Élue députée en octobre 2025, Nathalie Coggia représente la 5ème circonscription des Français établis hors de France, qui couvre l’Espagne, le Portugal, Andorre et Monaco. Invitée de Lesfrancais.press, elle revient sur ses premiers mois à l’Assemblée nationale, le vote du budget, la situation critique du réseau scolaire français à l’étranger et la réforme de l’AEFE, mais aussi son engagement sur la neurodiversité.
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Une arrivée à l’Assemblée nationale dans un contexte politique sous tension
Ancienne suppléante de Stéphane Vojetta, Nathalie Coggia n’arrive pas totalement novice au Palais Bourbon. Elle reconnaît toutefois avoir été surprise par l’intensité du moment politique. « C’est vrai aussi que j’ai rejoint le Parlement à un moment particulièrement compliqué », explique-t-elle, évoquant un contexte marqué par l’abandon du recours au 49-3 pour le budget et un recentrage du débat politique autour de l’hémicycle.
« Montrer à l'AEFE, aux établissements et à toutes ces familles […] que du côté du Parlement, on s'est battus »
Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger – 5ème circonscription
La députée décrit notamment une prise de fonction accélérée : « C’était un peu prendre un TGV en marche ». Une intensité qu’elle n’avait « peut-être pas complètement » anticipée, mais à laquelle elle dit s’être adaptée rapidement. Pour elle, le mandat parlementaire ne se résume pas au travail législatif visible. « Il y a beaucoup de travail d’influence, de parler aux uns et aux autres », insiste-t-elle, revendiquant un rôle utile au-delà des amendements et du temps passé en séance.
Budget de l’État : 7 millions d’euros pour l’enseignement français à l’étranger
Premier dossier majeur pour la nouvelle députée : le budget de l’État. Nathalie Coggia a fait adopter un amendement ajoutant 7 millions d’euros au budget de la mission enseignement à l’étranger (AEFE). Une décision qu’elle qualifie de signal politique fort. « C’est un amendement de 7 millions qui revient sur des coupes qui additionnaient 50 millions sur deux ans », rappelle-t-elle.

Consciente que cette somme ne suffira pas à résoudre l’ensemble des difficultés, elle insiste sur l’enjeu symbolique : « Montrer à l’AEFE, aux établissements et à toutes ces familles […] que du côté du Parlement, on s’est battus ». L’objectif désormais est clair : rouvrir les discussions budgétaires et travailler à un étalement des hausses de frais de scolarité. « Ce n’est pas acceptable la situation dans laquelle on est », affirme-t-elle, alertant sur le risque que représentent des augmentations trop brutales pour les familles.
Réforme de l’AEFE : priorité à la consolidation du réseau
Alors qu’une réforme de fond de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) est donc annoncée, la députée appelle à un changement de cap. « La priorité maintenant doit être la consolidation du réseau », explique-t-elle, sans renoncer totalement à l’objectif d’expansion. Elle plaide pour une gouvernance plus transparente et un modèle de financement repensé afin d’assurer « la stabilité du réseau à moyen et à long terme ».
« Le réseau de lycées français, c'est un bien que l'on doit tous préserver »
Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger – 5ème circonscription
Nathalie Coggia insiste sur le caractère collectif de cet enjeu : « Le réseau de lycées français, c’est un bien que l’on doit tous préserver ». Elle salue par ailleurs la nomination de la sénatrice Samantha Cazebonne, tout en appelant à ne pas précipiter les étapes, notamment sur les hausses de frais déjà annoncées dans les établissements.
Vente des établissements de la Mission laïque française en Espagne
Autre dossier sensible : la cession des établissements de la Mission laïque française (MLF) en Espagne. Nathalie Coggia refuse d’y voir une logique purement financière. « Je ne ferai pas ce procès à la MLF », affirme-t-elle, tout en soulignant la nécessité d’un processus transparent.

Au cours de cette interview, notre invitée se félicite de la création d’un comité de suivi associant élus et familles et partage un message nuancé après sa visite à Séville : « Le fait d’être vendu n’est pas forcément négatif ». Pour autant, elle reste vigilante : « Il faut que toutes les perspectives soient bien prises en compte », prévient-elle.
Neurodiversité : un combat politique assumé

Au-delà des questions éducatives, la députée mène un combat personnel sur la neurodiversité. Elle s’est récemment rendue à Matignon pour échanger avec le pôle social, après avoir rencontré Charlotte Parmentier-Lecocq, Ministre déléguée chargée des Personnes handicapées de France, le délégué interministériel aux troubles du neurodéveloppement et un conseiller de Élysée.
« La première manière d’avancer sur le sujet, c’est de mettre un coup de projecteur sur le sujet », explique-t-elle. Sans annoncer de débouché législatif immédiat, elle assume une stratégie progressive : faire exister le sujet dans le débat public et politique.
Les priorités pour les Français de l’étranger en 2026
Interrogée sur les priorités à venir, Nathalie Coggia cite d’abord l’éducation, avant d’évoquer le suivi de l’expérimentation du renouvellement de passeport sans comparution en Espagne. « Il va falloir un peu suivre ça, voir comment ça se passe », explique-t-elle, avec l’objectif d’une extension du dispositif.
« La France a besoin d'être forte à l'intérieur pour pouvoir continuer d'être un acteur influent et respecté à l'étranger »
Nathalie Coggia, députée des Français de l’étranger – 5ème circonscription
Elle insiste enfin sur la nécessité de stabilité politique : « La France a besoin d’être forte à l’intérieur pour pouvoir continuer d’être un acteur influent et respecté à l’étranger », conclut-elle, assumant un budget de compromis mais jugé indispensable dans un contexte géopolitique tendu.
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