Sommet de la Francophonie : Au pays d’Aznavour, Paris soutient la candidate rwandaise

Sommet de la Francophonie : Au pays d’Aznavour, Paris soutient la candidate rwandaise

octobre 11, 2018 0 Par La rédaction

Les membres de la francophonie rassemblés pour le XVIIe sommet, les 11 et 12 octobre à Erevan, en Arménie, doivent désigner leur nouveau patron. La candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, soutenue par la France, fait polémique.

« Je suis confiante, je vais à Erevan avec le sourire », lançait le 2 août dernier Louise Mushikiwabo, candidate rwandaise au Secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dans un entretien accordé à TV5Monde. Pas sûr que tous les représentants de l’organisation affichent la même décontraction. À l’occasion du XVIIe sommet, les 11 et 12 octobre prochains, les 84 chefs d’État et de gouvernement de l’OIF qui doivent désigner le nouveau secrétaire général de l’organisation, sont loin de tous adouber Louise Mushikiwabo, numéro deux du régime autoritaire et peu francophile de Kigali.

Dans un duel 100 % féminin, la candidate rwandaise doit affronter la Canadienne Michaëlle Jean, secrétaire générale sortante, qui brigue un second mandat. Mais Louise Mushikiwabo dispose d’une belle avance sur son adversaire, car elle bénéficie du soutien de la France et de l’Union africaine, tandis que Michaëlle Jean a perdu celui du Canada et du Québec.

Coté organisation, Après trente années comme taxi, Armen Darbinian a vécu nombre d’évènements internationaux. Mais pour le sommet de la Francophonie, dont est partenaire le Forum Francophone des Affaires (FFA), qui débute ce jeudi à Erevan, il s’est préparé comme jamais auparavant. Il s’est procuré un dictionnaire et, entre deux courses, apprend le français.

«Ils disent qu’il y aura beaucoup de touristes et d’invités. Alors j’apprends les mots les plus utiles, des mots simples comme: ‘‘comment ça va? » ou ‘‘où allez-vous? »», raconte ce chauffeur de taxi de 62 ans au Figaro.

Son enthousiasme témoigne de l’importance que revêt pour l’Arménie le 17e sommet de la Francophonie, dont le coup d’envoi sera donné jeudi en présence d’une cinquantaine de dirigeants internationaux, dont le président français Emmanuel Macron, et les Premiers ministres canadien et belge, Justin Trudeau et Charles Michel.

Avec Charles Aznavour, la célébration de la langue française

À Erevan, qui résonne depuis la semaine dernière des chansons de Charles Aznavour, décédé à 94 ans et qui était souvent qualifié de «fils du peuple» arménien, tout le monde, des serveurs des cafés aux vendeurs des magasins, semble s’être mis au français. Vahram Martirossian, propriétaire d’un café dans le centre-ville de la capitale arménienne, assure ainsi que son établissement diffusera de nombreuses chansons en français pendant les deux jours du sommet. «En entendant de la musique française, ils se sentiront comme chez eux», veut-il croire, ajoutant avoir demandé à ses employés d’apprendre les bases de la langue de Molière. «Des étudiants leur ont donné des devoirs: ils doivent apprendre un minimum de mots ou de phrases. Celui qui se souviendra du plus de mots aura une récompense», précise-t-il.

Même la police a été mise à contribution: un manuel de conversation a été publié pour les forces de l’ordre qui seront en service dans les rues d’Erevan. «Ce sont des phrases simples qui seront utiles aux policiers si des touristes viennent leur parler en français. Nous pourrons montrer les rues, les hôtels que cherchent les invités ou leur souhaiter un bon séjour», détaille à l’AFP le capitaine Iouri Ohanian, 32 ans. «En entendant des mots en français, nos invités se sentiront à l’aise et en sécurité. En plus de ce petit manuel, des cours de français de trois mois ont été organisés pour des groupes de policiers», ajoute-t-il.

Fabien Ferasson de Quental

11 Octobre 2018

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