Le baromètre 2026 de Français du Monde-ADFE veut faire entendre la voix des expatriés

Le baromètre 2026 de Français du Monde-ADFE veut faire entendre la voix des expatriés

Près de trois millions de Français vivent aujourd’hui hors de France. Une communauté diverse, répartie sur tous les continents, dont les préoccupations ne sont parfois pas considérées dans le débat public national. Pour mieux comprendre leurs attentes, l’association Français du Monde – ADFE lance la quatrième édition de son baromètre, une grande consultation destinée à recueillir la parole des expatriés. Pour en parler, Lesfrancais.press reçoit Stéphane Arnoux, délégué général de l’association, et Jaime Peypoch, son secrétaire général qui présente les enjeux de cette grande enquête destinée à notre diaspora à l’étranger.

Écouter le podcast avec Stéphane Arnoux et Jaime Peypoch

Un baromètre pour mesurer les attentes des Français de l’étranger

Lancé en 2019, le baromètre de Français du Monde – ADFE est devenu au fil des années un outil de référence pour analyser la situation des expatriés français. Tous les deux ans, cette enquête internationale interroge des milliers de compatriotes installés dans le monde.

« Les Français de l’étranger, où qu’ils soient dans le monde, sont d’abord un observatoire important pour le gouvernement français. »

Pour Stéphane Arnoux, il s’agit avant tout d’un instrument démocratique. « Le baromètre Français du Monde (…) je le vois surtout comme un outil de plaidoyer citoyen », explique-t-il. Selon le délégué général, cette consultation s’inscrit pleinement dans la mission de l’organisation : « Une mission qui est triple, puisqu’elle consiste à défendre, accompagner et représenter cette communauté. »

Des préoccupations des expatriés qui évoluent avec les crises

Depuis sa création, le baromètre a permis de mettre en lumière l’évolution des préoccupations des expatriés. Lors de la première enquête en 2019, les priorités portaient principalement sur les conditions de vie des Français de l’étranger : retraites, assurance santé ou encore accès à l’éducation française. Mais le contexte international a progressivement modifié les attentes.
« En 2022, on voit des nouvelles données qui entrent dans les préoccupations majeures, comme la situation internationale », souligne Stéphane Arnoux.

Les Français(es) de l'étranger appelés à donner leur avis pour le Baromètre 2026 Français du Monde-ADFE
Les Français(es) de l'étranger appelés à donner leur avis pour le Baromètre 2026 Français du Monde-ADFE

Au fur et à mesure, un autre enjeu s’est imposé dans la réflexion de notre diaspora hors de France : celle du changement climatique. « Depuis 2024, le dérèglement climatique montre que finalement les Français de l’étranger, où qu’ils soient dans le monde, sont d’abord un observatoire important pour le gouvernement français. » constate un de nos invités.

Un outil d’influence pour les décideurs publics

Au-delà de la photographie situationnelle de nos compatriotes établis hors de France, le baromètre vise aussi à peser dans le débat public. Les résultats sont régulièrement transmis aux autorités politiques. La première édition avait été remise officiellement au secrétaire d’État, redevenu sénateur, Jean‑Baptiste Lemoyne, puis la suivante à la ministre Sophie Primas qui a aussi repris son siège au Palais du Luxembourg.

« Ce qui nous importe, c’est de rendre audible la voix de nos compatriotes hors de France »

Stéphane Arnoux assume d’ailleurs pleinement cet objectif d’influence : « Ce n’est pas du tout un tabou. C’est tout à fait la mission que se fixe Français du Monde ADFE à travers cette initiative. » Les données recueillies servent ainsi à nourrir les propositions adressées aux pouvoirs publics, mais aussi aux parlementaires représentant les Français établis hors de France. L’association envisage également de transmettre les résultats aux candidats lors des prochaines échéances électorales, notamment les élections consulaires prévues en mai 2026 et les présidentielles de 2027. « Nous, ce qui nous importe, c’est de rendre audible une voix qui est celle de nos compatriotes hors de France », insiste le délégué général.

L’enseignement français à l’étranger au cœur de l’édition 2026

Parmi les thématiques majeures du baromètre 2026 figure la crise de l’enseignement français à l’étranger, un sujet particulièrement sensible pour les familles expatriées au moment où une réforme s’annonce. Jaime Peypoch rappelle ainsi l’importance stratégique de ce réseau : « L’enseignement français à l’étranger constitue l’un des instruments les plus puissants du rayonnement de la France dans le monde. » Malgré ce rôle central, les familles rencontrent de plus en plus de difficultés pour inscrire leurs enfants dans les établissements du réseau AEFE (Agence française pour l’enseignement français à l’étranger).

L'enseignement français à l'étranger
L'enseignement français à l'étranger © AEFE

Le principal problème est lié au coût de la scolarité. « Les familles n’ont pas de visibilité sur le long terme, en termes de scolarité et surtout de frais de scolarité. » Contrairement à certaines idées reçues : « La grande majorité aujourd’hui des expatriés sont des gens qui ont des petites entreprises ou qui vivent avec des contrats locaux », rappelle Jaime Peypoch. Dans ce contexte, les dépenses liées à l’éducation, au logement et à la santé représentent des charges importantes pour les ménages. « Ce baromètre va nous permettre d’avoir des réponses à certaines questions », explique le secrétaire général.

Baromètre Français du Monde – ADFE : un objectif, dépasser les 22 000 participants

L’édition précédente du baromètre avait recueilli l’avis de plus de 22 500 de nos compatriotes provenant de 164 pays. Pour 2026, l’association espère au minimum atteindre un niveau de participation similaire. « Plus il y a de voix, plus notre baromètre sera solide », souligne Stéphane Arnoux.

« Malheureusement, j’ai le sentiment qu’en France on voit toujours les expatriés comme des nantis. »

Le questionnaire sera accessible en ligne durant tout le mois d’avril 2026 sur le site de l’association. « Toute personne française à l’étranger peut participer en se rendant directement sur notre site internet », précise le délégué général. Les premiers résultats devraient être publiés dès le mois de mai, avant la diffusion d’un rapport plus complet.

Au-delà des questions politiques et sociales, les responsables de Français du Monde – ADFE souhaitent également combattre certaines idées reçues sur les expatriés. Selon Jaime Peypoch, l’image des Français de l’étranger reste parfois caricaturale : « Malheureusement, j’ai le sentiment qu’en France on voit toujours les expatriés comme des nantis. »

La réalité est pourtant bien différente pour une grande partie de cette communauté. L’enjeu est donc aussi pédagogique : « Nous avons un vrai travail à faire pour montrer quelle est la réalité des Français de l’étranger, leurs besoins et surtout ce désir de conserver un lien très fort avec la France. » Car malgré la distance, les expatriés restent profondément attachés à leur pays d’origine. « Si nous sommes partis vivre loin, ce n’est pas parce que nous n’aimons pas la France. Tous les jours, nous y pensons », conclut Jaime Peypoch.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Françaises, Français de l’étranger, vous avez la possibilité de faire entendre votre voix.

Auteur/Autrice

  • Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.

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