Référendum en Nouvelle-Calédonie

Référendum en Nouvelle-Calédonie

novembre 1, 2018 0 Par La rédaction

Les 175.000 électeurs de Nouvelle-Calédonie vont bientôt décider s’ils veulent rester Français ou devenir indépendants. Tout le monde s’attend à une victoire du « Non », à près de 60%. En ce cas, un nouveau référendum sera organisé dans dix ans. Les Indépendantistes kanaks se montrent pourtant optimistes. Et s’ils avaient raison? 

En France, personne ne s’intéresse beaucoup à ce référendum. Le Président de la République, qui y a effectué un récent voyage, ne s’est pas prononcé. Le Premier miser non plus. Les partis à peine. Comme si le choix, quel qu’il soit, devait convenir à tout le monde. Ou comme si l’on savait d’avance que la grande île resterait dans la République et qu’il n’était pas nécessaire de provoquer les Indépendantistes. Ne pas réveiller les conflits est une sage politique, on se souvient de la prise d’otages et des morts d’Ouvea comme de l’assassinat du leader indépendantiste Tjibaou par un ultra qui lui reprochait sa politique de compromis. Le compromis aboutit aux accords de Nouméa, qui donnaient à la Nouvelle Calédonie une très large autonomie, qui reconnaissait même le droit coutumier et prévoyait un referendum, avec un corps électoral bloqué, pour dans dix ans. Nous y sommes.

Résultat le 4 novembre. 

Le non devrait donc l’emporter. Mais les sondages peuvent se tromper.

Et si les Indépendantistes avaient raison? Et si le « oui » l’emportait? Alors la Nouvelle Calédonie – ou la Kanaky- deviendrait un Etat indépendant et souverain. Resteraient à régler les modalités de la séparation; comme cela s’est fait pour Djibouti ou les Comores. Les citoyens auraient sans doute le choix entre la nouvelle nationalité et la nationalité française: De nouveaux Français de l’étranger en somme.

Dans tous les cas de figure, y compris le maintien dans la République, une partie de la population se sentira étrangère chez elle. Si le « non » gagne, il faudra encore rassembler. Il sera plus facile de le faire au sein de la République que dans un nouvel Etat. Ou deux Etats. Car les Kanaks ne représentent que 40% de la population de l’île. Et si le « oui »  l’emportait, les Caldoches n’accepteront pas de vivre en Kanaky. Deviendraient-ils des Français de l’étranger ou fonderaient-ils une France du pacifique?Le référendum du 4 novembre n’apportera pas de réponse définitive , puisque si le « non »  l’emportait, il est prévu de poser à nouveau la question de ans dix ans.

La rédaction

le 02 Novembre 2018

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