Votre Huawei est-il un dangereux espion ?

Votre Huawei est-il un dangereux espion ?

janvier 31, 2019 0 Par Fabien Ferasson

Les Etats-Unis ont décidé de poursuivre Huawei devant la Justice, avec treize chefs d’inculpation, pour vol de technologies et pour infraction à la législation concernant le commerce avec l’Iran.

Depuis des mois, les autorités américaines considèrent que Huawei et ZTE, des équipementiers chinois, ont volé des secrets industriels, notamment dans le domaine militaire.

Le groupe Huawei a été fondé dans les années 80 par un colonel de l’Armée chinoise, et els Etats-Unis, pensent, no sans raison, que le groupe collabore avec l’armée et ele gouvernement chinois, notamment pour utiliser des portes dérobées à des fins de renseignement ou de cyber attaque. Le gouvernement chinois se servirait d’Huawei ou ZTE comme des bras armés de son réseau de renseignement. Selon les Américains, les Chinois veulent dominer la technologie 5G et les standards internationaux technologiques qui la sous-tendent.

Mais les Américains ne sont pas les seuls à avoir de sérieux doutes. Le Canada a arrêté la directrice financière de Huawei. Initiative d’autant plus grave qu’elle est la fille du fondateur etpatron du groupe. En rétorsion, les Chinois ont arrêté deux Canadiens pour espionnage. Du coté britannique, le « Government Communications Headquarters » (renseignement) a déclaré qu’il n’avait « pas d’assurance que les équipements de Huawei ne représentaient aucune menace pour la sécurité nationale ».

En France, dés 2012 le sénateur Jean Marie Bockel exprimait ses interrogations sur les menaces concernant la sécurité nationale concernant les routeurs pouvant être fournis par Huawei en France. Cette semaine au Sénat, le ministre des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, a déclaré que le gouvernement avait « tout à fait conscience des risques, à la fois de la place d’Huawei sur les réseaux centraux et sur son intervention sur le déploiement de la 5G ». La 5G permettra en effet d’accélérer les transferts de données. Or SFR comptait installer des équipements Huawei en Ile de France pour son réseau.

Un amendement à la loi Pacte, déposé en urgence, a élargi la liste des équipements de télécommunication devant faire l’objet d’un contrôle formel de l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information. Allemagne, Pologne, Australie, Japon prennent également des mesures pour éloigner Huawei.

Du coté chinois, on considère qu’il s’agit là de manœuvres visant à favoriser les entreprises américaines et européennes, « une campagne injuste et immorale » disent les Chinois.  Rappelons que les entreprises qui ont leur siège social en Chine sont obligées de coopérer avec les services de renseignement et de sécurité. Ce qui est, du point de vue du gouvernement chinois, sans aucun doute juste et moral.

Pour autant, on peut se poser plusieurs questions : Si Huawei est un cheval de Troie, pourquoi l’avoir laissé prospérer ? Si Huawei l’est, les autres ne le seraient-ils pas également? Ne faut-il pas envisager des règles de protection universelles, et commencer par un accord euro-américain ? A condition que les Américains le veuillent.

« Big Brother entre dans votre salon par un appareil à bas coût chinois », dit un élu américain. Et s’il n’est chinois, entrera-t-il par un appareil un peu plus cher américain ? En attendant, utilisez Qwant et achetez Archos.

La rédaction

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