À l’approche des élections consulaires des Français de l’étranger, qui se tiendront à l’urne le 31 mai 2026, la circonscription Russie–Biélorussie attire une attention particulière. Dans un contexte géopolitique tendu, les enjeux sur ce territoire dépassent parfois largement le cadre habituel de ces scrutins. Entretien avec Franck Ferrari, conseiller des Français de l’étranger sortant et candidat à sa réélection, qui explique aussi pourquoi il ne se présente pas sous la bannière d’une formation politique. Pour lui, « on travaille pour une communauté, pas pour un parti » quand on est élu consulaire.
Écouter l’interview de Franck Ferrari
Combien de Français vivent en Russie et en Biélorussie ?
La circonscription des Français établis en Russie et en Biélorussie compte environ 2 700 électeurs inscrits, selon les estimations disponibles. Un chiffre à manier avec prudence, comme le souligne Franck Ferrari : « Je n’ai pas la réponse exacte puisque notre liste s’appelle une liste cachée, c’est-à-dire que la dernière liste électorale date de 2022 », mais notre invité indique toutefois, « on a quand même des chiffres de références. On est à peu près 2700 votants. »
« C’est une élection de la vie quotidienne » (au sujet des élections consulaires)
Franck Ferrari, Conseiller des Français de l’étranger sortant, candidat à sa réélection, circonscription Russie-Biélorussie
Dans ce contexte, mobiliser les électeurs reste aussi un défi, d’autant que les élections consulaires demeurent encore mal connues chez de nombreux expatriés. Pourtant, leur impact est concret au quotidien. « Tout simplement, c’est une élection de la vie quotidienne », rappelle le candidat à notre micro.
Quel rôle pour les conseillers des Français de Russie et de Biélorussie ?
Dans une région marquée par les tensions internationales et certaines contraintes administratives, les conseillers des Français de l’étranger jouent un rôle essentiel d’interface avec les autorités consulaires. « C’est un moyen d’avoir des informations, d’avoir trois élus qui essayent de faire le lien permanent avec le consulat et l’ambassade », explique Franck Ferrari. Au cours de cet échange, Franck Ferrari met en avant plusieurs actions concrètes menées durant son mandat, en particulier dans le domaine éducatif.

Il cite notamment la mobilisation ayant permis de préserver l’école française de Saint-Pétersbourg. Il évoque également la mise en place d’un dispositif facilitant l’accès aux visas pour les conjoints de Français, une mesure qui a contribué à simplifier des démarches devenues particulièrement complexes. Et également d’autres initiatives qui, selon lui, ont eu un impact direct sur le quotidien des Français établis en Russie et en Biélorussie. Il revient également sur son engagement au sein de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Il se montre, entre autres, très critique sur les mesures budgétaires adoptées, « On est dans le système de l’administration française. Quand on ne sait pas régler un problème, on nous demande des taxes », regrette-t-il.
Franck Ferrari : « une candidature indépendante revendiquée »
Anciennement proche du parti Les Républicains (LR), Franck Ferrari se présente aujourd’hui sans étiquette. Un choix assumé qu’il justifie par la nature même du mandat.« Je me suis présenté en indépendant. (…) Il n’y a pas de lien caché avec qui que ce soit », affirme-t-il.
« Le poste de conseiller des Français n'est pas un poste de commentateur politique. »
Franck Ferrari, Conseiller des Français de l’étranger sortant, candidat à sa réélection, circonscription Russie-Biélorussie
Selon lui, les élections consulaires doivent rester éloignées des logiques partisanes. « Le poste de conseiller des Français n’est pas un poste de commentateur politique. Ce n’est pas fait pour les combats idéologiques », insiste-t-il. Et d’ajouter : « Quand on bosse, réellement, l’étiquette ne sert à rien (…) « On travaille pour une communauté, pas pour un parti ». Il renvoie d’ailleurs le scrutin politique à celui des prochaines présidentielles de 2027. Notre interlocuteur du jour propose donc une vision pragmatique du rôle d’élu local à l’étranger, centrée sur les besoins concrets des expatriés et non sur les partis politiques.
Élections consulaires 2026 - Russie et Biélorussie : modalités de vote, entre présentiel et numérique
Comme dans la quasi-totalité des pays, le scrutin des élections consulaires se déroulera à la fois en présentiel et par voie électronique pour les Français établis en Russie et en Biélorussie. Le 31 mai 2026 à l’urne physique avec notamment des bureaux de vote ouverts à Moscou, Saint-Pétersbourg et Minsk. Le vote par internet sera aussi possible du 22 mai à 12 h (heure de Paris) jusqu’au 27 mai à 12 h (heure de Paris).

D’ailleurs pour notre invité, le vote en ligne devrait jouer un rôle clé compte tenu de l’étendue du territoire. « Sur les 800 votants, 600 avaient voté par l’électronique » lors du précédent scrutin en 2021, rappelle Franck Ferrari, tout en évoquant des tests techniques contrastés lors des deux séquences organisées pour s’assurer de la fiabilité des urnes électroniques. On a également demandé à notre invité si le Kremlin s’intéressait à ce scrutin, pour connaître la réponse, écoutez le podcast.
Enfin, interrogé sur la vision des expatriés par les autorités françaises, Franck Ferrari estime que des progrès restent à faire. « On est encore très, très loin d’une relation, je dirais, fluide. Il y a encore, je trouve, un long chemin à faire », juge-t-il. Il insiste également sur l’évolution du profil des Français présents dans sa circonscription : « Les exilés fiscaux, en tout cas dans ma circonscription, ça n’existe plus ». Si une personne conteste ce point, « je peux monter ma fiche de salaire » dit-il en guise de conclusion.
Trois listes ont été déposées pour les élections consulaires pour la circonscription Russie – Biélorussie avec 3 sièges de conseillères / conseillers des Français de l’étranger à pourvoir :
- Rassemblement des Français de Russie et de Biélorussie, menée par Franck Ferrari
- Patriotes français en Russie-Biélorussie, conduite par Xavier Moreau
- Ici Moscou, Rassemblement des Patriotes, avec Olivier Burlotte, président du conseil consulaire sortant, comme tête de liste
Les trois listes et les candidats : élections consulaires - circonscription Russie – Biélorussie :
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Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.























