Énergies renouvelables de l’UE : la contribution du nucléaire est « en principe » reconnue, selon Agnès Pannier-Runacher

Énergies renouvelables de l’UE : la contribution du nucléaire est « en principe » reconnue, selon Agnès Pannier-Runacher

La directive sur les énergies renouvelables de l’UE intégrera bien une mention au nucléaire selon la ministre de l’Énergie, Agnès Pannier-Runacher, qui reste, pour l’heure, très prudente sur la substance réelle de cet accord politique.

Les négociateurs européens sont tombés d’accord jeudi (30 mars) : les États membres devront, collectivement, atteindre 42,5 % d’énergies renouvelables dans leur consommation énergétique globale d’ici 2030, avec incitations pour atteindre les 45 %.

Ils ont donc coupé la poire en deux, entre ceux qui souhaitaient un objectif de 40 % et ceux qui souhaitaient qu’il atteigne 45 %. La France était de ces derniers, à condition que, d’une façon ou d’une autre, les apports de son mix décarboné – grâce au nucléaire – soient reconnus.

C’est manifestement le cas, si l’on en croit la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher :

« Cet accord consacre la reconnaissance du rôle de l’énergie nucléaire dans l’atteinte de nos objectifs de décarbonation », avance-t-elle, avant d’ajouter que  » concrètement, cette reconnaissance passe par l’affirmation que le développement des énergies renouvelables vise bien uniquement à éliminer les énergies fossiles et ne doit pas conduire à remplacer des réacteurs nucléaires »

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique
La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, attend le début du conseil des ministres de l’Énergie de l’UE à Bruxelles, en Belgique, le 28 mars 2023. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Un considérant dans la directive RED3 sera consacré à cette affirmation, confie-t-elle.

Sans qu’un texte final soit encore publié, le cabinet de la ministre le traduit ainsi :

« Afin d’atteindre cet objectif [développement des renouvelables], le déploiement des énergies renouvelables dans le cadre de la cible européenne révisée devrait être intégré à des efforts complémentaires de décarbonation, incluant le développement d’autres sources non fossiles, donc on voit bien lesquelles, que les États membres pourraient choisir de poursuivre », précise-t-il.

Il y a donc bien, selon le cabinet de la ministre, une mention « inambiguë » au nucléaire.

Une « avancée de principe »

La ministre se veut plus nuancée, précisant qu’il ne s’agit, pour l’heure, que d’une « avancée de principe ».

D’abord, parce que l’accord trouvé n’est qu’un accord politique : « nous devons vérifier ce que contient réellement le texte ».

Ensuite, parce que le rôle du nucléaire n’est pas tout à fait reconnu. Seule l’est l’assurance que son élimination n’est pas l’occasion de maintenir, à dessein ou non, des capacités fossiles.

Rien de comparable alors à certaines propositions formulées ces derniers temps, comme celle d’une « pondération » de l’objectif renouvelable pour les mix électriques déjà décarbonés.

« Renouvelable signifie renouvelable » plaident depuis quelques semaines les États membres anti-nucléaire, à l’encontre des velléités d’introduire le nucléaire, de quelque manière que ce soit, dans les objectifs de développement d’énergies renouvelables.

Un slogan qui semble donc trouver écho au sein des États membres, même si Mme Pannier-Runacher affirme que la France continuera à se battre, avec les alliés de l’ « alliance » du nucléaire, pour que le nucléaire et les renouvelables soient traités sur un pied d’égalité.

La directive ne fixe pas que des objectifs généraux, mais aussi des objectifs sectoriels, et notamment pour l’hydrogène nécessaire à l’industrie.

Dans ce domaine, la France et ses alliés semblent avoir eu gain de cause, puisque l’hydrogène produit à partir de nucléaire peut, en l’état de l’accord politique, participer à l’atteinte des objectifs de développement d’hydrogène renouvelable.

En revanche, les conditions qu’il est nécessaire de remplir pour que la possibilité soit offerte sont telles qu’elles font dire à certains observateurs du secteur qu’il sera impossible de les remplir.

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