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Un coup de semonce pour nos entreprises et la communauté expatriée en Russie

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Un coup de semonce pour nos entreprises

Depuis l’invasion de l’Ukraine et la mise en place de sanctions internationales, les relations entre la Russie et les pays occidentaux sont le théâtre d’un bras de fer économique sans précédent. Au cœur de cette tourmente, les entreprises françaises installées en Russie, autrefois symboles de réussite et d’échanges fructueux, se retrouvent aujourd’hui prises au piège. La récente décision du Kremlin de placer sous administration provisoire les filiales de fleurons français tels qu’Auchan et Leroy Merlin marque un tournant brutal dans cette guerre économique, suscitant de vives réactions à Paris et soulevant de légitimes inquiétudes pour la communauté française sur place.

Le rouleau compresseur russe s’abat sur les fleurons français

Jusqu’à récemment, certaines multinationales occidentales avaient fait le choix de maintenir une activité restreinte en Russie, tentant de naviguer en eaux troubles. Mais la donne a changé radicalement avec la signature, le 17 septembre 2026, d’un décret présidentiel par Vladimir Poutine. Ce texte place sous « administration extérieure temporaire » les filiales russes du distributeur français Auchan, de l’enseigne de bricolage Lemana Pro (anciennement Leroy Merlin), ainsi que celles du géant suisse Nestlé. Les entreprises de logistique FM Logistics et Bati Logistics sont également concernées, démontrant la volonté de Moscou de contrôler l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Concrètement, la gestion opérationnelle de ces actifs a été confiée à une entité moscovite opaque, L.E.V. Management. Bien que les groupes occidentaux conservent la propriété juridique de leurs filiales, ils perdent tout pouvoir de décision sur la gestion quotidienne, les nominations, la stratégie ou les flux financiers.

Cette décision, qui s’inscrit dans un mécanisme initié en 2023 pour cibler les entreprises de pays « inamicaux », frappe des acteurs majeurs. Auchan, présent en Russie depuis 2002 avec environ 230 magasins, et Lemana Pro (ex-Leroy Merlin) avec ses 112 points de vente, figurent parmi les plus importants réseaux de distribution étrangers dans le pays. Pour le Kremlin, il s’agit d’une réponse aux actions militaires et économiques de ces États à l’encontre de la Russie.

Auchan
Auchan

« Acte hostile » et « chantage économique » : L’indignation de Paris

En France, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les ministères des Affaires étrangères et de l’Économie ont publié un communiqué conjoint dénonçant une mesure « sans justification » et appelant Moscou à faire marche arrière. Paris assure être en contact étroit avec les entreprises concernées.

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a exprimé son indignation avec force sur France 2, qualifiant la prise de contrôle d' »acte hostile » et de « chantage économique ». Il a appelé à l’annulation de cette décision, évoquant la possibilité de recours devant les tribunaux internationaux.

Le ministre a par ailleurs souligné que ces mesures coercitives n’entraveraient en rien la détermination de la France à soutenir l’Ukraine. Alexandre Chokhine, président de l’Union russe des industriels et entrepreneurs, a d’ailleurs présenté ces prises de contrôle comme des « signaux préventifs » adressés à l’Union européenne, laissant planer la menace de nouvelles saisies d’avoirs.

Quel avenir pour les Français de Russie ?

Cette escalade économique intervient dans un climat de tensions diplomatiques et militaires croissantes, qui ne manquent pas d’inquiéter la communauté française résidant en Russie. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a récemment dénoncé l' »agressivité redoublée » et la multiplication des « actes irresponsables » attribués à la Russie en Europe, évoquant des opérations hybrides (cyberattaques, désinformation).

De son côté, la Russie n’hésite pas à brandir la menace de représailles directes face au soutien militaire français à Kiev. La livraison de missiles longue portée SCALP-EG par la France et le Royaume-Uni provoque l’ire de Moscou. Ces armes, capables de frapper des cibles stratégiques en profondeur, sont considérées par la Russie comme une escalade inacceptable. Le ministère russe des Affaires étrangères a accusé Londres et Paris de « jouer avec le feu » et a menacé de cibler des installations militaires britanniques.

Pour les Français expatriés en Russie, ce climat délétère assombrit l’horizon. La prise de contrôle des entreprises françaises pourrait se traduire par des incertitudes sur le maintien de l’emploi pour le personnel local et expatrié. De plus, les discours de plus en plus hostiles de part et d’autre, ainsi que la menace d’une confrontation plus large, font peser des risques sécuritaires non négligeables.

Dans ce contexte volatil, la diplomatie française reste sur le qui-vive, cherchant à protéger les intérêts de ses entreprises tout en assurant la sécurité de ses ressortissants. La situation exige une vigilance accrue de la part de la communauté française en Russie, qui se retrouve en première ligne d’un conflit qui semble s’enliser et s’étendre sur de nouveaux fronts.

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