Au pays du Carnaval, avec Laurence, Française de Sao Paulo !

Au pays du Carnaval, avec Laurence, Française de Sao Paulo !

A quelques jours de la fin de la période des carnavals que ce soit en Europe ou aux Amériques, les deux continents où rayonne l’esprit carnavalesque, nous recevons Laurence Casbas, la présidente de l’association française « Sao Paulo Accueil ». Avec elle, on plonge dans les coulisses du Carnaval de Sao Paulo où elle défila comme une vraie Brésilienne en intégrant une des 9 écoles de la ville.

Ecoutez le podcast avec Laurence Casbas

L’histoire du Carnaval

Avant de plonger dans l’univers brésilien, on s’attarde sur l’histoire du carnaval. Les origines de cette fête sont multiples et remonteraient à l’antiquité. Dès le IIème siècle avant J.-C., Babylone consacrait 5 jours de festivités (les Sacrées) en l’honneur de la déesse Anaïtis afin de célébrer le début du printemps et le renouveau de la nature. Pendant cette période, l’ordre établi était renversé. Les rôles étaient inversés et les esclaves prenaient la place de leur maître (même celle du souverain).

De leur côté, les Grecs vouaient cette célébration au Dieu de la féconditédu vin et de la végétation, Dionysos. Déjà à l’époque, les défilés étaient de mise ainsi que des représentations théâtrales festives. À l’image des Sacrées orientales, Rome organisait les Saturnales, de grandes festivités marquées par l’inversion des rôles en l’honneur du dieu de l’agriculture et du temps, Saturne. C’était également l’occasion de profiter de mascarades dans toute la ville pendant plusieurs jours.

Au Moyen Âge, l’Église catholique, d’abord opposée à ces festivités héritées de traditions païennes, finit par se les approprier. Dès le VIIIème siècle, le temps du carême (jeûne de 40 jours) et la fête de Pâques sont instaurés dans les mœurs. Le carnaval précède alors Carême. Un temps de relâchement nécessaire à l’époque afin d’éviter les mouvements de révolte (tout comme la Saint-Nicolas et la Saint-Étienne en décembre). Et la tradition s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui.

Le géant du char 2023 de la troupe de l’école dont Laurence Casbas est membre à Sao Paulo ©Laurence Casbas

Le Carnaval brésilien, un métissage des cultures

Le Carnaval brésilien n’est pas entièrement originaire d’Europe. Lorsque le Brésil devint une colonie portugaise, un certain nombre d’Africains furent amenés au pays par les pratiques du commerce des esclaves. Une grande partie des traditions du carnaval proviennent des traditions tribales africaines. Par exemple, certaines anciennes coutumes africaines consistaient à parader en encerclant le village pour éloigner les mauvais esprits et purifier l’air. Il était également fréquent en Afrique de créer des masques et des costumes de plumes, de pierres, d’os, avec des fibres de graminées, ou d’autres éléments naturels. L’utilisation des plumes était populaire car elles symbolisaient l’élévation et la renaissance des esprits. Tous ces éléments sont devenus essentiels dans le Carnaval du Brésil d’aujourd’hui.

Hommes de la troupe de l’école de Laurence Casbas défilant à Sao Paulo ©Laurence Casbas

Sans oublier la samba

La danse et la musique samba, qui sont des éléments essentiels du Carnaval brésilien, ne sont pas originaires du Brésil. La samba possède ses racines dans l’Afrique occidentale et en particulier en Angola, et a été importée au Brésil pendant la traite des esclaves dans les années 1600. Alors que les esclaves se mêlaient aux habitants, les conditions étaient réunies pour que la musique samba naisse. Avec la fin de l’esclavage, un certain nombre de Noirs migrèrent vers la partie sud de Rio en amenant avec eux leur musique. Les affranchis se réunissant dans des endroits comme la Nouvelle-Cidade et Praça Onze, ces lieux devinrent rapidement des centres pour la musique et la danse samba.

Participer au Carnaval, une histoire de coeur

Maintenant qu’on connaît mieux les racines du Carnaval comme il est vécu au Brésil, avec Laurence, on s’intéresse aux longues semaines de préparation.

Laurence Casbas en fin de répétition tard la nuit ©Laurence Casbas

Costume, chorégraphie, comment tout ceci s’organise ?

Laurence nous dévoile les coulisses de ce show, et nous réserve des anecdotes étonnantes. Fidèles à leur réputation d’hospitalité, les Brésiliens ont accueilli avec enthousiasme Laurence et sa copine. Ensemble elles ont relevé ce défi qu’elle ont réussi. Laurence partage avec nous la joie et le bonheur qu’elle a ressentis en vivant cette expérience. Une brique de plus pour s’intégrer au pays de la samba et qui est accessible, finalement, à tous les Français qui osent pousser la porte d’une des écoles présentes dans sa ville ou sa région.

Et preuve de la bienveillance des Brésiliens, Laurence et toute la troupe de son école ont remporté le Grand Prix du Carnaval de Sao Paulo, une première pour ces derniers depuis 2014.

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