Face à la déflagration sanitaire et économique, l’expression « quoi qu’il en coûte ! » est le cri de ralliement de tous les gouvernements. Pour atténuer les effets de cette crise sans précédent, les plans de soutien se chiffrant en centaines, voire en milliers, de milliards d’euros se succèdent. Les confinements ayant entraîné une mise à la cape des économies, l’objectif pour les pouvoirs publics est d’éviter une implosion des sociétés et de faciliter un rapide redémarrage de l’activité dès que l’épidémie aura été endiguée.
Le contexte de défiance démocratique dans lequel évoluent les pays occidentaux alimente cette surenchère. Certains estiment que la situation permet de s’affranchir de toutes les règles, d’autres qu’avec les faibles taux d’intérêt, tout est possible. Cette avalanche de milliards porte un risque de désillusion. L’argent annoncé et promis se doit d’arriver aux éventuels bénéficiaires et surmonter les méandres administratifs. Les dépenses ainsi réalisées se doivent d’être non seulement équitables mais aussi efficaces. Cette prodigalité ne doit pas faire oublier que toute ressource est rare. Cette règle s’applique aussi à l’argent. Avoir bourse déliée en période de guerre ou de troubles est une chose, dépenser avec efficience en est une autre.
Plan Marshall
Entre 1947 et 1951, le plan Marshall décidé par les États-Unis visait à accélérer la reconstruction de l’Europe et à conforter le système de marché face à l’hégémonisme idéologique de l’URSS qui souhaitait imposer un régime de planification centralisée. Le plan Marshall a également facilité la coopération entre les anciens belligérants et a amorcé le processus de construction européenne. En période de crise, les gouvernements s’arrogent des pouvoirs exceptionnels au nom de l’urgence ; tout le défi sera de remettre le plus rapidement dans le jeu les agents économiques et les corps intermédiaires pour relever le défi de la reprise économique et éviter une tentation étatiste, sclérosante.
La croissance ne pourra fleurir que des innovations sociales et économiques développées par les acteurs de terrain. La crise sanitaire actuelle souligne l’existence de deux systèmes, l’un fondé sur le marché et la liberté et l’autre reposant sur des principes plus autoritaires et centralisés. Logiquement, les capacités d’adaptation, de réaction sont supérieures dans le premier système comme l’histoire l’a prouvé en particulier lors des deux conflits mondiaux du XXe siècle.
Alors qu’elle pensait avoir une des meilleures médecines du monde, la France aurait-t-elle une médecine sous-développée ? Les dépenses de santé représentent 11% du PIB de la France. Quatrième pays au monde par rapport au PIB. Douzième pour les dépenses par habitant, 7ème pour les dépenses publiques par habitant. Ce ne sont pas les moyens qui manquent[1].
Aurait-on sacrifié la santé sur l’autel des comptes publics ? Etrange manie de voir une politique de rigueur dans le dérapage permanent des comptes publics. Aucun pays n’a été si constant dans le déficit depuis 1974. L’économie n’étant pas de la comptabilité, il n’est pas impossible d’avoir sacrifié les services publics à force de creuser les comptes publics.
Premier indice : Le nombre de médecins, 3.2 pour 1000 habitants, est dans la moyenne des pays développés, sans plus. Plus de dépenses, mais pas plus de médecins. Moins qu’en Allemagne (4.1). Moins d’infirmiers : 10/1000 en France, 12 en Allemagne. Moins de lits : 6.5/1000 pour 8.3/1000. Cela n’a l’air de rien, mais c’est 20% de différence.
Peut-on se comparer au Maroc ?
Il ne faut pas se comparer aux Allemands, trop riches, trop disciplinés. Aux Suisses non plus. Impossible aussi de se comparer aux Coréens, ou aux Japonais. Des fourmis, avait dit Edith Cresson.
Peut-on se comparer au Maroc ? Ils n’ont que 0.7 médecin par habitant. Chaque année, 10.000 Marocains décèdent d’une maladie bien connue, l’hépatite virale. Pourtant, le Maroc a été le premier pays à obliger toute la population à mettre un masque. Non seulement ils en avaient commandé, mais -comme les Taïwanais, Japonais, Coréens, Allemands, Belges, etc… Ils ont même commandé des machines pour en fabriquer eux mêmes. Même attitude pour le gel, les respirateurs artificiels, les tests et la chloroquine. C’est presque déloyal.
Toute commande de masque, prescription de la chloroquine, admissions dans les hôpitaux, réception des machines, autorisation de tests, tout, absolument tout doit avoir l’aval de l’ARS, ces préfectures de la santé, et du Préfet. Et celle du ministre. Pauvres rouages exténuées d’un système qui prend beaucoup d’énergie et cumule les retards. S’il y a autant de dépenses, c’est peut-être que l’on paie, dans le système de santé aussi, un coût d’organisation, de bureaucratie, de contrôle, superflu. Il ne s’agit pas de dire que c’est la faute de l’administration, mais celle d’un surdéveloppement. La gestion, en économie comme en médecine, comme en politique, l’a emporté. La capacité d’adaptation, malgré les miracles des équipes médicales, est entravée. Ce n’est donc pas la médecine qui est sous développée, c’est notre réactivité.
Le sous développement politique
Deuxième indice : Un député a récemment lancé « il faut désormais choisir entre la 5G et la santé ». C’est clair : il faut choisir la santé, donc la 5G. Pas de 5G ? Ni de 4G ! Ni de portable ! Et l’électricité, on la garde ? Si on renonce aux technologies les plus performantes, aux économies les plus innovantes, nous aurons la médecine du sous développement.
Sous développement encore de la réflexion politique : Faut-il vraiment mobiliser 180.000 policiers et gendarmes pour le dimanche de Pâques ? Faut-il envoyer les hélicoptères dans la montagne sanctionner les randonneurs ? Faut-il traiter le Cantal, où il n’y a pas un cas, comme le Bas-Rhin, sinistré ? La liberté de circulation est supprimée, le Parlement est en congé, le Conseil constitutionnel, les tribunaux, aussi. Plus de droits de la défense, mais libération de 8.000 prisonniers. Pourquoi maintenir les policiers en service et pas les juges ? Si l’Etat n’est pas la justice, qu’est ce que c’est ? Avec les milliers de procès qui s’annoncent, il faudra ou confiner la justice, ou investir dans les tribunaux. Et peut-être même remettre le droit à l’endroit. Parce que ces derniers temps, il a un peu souffert.
Troisième indice : Le confinement général n’a été décidé que parce que le confinement fin, intelligent, local ; la mise à disposition d’équipements pour le personnel soignant, pour la population exposée, n’a pas été fait. Au contraire de bien d’autres pays. Il ne faut pas prendre l’exemple des pays asiatiques parce que, parait-il, ils seraient trop différents. Mais l’Autriche, l’Allemagne, la Pologne, la Grèce, le Portugal, etc… sont-ils si différents ? Même pas d’attestation de sortie ! Des inconscients ? Ce qui n’empêche pas de belles régressions politiques : les Hongrois confient tous les pouvoirs à Orban, le gouvernement italien tente la censure. Bientôt le passeport intérieur ?
Une urgence : Organiser le déconfinement
Ne jamais oublier que les mesures de l’état d’urgence doivent être proportionnées. Organiser le déconfinement, pas à pas, est la première tâche du gouvernement.
Il est donc à craindre que la crise sanitaire révèle un sous développement politique, ne serait-ce que dans notre capacité d’analyse et de réaction.
Dans le domaine économique, on va dépenser des milliards. Des milliards que l’on n’a pas. Premier enseignement : les pays qui ont des finances saines sont mieux armés que les autres pour affronter la crise. Deuxième leçon : investir dans les industries du futur. Pas celles d’hier. Mettre des milliards dans Air France et Renault, soit. Mais surtout dans les nouvelles technologies. Faire en cinq ans, ce qui était prévu en dix : biotechnologie, intelligence artificielle, nouveaux matériaux, université, recherche.
Et aussi, des milliards pour la vie des gens : des logements, des transports, le Grand Paris, le tunnel avec l’Italie, ce que l’on devait construire en dix ans, qu’on le fasse en trois.
La relance ? Les industries de demain, pas celles d’hier.
Enfin, ces milliards de crédits (qui sont possibles grâce à l’Europe et à l’Allemagne), permettrait d’oser une politique internationale. Vers l’Afrique, la Méditerranée : plus qu’une politique de santé, une politique énergétique, écologique, urbaine, maritime, migratoire, etc…
Après la crise, la relance à crédit? Ce ne sera supportable que si ces crédits ne sont pas là pour compenser des pertes mais pour provoquer des gains.
Santé, économie, politique, la France n’est pas en voie de sous développement, mais elle n’est pas à l’abri. Le sous-développement, et son contraire, le développement, est d’abord, comme l’amour, cosa mentale (dans la tête). C’est le moment d’y réfléchir.
Les 500 établissements scolaires français dans le monde, répartis dans 135 pays sont mis à mal financièrement par la pandémie de Covid19 : les familles à travers le monde sont parfois elles même en situation financière complexe, en chômage technique, … et le paiement des frais de scolarité devient difficile.
L’AEFE est en première ligne dans la gestion de la crise
Les lycées français sur les 5 continents ont des statuts différents. Il y a ceux qui sont des établissements en gestion directe par l’AEFE , l’agence de l’enseignement français à l’étranger, d’autres sont des établissements conventionnés, certains de ceux-ci sont gérés par la Mission Laïque Française, et d’autres enfin sont en partenariat, une relation plus distante tout en disposant de l’homologation qui est gérée directement par le ministère sans intervention de l’AEFE.
La situation inédite, et parfois catastrophique pour les établissements, qu’engendre le Covid-19 inquiète beaucoup. Les différents groupes politiques représentés à l’Assemblée des Français de l’Etranger, à l’Assemblée Nationale et au Sénat, travaillent pour des solutions.
Un système de bourses étendues envisagé comme une aide indirecte de l’Etat aux établissements scolaires
Passer par les bourses pour s’assurer du paiement des mensualités aux lycées français peut apparaitre comme une bonne solution.. Cependant c’est nier qu’au niveau mondial qu’un tiers des élèves sont français et combien seront éligibles à cette bourse ? Par ailleurs, le système de sélection en plusieurs étapes passant par des comités, qui par essence en cette période de confinement ont des difficultés à se réunir, risquent de ralentir le processus de soutien. Et il resterait la question des autres élèves non français et leurs parents aussi en difficulté financière.
LREM parie sur une gestion moderne de la crise
Frédéric Petit et Samantha Cazebonne travaillent à des solutions
Chez les élus LREM des Français de l’étranger, seuls Samantha Cazebonne, ancienne proviseur d’un lycée français en Espagne, et Frédéric Petit, rapporteur sur l’AEFE à l’Assemblée Nationale, prennent la parole. Et axent leur réponse à la crise autour de 3 piliers : la solidarité nationale ; la solidarité des parents qui le peuvent ; et le soutien local des Etats. Car les établissements établis hors de France, sont souvent juridiquement de droit privé à l’étranger. De nombreux services, comme le gardiennage, la cantine, le ménage, sont externalisés et les contrats vont être suspendus. Samantha Cazebonne imagine donc une transparence budgétaire, pour répercuter la baisse sur le montant de la scolarité. Le Député Petit, veut, lui, une structure pour assister les établissements concernés, avec les dispositifs mis en place dans les pays d’accueil.
Le Sénateur Leconte nous a indiqué sa grande inquiétude concernant la situation de certains établissements
Du côté de l’opposition, nous avons échangé avec le Sénateur socialiste Jean-Yves Leconte. Celui-ci nous indique son étonnement : l’AEFE, et le gouvernement et notamment Jean-Baptiste Lemoyne et Jean-Yves Le Drian sont, depuis plusieurs semaines, conscients de la situation très tendue dans les établissements français dans le monde. Des annonces sont attendues, en tout cas espérées, mais dans l’attente, les établissements en gestion directe ne peuvent prendre aucune mesure, dépendant entièrement pour, par exemple une baisse des cotisations des parents, à une directive de l’agence.
« Des cris d’alarme viennent de partout, beaucoup de proviseurs d’établissements en gestion directe sont paniqués »Jean-Yves Leconte, Sénateur PS des Français de l’étranger
La situation est en effet paradoxale et surtout variable. Katia Velasco-Anton, qui gère un collectif de parents à travers une page Facebook Avenir des lycées français à l’étranger en danger a également répondu aux francais.press. Elle nous décrit notamment le cas de l’Espagne et au Portugal : « deux écoles conventionnées ont déjà actionné des réductions des frais de scolarité de 20%, c’est en revanche impossible dans les établissements en gestion directe comme le lycée de Madrid. A Barcelone il y a un moratoire sur les travaux prévus qui est demandé par le proviseur ».
Des décisions largement tributaires de Paris
Une situation confuse donc, chaque établissement cherchant à adopter la politique adéquate mais ceux étant gérés en direct ou largement subventionnées sont en la matière largement tributaires des décisions de Paris qui tardent à se prendre.
Pour les autres types d’établissements, c’est la situation économique des parents et la gestion interne passée qui priment. Et en l’espèce, les situations sont diverses d’un pays, ou d’un continent à l’autre. Si les écoles asiatiques sont fermées depuis presque 3 mois, ce n’est pas forcément le cas partout. Et par exemple en Asie, les états financiers ne sont pas identiques. Ainsi À Hong-Kong, ce sont les parents qui gèrent le Lycée Français, avec un financement garantie par un droit d’accès (restituable en fin de scolarité). Alors qu’au Viêt-Nam, nous sommes déjà au bord de l’asphyxie. En tout, ce sont près de 400 millions d’euros de charges de fonctionnement qui sont versés chaque trimestre par les parents.
« un rabais accordé aux familles de 15% couterait entre 120 et 130 millions d’euros » selon le Sénateur Leconte
Localement, des initiatives sont prises : citons par exemple un fond de solidarité pour les familles qui a été mis en place au lycée de Varsovie, à Budapest ou à Berlin se sont les états hôtes qui sont appelés à la rescousse. Au niveau global, que faire ? Selon le Sénateur Leconte, un rabais accordé aux familles de 15% couterait entre 120 et 130 millions d’euros.
Des parents d’élèves que nous avons contacté également s’interrogent : dans les lycées en gestion directe, et notamment dans les petites classes comme la maternelle, le maintien des frais de scolarité risque d’engendrer à la rentrée prochaine un exode massif vers d’autres écoles internationales qui, elles, font des gestes pour les familles. Une solution à court terme, maintenir le budget de l’école en maintenant les frais de scolarité, risque de générer un problème à moyen terme : une pénurie d’élèves.
M. Leconte pense que les lycées en Asie, Océanie, Afrique et Amérique du Sud risquent, pour bon nombre d’entre eux, de se retrouver en très grande difficulté financière. Les élèves y sont souvent majoritairement français et beaucoup de familles partent.
Le gouvernement et le Président de la République ont régulièrement affiché leur volonté de doubler la taille du réseau d’ici 2030. La crise, inédite, que nous vivons rebat totalement les cartes. Ce n’est plus le doublement du réseau mais bien sa survie qui semble en jeu désormais.
Après plusieurs tentatives infructueuses, les ministres des finances de l’UE ont convenu jeudi (9 avril) d’un paquet de 540 milliards d’euros pour soutenir les États membresdans la crise du coronavirus.
Les dirigeants discuteront dans les prochains jours du plan de relance et de la possibilité d’émettre des « coronabonds . L’accord a été conclu jeudi soir après une série de contacts bilatéraux intenses qui ont repoussé le début de la téléconférence de plus de quatre heures. Le projet de texte a finalement été soutenu par l’Italie et l’Espagne, les deux pays les plus durement touchés par le coronavirus, et par les Pays-Bas, qui sont le dernier pays de l’UE à s’opposer encore à des conditions légères pour les prêts bon marché accordés par le mécanisme de stabilité européen, le fonds de sauvetage de la zone euro.
L’Allemagne et la France ont soutenu les efforts de médiation du président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, après qu’une téléconférence de 16 heures de l’Eurogroupe n’ait pas permis de parvenir à un accord mercredi.
Après une téléconférence de 16 heures qui s’est terminée mercredi matin (8 avril), les ministres des finances de la zone euro n’ont pas réussi à trouver un accord sur le paquet économique pour faire face à l’impact économique du coronavirus.
Ce paquet met en place un filet de sécurité massif de 540 milliards d’euros pour les États membres via le mécanisme de surveillance des marchés, pour les entreprises via la Banque européenne d’investissement et pour les travailleurs via le nouvel instrument de la Commission européenne, SURE.
Le MES est réservé uniquement aux pays de la zone euro, la BEI et SURE sont accessibles à tous les États membres de l’UE.
Mais la réponse économique à la crise n’est pas encore totalement achevée. Les dirigeants européens vont ajouter la dernière pièce du puzzle dans les prochains jours avec un plan de relance pour relancer l’économie une fois que la pandémie commencera à reculer, y compris l’émission conjointe de dettes, ou « coronabonds» , qui est source de division.
« Cette réponse contient des propositions audacieuses et ambitieuses qui auraient été impensables il y a seulement quelques semaines» , a déclaré Mario Centeno, le ministre portugais des finances qui a présidé la téléconférence de l’Eurogroupe.
« Ce qui importe le plus, c’est que nous ayons relevé le défi – nos citoyens n’attendent et ne méritent rien d’autre» , a-t-il déclaré après la réunion.
« Avec ce paquet, nous allons aider les pays dans le besoin à court terme tout en construisant des économies résistantes à long terme. C’est un signe puissant et sensé de la solidarité européenne» , a déclaré le ministre néerlandais des finances, Wopke Hoekstra.
La principale pomme de discorde a été l’insistance des Pays-Bas à demander des réformes macroéconomiques aux pays qui sollicitent une aide au titre du mécanisme de stabilisation économique. Environ 2 % du PIB de la zone euro (240 milliards d’euros) seront mis à la disposition des pays demandant une aide pour contrer l’impact économique du coronavirus.
La Haye et Vienne insistent pour inclure une conditionnalité plus stricte aux prêts accordés aux pays touchés par le coronavirus, durcissant la formule proposée par le fonds de sauvetage de la zone euro (ESM) et vue par EURACTIV.com
Le fonds de sauvetage de la zone euro avait suggéré une « conditionnalité légère» qui consisterait à ne consacrer les prêts qu’aux coûts liés aux coronavirus, et à s’engager de manière générale à respecter les règles budgétaires de l’UE. Ce qui était insuffisant pour La Haye.
Les Pays-Bas et l’Italie avaient été à couteaux tirés pendant des jours, car Rome a d’abord jugé inacceptables les conditions « légères» proposées par le Mécanisme de sauvegarde d’urgence.
Pour sa part, Rome a insisté sur les « coronabonds» pour financer conjointement les coûts de la relance sans augmenter davantage sa dette publique, qui s’élève actuellement à 135 % du PIB du pays.
La condition du MES est donc de limiter les fonds à la couverture des dépenses de santé liées à la lutte contre le coronavirus, directement ou indirectement.
« Je dois ajouter que, selon mon interprétation, en tant que président, l’État membre moyen de la zone euro touché par la crise COVID-19 devrait pouvoir identifier des dépenses directement ou indirectement liées aux soins de santé, à la guérison et à la prévention s’élevant à 2 % du PIB» , a déclaré M. Centeno.
Hoekstra a ajouté que les pays pourraient demander un prêt bon marché au titre du mécanisme de stabilisation économique pour faire face à d’autres coûts, notamment l’impact des mesures d’endiguement, mais que dans ce cas, ils devraient accepter les réformes. « C’est juste et raisonnable» , a-t-il déclaré.
Les États membres fourniront des garanties pour réunir jusqu’à 100 milliards d’euros pour un nouveau fonds temporaire destiné à soutenir les travailleurs des pays durement touchés par le coronavirus, comme l’Italie et l’Espagne, selon la proposition vue par EURACTIV.com. Le mécanisme SURE de la Commission est un autre point de friction, cette fois entre les Pays-Bas et l’Espagne, a déclaré un diplomate de l’UE à EURACTIV.
Les Pays-Bas voulaient des garanties que le nouveau mécanisme ne serait que temporaire. Et pour s’assurer que le mécanisme ne se transforme pas en un véritable régime d’assurance chômage de l’UE, La Haye a également cherché à élargir le champ d’application du mécanisme à d’autres domaines que l’aide aux chômeurs. Le gouvernement espagnol s’est révolté, considérant cette initiative comme une tentative de torpiller les projets futurs d’un régime européen d’assurance chômage
Le chef de l’Etat doit prendre la parole peu après 20 heures, lundi 13 avril, pour annoncer le prolongement du confinement et les mesures à venir pour la suite.
Emmanuel Macron s’adressera aux Français lundi 13 avril après 20 heures. Si l’Elysée a d’ores et déjà annoncé que le confinement serait prolongé, reste à savoir jusqu’à quand ? Selon les informations du JDD du 12 avril, ceux qui espéraient pouvoir ressortir prochainement vont être déçus. Le chef de l’Etat pourrait annoncer un prolongement du confinement « peut-être jusqu’à la fin mai, au moins jusqu’au 15 », selon une source proche de l’Élysée. « Plutôt que de prolonger tous les quinze jours, il est peut-être plus raisonnable de donner une échéance lointaine, quitte à la raccourcir si les choses s’améliorent », analyse un cadre de la majorité.
Toute la semaine, Emmanuel Macron a consulté dirigeants étrangers, scientifiques et personnalités politiques, afin de préparer son allocution. Des entretiens qui l’auraient convaincu de renforcer le confinement : le directeur de l’OMS, l’un de ses interlocuteurs, ne cesse de marteler que « lever les restrictions trop rapidement pourrait entraîner une résurgence mortelle de la pandémie », poursuit le JDD. Autre élément qui favoriserait le prolongement des mesures : les ponts de mai propices aux rassemblements. « Le mois de mai, c’est une série de dates qui favorise les rassemblements. Comment imaginer qu’on maintienne les manifestations du 1er-Mai ? Puis les cérémonies du 8-Mai, où les anciens se regroupent devant les monuments aux morts ? Et puis il y a l’Ascension, avec les RTT et les week-ends prolongés. Laisser faire cela serait irresponsable », aurait lancé le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand lors d’une audioconférence avec Édouard Philippe.
Pas de reprise des cours avant septembre ?
La crainte d’une deuxième vague inquiéterait particulièrement le chef de l’Etat. C’est pour cette raison qu’il aurait commencé à émettre, face aux partenaires sociaux, l’hypothèse d’une fermeture des frontières de l’Espace Schengen jusqu’en septembre. « Le Président n’a parlé que des frontières de Schengen, mais il semblait clair que son propos visait aussi la circulation entre nos pays », rapporte un des participants à cette réunion, relayé par le JDD.
Autre élément que devrait aborder le chef de l’Etat lundi soir : la reprise des cours. Selon une source gouvernementale à l’hebdomadaire, les élèves ne devraient pas retrouver les bancs de l’école avant le mois de septembre. « Le plus probable est un report généralisé à la fin de l’été », des petites classes jusqu’aux universités.
Pas d’élections avant l’automne ?
Quant au second tour des élections municipales, comme les Consulaires, peu de chance qu’ils aient lieu en juin, mais plutôt à l’automne. Sur le plan économique, le plan de secours de 100 milliards d’euros établi par le gouvernement était initialement prévu pour six semaines de confinement. Il va donc falloir le revoir. L’un de ses conseillers prévient : « Avec un pareil casse-tête, ne vous attendez pas à ce qu’il fasse court ».
Voulant poursuivre sa mission de « transmission et de découverte » du septième art, la Cinémathèque française diffusera chaque soir à 20h30 un film restauré des vingt dernières années, sur la plateforme « Henri ». Une opération lancée un mois après le début du confinement, en parallèle des nombreux services en ligne proposés par des lieux culturels depuis le 17 mars.
Fermée depuis près d’un mois en raison du confinement pour tenter d’endiguer la propagation du coronavirus, la Cinémathèque française a lancé jeudi une plateforme de vidéos à la demande. Objectif : permettre de (re)regarder les grands classiques du cinéma. Un service qui se nomme « Henri », en hommage à Henri Langlois l’un des créateurs de la Cinémathèque.
Tous les soirs à 20h30, un film restauré au cours des vingt dernières années sera proposé. Jeudi, la Cinémathèque diffusait l’adaptation de la nouvelle d’Edgar Allan Poe par Jean Epstein, La Chute de la maison Usher, un film de 1928. « Très attachée à la projection et à l’émotion partagée dans une salle, la Cinémathèque poursuit ainsi sa mission de transmission et de découverte », explique le directeur de la Cinémathèque Frédéric Bonnaud
« Le site s’enrichira ainsi quotidiennement de merveilles, souvent rares, voire inédites, qui resteront disponibles jusqu’au retour des beaux jours, quand nos salles pourront rouvrir », poursuit le directeur de la Cinémathèque..
Cette opération, promue sous le hashtag « #Culturecheznous » n’est pas la seule à avoir été mise en place depuis le début du confinement le 17 mars. De nombreux autres sites culturels ont proposé des alternatives en ligne, comme l’Opéra de Paris qui diffuse ses spectacles, ou encore le Château de Versailles, qu’on peut visiter en réalité virtuelle depuis son canapé.
Cérémonie en direct puis rediffusée à la cathédrale Notre Dame de Paris
Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, vénèrera la Sainte Couronne d’épines au coeur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, à quelques jours du 1er anniversaire de l’incendie qui a ravagé l’édifice en 2019. Mgr Michel Aupetit entrera dans la cathédrale Notre-Dame de Paris à 11h30 (heure de Paris), accompagné de Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale et de Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris. Il vénèrera la Sainte Couronne d’épines, sauvée des flammes de l’incendie.
Un temps de méditation suivra : des textes d’auteurs tels que Marie-Noël, Paul Claudel, Charles Peguy ou Mère Teresa seront lus par Mme Judith Chemla et par M.Philippe Torreton avec, en alternance, des pièces de musique interprétées par M. Renaud Capuçon. Un événement diffusé en direct sur sur KTO, BFM, lesfrancais.press et la French Radio.
La morgue installée depuis début avril dans un hangar du marché de Rungis est critiquée pour sa gestion.
Une double peine. Bruno Lefèvre a récemment perdu sa mère qui, après avoir été hospitalisée en raison d’une mauvaise chute, a contracté le Covid-19 avant d’en décéder. Elle allait fêter ses 90 ans le 7 avril dernier.
« Dès que l’on m’a appris sa mort, on m’a dit qu’il fallait que j’aille très vite: il n’y avait pas de chambre froide dans l’hôpital où elle était », raconte le fils endeuillé.
Sa famille se trouvant dans le Lot et confinée, il contacte le service funéraire de la ville de Paris pour trouver une place pour sa mère.
« Au début elle devait aller à la chambre funéraire de Châtillon. On m’avait pressé avant son décès de me préparer », explique Bruno Lefèvre qui apprend alors que le corps de sa mère va être transporté à la morgue de Rungis, gérée par un opérateur privé.
55 euros pour se recueillir 20 minutes devant sa défunte mère
Les tarifs opérés par l’entreprise sont les suivants: 159 euros si le cercueil passe six jours dans le funérarium et 35 euros par journée supplémentaire. Pour les proches souhaitant se recueillir une heure devant le défunt avant son inhumation il faut payer 55 euros. Problème: cette heure de recueillement ne serait pas respectée par l’opérateur.
« On m’a appris que ça ne serait pas une heure mais vingt minutes facturées une heure », explique Bruno Lefèvre qui contacte avec l’agent des services funéraires la morgue. On lui explique alors que ce sera vingt minutes « et pas plus, c’est comme ça » avant de raccrocher, « sans aucune humanité », déplore le fils de la victime.
L’entreprise justifie ces tarifs car les locaux ont été repeints, fleuris et une moquette a été posée au sol pour accueillir les proches. Une trentaine de salariés travaillent par ailleurs sur place sept jours sur sept.
« On avait aussi refusé de prendre ses affaires pour l’habiller parce qu’elle avait le coronavirus », confie Bruno Lefèvre qui se désole d’avoir laissé sa défunte mère « finir dans un entrepôt nue dans un sac plastique dans un cercueil ».
« Ces gens n’ont aucun scrupule »
Il doit se rendre lundi matin à la morgue pour lui rendre un dernier hommage qui se fera dans des conditions terribles.
« Pour moi c’est insoutenable, je ne dors pas. Ces gens n’ont aucun scrupule. Je trouve cela honteux », explique-t-il, « être à Rungis dans un hangar, pour un fils c’est difficile ».
Bruno Lefèvre raconte également que l’entreprise lui a facturé pour lundi prochain un maître de cérémonie « courte » pour 105 euros. « Il n’y aura pas de cérémonie courte parce qu’il y aura pas de cérémonie », s’indigne le fils endeuillé.
« Dans une chambre funéraire on ne vous donne pas une heure. On ne vous parle pas de cette façon et le jour où vous allez signer on vous annonce que c’est vingt minutes », explique Bruno Lefèvre qui dit n’avoir pas eu le choix. « J’aurais payé n’importe quoi pour ma mère. J’ai honte. Lundi j’irai m’excuser auprès d’elle pour l’avoir abandonnée à Rungis. »
Il ne sera pas autorisé à accompagner sa mère au crématorium du Père Lachaise.
« Le mot réquisitionner ce n’est pas pour faire des bénéfices »
Il explique qu’il ne s’agit pas que de sa famille mais de « centaines de gens » qui voient leurs proches être transférés dans ce hangar de Rungis réquisitionné par le préfet de police de la zone de défense et de sécurité d’Île-de-France. « Le mot ‘réquisitionner’ c’est pas pour faire des bénéfices », confie Bruno Lefèvre.
« Expliquer aux familles qu’on est obligé de facturer cet endroit est quand même très particulier », estimait mercredi soir Sandrine Thiefine, présidente du réseau de franchise Pompes Funèbres de France ajoutant qu' »on ne peut pas facturer à des familles des frais pour un passage dans un entrepôt ».
Entrepôts du Marché International de Rungis
Face à la polémique, le ministère de l’Intérieur a fait savoir jeudi soir par un communiqué que « compte tenu de la situation sanitaire exceptionnelle actuelle, et afin que les familles des défunts d’Île-de-France accueillis au dépositoire de Rungis n’en supportent pas financièrement les conséquences, la puissance publique prendra en charge les frais supplémentaires occasionnés pour elles par des délais d’inhumation ou de crémation anormalement longs ».
Une annonce qui a fait réagir Bruno Lefèvre: « je leur remercie d’avoir pris conscience que c’était inadmissible. Vous ne pouvez pas savoir ce que tous ces gens comme moi peuvent vivre ».
Le fils endeuillé espère toutefois pouvoir rendre un autre hommage à sa mère dès que les conditions sanitaires le lui permettront: « on fera quelque chose au mois de mai ou de juin. »