeants ont déclaré qu’ils avaient « accepté de s’entretenir régulièrement de cette question ».

« Il me revient, ainsi qu’à [Michel Barnier], de travailler intensément pour tenter de combler le fossé qui nous sépare. Ce travail commencera dès que possible la semaine prochaine »

David Frost, le négociateur en chef du Royaume-Uni.

Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, se rendra à Londres cette semaine. L’équipe de David Frost se rendra ensuite à Bruxelles pour des poursuivre les pourparlers en vue d’un sommet européen qui s’avérera décisif, le 19 octobre.

L'Allemagne inquiète

Avant de se rendre à Londres, ce lundi 5 octobre, Michel Barnier rencontrera la chancelière allemande Angela Merkel. À l’issue du dernier sommet européen du 2 octobre, Angela Merkel avait déclaré que les négociations commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni étaient entrées dans une « phase cruciale ».

Malgré l’optimisme prudent qui a suivi l’appel de ce week-end, et le délai supplémentaire annoncé, le cycle de négociations qui a eu lieu la semaine dernière à Bruxelles semble n’avoir débouché que sur de maigres progrès. Ursula von der Leyen a souligné que les discussions devaient « s’intensifier » car « nous n’avons plus beaucoup de temps ».

Le Royaume-Uni avait espéré sortir les pourparlers de l’impasse dans laquelle ils se trouvent depuis des mois en proposant une série de nouveaux documents de négociation, comprenant notamment des compromis sur la pêche et les aides d’État. Mais vendredi 2 octobre, à la fin du cycle de négociations de la semaine dernière, David Frost se lamentait que les divergences entre l’UE et le Royaume-Uni en matière de pêche demeuraient « malheureusement très importantes et, sans plus de réalisme et de flexibilité de la part de l’UE, elles risquent de s’avérer impossibles à combler ».

David Frost s’est dit « préoccupé par le fait qu’il rest[ait] très peu de temps pour résoudre ces questions avant le Conseil européen du 15 octobre ».

Le sommet européen de tous les dangers, ce 15 octobre

Le sommet du 15 octobre a longtemps été présenté comme l’une des dernières occasions où les dirigeants européens seraient en mesure de signer un nouveau pacte commercial, afin qu’il puisse être ratifié par les parlements européen et nationaux. Boris Johnson et Ursula von der Leyen semblent cependant avoir repoussé cette échéance à la fin du mois d’octobre.

En attendant, le parti conservateur de Boris Johnson a entamé son congrès en ligne au cours du week-end des 3 et 4 octobre, et les ténors du gouvernement ont tenu des propos contradictoires sur les futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni.

Le ministre du Cabinet, Michael Gove, a adopté un ton conciliant, déclarant qu’« avec de la bonne volonté, nous devrions être en mesure d’obtenir un accord ».

« Reconnaître que nous partageons les mêmes exigences qu’eux en matière de normes environnementales et de main-d’œuvre, mais que nous voulons faire les choses à notre manière, est un peu difficile pour eux, et il y a aussi la très épineuse question de la pêche », a-t-il ajouté.

Plus belliqueux, Dominic Raab, le ministre des Affaires étrangères, a déclaré aux délégués du parti que « l’époque où Bruxelles avait la haute main sur notre destin est révolue depuis longtemps ».

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