Un franco-ivoirien révélation de la rentrée littéraire

Un franco-ivoirien révélation de la rentrée littéraire

octobre 10, 2018 0 Par La rédaction

 

 

Gauz est le nom de plume d’Armand Patrick Gbaka-Brédé.  Agé de 47 ans,  il est né à Abidjan en Côte d’Ivoire . Son père Patrice Gbaka-Bredé  est enseignant et ancien député socialiste.   Sa mère  Delphine Leguei Bogou, infirmière et communiste, a soigné les blessés au Rwanda en 1994. Il a été naturalisé Français  quand, vivant et travaillant à Paris, il est devenu père. Aujourd’hui il vit entre la France et la Côte d’Ivoire.

Gauz a de multiples cordes : photographe, scénariste, il est aussi rédacteur en chef d’un journal économique satirique ivoirien.  Son premier roman  Debout-Payé, publié à Paris en 2014, aux éditions Le Nouvel Attila  a été unanimement salué par la critique. Il a été le premier lauréat d’un nouveau prix littéraire: le prix des Libraires Gibert Josep

 

 

 

Camarade Papa est  son second roman.  Il offre une perspective originale sur l’histoire de la présence française en Côte d’Ivoire à travers deux récits parallèles : deux histoires croisées par delà deux siècles, celle d’un colon français au XIXe siècle, et celle d’un enfant d’immigrés africains en Europe au XXe siècle.

À la fin du XIX siècle, à la mort ses parents, Dabilly décide de quitter la France pour tenter sa chance en Afrique. il travaille dans l’entreprise de commerce international d’Arthur Verdier (1835-1898),  Il arrive à Grand-Bassam alors que Français et Anglais se disputent le contrôle de la région. Mandaté pour négocier des accords avec les tribus locales, il s’immerge dans la société  locale dont il découvre la richesse et la complexité.  Il développe un regard critique non seulement sur les mœurs africaines, mais aussi sur celles des colons, divisés entre « négrophiles » et « négrophobes » :

Un siècle plus tard, Anouman  quitte lui aussi l’Europe pour la Côte d’Ivoire, pays d’origine de ses parents.  Il pose un regard étonné sur la société africaine. Marqué par le communisme paternel, il décrypte  les attitudes et les discours des adultes à travers la grille d’analyse de la lutte des classes.   Sa vision de la Côte d’Ivoire est emprunte d’ironie et fait souvent une critique par l’absurde. L’enfant crée son propre vocabulaire : esclavengeurs, suppositoires du grand capital …

 

Avec  Debout payé, il avait fait le portrait d’un jeune Africain sans papiers qui devient vigile à Paris dans les années 1990. C’est aussi un livre  inspiré par son histoire personnelle. Entre 1999 et  2002, étudiant en master de biochimie à ParisVII,  Gauz est sans papiers et travaille comme vigile. Vif, drôle et émouvant, le livre n’était pas sans critique de la société française face à l’immigration. Dans Camarade Papa, on retrouve le même sens de la satire, appliqué à l’histoire de la colonisation et de l’immigration.  L’écrivain a son propre style, unique, truculent et imagé. Loin du politiquement correct il met en évidence l’absurdité des discours convenusquels qu’ils soient. Ses livres sont toujours un moment privilégié de lecture.Sans idéologie ni parti pris, Gauz plonge son lecteur dans une réalité bien familière aux Français de l’étranger, le métissage culturel.

Camarade Papaest le livre de la rentrée littéraire des Français de l’étranger.

 

Camarade Papa,Le nouvel  Attila, août2018,192 pages, 19 euros.

 

 

La Rédaction,

Le 31/08/2018

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