La Serbie poursuit son long chemin vers l’UE (Union européenne). Depuis plus de quinze ans, ce pays a engagé ce processus. Celui-ci est toujours marqué par de fortes attentes politiques, économiques et sociétales. En janvier 2026, la visite à Belgrade de Jean‑Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a réaffirmé le soutien clair de la France à la perspective européenne de la Serbie. Pour les Français expatriés vivant sur place, cette possible adhésion suscite autant d’espoirs que d’interrogations.
Une visite française qui soutient la dynamique européenne de la Serbie
C’est en janvier que Jean‑Noël Barrot s’est rendu officiellement en Serbie, une première pour un ministre français des Affaires étrangères depuis huit ans. À Belgrade, il a rappelé le message de notre pays : la France soutient l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne, à condition que les réformes nécessaires soient menées à leur terme. Le ministre a ainsi exprimé « le soutien profond de la France à la perspective européenne de la Serbie », tout en soulignant « l’importance d’accélérer les réformes sur la voie de l’adhésion ».
« Un soutien profond de la France à la perspective européenne de la Serbie »
Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
Des propos tenus lors de ce déplacement officiel au cours duquel des échanges avec les plus hautes autorités serbes, dont le président Aleksandar Vučić et le ministre de l’Intégration européenne Nemanja Starović ont été programmées. Cette visite s’inscrivait notamment dans la stratégie française pour les Balkans occidentaux, qui vise à stabiliser durablement la région en l’ancrant dans le projet européen, tant sur le plan politique que sécuritaire. Le membre du gouvernement de Sébastien Lecornu a aussi souligné « la grande qualité de la relation bilatérale, qui trouve ses racines dans une mémoire commune et se déploie au travers de projets concrets, bénéfiques pour nos deux pays. »
La France, un allié politique et économique de poids

Au‑delà des déclarations de principe, la France s’implique concrètement en Serbie.
Lors de sa visite, Jean‑Noël Barrot a mis en avant la solidité de la coopération économique franco‑serbe, incarnée par plusieurs projets structurants : le financement de la première phase du métro de Belgrade, ou bien encore la signature d’une lettre d’intention pour un système de traitement des eaux usées.
Au cours de ce déplacement officiel a également été acté un programme régional de lutte contre le trafic de drogues de synthèse, conçu dans la perspective de l’adhésion à l’Union européenne des États de la région. Autant d’initiatives qui traduisent la conviction française que la sécurité et la stabilité des Balkans occidentaux sont « indissociables de celles de l’Union européenne ».
Les Français de Serbie : que pensent-ils de l’adhésion à l’UE ?
Ils sont près de 2 000 Français à résider de manière permanente en Serbie, parmi lesquels de nombreux binationaux. La communauté française est majoritairement concentrée à Belgrade. Elle est aujourd’hui représentée par un seul élu consulaire, Éric Grasser, conseiller des Français de l’étranger auprès de l’ambassade et du consulat. Celui-ci remettra en jeu son mandat lors de la prochaine élection prévue le 31 mai prochain.
« Si aucun calendrier précis d’entrée de la Serbie dans l’Union européenne n’est aujourd’hui fixé, la France continue de plaider pour une intégration progressive. »
Pour nombre d’expatriés français, une éventuelle adhésion de la Serbie à l’Union européenne présenterait plusieurs avantages concrets, notamment à travers une harmonisation des règles dans des domaines tels que la justice, la liberté de circulation, la sécurité des produits ou encore le commerce. Toutefois ces perspectives positives s’accompagnent également de préoccupations. L’alignement progressif sur les standards européens pourrait se traduire par une hausse des prix des biens, une augmentation du coût des services, ainsi qu’un renforcement des normes et des contraintes administratives.
L’adhésion de la Serbie à l’UE : Où en sommes‑nous ?
La Serbie a officiellement déposé sa candidature à l’Union européenne en décembre 2009. Trois ans plus tard, en mars 2012, elle a obtenu le statut de pays candidat, ouvrant la voie à des négociations d’adhésion formellement lancées en janvier 2014. Depuis, le processus progresse par étapes : à ce jour, 22 chapitres de négociation ont été ouverts sur les 35 que compte le cadre communautaire, illustrant un processus progressif toujours en cours.
L’avancée des discussions demeure toutefois conditionnée à plusieurs dossiers sensibles, au premier rang desquels figurent le renforcement de l’indépendance de la justice, la lutte contre la corruption, la liberté des médias et, la normalisation des relations avec le Kosovo. Si aucun calendrier précis d’entrée de la Serbie dans l’Union européenne n’est aujourd’hui fixé, la France continue de plaider pour une intégration progressive.
Auteur/Autrice
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Jérémy Michel est rédacteur en chef adjoint du média Lesfrancais.press. Il est également coach en développement personnel et formateur en communication. Jérémy a auparavant travaillé au sein de diverses institutions politiques françaises et européennes. Il a aussi été en charge des affaires publiques d’un grand groupe spécialisé dans la santé.
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