Tentative de sortie de crise pour le Gouvernement mais les Gilets Jaunes s’organisent pour un nouveau samedi

Tentative de sortie de crise pour le Gouvernement mais les Gilets Jaunes s’organisent pour un nouveau samedi

décembre 4, 2018 0 Par La rédaction

Edouard Philippe a annoncé mardi devant les députés de la majorité un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants, demandé par les Gilets jaunes, la quasi-totalité de l’opposition et même désormais le nouveau dirigeant d’En Marche, Stanislas Guérini.

Cette décision était encore formellement exclue par le pouvoir ces derniers jours. Mais le déchaînement de violences samedi à Paris et l’enlisement du conflit avec les Gilets jaunes a fait bouger les lignes. Alors que le Premier ministre Edouard Philippe consultait lundi les partis politiques pour trouver des solutions à la crise, il a officialisé mardi matin l’annonce d’un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants, c’est-à-dire leur suspension. Plusieurs sources gouvernementales l’ont d’abord confirmé à l’AFP et le chef du gouvernement l’a ensuite confirmé devant les députés de la majorité, lors de la réunion hebdomadaire du groupe En marche, avant de faire une déclaration télévisée.

« Il faudrait être sourd » pour ne « pas entendre la colère » des Français, a affirmé Edouard Philippe au cours de cette allocution. Outre la suspension de la hausse de cette taxe, le chef de gouvernement a annoncé le gel des tarifs électricité et gaz et du durcissement du contrôle technique automobile. « Le moratoire ne remettra pas en cause l’ambition de la transition écologique », avait-il assuré devant les députés macronistes. « Une taxe, ce n’est pas une réforme, mais un moyen de la réforme », a-t-il également plaidé.

Le matin sur RTL, c’est le nouveau dirigeant d’En Marche, Stanislas Guerini, qui formulait cette demande – une première pour le parti présidentiel. « Le temps du débat, on lève le crayon, on fait un gel (…) Il doit y avoir une pause pour mettre en place le débat », a fait valoir le délégué général tout juste élu samedi dernier, au moment même de la mobilisation des Gilets jaunes et des scènes d’émeute qui se déroulaient à Paris.

L’annulation des hausses des taxes, revendication initiale des Gilets jaunes

L’annulation des hausses des taxes sur les carburants était l’une des revendications phares des manifestants, qui en faisaient même un préalable à toute discussion. Le projet de loi de finances 2019, toujours examiné au Parlement, prévoyait une nouvelle hausse de la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE) à compter du 1er janvier prochain, de 6,5 centimes sur le diesel et de 2,9 centimes pour le super. A l’exception d’Europe Écologie-Les Verts et de Génération Écologie, toutes les formations d’opposition ont également plaidé pour un « moratoire » dans la hausse prévue le 1er janvier des taxes sur le carburant.

Mais les annonces du gouvernement seront-elles suffisantes pour satisfaire les revendications des gilets jaunes ? Mardi 4 décembre, le premier ministre doit notamment annoncer un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants, ce qui signifie que la mesure sera suspendue pendant plusieurs mois. La trentaine de Gilets jaunes bloquant l’entrée du centre des impôts de Limoges ce mardi matin n’est pas encore convaincue.
« Pour moi le moratoire c’est repousser le problème. […] Nous ça ne nous intéresse pas de repousser ces taxes. Il faut absolument qu’il annule ces taxes et qu’on remette tout à plat« , souligne un Gilet Jaune, devant le centre des impôts. « Nos revendications ne s’arrêtent pas à la hausse des carburants« , rappelle un autre manifestante.
Cette « suspension » dans sa qualification gouvernementale, démontre bien que le moratoire en passe d’être annoncé n’équivaut pas à une abrogation. « Ça ne veut en aucun cas dire une annulation de la taxe sur les carburants donc nous allons nous faire endormir », présageait déjà ce mardi matin sur LCI Benjamin Cauchy, fondateur, à Toulouse, des « Gilets jaunes libres ».

Les gilets jaunes se mobilisent donc déjà pour la suite. Les forces de l’ordre redoutent que les affrontements ne fassent des morts.

Le groupe Facebook « Les gilets jaunes », suivi par 42 000 personnes, a d’ores et déjà confirmé son appel à la mobilisation, baptisé « Acte 4, on maintient le cap ! » Rendez-vous est fixé à 14 heures, samedi 8 décembre, à Paris. D’ici là, la préfecture de police aura sûrement passé au crible les faiblesses du dispositif mis en place samedi dernier. A commencer par la sanctuarisation des Champs-Elysées, façon fan zone, avec accès réservé aux manifestants pacifiques. Ce qui a provoqué la dispersion des casseurs dans les quartiers adjacents. « Le dispositif n’était peut-être pas aussi mobile qu’il aurait dû l’être », euphémise un expert. Un post Facebook appelant les Français du Nord a manifesté devant les institutions européennes avec les Belges circule aussi les réseaux sociaux.

La rédaction

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