Intensification du duo franco-allemand pour l'UE

Intensification du duo franco-allemand pour l'UE

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron se sont engagés à intensifier la relation franco-allemande et à mener l’Europe sur la voie de réformes qui permettront une UE plus forte et plus souveraine.

Après avoir exposé sa vision de l’Europe lors de la conclusion de la conférence sur l’avenir de l’Europe, lundi 9 mai, Macron s’est rendu à Berlin pour discuter de la mise en œuvre des recommandations relatives à la réforme de l’UE.

À la lumière des défis actuels — notamment la guerre d’agression russe — le « partenariat et l’amitié franco-allemande sont plus importants que jamais en tant que moteur et source d’inspiration pour le projet européen », a déclaré M. Scholz lors de la conférence de presse.

Les deux dirigeants ont annoncé qu’ils souhaitaient intensifier les consolations bilatérales sur la réforme de l’UE et parler d’une seule voix. C’est pourquoi les deux chefs d’État ont annoncé une consultation conjointe des ministres qui devrait avoir lieu au lendemain des élections générales françaises, début juillet.

« Je souhaite que nous renforcions à nouveau la coordination au niveau bilatéral et qu’un conseil des ministres franco-allemand ait lieu dans les prochaines semaines », a déclaré M. Macron.

Selon les analystes, cela pourrait changer la donne.

« Le conseil des ministres franco-allemand, qui a lieu après les élections législatives en France, pourrait être le point de départ d’une relance de la reconstruction européenne », a déclaré à EURACTIV le directeur du Centre de politique européenne à Paris, Marc Uzan.

Réforme de l’UE ?

Les deux dirigeants ont convenu que la situation actuelle nécessite des décisions capitales. Alors que de nombreuses recommandations de la Conférence sur l’avenir seraient réalisables dans le cadre du traité actuel, « il y a d’autres questions qui nécessitent un changement profond », a déclaré M. Macron.

Le président Macron a également plaidé en faveur d’un congrès qui pourrait conduire à des modifications du traité. Une voie similaire a également été envisagée dans l’accord de coalition allemand, qui appelle à utiliser les résultats de la conférence comme un « moment constitutionnel »pour l’UE qui devrait conduire à « une évolution supplémentaire vers un État européen fédéral ».

Toutefois, M. Scholz a montré une certaine hésitation à réitérer ces objectifs ambitieux en déclarant que « nous en serions » si « un consensus pouvait être trouvé » sur la réforme des traités.

« Une plus grande efficacité peut également être atteinte en Europe sans devoir passer directement à la modification des traités », a déclaré M. Scholz. Il a souligné qu’« il serait important » de passer au vote à la majorité pour les questions de politique étrangère de l’UE, ce qui est déjà possible dans le cadre du traité existant — une mesure également fortement soutenue par M. Macron.

Visuel de la Conférence sur l’avenir de l’Europe qui s’est tenue le ludi

Vers une Europe à plusieurs vitesses ?

L’appel à la réforme de l’UE lancé par la Conférence sur l’avenir de l’Europe a déclenché une réaction considérable de la part des États membres d’Europe orientale et scandinave.

Treize États membres ont déclaré dans un document commun qu’ils ne soutiendraient pas « les tentatives inconsidérées et prématurées de lancer un processus de changement des traités. »

M. Macron a indirectement répondu à ces préoccupations lors de son discours au Parlement européen lundi 9 mai en optant pour une Europe à plusieurs vitesses.

« Je suis bien conscient des craintes d’une Europe à plusieurs vitesses », a-t-il déclaré, ajoutant que les « plus sceptiques ou les plus hésitants » ne devraient pas ralentir l’Europe. C’est ce qui « permettra à notre Europe de s’affirmer comme une puissance », a-t-il souligné.

M. Macron a également plaidé pour une Europe à plusieurs vitesses qui permettrait une intégration plus souple du voisinage européen — notamment en ce qui concerne les Balkans occidentaux ou l’Ukraine et le Royaume-Uni. Selon M. Macron, cela pourrait prendre la forme d’une « communauté politique européenne ».

Ce concept impliquerait la possibilité d’établir une coopération plus étroite avec des pays géographiquement proches et « attachés au même ensemble de valeurs que nous » sans passer par le long processus d’élargissement, a déclaré M. Macron.

Cette communauté politique ne fermerait pas les portes de l’adhésion à l’UE, mais elle fournirait une plateforme de rapprochement politique et d’intégration partielle sans faire officiellement partie du bloc.

M. Scholz a qualifié la proposition d’« approche intéressante pour faire face aux grands défis qui nous attendent ».

Toutefois, M. Scholz a également souligné que cette approche ne devrait pas entraver le processus d’adhésion des pays actuellement candidats dans les Balkans occidentaux, comme la Macédoine du Nord.

Dans l’ensemble, M. Scholz a souligné que « nous voulons parvenir très rapidement à des accords concrets afin d’avancer dans l’intégration de notre UE et en ce qui concerne les Balkans occidentaux. »

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