Trafic aérien, toujours très perturbé

Trafic aérien, toujours très perturbé

Le compteur des annulations de vols cumulées continue de s’affoler, avec plus de 40 000 annulations sur les 72 000 vols programmés, selon des données publiées cette semaine par Cirium, entreprise spécialisée dans l’analyse de données aéronautiques. Deux semaines après le début des hostilités, le trafic aérien reste toujours très perturbé. On fait le point pour les Français de l’étranger.

Depuis la France vers l’Asie

Avant la guerre, Dubaï était le deuxième aéroport mondial en termes de passagers, tandis que Doha rivalisait en fréquentation avec Hong Kong et Francfort. La quasi-paralysie de ces installations au Moyen-Orient a provoqué le chaos dans le transport aérien mondial, des passagers se retrouvant bloqués par milliers en Asie notamment. Des compagnies européennes et asiatiques disposant d’avions long-courrier ont annoncé avoir renforcé leurs liaisons directes entre les deux continents, en particulier Lufthansa, Air France, Malaysia Airlines et Cathay Pacific.

Cependant, Air France et Lufthansa ont ainsi arrêté toutes leurs lignes vers le Moyen-Orient dès le début de la guerre et jusqu’à samedi au moins.

Chypre, Égypte, Israël et Turquie

Les espaces aériens sont ouverts, mais les compagnies aériennes limitent, voire ont cessé d’opérer des vols vers le Moyen-Orient et le Golfe tant que la situation reste instable.

Iran

L’espace aérien et les aéroports de la République islamique sont totalement fermés jusqu’au 15 mars, avec quelques exceptions décidées au cas par cas.

Émirats arabes unis

L’émirat a maintenu jusqu’au 16 mars sa décision de garder ouverts des couloirs aériens via des zones d’Emergency Security Control of Air Traffic (ESCAT), où le trafic aérien est placé sous contrôle de sécurité renforcé. Etihad Airways, Emirates, Air Arabia et Flydubai assurent certains vols vers des destinations majeures, pour des vols de rapatriement. Certaines liaisons commerciales ont également repris, mais pas vers Beyrouth. Emirates a suspendu ses vols vers le Liban jusqu’au 14 mars, tandis qu’Etihad n’atterrira plus dans la capitale libanaise avant le 22 mars au mieux.

Des avions d'Emirates sont stationnés à l'aéroport international de Dubaï après sa fermeture, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le dimanche 1er mars 2026. ©AP - Altaf Qadri
Des avions d'Emirates sont stationnés à l'aéroport international de Dubaï après sa fermeture, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le dimanche 1er mars 2026. ©AP - Altaf Qadri

Qatar

La Qatar Civil Aviation Authority a partiellement rouvert son espace aérien samedi dernier après une semaine de fermeture totale. Depuis, Qatar Airways a opéré plusieurs vols spéciaux de rapatriement vers diverses destinations et en a programmé 119 entre le 13 et le 17 mars. L’émirat gazier a décidé, dès les premiers jours du conflit, de prolonger gratuitement d’un mois les visas des voyageurs pris au piège et de prendre en charge les frais d’hôtels et de repas des passagers bloqués. S’agissant des vols vers le Liban, le Qatar prend ses décisions au jour le jour et n’a pas annoncé de suspension prolongée pour l’instant.

Bahreïn et Koweït

Leurs espaces aériens sont restés fermés jusqu’à présent. Les autorités du Koweït ont fait état jeudi de dégâts après une attaque de drones sur l’aéroport de la capitale. Les passagers qui veulent quitter le pays peuvent rallier l’Arabie saoudite par la route, en obtenant un visa de transit valable 72 heures. Bahreïn a déplacé des avions de passagers et de cargo de l’aéroport vers des sites moins exposés. Le Bahreïn a récemment exempté les détenteurs de visas des amendes infligées en cas de retard à quitter le pays, pendant un mois après la réouverture de l’espace aérien.

Oman

L’espace aérien demeure ouvert, mais Oman Air a annoncé dimanche la suspension de ses vols vers neuf destinations au Moyen-Orient en raison de la situation sécuritaire volatile.

Liban

L’espace aérien libanais et l’aéroport international de Beyrouth restent ouverts, même depuis que le conflit s’est étendu dans le pays le 2 mars. Seule la Middle East Airlines opère des vols vers un nombre limité de destinations — notamment dans le Golfe, avec souvent des temps de vol plus longs — pouvant varier en fonction des événements ou des restrictions de passage dans les couloirs aériens que ses avions doivent emprunter.

Arabie saoudite

L’espace aérien reste partiellement fermé au niveau des frontières avec l’Irak et le golfe Persique, jusqu’à nouvel ordre, mais continue d’opérer des vols via ses autres couloirs aériens. Les principaux aéroports du pays restent ouverts.

Jordanie

D’abord partiellement fermé dès les premiers jours du conflit, l’espace aérien jordanien est presque totalement rouvert depuis une bonne semaine. Il est recommandé aux avions en approche d’embarquer du carburant supplémentaire afin de pouvoir faire face à d’éventuels retards, rapporte Flightradar24. Le président du conseil des commissaires de la Civil Aviation Regulatory Commission, Daifallah al-Farajat, a affirmé dans un communiqué que le trafic aérien à l’aéroport international Reine Alia évolue de manière stable et régulière, avec « un taux d’exploitation quotidien compris entre 110 et 130 vols ».

Syrie

L’aéroport international de Damas est fermé depuis fin février. Mais depuis une semaine, les autorités syriennes ont réactivé un couloir aérien depuis Alep pour des vols spéciaux, notamment assurés par la compagnie privée syrienne Cham Air. Le couloir est également ouvert aux compagnies aériennes étrangères. La compagnie roumaine Dan Air a récemment annoncé qu’elle allait programmer des vols.

Irak

L’espace aérien reste totalement fermé, tout comme les aéroports, également jusqu’au 13 mars.

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