Député des Français de l’étranger, Frédéric Petit sillonne notamment sa circonscription à travers l’organisation de « séminaires citoyens ». Ainsi, le parlementaire, membre du MoDem (comme le Premier Ministre François Bayrou), propose de débattre directement avec les expatriés français résidant en Europe centrale et des Balkans autour d’un sujet donné. Bien sûr, l’actualité brûlante est abordée, mais un fil conducteur anime les discussions. Lors des éditions précédentes, la fiscalité, l’Union européenne, ou bien encore de la transition écologique ou la fin de vie avaient été en première ligne. Pour cette année 2025, c’est le transport ferroviaire qui est mis à l’honneur. Le titre de ces rencontres qui se dérouleront jusqu’à mi-mai est d’ailleurs « Le train dont je rêve ».
Pendant ce périple, qui le mènera dans plusieurs villes, le parlementaire sera accompagné d’une experte dans le domaine, Samuela Burzio. Cette poétesse-conférencière et cofondatrice de l’association « Once upon a train » animera également des ateliers. Le 2 avril, à Francfort, le coup d’envoi de ces « séminaires citoyens » a été donné. C’est à cette occasion que Lesfrancais.press a pu interroger directement Frédéric Petit pour mieux comprendre le sujet choisi. Nous avons également cherché à connaître les objectifs attendus de ces rencontres.
Lesfrancais.press : « Frédéric Petit, depuis 2017, vous organisez des séminaires citoyens, pourquoi ce choix ? Et que vous ont apporté concrètement ces réunions depuis votre élection à l’Assemblée nationale ? »
Frédéric Petit : « Dès mon élection en 2017, j’ai fait le choix de partager le plus possible mon activité de député avec les citoyens de ma circonscription et de les associer autant qu’il est possible à mes décisions. Je considère en effet que le rôle d’un citoyen ne consiste pas uniquement à participer aux rendez-vous électoraux qui scandent notre vie démocratique mais à se tenir au courant du travail parlementaire, à s’engager dans la vie associative, politique ou autre, à demander des comptes quand c’est nécessaire.
« Je suis passionné par le train. Depuis toujours. Le train, ce sont d’abord des souvenirs d’enfance »
Frédéric Petit, député des Français de l’étranger
L’idée des « séminaires citoyens » est donc arrivée très vite, au début du mandat. Il s’agissait pour moi au départ de faire de la pédagogie sur le travail parlementaire que je découvrais moi-même. Par exemple, j’ai découvert en commençant mon premier mandat ce qu’était la LOLF (Loi organique des lois de finances), à l’occasion du vote du budget, et les avancées énormes qu’elle permettait dans l’organisation du budget de l’État.
J’ai eu envie de partager cela avec mes concitoyens pour qu’ils comprennent mieux comment se prépare et se discute le budget qui sera voté, amendé, par leur député. Ensuite, avec mon équipe, nous avons décidé de choisir un thème nouveau chaque année (Europe, transition écologique, fin de vie…). »
Lesfrancais.press : « Cette année, le thème est « le train dont je rêve ». On sait que vous êtes attentif à votre empreinte carbone, mais le train est-ce uniquement pour vous un transport ou bien avez-vous un attachement particulier, voire une passion pour ce moyen de déplacement ? »
Frédéric Petit : Je suis passionné par le train. Depuis toujours. Le train, ce sont d’abord des souvenirs d’enfance : le Metz-Marseille que je prenais pour rendre visite à ma grand-mère en Provence, pendant les vacances scolaires. Ensuite, j’ai toujours préféré et privilégié le train à l’avion quand cela était possible. Par exemple, j’ai embarqué à bord du Varsovie-Vilnius de nuit, quand ce n’était pas encore l’Union européenne, avec changement d’écartement au milieu de la nuit. J’ai pris le Kaliningrad-Homel, de nuit également, chauffé au bois, avec samovar à l’entrée. J’ai même connu le Cracovie-Varsovie de 6 heures du matin, quand je travaillais en Pologne, et son… cireur de chaussures ! À chaque fois, c’est une aventure.
« Je pense vraiment que nous devons avoir une réflexion approfondie et collective sur nos modes de déplacement »
Frédéric Petit, député des Français de l’étranger
Je pense vraiment que nous devons avoir une réflexion approfondie et collective sur nos modes de déplacement. Il y a là un enjeu écologique d’importance et un enjeu de solidarité également. Avec mon équipe, nous avons décidé d’engager en 2024 une démarche d’évaluation du bilan carbone de notre activité parlementaire afin de mettre en place des mesures qui permettent de réduire notre empreinte carbone. Nous avons fait appel à un organisme qualifié et habilité pour le faire.
C’est une expérience très instructive qui a sensibilisé l’ensemble des mes collaborateurs. J’ai d’ailleurs publié les résultats de ce bilan sur mon site web. Aujourd’hui, nous poursuivons nos efforts et restons constamment vigilants sur le sujet. »
Lesfrancais.press : « Vous aviez cette première étape le 2 avril à Francfort, d’autres suivront. Dans ce monde incertain, est-ce que nos expatriés français se sentent encore libres de s’exprimer, ou bien sont-ils devenus plus réservés pour ne pas dire, inquiets, face aux aléas du monde ? Ressentez-vous d’ailleurs une différence avec les Français vivants dans l’hexagone ? »
Frédéric Petit : « Je ne sens pas de profonde différence entre les Français qui vivent dans l’hexagone, et ceux qui vivent dans ma circonscription. Leurs craintes, leurs espoirs concernant la défense et l’avenir de notre modèle démocratique, multilatéral, de respect des différences, sont les mêmes, y compris, d’ailleurs pour nos compatriotes qui vivent en Ukraine. Ceux-là, bien sûr, se sentent plus exposés, parfois mal compris, mais ils n’ont pas le sentiment d’être abandonnés par la Nation.
« J’ai toujours constaté qu’il est très difficile d’empêcher une Française ou un Français de s’exprimer »
Frédéric Petit, député des Français de l’étranger
À l’évidence, un citoyen français qui vit aujourd’hui à Belgrade ou à Novi Sad, là où s’intensifie le mouvement de résistance étudiante, partage sans doute les frustrations actuelles des citoyens serbes, du moins les comprend ; C’est le cas en Hongrie aussi ou en Pologne sous le précédent gouvernement. J’ai toujours constaté qu’il est très difficile d’empêcher une Française ou un Français de s’exprimer, qu’il ou elle soit en France métropolitaine ou ailleurs dans le monde. Ce 2 avril, il y avait une cinquantaine de personnes à l’école européenne de Francfort, pour la première rencontre citoyenne autour du train. Elles ont participé avec enthousiasme à l’atelier d’écriture que nous leur avons proposé. Oui, nos compatriotes ont des choses à nous dire. Écoutons-les. »
Les prochaines dates et villes de rencontres des « séminaires citoyens » sont les suivantes :
Cologne – Mardi 13 mai
Berlin – Mercredi 14 mai
Munich – Mardi 20 mai
Vienne – Mercredi 21 mai
Et Varsovie (date à confirmer)
Pour plus d’informations, vous pouvez cliquer ici
Auteur/Autrice
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Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.
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