Rapatrions Marie-Antoinette

Rapatrions Marie-Antoinette

octobre 20, 2018 0 Par Redaction

 

 Le 16 octobre dernier cela a fait 225 ans que Marie-Antoinette d’Habsbourg Lorraine, Reine de  France, périssait  sur l’échafaud.   Avant de mourir elle écrivit une lettre à Madame Elisabeth  sa belle sœur, elle aussi captive.

 

C’est à vous ma sœur, que j’écris pour la dernière fois. Je viens d’être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien. J’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n’existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse !  (_)

Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu’il ne cherche jamais à venger notre mort ! ( ) me reste à vous confier encore quelques pensées. J’aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais, outre qu’on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n’en aurais réellement pas eu le temps.

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée. N’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas si il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s’il y entrait une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que dans sa bonté Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu’Il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurai pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J’avais des amis ; l’idée d’en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j’emporte en mourant ; qu’ils sachent, du moins, que jusqu’à mon dernier moment, j’ai pensé à eux.

Adieu ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver ! Pensez toujours à moi : je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu ! Qu’il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu ! Je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.

 

Par sa hauteur et son abnégation, Marie -Antoinette s’apprête à mourir en Reine de France.   Il est loin le temps – en 1783 – quand sa peintre préférée Elisabeth Vigée-Lebrun  faisait deux portraits de la jeune reine.   Un premier  simple, sans doute conforme aux tenues que la jeune souveraine privilégiait à Trianon, en gaulle  i.e. vêtue d’une robe de mousseline,  légère comme une chemise. Un  chapeau de paille  et sans bijoux et la jeune femme  tient simplement un bouquet de roses. Quand la toile est  exposée, c’est le scandale !

D’après Vigée Lebrun, Marie-Antoinette, 1783, huile sur toile (93 x 73 cm), National Gallery of Art, Washington

Le tableau est retiré et un nouveau portrait est exécuté. La reine  y est peinte habillée d’une robe de soie et de dentelle. Elle porte un double rang de perles.  Plus de 200 ans sont passés et  des bijoux de la reine défunte réapparaissent à l’occasion d’une vente aux enchères organisée  par Sotheby’s à Genève, le 14 novembre prochain.

Tenus  loin des yeux du public depuis deux siècles,  les bijoux ont été exposés à Londres vendredi..Parmi les plus belles pièces, provenant d’une collection de la famille Bourbon-Parme, figurent un pendant en diamants avec une perle naturelle d’une taille exceptionnelle évalué à entre un et deux millions de dollars (entre 870.000 et 1,75 million d’euros), une paire de pendants d’oreilles et un collier composé d’une centaine de perles naturelles, estimé entre 200.000 et 300.000 dollars (250.000 euros).  C’est ce collier que l’on retrouve sur le tableau de Mme Vigée Lebrun. D’autres bijoux ont appartenu au Roi Charles X.

 

L’histoire de ces bijoux est  saisissante.. Avant de tenter de fuir la France avec Louis XVI et ses enfants, Marie-Antoinette avait envoyé ses bijoux à Bruxelles.  Arrêtés à Varennes, Louis XVI et Marie-Antoinette ont été guillotinés en  1793. Leur fils Louis XVII est mort en captivité. Seule rescapée de la Révolution française, leur fille, Marie-Thérèse de France, a été libérée en décembre 1795. À son arrivée à Vienne, l’empereur d’Autriche lui avait remis les bijoux de sa mère, précieusement conservés.

Lundi 15 octobre  Stéphane Bern a suggéré  que les bijoux reviennent en France.    Fidèle à  sa  mission de défense de notre patrimoine, il demande au ministère de la culture d’en faire l’acquisition.

Ce serait à n’en pas douter un beau geste de la part du nouveau ministre de la culture,  Franck Riester.

 

 

La Rédaction,

Le 20/10/2018

 

 

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