Décryptage du Global Risks Report 2026

Décryptage du Global Risks Report 2026

Le Global Risks Report 2026, publié par le World Economic Forum (WEF), met en lumière les défis majeurs auxquels le monde sera confronté dans les années à venir. Pour les expatriés français, comprendre ces risques est essentiel pour anticiper les changements économiques, politiques et sociaux dans leurs pays d’accueil. On a lu et analysé les 102 pages pour vous en tirer les principaux risques et leurs implications pour, vous, les Français de l’étranger.

Pour rappel, le rapport annuel prend en compte les points de vue de plus de 1300 dirigeants et experts issus de secteurs tels que les entreprises, les universités, la société civile et le gouvernement.

« Les défis mis en évidence dans ce rapport, couvrant les chocs géopolitiques, le changement technologique rapide, l’instabilité climatique, les conflits sociétaux et les risques économiques (…) soulignent à la fois l’ampleur des dangers potentiels auxquels nous sommes confrontés et notre responsabilité partagée de façonner la suite »

Un monde sous tensions géoéconomiques

La confrontation géoéconomique, allant des sanctions aux tarifs douaniers, est la principale menace, a conclu le Rapport sur les risques mondiaux du Forum économique mondial (WEF) publié la veille de la réunion annuelle rassemblant les élites économiques et politiques mondiales à Davos. Avec 18 % des répondants la qualifiant de déclencheur le plus probable d’une crise mondiale en 2026, elle est la principale menace.

Au milieu de rivalités croissantes et de conflits prolongés, la confrontation géoéconomique menace les chaînes d’approvisionnement, la stabilité économique mondiale et la capacité coopérative nécessaire pour répondre aux chocs économiques, selon le WEF. Les conclusions arrivent après une année au cours de laquelle le président américain Donald Trump a bouleversé la politique commerciale de Washington et secoué le monde par son utilisation des droits de douane. Ses taxes à deux chiffres sur les importations de presque tous les pays ont perturbé le commerce mondial et mis à rude épreuve les budgets des consommateurs et des entreprises du monde entier.

Le président américain Donald Trump a inauguré son nouveau Conseil de paix
Le président américain Donald Trump a inauguré son nouveau Conseil de paix avec une poignée de membres fondateurs, mais il n’a offert que peu de détails sur son mandat et sur la façon dont le groupe travaillera ou pourrait poursuivre ses efforts pour mettre fin aux conflits mondiaux. ©AFP

Dans le rapport, on apprend, aussi, que la moitié des personnes interrogées s’attendent à un monde orageux au cours des deux prochaines années, ce qui représente une augmentation notable par rapport aux 36 % mentionnés dans le rapport de l’année dernière. Dans le détail, 40 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles s’attendent à ce que les perspectives sur deux ans soient au mieux instable, tandis que seulement 9 % prévoient une stabilité et 1 % anticipent un calme. Les perspectives s’assombrissent davantage au cours de la prochaine décennie, car une nette majorité prédit une instabilité mondiale prolongée.

Les risques de récession économique et d’inflation n’ont pas été oubliés. Ils ont tous deux grimpé de huit places, pour atteindre respectivement la 11e et la 21e position, tandis que la menace d’une bulle spéculative a augmenté de sept places pour atteindre la 18e. Les préoccupations croissantes en matière de dette et les bulles potentielles d’actifs, aggravées par les tensions géoéconomiques, pourraient déclencher une nouvelle phase de volatilité sur les marchés mondiaux, selon le WEF.

En conclusion, sur le front géopolitique, 68 % des répondants ont déclaré au WEF qu’ils s’attendent à un « ordre multipolaire ou fragmenté » au cours de la prochaine décennie, une légère hausse par rapport aux résultats de 2025.

Polarisation sociétale et désinformation

La désinformation se classe au deuxième rang des plus grands risques mondiaux dans les perspectives à deux ans. Il est noté que les réseaux sociaux et l’IA amplifient les fake news et les discours extrémistes, ce qui peut déstabiliser les pays y compris ceux d’accueil des Français de l’étranger. Les deepfakes et les contenus générés par l’IA rendent difficile la distinction entre vérité et mensonge. Pour les expatriés, cela amplifie la difficulté à accéder à des informations fiables, surtout dans les pays où la liberté de la presse est limitée.

Une autre alerte est donnée celle liée au risque issu du déploiement de l’intelligence artificielle. L’inquiétude a fait un bond dans le rapport du WEF, passant de la 30e place sur un horizon de deux ans à la cinquième au cours de la prochaine décennie, reflétant une préoccupation croissante concernant l’impact de l’IA sur les marchés du travail, les sociétés et la sécurité. En effet, l’IA pourrait automatiser massivement les emplois, créant un chômage structurel dans certains secteurs. Pour les expatriés, cela crée une concurrence accrue sur le marché du travail local, surtout dans les métiers administratifs et technologiques.

Fake News
Image d'illustration ©Stockadobe

Par ailleurs, la généralisation de l’IA amplifie un autre risque, celui de la cybersécurité qui occupe, désormais, le sixième rang. Les cyberattaques utilisant l’informatique quantique pourraient compromettre les données personnelles et les infrastructures critiques.

L’ensemble pousse la polarisation sociétale à être considérée comme la quatrième plus grande menace cette année, et la troisième plus grande dans les perspectives jusqu’en 2028. L’inégalité occupait la septième place dans les perspectives à deux ans et à dix ans et a également été identifiée comme le risque le plus interconnecté pour la deuxième année consécutive. Les préoccupations à court terme ayant pris le pas sur les objectifs à long terme, les risques environnementaux ont perdu de leur importance dans les perspectives à deux ans.

Recul de l’éco anxiété !

Les conditions météorologiques extrêmes sont passées de la deuxième à la quatrième place, la pollution de la sixième à la neuvième place et les changements critiques des systèmes terrestres et la perte de biodiversité ont chuté respectivement de sept et cinq places.

Pourtant, au cours de la période de 10 ans, les menaces environnementales ont été considérées comme les plus graves. Les trois principales étant les conditions météorologiques extrêmes, la perte de biodiversité et les changements critiques des systèmes terrestres. Mais ce risque climatique reste dans les têtes. En effet, les trois quarts des personnes interrogées s’attendent à une perspective environnementale orageuse, la plus négative de toutes les catégories de risque.

Télécharger le Global Risks Report

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