À New York, où les initiatives francophones se multiplient sans toujours se croiser, le Centre Culturel du Lycée Français de New York organisera le 25 avril 2026 une dictée géante ouverte au public. Intégrée à la journée culturelle En Français, Oui But Why ?, l’initiative entend faire de la langue française un moment de rencontre, de jeu et de transmission, bien au-delà du cadre scolaire.
Une dictée géante à New York
Le 25 avril 2026, le Lycée Français de New York accueillera une dictée géante animée par Rachid Santaki, connu sous le nom de Monsieur Dictée. Pensée pour plusieurs niveaux, la dictée est conçue pour accueillir un public large, des enfants francophones aux adultes apprenant le français, dans un format ouvert et intergénérationnel.
« Le texte de la dictée est composé de plusieurs paragraphes qui sont autant de paliers adaptés à différents niveaux. »
Florence Gatté, directrice du Centre Culturel du Lycée Français de New York
Selon Florence Gatté, directrice du Centre Culturel du Lycée, « En français oui but why est une journée de rencontres culturelles francophones, qui rassemble plusieurs événements ». Et de détailler la diversité des activités : « des exposants qui sont des acteurs de la vie culturelle francophone à NY et dans la région, au sens large, nous avons des institutions culturelles, des festivals, des associations représentants des régions de France, mais aussi des distributeurs de produits français et des restaurateurs ».
La programmation inclut également « des ateliers pour les petits animés par Les Petits Poussins, une table ronde avec deux auteurs : Olivier Guez et Marianne Jaeglé, suivie d’une séance de dédicace, la projection du film Dilili à Paris, suivie d’un échange avec Michel Ocelot, et la journée se terminera par Molière pour les Nuls, une pièce de théâtre en français créée par l’Atelier Théâtre New York ».
La dictée géante est notamment organisée pour permettre une participation progressive selon l’âge et le niveau : « Le texte de la dictée est composé de plusieurs paragraphes qui sont autant de paliers adaptés à différents niveaux », précise Florence Gatté. Les écoliers francophones effectueront une auto-évaluation après le premier paragraphe, les collégiens compléteront les deux premiers, et les lycéens ainsi que les adultes pourront effectuer l’ensemble des trois paragraphes. Les apprenants non natifs choisiront de s’arrêter où ils le souhaitent.
Un format français importé à New York
Le choix de ce format repose sur une initiative interne du Lycée et sur une première expérience pensée à partir du département de français. « La coordinatrice du département de français du Lycée, Laure Noutat, nous a parlé de l’idée d’organiser une dictée pour les élèves, nous avons vu l’opportunité de connecter cela avec une grande dictée ouverte au public le jour des rencontres culturelles », explique Florence Gatté, « il se trouve que cela n’avait jamais été organisé à New York. Nous avons donc contacté Rachid Santaki, alias Monsieur Dictée, sur instagram. »

Rachid Santaki organise depuis 2013 des dictées publiques en France, dans des gares, des stades, des écoles et d’autres lieux ouverts au public. Le dispositif a été décliné dans de nombreux contextes et a réuni des participants de tous âges, y compris lors d’événements à très forte affluence.
À New York, cette adaptation vise à combiner la dimension scolaire de la dictée avec un cadre culturel ouvert. Le format intergénérationnel permet à des participants de profils variés de se retrouver autour d’un même exercice, dans une logique de participation collective.
Un événement intergénérationnel et inclusif
Le public visé est large : enfants francophones, adolescents, adultes, mais aussi apprenants de français non natifs. Florence Gatté précise : « Nous voulions événementialiser cette journée et proposer un programme typiquement français qui soit rassembleur et intergénérationnel ». L’objectif est de créer un espace où la langue française devient un objet commun de participation et de transmission, au-delà du cadre strictement scolaire.
« C’est aussi l’occasion de se tester et de faire un point sur son rapport à l’écriture »
Florence Gatté, directrice du Centre Culturel du Lycée Français de New York
Le format de la dictée permet aussi de retrouver, le temps d’une heure, papier et stylo dans un contexte où les correcteurs orthographiques et les outils d’intelligence artificielle modifient les pratiques d’écriture. Florence Gatté explique : « Pour les autres activités de la journée, nous avons surtout des rencontres avec des artistes ou des propositions culturelles. Ce format vient en complément. C’est aussi l’occasion de se tester et de faire un point sur son rapport à l’écriture, qui est perturbée par l’utilisation des correcteurs orthographiques et de l’intelligence artificielle générative. Pendant une heure, nous allons retrouver le papier et le stylo et se recentrer sur nos acquis ! Pour les élèves, c’est l’occasion de se mesurer à leurs parents, leurs professeurs… et de les mettre eux aussi au travail. »
Le français à New York
L’événement s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation de la langue française à New York. Florence Gatté détaille : « Nous organisons tout au long de l’année au Centre culturel du Lycée des événements publics en français : cinéma, théâtre, concerts… en essayant de mettre en avant la diversité des cultures francophones. Il y a de nombreuses communautés francophones à New York avec beaucoup d’initiatives, toutefois, ces communautés ont peu d’occasions de se rassembler. En Français, oui but Why en est une ! »

La dictée propose ainsi une occasion de convergence entre locuteurs natifs, apprenants et curieux de la langue française. Elle pourrait également attirer un public non francophone, sensible à la dimension à la fois culturelle, participative et emblématique de l’exercice.
Pour Florence Gatté : « La dictée est un exercice typiquement francophone, souvent associé à la rigueur de l’enseignement en français et à l’exigence de la langue. Nous voulons montrer que l’exercice de la langue peut être un moment joyeux, festif et inclusif, car c’est aussi l’occasion de rassembler les différentes communautés francophones présentes à New York. Quand nous en parlons autour de nous, les Américains sont très curieux d’assister à cette dictée. Nous espérons que certains d’entre eux vont aussi se joindre à nous et participer ! »
Le 25 avril, il ne sera donc pas seulement question d’accents circonflexes, d’accords du participe ou de pièges orthographiques, mais aussi d’une certaine manière de faire exister la langue française comme espace commun, accessible et partagé.
Auteur/Autrice
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Rachel Brunet est une journaliste française installée à New York depuis 13 ans.
Après un début de carrière dans la presse économique à Paris, elle a rejoint la presse francophone aux États-Unis.
Elle défend une information rigoureuse et une analyse exigeante de l’actualité.























