Où s’installer pour sa retraite pour payer le moins d’impôts en 2026 ?

Où s’installer pour sa retraite pour payer le moins d’impôts en 2026 ?

En 2025, on comptait plus de 120 000 retraités nés en France ayant choisi de s’installer à l’étranger, attirés par un climat plus clément, un coût de vie plus abordable, mais aussi et surtout par une fiscalité plus avantageuse. Avec des pensions parfois mises à mal par l’inflation et des prélèvements sociaux en hausse, l’expatriation devient une solution de plus en plus prisée pour préserver son pouvoir d’achat. Alors, où s’installer pour sa retraite pour payer le moins d’impôts en 2026 ?

Quels sont les pays les plus attractifs pour les retraités français en quête d’optimisation fiscale ? Entre le Portugal et ses droits de successions nuls, l’Italie, qui séduit avec ses avantages pour les nouveaux résidents, le Maroc, proche géographiquement et culturellement, ou encore la Suisse, réputée pour sa stabilité économique, les options ne manquent pas. Chaque destination présente ses spécificités, ses atouts et ses pièges à éviter.

Dans cet article, nous passons en revue les critères essentiels pour bien choisir sa destination, en analysant les régimes fiscaux, les accords entre la France et ces pays, ainsi que les conditions de vie pour les retraités. Objectif : vous aider à faire le meilleur choix pour une retraite sereine et optimisée.

Au Maroc, 80% de réduction du montant de l’impôt

Plusieurs pays du Maghreb proposent des abattements sur les pensions de retraite pour attirer les étrangers, notamment ceux qui recherchent un environnement francophone. C’est le cas du Maroc, historiquement très prisé des touristes français. Depuis plus de dix ans, le royaume propose aux retraités qui y établissent leur résidence fiscale un certain nombre d’abattements avantageux.

Pour calculer la base imposable du contribuable, un premier abattement de 70% est appliqué sur le montant brut des pensions jusqu’à 168.000 dirhams (environ 15.800 euros), suivi d’un second abattement de 40% sur le surplus. Le résultat est ensuite imposé selon le barème progressif propre au pays, qui varie de 10% à 37% pour la tranche la plus élevée (au-delà de 180.000 dirhams, soit environ 17.000 euros). Et pour les retraités qui acceptent de transférer leur pension en dirhams non convertibles dans une banque marocaine, une réduction supplémentaire de 80% sera appliquée sur le montant de l’impôt dû.

Retraite au Maroc
Photo illustration ©Stockadobe

Mais attention, une fois le change effectué pour des dirhams, il est très difficile de retourner en arrière. En effet, la monnaie marocaine n’est pas libre, elle est sous contrôle de l’office des changes. En théorie, vous ne pouvez pas changer plus de 100 000 dirhams par an. Cependant, des banques en ligne comme France Pay peuvent vous apporter des solutions de contournement mais permettront d’augmenter les liquidités en euros.

Au Portugal, plus de RNH mais des droits de succession à 0%

Avec la fin du régime de faveur portugais (RNH), les retraités sont moins nombreux à s’installer au Portugal. Pourtant, il y a encore un avantage notable : une exonération totale des droits de succession si le destinataire a un lien de parenté et 10% en l’absence de lien. Mais là aussi il y a une subtilité, étant donné l’absence de convention spécifique sur les droits de succession, cet avantage n’est valable que pour les expatriés français dont les héritiers sont situés hors de France. Autrement, ils n’échapperont pas à l’imposition française si le donataire a résidé pendant au moins six années dans le pays, continues ou non, lors des dix dernières années.

En Grèce, 7% tout compris

Les retraités à la recherche d’un havre de paix ensoleillé accompagné d’une imposition des revenus plus douce peuvent se tourner vers la Grèce. À ses nombreux atouts, climat méditerranéen, paysages variés, gastronomie, coût de la vie modérée, depuis juillet 2020, elle y a ajouté une politique fiscale appliquant un taux d’imposition forfaitaire unique de 7% aux retraités de l’étranger, pour une durée de quinze ans.

Pour en bénéficier, ces derniers doivent séjourner au moins 183 jours dans le pays et ne pas y avoir été résident fiscal lors de cinq des six dernières années. Une convention doit par ailleurs avoir été signée avec le pays d’origine de la personne, ce qui est le cas de la France. Celle-ci prévoit notamment une exonération d’impôt sur le revenu côté français pour les pensions de retraite privées.

En Italie, peu d’impôt sous conditions

Tout comme la Grèce, l’Italie a elle aussi joué sa carte en instaurant dès 2019 un impôt forfaitaire à 7%, valable pour une durée de neuf ans. Mais sa mise en application est néanmoins plus restrictive et loin de s’appliquer à tous. Les retraités étrangers doivent établir leur résidence fiscale dans des communes de moins de 20.000 habitants appartenant à l’une des huit régions situées au sud du pays : Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise et Pouilles. D’autres villages des Marches, d’Ombrie et du Lazio touchés par les tremblements de terre de 2016, sont également éligibles.

Par ailleurs, la convention franco-italienne prévoit une imposition partagée des pensions de sécurité sociale, avec un mécanisme de crédit d’impôt censé éliminer la double imposition. L’administration fiscale française se réserve donc le droit d’imposer à hauteur de 20 % (taux en vigueur pour les expatriés français, appliqué dès le premier euro) les pensions du régime général de la sécurité sociale et celles des régimes complémentaires obligatoires comme l’Agirc-Arrco.

À cela s’ajoute le fait que l’administration italienne, depuis 2021, impose les pensions françaises sans accorder le crédit d’impôt prévu, générant des « redressements rétroactifs importants (jusqu’à 54.000 euros sur six ans pour certains retraités) assortis de pénalités et de mesures coercitives, notamment de saisies bancaires et d’hypothèques sur des biens, en particulier immobiliers, touchant ainsi des milliers de retraités français établis en Italie », interpellait en mai dernier Mathilde Ollivier, sénatrice représentant les Français établis hors de France. Autrement dit, opter pour l’Italie et son forfait à 7% n’est intéressant qu’à partir du moment où la majeure partie de la pension perçue provient d’une autre source que celles précitées.

Côté transmission, l’Italie fait partie de ces rares pays à avoir conclu un accord bilatéral avec la France pour encadrer la taxation des dons et successions. Il en résulte un taux d’imposition très faible, entre 4% et 8% selon le lien de parenté, assorti d’un abattement d’un million d’euros pour les conjoints et les enfants.

En Suisse, une transmission facilitée pour les Français de l’étranger

Si la Suisse a longtemps été privilégiée pour son environnement francophone, sa proximité géographique, ce n’est plus le cas depuis que la France a dénoncé cet accord fin 2014. Côté impôt, c’est donc le régime de plein droit qui s’impose même s’ils sont moins lourds qu’en France, le coût de la vie beaucoup plus élevé rend cette option moins intéressante qu’auparavant.

Suisse Blason
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Côté transmission, il est donc aussi aujourd’hui plus difficile de bénéficier de l’exonération de droits de succession en ligne directe en vigueur dans un certain nombre de cantons. Tout comme pour le Portugal, l’absence de convention impose désormais de s’installer dans le pays avec toute sa famille, où au moins faire en sorte que les héritiers n’habitent plus en France.

La Suisse reste donc réservée aux foyers dont le patrimoine se chiffre à plusieurs millions en financier, et pour laquelle s’exposer à un impôt sur la fortune comme dans le canton de Genève ne sera pas un enjeu important.

Bien penser son expatriation

Malgré les avantages fiscaux offerts par nombre de destinations, les experts en la matière sont unanimes : partir pour des raisons purement fiscales représente la meilleure façon de se tromper.

L’expatriation présente certes des avantages, mais elle vient avec son lot de contraintes liées à l’établissement de la résidence fiscale. Il ne suffit pas de prendre un appartement sur place et y rester plus de six mois. Il faut penser aussi aux soins médicaux en France en prévoyant une assurance comme la CFE, le coût des allers-retours pour voir sa famille, etc. C’est donc une décision à bien murir !

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