Vivre en Thaïlande, entre plages de sable fin et douceur de vivre, est un rêve pour des milliers de Français. Cependant, la « douceur » ne doit pas faire oublier la rigueur administrative. Depuis 2024, et avec de nouvelles clarifications apportées en 2026, les règles du jeu fiscal pour les revenus de source française ont considérablement évolué.
Que vous soyez retraité, investisseur immobilier ou digital nomad, comprendre l’interaction entre le fisc français et le Revenue Department thaïlandais est crucial pour éviter la double imposition et les sanctions.
La règle d'or des 180 Jours
Avant de parler d’impôts, il faut définir votre statut. En 2026, la Thaïlande applique strictement le critère de présence physique.
Ainsi, vous êtes résident(e) fiscal(e) thaïlandais(e), si vous séjournez en Thaïlande plus de 180 jours au cours d’une année civile (du 1er janvier au 31 décembre). Logiquement, en vivant en Thaïlande, vous perdez généralement votre résidence fiscale en France (sauf si votre foyer ou le centre de vos intérêts économiques y demeure).
Dernièrement, suite aux modifications de la fiscalité dans le pays du Siam, le débat a été vigoureux. Faut-il désormais déclarer vos revenus mondiaux s’ils sont rapatriés dans le pays, allez-vous subir une double imposition ? Des questions qui ont enfin trouvé des réponses en ce début d’année.
L'imposition des retraites françaises en Thaïlande
C’est le sujet brûlant de 2026. Après les annonces liées aux réformes thaïlandaises sur les revenus étrangers, l’ambassade de France a apporté des clarifications majeures en février 2026.
Selon le communiqué publié par l’ambassade, « les autorités fiscales thaïlandaises (Revenue Department – RD) ont indiqué aux autorités françaises que s’agissant des pensions privées, des pensions publiques et des prestations sociales versées aux ressortissants français qui sont imposables en France en vertu des articles 18 (pensions privées), 19 (fonction publique) et 22 (autres revenus) de la convention fiscale franco-thaïlandaise, la Thaïlande est tenue d’éliminer la double imposition de ces revenus des ressortissants français qui sont des résidents fiscaux thaïlandais en appliquant la méthode de l’exonération prévue au a) du 2 de l’article 23 de la convention fiscale entre la Thaïlande et la France. » Les services de l’ambassade précisent que ces revenus sont aussi exemptés de déclaration même si en tant que résident fiscal thaï, il est obligatoire de réaliser cette démarche. Concrètement, si vous ne percevez que des revenus issus de votre pension en France, vous devez remplir une déclaration à zéro.
Cependant aucun document officiel n’a été fourni par les services consulaires. Un oubli que les retraités en Thaïlande ont soulevé. Sur le groupe Facebook dédié à nos compatriotes pensionnés installés dans ce pays, on peut lire de nombreuses interrogations surtout que « le délai de reprise pour défaut de déclaration par les autorités thaïlandaises est de 10 ans, et leur approche de ce même problème pourrait encore évoluer. » Et il paraît impossible que le communiqué du 13 février 2026 soit à lui seul opposable aux autorités thaïlandaises. D’ailleurs, le groupe invite à déclarer l’ensemble des revenus en indiquant l’imposition déjà subite en France.
Mais, les élus comme la sénatrice Hélène Conway-Mouret (PS) ont, décidé, d’acter le coup d’éclat de notre administration et de la diplomatie française.

Peu rassurés, les Français concernés maintiennent leur requête de « rendre publique la communication officielle du Thai Revenue Dpt ».
Calendrier 2026
En tant que retraité(e) du public comme du privé, pour rester en conformité, il faudra jongler avec deux administrations ! Avec la française, auprès de laquelle il faudra entre avril et juin procéder à sa déclaration de revenus de source française via le formulaire 2042 et 2042-NR.
Et avec la thaïlandaise, auquel vous devrez déposer une déclaration des revenus imposables en Thaïlande (incluant les revenus étrangers rapatriés non protégés par la convention soit tous les autres revenus hors les pensions et autres prestations sociales) via le formulaire P.N.D. 90/91 avant fin mars.
Donc vous l’avez constaté, il y a un petit souci de calendrier. Que faire entre avril et août, mois où les avis d’impositions français sont disponibles, en cas de demande des autorités thaïlandaise ? Les services fiscaux de l’ambassade, dans leur communiqué, indiquent que « l’exemption peut être motivée auprès du RD par tout moyen, notamment grâce aux bulletins de pension où figure le montant de l’impôt prélevé à la source. »
Aussi, n’oubliez pas que l’administration fiscale thaïlandaise requiert des documents en langue thaï. Si une traduction « faite maison » peut être acceptée, il est le plus souvent demandé une traduction ayant un caractère probant (par exemple, par un traducteur certifié).
Revenus immobiliers et Plus-values en France
Mais qu’on soit retraité ou non, on peut percevoir d’autres revenus comme ceux issus de la mise en location de l’ancienne résidence principale ou tout autre bien. Qu’en-est-il ?
De ce côté, pas de changement, ainsi si vous possédez des biens en France (locations nues, meublées ou SCPI), la règle est immuable : la France conserve le droit d’imposer les revenus des immeubles situés sur son territoire.
En tant que résident d’un pays hors UE, vous resterez même redevable des prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. Pour l’imposition, vous pouvez choisir selon votre situation entre le prélèvement libératoire de 20% (attention dès le premier euro) soit de vous aligner sur la fiscalité classique d’un foyer fiscal français. En cas de SCI, vos options dépendront de l’option choisie soit l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu s’il y a des bénéfices soit la transparence fiscale avec une imposition des revenus classique. Précisons que ces revenus ne sont pas taxés une seconde fois en Thaïlande, car ils ont déjà subi l’impôt à la source en France.
La réforme des revenus rapatriés
C’est cette réforme qui a mis le feu aux poudres ! Car, théoriquement, les dispositions, qui en découlent, génèrent une double imposition. Depuis 2024, les revenus de source étrangère (dividendes, intérêts, factures de consultant, salaires) perçu par un résident fiscal thaïlandais et transféré en Thaïlande est imposable au barème progressif local (de 0 % à 35 %). Lors des premières communications du département fiscal thaï, les retraites et les prestations sociales étaient aussi incluses.
Notons que pour dynamiser l’économie en 2026, le gouvernement thaïlandais a introduit une mesure de souplesse : les revenus étrangers transférés en Thaïlande dans les deux années suivant leur génération pourraient bénéficier d’une fenêtre d’exemption sous certaines conditions de réinvestissement local. On vous propose un petit mémo qui récapitule les principaux points de ce casse-tête chinois !























