Renault-Nissan : l’alliance N°1 mondial en danger après l’interpellation de Carlos Ghosn

Renault-Nissan : l’alliance N°1 mondial en danger après l’interpellation de Carlos Ghosn

novembre 20, 2018 0 Par La rédaction

Stupeur et tremblements dans le petit milieu feutré de l’automobile mondiale. A l’annonce de l’arrestation de Carlos Ghosn, emblématique patron de Renault et Président du Conseil d’Administration de Nissan, les titres en bourse des deux géants français et nippon ont lourdement chuté en bourse, preuve s’il en est de l’importance du « boss » dans leur mode de fonctionnement mais aussi sans doute de leur dépendance excessive à sa présence à bord.

Né au Brésil en 1954 d’une famille libanaise maronite, Carlos Ghosn, par ailleurs citoyen français, fit ses études à Polytechnique et l’Ecole des Mines de Paris avant de rejoindre Michelin pour y entamer sa brillante carrière d’ingénieur et de dirigeant.

C’est au sein du géant auvergnat qu’il acquît sa réputation de « cost killer » avant de rejoindre Renault en 1996. Il pilote alors le grand projet de transformation de cette vieille dame française avec en particulier la prise de participation en 1999 de 40% de Nissan, alors géant certes très implanté dans son marché asiatique et sur le marché américain mais criblé de dettes et au bord de la faillite.

L’alliance entre les deux constructeurs semble alors particulièrement contre nature et Carlos Ghosn y réalisera l’impossible, redressant le partenaire de Renault en quelques années et faisant du duo, depuis rejoint par d’autres marques comme Dacia et Mitsubishi, une référence, un exemple encore aujourd’hui étudié dans les écoles de commerce. Il y gagnera au passage le statut de star au Japon et même un manga à sa gloire.

Les dernières années, et alors qu’il pilotait désormais cet ensemble hétéroclite constitué de participations croisées complexes, ont confirmé cette stratégie, faisant même de Renault-Nissan le leader mondial du secteur automobile, devant VW et Toyota.

Cet excès d’honneur et de pouvoir ont peut-être monté à la tête de l’un de nos plus célèbres compatriotes dans les milieux d’affaires internationaux, l’enquête le dira. La chute, en tout cas, est brutale et nette : arrêté et interrogé par la justice japonaise, suite à une enquête interne au sein de Nissan, Carlos Ghosn est soupçonné de fraude fiscale, d’abus de biens sociaux et de malversations financières. L’annonce choc a immédiatement fait chuter les deux géants automobiles et a soulevé de nombreuses interrogations : ne s’agit-il pas d’un « coup d’état » interne au sein de Nissan pour empêcher la fusion formelle avec Renault et ce alors que le premier est désormais en bien meilleure forme que le second ?

C’est aujourd’hui en tout cas, et alors que le Ministre Bruno Lemaire au nom de l’Etat actionnaire de 15% de la marque au losange a annoncé que M. Ghosn ne peut plus diriger l’entreprise, un pan entier de l’industrie française qui est en danger. Philippe Lagayette et Thierry Bolloré ont été annoncés pour la transition au sein de Renault.

Danger de rupture de l’alliance, de perte de confiance des actionnaires, de dommages à sa réputation. Une manière terrible de finir sa carrière pour M. Ghosn.

 

La rédaction

20 novembre 2018

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