À l’approche du scrutin sénatorial du 27 septembre prochain, Lesfrancais.press donne la parole aux candidats qui sollicitent les suffrages des 533 grands électeurs. Tête de liste du « Rassemblement écologiste et solidaire pour les Français•es de l’étranger », la sénatrice sortante Mélanie Vogel revient sur son bilan, l’urgence de financer les services publics hors de France et les enjeux politiques majeurs des mois à venir.
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Élections sénatoriales : Mélanie Vogel, prône un second mandat écologiste et solidaire pour les Français de l’étranger
Podcast Lesfrancais.press
Une voix forte pour l’écologie et l’État de droit
Élue en 2021, Mélanie Vogel sollicite à nouveau la confiance des grands électeurs. Interrogée sur les motivations de sa candidature, notre invitée met en avant un engagement constant sur le terrain et à la tribune du Palais du Luxembourg : « J’ai notamment beaucoup travaillé pendant ce premier mandat au Sénat, à la fois pour l’amélioration des services publics et des conditions de vie des Français de l’étranger […], mais également sur certains grands sujets nationaux tels que l’inscription du droit à l’avortement (IVG) dans la Constitution et la défense de l’État de droit. »
« Je suis candidate à ma réélection parce que je pense qu’il faut des voix fortes au Sénat, dans une assemblée qui recule parfois sur les questions environnementales, sur les questions démocratiques, sur les questions sociales. »
Mélanie Vogel, tête de liste « Rassemblement écologiste et solidaire pour les Français•es de l’étranger, élections sénatoriales des Français établis hors de France
Face à une haute assemblée qu’elle estime parfois réticente sur les questions de transition écologique et sociale, la sénatrice sortante plaide pour le maintien d’une voix environnementale affirmée, portée par le très bon des résultats enregistrés par son parti lors des dernières élections consulaires : « Je suis candidate à ma réélection parce que je pense qu’il faut des voix fortes au Sénat, dans une assemblée qui recule parfois sur les questions environnementales, sur les questions démocratiques, sur les questions sociales, et une voix écologiste forte. »
Une gauche divisée au scrutin, mais une cible commune
Alors que la France Insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) présentent des listes séparées, l’Union de la gauche n’a pas pu se concrétiser pour ce scrutin. Une situation que déplore l’élue écologiste, qui indique avoir formulé une proposition d’alliance dès le lendemain des consulaires afin d’assurer une représentation maximale : « Je le regrette, ce n’est pas mon choix, c’est même l’inverse du choix que j’avais fait puisque au lendemain des élections consulaires, j’avais proposé au nom des écologistes un rassemblement de toute la gauche qui aurait permis, je crois, de garantir l’obtention de trois sièges pour la gauche » informe-t-elle au cours de cette interview.

Refusant de polémiquer sur l’échec des négociations, Mélanie Vogel réaffirme que ses véritables contradicteurs ne se trouvent pas dans son propre camp politique : « Moi, je n’ai pas d’adversaire à gauche, aucun. Mes adversaires, c’est la droite et les macronistes qui ont depuis dix ans ont participé à la dégradation des services publics à l’étranger. »
Éducation et AEFE : « Refinancer le réseau »
Au cœur du programme du Rassemblement écologiste et solidaire figure la situation critique de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE). Pour la candidate, les difficultés actuelles découlent de choix budgétaires étatiques défavorables : « L’AEFE subit aujourd’hui ce qu’on appelle une crise, mais en réalité une crise qui a été construite par des décisions politiques qui ont été prises ces dix dernières années et qui ont consisté à définancer, désengager l’État dans le financement de notre réseau d’éducation français à l’étranger […] »
« Je le regrette, ce n’est pas mon choix, (…) au lendemain des élections consulaires, j’avais proposé au nom des écologistes un rassemblement de toute la gauche qui aurait permis, je crois, de garantir l’obtention de trois sièges pour la gauche. »
Mélanie Vogel, tête de liste « Rassemblement écologiste et solidaire pour les Français•es de l’étranger, élections sénatoriales des Français établis hors de France
Ce désengagement entraîne une hausse des frais de scolarité pour les familles installées hors de France, risquant d’altérer la nature même de ce service public : « On a aujourd’hui, en 2026, la subvention de l’AEFE de la part de l’État est inférieure à celle qu’elle était en 2018, alors qu’on a 25% d’élèves en plus. Il faut prendre le chemin inverse et refinancer le réseau, un réseau qui est un de nos plus beaux outils, à la fois de services publics, mais également de diplomatie culturelle à l’étranger. »
Droit au compte, fiscalité et réformes institutionnelles
Parmi ses autres engagements prioritaires, la sénatrice entend poursuivre son action pour faciliter le quotidien bancaire des Français vivant à l’étranger. Bien que sa proposition de loi sur le droit au compte bancaire n’ait pas été votée au Sénat, elle souligne qu’elle a permis d’amorcer un travail conjoint avec le ministère des Finances et le secteur bancaire.

Sur le volet fiscal, la tête de liste les écologistes rejette catégoriquement l’idée d’un impôt basé sur la nationalité, lui préférant le concept de « citoyenneté de résidence » :« « j’ai toujours été opposée pour des raisons pratiques mais aussi pour des raisons philosophiques à avoir un impôt fondé sur la nationalité parce que les écologistes sont depuis toujours attachés à ce que nous appelons la citoyenneté de résidence. »
« Je privilégie les échanges à distance et le téléphone, beaucoup de téléphone. Je pense que le coût carbone et finances publiques de déplacement auprès de 533 grands électeurs ne seraient pas défendables.»
Mélanie Vogel, tête de liste « Rassemblement écologiste et solidaire pour les Français•es de l’étranger, élections sénatoriales des Français établis hors de France
Enfin, à l’approche des échéances nationales clés, Mélanie Vogel appelle à mener des réformes institutionnelles préventives pour consolider la démocratie : « Moi, il y a un sujet qui me tient très à cœur, c’est le fait qu’on utilise les quelques mois qui nous séparent de l’élection présidentielle pour mener à bien un certain nombre de réformes institutionnelles et démocratiques en France que l’on peut faire tant qu’il y a encore une majorité démocratique en France pour rendre le plus difficile possible le détricotement de l’État de droit par l’extrême droite » indique-t-elle à notre micro.
Une campagne sobre et axée sur l’urgence climatique
Privilégiant la sobriété écologique et la bonne gestion des fonds publics, Mélanie Vogel mène sa campagne à distance auprès des 533 grands électeurs. Une cohérence d’action au regard des récents événements climatiques en France : « Je privilégie les échanges à distance et le téléphone, beaucoup de téléphone. Je pense que le coût carbone et finances publiques de déplacement auprès de 533 grands électeurs ne seraient pas défendables. »






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