Français au Moyen-Orient, la France en ordre de bataille

Français au Moyen-Orient, la France en ordre de bataille

Au 4ème jour du conflit entre l’Iran et les USA, 400 000 Français au Moyen-Orient sont toujours en attente soit en tant qu’expatriés soit en tant que touristes. Alors que les appels de nos compatriotes à une solution française se multiplient, le Quai d’Orsay s’interroge : comment évacuer des milliers de ressortissants bloqués dans le Golfe ? Des décisions sont en train d’être prises par les autorités pendant que les compagnies aériennes tentent de se réorganiser.

Pour les Français de l’étranger, on fait le point sur le transport aérien, mais aussi maritime tout en faisant un tour d’horizon des actions menées par la France.

La France va affréter des vols pour rapatrier ses ressortissants « les plus vulnérables »

« Nous allons faciliter le retour en France chaque fois que cela sera possible », assure le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot au micro de BFMTV-RMC. Le ministre n’a pas pour autant précisé qui sont ces Français « les plus vulnérables ». Ce sont les équipes consulaires sur place qui décideront, dit le ministre qui laisse entendre que ces rapatriements se feront aussi bien grâce à des vols commerciaux que par des vols spécialement affrétés. Des équipes consulaires seront aussi mises en place « aux frontières entre l’Égypte, Israël et la Jordanie » pour les Français sortant par voie terrestre, détaille aussi Jean-Noël Barrot. Notons que selon nos informations, elles sont déjà présentes, en tout cas, à la frontière de Beit Shean entre Israël et l’Égypte. Ces dernières ont déjà accueilli plus d’une centaine de Français fuyant Israel, ce que confirme Caroline Yadan, la députée des Français de la Vème circonscription.

Poste frontière de Beit Shean ©AFP
Poste frontière de Beit Shean ©AFP

Le ministre appelle par ailleurs les ressortissants français à « la plus grande prudence » et « au respect strict des consignes qui sont données par les autorités locales ».

« Nous invitons les Français de passage à s'inscrire sur le Fil d'Ariane », le service mis en place par le ministère et qui permet aux voyageurs de communiquer leurs données lors d'un voyage à l'étranger (nom, itinéraire, …) »

Reprise partielle des vols pour assurer les rapatriements

En parallèle, les compagnies aériennes se réorganisent. Les sociétés indiennes annoncent la reprise de vols commerciaux limités vers le Moyen-Orient afin de rapatrier les milliers de passagers bloqués par la guerre. IndiGo a annoncé qu’elle assurerait quatre vols aller-retour vers Djeddah, en Arabie saoudite, dans le cadre des efforts visant à « normaliser progressivement » les liaisons aériennes entre les deux pays. Air India Express a indiqué qu’elle reprendrait ses vols à destination et en provenance de Mascate, la capitale omanaise, à compter de mardi.

Mais les vols à destination et en provenance de Bahreïn, du Koweït, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis restent suspendus, ont indiqué les compagnies aériennes dans un communiqué cité par l’Agence France Presse. De nombreux compatriotes ont été débarqués des avions dans des pays tiers, on compte plus de 2000 Français débarqués en Australie alors qu’ils rentraient en France depuis des pays asiatiques.

Des avions d'Emirates sont stationnés à l'aéroport international de Dubaï après sa fermeture, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le dimanche 1er mars 2026. ©AP - Altaf Qadri
Des avions d'Emirates sont stationnés à l'aéroport international de Dubaï après sa fermeture, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le dimanche 1er mars 2026. ©AP - Altaf Qadri

De son côté, Air France a annoncé dans la nuit avoir annulé ses vols à destination ou en provenance de Tel Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad jusqu’au 5 mars 2026 inclus.

Des Rafale ont sécurisé le ciel au-dessus des bases françaises dans les Émirats

En cas d’évacuation totale de nos ressortissants, il faudra bien sécuriser des couloirs maritimes ou aériens. Une tâche qui est confiée à notre aviation. Toujours, selon le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, interrogé sur BFMTV-RMC, des avions Rafale, basés à Abou Dabi ont été « mobilisés pour assurer la sécurité » de « l’emprise » de la France. Le chef de la diplomatie française, n’a pas précisé la nature de ces missions et notamment si elles concernaient la destruction de drones menaçant les intérêts français.

Des navires sous pavillon français ou avec des capitaux français bloqués dans le Golfe

Ce conflit a aussi des conséquences économiques, le pétrole qui bondit mais aussi le fret maritime déboussolé. « Entre 50 et 55 navires » sous pavillon français ou qui appartiennent à des entreprises françaises sont encore bloqués dans le Golfe en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz, a indiqué mardi à l’AFP le délégué général d’Armateurs de France, Laurent Martens.

« Il y en a une dizaine de moins que dimanche, ceux-ci étaient en amont du détroit et ont pu faire demi-tour »

Les bateaux toujours coincés derrière le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial, « sont bien identifiés, à l’ancre, au mouillage dans les zones les moins à risque du secteur », a-t-il ajouté. Il s’agit principalement de porte-conteneurs, de navires de services et de navires qui desservent des plateformes pétrolières, a détaillé Laurent Martens. « Un petit nombre » de bateaux destinés au transport de gaz, a également été recensé par Armateurs de France.

Roland Lescure rencontrera à nouveau les entreprises concernées par la crise

Le ministre à l’Économie Roland Lescure  (élu des Français d’Amérique du Nord) échangera à nouveau, ce jour, mardi, à Bercy, avec les organisations interprofessionnelles (Medef, AFEP, CPME) et les fédérations sectorielles : énergie (pétrole, gaz, électricité), transport et logistique, assurances et banques, et secteur industriel.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau lors d'une conférence de presse à Paris, à l'occasion d'un G7 Finances, le 3 février 2026 © Ludovic MARIN / AFP/Archives
Le ministre de l'Economie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau lors d'une conférence de presse à Paris, à l'occasion d'un G7 Finances, le 3 février 2026 © Ludovic MARIN / AFP/Archives

Cette réunion avec les entreprises se tiendra tous les jours « tant que la crise sera à ce pic d’intensité », a indiqué Bercy lundi. Le ministre s’entretiendra également avec les services économiques français en place au Moyen-Orient.

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