Vous avez été 1 222 à répondre à notre consultation sur les vacances estivales, réalisée du 7 au 10 juillet 2026 sur Lesfrancais.press. Découvrons ensemble ce que révèlent vos réponses : après plusieurs étés de renoncement, nos compatriotes de l’étranger reprennent le chemin des vacances. Mais loin du cliché des expatriés riches et insouciants, ils partent avec un budget serré, un attachement viscéral à la France… et une conscience écologique qui reste, pour l’heure, un vœu pieux.
Le grand retour des valises : 64 % repartent
Souvenez-vous : à l’été 2023, 59 % des Français de l’étranger se résignaient à ne pas partir en vacances. Trois ans plus tard, la tendance s’est spectaculairement inversée. 64,15 % des répondants déclarent avoir prévu de partir en juillet ou en août 2026, contre seulement 35,85 % qui resteront à la maison.
Le contraste avec 2023 est saisissant : la part des partants a bondi de 41 % à plus de 64 %, soit une progression de 23 points. Nos compatriotes, longtemps privés de leurs sacro-saintes vacances estivales par la pandémie puis par l’inflation, semblent avoir décidé de renouer avec le départ, coûte que coûte.
Un chiffre à mettre en perspective : selon le baromètre annuel Cofidis publié en juin 2026, 62 % des Français de métropole comptent partir cet été, un niveau quasi stable. Pour une fois, les Français de l’étranger font mieux que la métropole en matière d’intentions de départ.

La France, toujours la destination de cœur
Interrogés sur leur destination, les partants sont sans équivoque : 52,63 % rentrent en France « comme chaque année », auxquels s’ajoutent 9,21 % qui s’y rendent « exceptionnellement ». Au total, près de 62 % des vacanciers poseront leurs valises dans l’Hexagone.
L’attachement au pays d’origine demeure donc le premier moteur des vacances. Les autres choisissent la découverte de leur environnement proche : 13,16 % restent dans un lieu de villégiature de leur pays de résidence, 10,53 % explorent un autre pays européen. Les destinations lointaines, sur un autre continent, ne séduisent que 11,84 % d’entre eux, un chiffre non négligeable qui rappelle que l’expatriation rime aussi, parfois, avec goût du grand large.
La France reste ainsi, année après année, la destination du cœur : celle des retrouvailles familiales, des racines et de l’été à la française.

L’avion garde la première place, mais la voiture s’impose
Comment nos compatriotes rejoignent-ils leur lieu de vacances ? L’avion reste le premier moyen de déplacement, avec 52,17 % des réponses. Rien d’étonnant : pour un Français installé hors d’Europe, il n’existe souvent pas d’alternative crédible pour rentrer au pays.
La véritable surprise vient de la deuxième marche du podium : la voiture, avec 31,88 %, devance très largement le train. Ce dernier, qui recueillait 39 % des suffrages en 2023, s’effondre à 11,59 % cette année. Le bateau, lui, reste marginal (4,35 %).
Ce basculement de l’avion et de la voiture au détriment du train interroge : symbole de la mobilité décarbonée en 2023, le rail semble aujourd’hui sacrifié sur l’autel du budget et de la praticité, dans un contexte où les tarifs SNCF n’ont cessé de grimper.

Un budget contenu, loin des dépenses de la métropole
Combien nos compatriotes consacrent-ils à leurs vacances, par personne ? La réponse dessine le portrait de vacanciers économes. La tranche la plus représentée est celle des 501 à 1 000 euros (38,33 %), suivie de la fourchette 1 001-1 500 euros (18,33 %). En cumulé, plus de la moitié des partants (51,66 %) dépensent 1 000 euros ou moins par personne, mobilité, logement et loisirs inclus.
À l’autre bout du spectre, ils ne sont que 15 % à débloquer plus de 2 000 euros par personne. Loin de l’image d’expatriés fiscaux jouissant sans vergogne d’avoir fui l’hexagone, la majorité de nos lecteurs voyagent au plus juste.
Cette prudence fait écho au contexte hexagonal. En métropole, le budget vacances moyen s’est effondré à 1 748 euros par ménage en 2026, soit 287 euros de moins qu’en 2025 et le plus bas niveau depuis 2022, selon Cofidis. En cause : une inflation persistante à 2,4 % et une flambée des prix des carburants qui, pour 71 % des Français, pèse directement sur les projets de vacances. Les Français de l’étranger n’échappent pas à cette logique de sobriété.

Et pourtant, ils oublient (encore) la détaxe
Voilà une occasion manquée qui persiste. Rentrer en France, c’est aussi l’opportunité d’y faire des achats en bénéficiant de la détaxe (le remboursement de la TVA pour les résidents hors Union européenne). Or les résultats sont sans appel. 66,67 % des partants se déclarent éligibles à la détaxe, mais seulement 14,04 % l’utilisent réellement. Le reste ? 24,56 % avouent ne pas connaître la procédure, 21,05 % « n’y pensent jamais » et 7,02 % la jugent « trop complexe ». Un participant résume le sentiment général dans les commentaires : « Comment savoir si je suis éligible ? »
Le paradoxe de 2023 se répète donc : une majorité peut en bénéficier, mais l’immense majorité laisse filer cet avantage. Entre méconnaissance et lassitude administrative, la détaxe demeure le rendez-vous manqué des Français de l’étranger.

Le comparatif 2023 / 2026 en un coup d’œil
| Indicateur | 2023 (5 876 rép.) | 2026 (1 222 rép.) | Évolution |
|---|---|---|---|
| Partent en vacances | 41 % | 64,15 % | ▲ +23 pts |
| Se rendent en France | 59 % | 61,84 % | ▲ +3 pts |
| Se déplacent en train | 39 % | 11,59 % | ▼ –27 pts |
| Budget ≤ 1 000 € / pers. | 57 % | 51,66 % | ▼ –5 pts |
| Éligibles à la détaxe | 53 % | 66,67 % | ▲ +14 pts |
| Utilisent la détaxe | 18 % | 14,04 % | ▼ –4 pts |
Note méthodologique : la consultation 2023 (22-27 avril, 5 876 répondants) et celle de 2026 (7-10 juillet, 1 222 répondants) portent sur des échantillons et des périodes distincts ; les comparaisons sont indicatives.
L’attache à la France, plus forte que jamais
Si un enseignement domine cette consultation, c’est la permanence du lien avec la France. Avec près de 62 % des vacanciers qui choisissent l’Hexagone, une proportion en légère hausse par rapport à 2023, la mère patrie reste la destination de cœur, celle vers laquelle on revient « comme chaque année ». Ce n’est pas un hasard : au 1er janvier 2026, 1 784 975 Français étaient inscrits au registre des Français établis hors de France, un chiffre en hausse continue. Plus nombreux à l’étranger, mais toujours aussi attachés à leurs racines, nos compatriotes font des vacances estivales le moment privilégié des retrouvailles familiales et de la transmission. Un commentaire nuance toutefois ce tableau : « Mieux vaut rester dans le pays de résidence. L’atmosphère en France, et c’est bien dommage, n’est pas des plus agréables. » Signe que l’attachement, s’il reste majoritaire, n’est plus inconditionnel.
Partir plus, dépenser moins
Le grand paradoxe de 2026 tient en une phrase : on repart, mais on serre les cordons de la bourse. La forte remontée des départs (+23 points) ne doit pas masquer la réalité des budgets : plus d’un partant sur deux dépense 1 000 euros ou moins par personne, et le train, pourtant plébiscité en 2023, a été largement abandonné, sans doute pour des raisons de coût autant que de praticité. Cette prudence colle au climat général : en métropole, le budget vacances est au plus bas depuis 2022, rogné par l’inflation et le prix des carburants. Les commentaires des répondants ajoutent une dimension patrimoniale : « La taxe d’habitation combinée à la taxe foncière finiront par nous faire abandonner l’idée de conserver de l’immobilier en France », déplore l’un d’eux, pointant une fiscalité qui pèse sur le lien matériel avec le pays. Et pourtant, ces vacanciers économes continuent de bouder la détaxe, laissant sur la table un avantage financier bien réel.
La bonne conscience à l’épreuve du portefeuille
C’est peut-être le constat le plus frappant de cette édition. Alors que le tourisme durable n’a jamais été autant mis en avant, un Paris-Barcelone en train émet 10 fois moins de CO₂ qu’en avion, et le rail est 20 à 50 fois moins émetteur que l’avion, les Français de l’étranger empruntent le chemin inverse. La part du train s’est effondrée (de 39 % à 11,59 %) au profit de l’avion (52,17 %) et de la voiture (31,88 %). Certes, l’éloignement géographique impose souvent l’avion à celles et ceux qui vivent hors d’Europe : difficile de rejoindre Paris depuis Singapour ou São Paulo en TGV. Mais la chute du rail, y compris pour les trajets européens, montre que l’argument écologique cède devant les contraintes budgétaires et pratiques. En métropole aussi, l’empreinte environnementale n’arrive qu’en troisième position des critères de choix, derrière le prix et le contexte géopolitique. La transition écologique des vacances reste, pour l’heure, un idéal que la réalité économique rattrape.
L’été 2026 marque le retour en force des vacances pour les Français de l’étranger. Mais ce retour se fait sous le signe de la mesure : budgets contenus, attachement réaffirmé à la France, et une conscience écologique qui peine encore à se traduire dans les faits. Entre le cœur qui appelle l’Hexagone et le portefeuille qui impose ses arbitrages, nous dessinons le portrait d’une expatriation lucide, économe et profondément attachée à ses racines.








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